Cœurs mêlés
Son cœur lui faisait mal. Ce sentiment n’était pas le genre que tout le monde pouvait comprendre. Cette douleur sourde était trop puissante pour être supportée avec aisance. Ce malaise qui lui faisait tourner la tête, lui blessant l’âme et le corps sans remord. Il était difficile de retenir ses larmes face à cette lutte, pénible de devoir répéter en souriant « Tout va bien ». Ses mains tremblaient, ses muscles contractés au possible lui étaient douloureux et ses yeux secs de larmes ne demandaient qu’à êtres soulagés. Il avait mal et pourtant, ce n’était pas de lui dont il s’agissait aujourd’hui. C’était peut-être ça le pire. Ce n’était pas lui qui avait eu cet accident, ni celui qui avait du marcher sous une pluie battante pour trouver un téléphone afin d’appeler à l’aide. Ce n’était pas lui non plus qui était cloué dans ce lit avec une forte fièvre et des contusions sur le corps.
Il aurait pourtant voulu être celui-ci. Tout simplement parce que l’homme dans ce lit était son frère ou plus exactement son jumeau. Parce qu’il s’en voulait de ne pas avoir été présent au moment où le taxi avait heurté cet animal sauvage venu de nulle part. Ils s’étaient pourtant promis d’être près l’un de l’autre les jours où le ciel ne voudrait pas leur donner un peu de repos. Cela faisait maintenant trop longtemps qu’ils n’avaient pas eu ce genre de moment.
Il ouvrit lentement les yeux pour contempler le visage sans expression de son jumeau. Il pouvait encore entendre le son de la voix de leur grand-père, hurlant à son frère de sortir rapporter de l’argent. Keiji ne pouvait s’empêcher de maudire l’homme qui les logeait depuis la mort prématurée de leurs parents. Ce vieux fou qui n’avait fait que leur donner un peu de nourriture quand ils avaient trop faim pour rester debout. Keiji et Naoki n’avaient jamais vraiment eu d’éducation, pourtant, ils avaient été forcés d’apprendre la vie par eux-mêmes. Ils avaient appris à survivre. Malgré leur jeune âge, ils avaient appris à travailler par eux-mêmes pour gagner de l’argent. Ils vivaient simplement et l’un suffisait à apaiser les peurs de l’autre. Les médias avaient beau avoir retourné dans tous les sens les mystères de la gémellité, Keiji découvrait lui-même encore des choses sur les sentiments qu’il pouvait éprouver pour son double.
Comment était-il possible de percevoir la douleur que son jumeau ressentait dans son lit d’hôpital ? La seule chose dont il était sûr résidait dans le fait qu’il ne serait calme qu’à partir du moment où son frère aurait ouvert les yeux et lui aurait parlé. Il voulait entendre le son de sa voix et contempler un de ces nombreux sourires rassurants dont lui seul avait le secret. Car il fallait avouer que si jumeau était synonyme d’identique, ils étaient réellement différent l’un de l’autre. A son contraire, Naoki était quelqu’un de joyeux, souriant, d’aimable et d’expressif. Il aimait la vie malgré ses difficultés et le criait haut et fort. Lui aussi avait perdu ses parents et lui aussi avait supporté les jours difficiles auprès de son grand père. Il n’avait pourtant pas le même comportement que Keiji face aux événements de la vie. Il répétait souvent qu’ils étaient capables de changer les choses. De son côté, Keiji pensait qu’il était impossible de modifier le destin. Il s’était préparé à une vie de misère et d’indifférence. Son seul véritable bonheur était d’avoir son frère près de lui. Il était la seule chose qui lui restait. Le voir si faible et impuissant dans ce lit d’hôpital relevait du supplice. Où étaient ses rires, ses blagues enfantines ? Il avait beau regarder son visage, il n’y voyait plus aucune malice. C’était l’unique personne qui l’avait poussé à donner le meilleur de lui-même, celui qui lui avait fait comprendre que son existence avait un sens. Il était quelqu’un lorsqu’il se regardait dans ses yeux. Mais aujourd’hui, il avait l’impression que son cœur s’était déchiré en deux et qu’une partie lui avait été arrachée.
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Bon ! ce texte a été écrit il y a 2 ans pendant que je recherchais l'inspiration, je n'ai jamais réussi à le continuer et j'avoue que j'en suis peu ravie. Syntaxe, vocabulaire... Il vous a peut-être paru trop banal. (pour moi il l'est) Mais j'aimerai cependant avoir vos conseils pour l'améliorer, vos avis. Cela m'aiderait énormément dans mon futur projet de reprendre de nouvelles bases d'écritures pour un roman Fantasy.
Merci ! :)