Alessandro Baricco est un écrivain, musicologue et homme de théâtre italien. Passionné et diplômé en musique, il invente un style qui mélange la littérature, la déconstruction narrative et une présence musicale qui rythme le texte comme une partition.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimados.fr%2Fhistory%2F25%2Focean-mer_couv.jpg&hash=5ba6e3897563d72ab2f8f964924142c675dfdf21)
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, c’est Vera qui m’en a parlé quand je cherchais des exemples de découpages de paragraphes étranges dans la prose contemporaine pour mon mémoire.
Pour le moment j’ai juste lu Océan mer dont voici le topos made in wiki :
À la pension Almayer, "posée sur la corniche ultime du monde", sept personnages se retrouvent, sept pièces d'un puzzle, pour guérir de leurs maux par la mer. Tous ont une folie ou une histoire qui les relient les uns aux autres. A la pension Almayer, le séjour est bouleversé par l'histoire d'un naufrage sur un radeau et d'une vengeance entre deux personnages. Dans cet endroit où l'on "prend congé de soi-même", ces sept personnages essaient de renaître, ont un but en venant ici. C'est le hasard voire le destin qui rassemble ces sept naufragés en ce même endroit.
Personnellement, j’ai pas mal aimé la première partie où l’on découvre peu à peu les personnages. J’ai été assez touchée par leurs caractères et par les mots qu’ils ont sur la mer. La deuxième partie par contre, qui évoque le naufrage, n’a pas vraiment résonné en moi, je l’ai lue assez rapidement. Dans la dernière j’y ai trouvé du bon et du moins bon, j’ai bien aimé l’idée du vieil homme qui bénit la mer, la lettre d’Ann Devéria et l’histoire de Bartleboom.
Les personnages ne sont pas spécialement attachants, du moins, moi je les ai trouvés assez aériens, mais je les trouve vachement intéressants dans leur manière d’être : l’une pense que la mer va la guérir de sa sensibilité, l’autre veut trouver la fin de la mer, un autre la peindre mais le problème c’est que pour bien peindre il faut commencer par les yeux : mais « où diable peuvent-ils bien être les yeux de la mer ? ». Bref des personnages enfermés dans une sorte de lubie, moi, je kiffe.
Pour moi, il n’y a pas vraiment d’histoires, plutôt plusieurs qui se mêlent et des ambiances, je trouve qu’il y a une certaine poésie qui se dégage des pages (encore heureux avec un tel titre !).
Quelques citations pour le fun :
" Il dit qu’écrire à quelqu'un est la seule manière de l’attendre sans se faire de mal"
"Comment faut-il faire? Comment lui diras-tu, à cette femme-là, ce que tu dois lui dire, avec ses mains sur toi et sa peau, sa peau, lui parler de mort, à elle, tu ne peux pas, une petite fille comme elle, comment le lui dire, ce qu'elle sait déjà et qu'il faudra bien pourtant qu'elle écoute, ces paroles, les unes après les autres, même si tu les sais déjà tu dois les écouter, tôt ou tard il faut que quelqu'un les dise et que toi tu les écoutes, qu'elle les écoute, cette petite fille qui dit « Tu as des yeux que je ne t'ai jamais vus. » Et puis « Si seulement tu voulais, tu pourrais être sauvé. » Comment le lui dire, à cette femme, que tu voudrais bien, être sauvé, et plus encore la sauver, elle, avec toi, et ne plus faire que ça, la sauver, et te sauver toi aussi, la vie entière, mais ce n'est pas possible, chacun a son voyage et doit le faire, et dans les bras d'une femme les chemins qu'on finit par prendre son biscornus, tu ne les comprends pas toi-même, et au moment où il faudrait tu ne peux pas les raconter, tu n'as pas les mots pour le faire, des mots qui sonnent bien, là, entre ces baisers, sur cette peau, des mots justes il n'y en a pas, tu as beau chercher dans tout ce que tu es et tout ce que tu as ressenti, tu ne les trouves pas, ils n'ont jamais la bonne musique, c'est la musique qui leur manque, là, entre ces baisers, et sur cette peau, c'est une histoire de musique. Alors tu parles, tu dis quelque chose, mais c'est misérable."
J’essayerai de trouver de lire ses autres romans !
Quelqu'un en a lu ? :)