Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de lecture => Théâtre et poésie => Discussion démarrée par: Loïc le 02 juin 2011 à 23:07:53

Titre: [Poésie] Car l'adieu, c'est la nuit (Emily Dickinson)
Posté par: Loïc le 02 juin 2011 à 23:07:53
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2F4.bp.blogspot.com%2F_lDXqn9MNTj4%2FTTNbkPBzAAI%2FAAAAAAAAIPc%2F5HhvmRU8LRM%2Fs1600%2Femily%2Bdickinson.gif&hash=f7c7841ac81332394bdfbb80d9b7c8c73834b133)

Emily Dickinson est une poète américaine du 19e siècle qui, si elle a beaucoup écrit, n'a quasiment pas publié de son vivant. Je possède pour ma part l'édition bilingue de Car l'adieu, c'est la nuit, titre bizarre dans la mesure où le poème concerné ne se trouve pas dans le recueil, ou alors je n'ai pas vu, mais j'ai cherché.

Bref, si ça ne se lit pas d'une bouchée ou d'un trait - du moins moi je n'y arrive pas, c'est une poésie reposante - parfois - que j'apprécie de lire avant de dormir, par exemple.

Quelques extraits:

"Did Our Best Moment last -
'Twould supersede the Heaven -
A few - and tyhey by Risk - procure -
So the Sort - are not given -

Execept as stimulants - in
Cases of Despair -
Or Stupor - The Reserve -
They Heavenly moments are -

A Grant of the Divine -
That Certain as it Comes -
Withdraws - and leaves the dazzled Soul
In ther unfursnished Rooms -



S’amasser à terme comme la Foudre
Puis, la Création blottie,
Se dissoudre en majesté
Voilà - qui serait Poésie -

Ou bien Amour - ils sont concomitants -
On les prouve tous deux ou aucun -
Connaître l'un ou l'autre consume -
Car nul ne peut voir Dieu et vivre -
Titre: Re : Car l'adieu, c'est la nuit (Emily Dickinson)
Posté par: Milora le 03 juin 2011 à 00:33:33
Je ne la connaissais que de nom. Il me semble qu'elle était au programme de l'agreg d'anglais et qu'une de mes amies s'arrachait les cheveux dessus, lol.

J'avoue que je n'ai rien compris au poème que tu as mis en extrait, et je pense qu'il en serait de même du reste... J'ai beaucoup de mal avec la poésie hermétique !
Titre: Re : Car l'adieu, c'est la nuit (Emily Dickinson)
Posté par: Sebastien K le 03 juin 2011 à 22:10:32
Pour ma part j'aime bien cet auteur.  J'ai "Quatrain et autres poèmes brefs" de la collection nrf. En voici un extrait en anglais puis français :

11

The Only News I know
Is Bulletins all day
From Immortality.

12

Between My Country - and the others -
There is a Sea
But Flowers - negotiate betwen us -
As Ministry.

14

Time is a test of trouble
But not a remedy -
If such it prove - it prove too
Ther was no malady

-----------------------------------------------
11

Mes seules Nouvelles :
Des bulletins à toute heure
De l'Immortalité.

12

Une Mer sépare - du Mien -
Les autres Pays -
Mais les Fleurs - en Ambassadrices -
Entre nous négocient -

14

Le Temps est une épreuve du Chagrin
Mais non un remède -
S'il s'avère tel - il prouve par là
L'absence de maladie.


(Traduction : Claire Malroux)
Titre: Re : Car l'adieu, c'est la nuit (Emily Dickinson)
Posté par: Menthe le 03 juin 2011 à 22:13:27
J'aime bien le dernier quatrain (le 14), mais le style en général je le trouve un peu saccadé, ça manque de musique ou de liberté pour que ça m'emporte complètement...
Cela dit, je m'étais dit, une fois en lisant Christian Bobin (quand j'aimais encore bien) qu'il faudrait que j'essaie de mieux connaître cette petite Emily dont il parle dans son roman "La dame blanche"
Après, c'est beaucoup dans la traduction... (moi je suis pas très bonne en lecture VO, sauf parfois en espagnol pour Pablo Neruda, et encore...)
Titre: Re : Car l'adieu, c'est la nuit (Emily Dickinson)
Posté par: Sebastien K le 04 juin 2011 à 14:08:05
Je suis d'accord avec toi concernant l'impression de manque de liberté. Comme si elle n'étais pas tout à fait à l'aise dans ce format. En revanche j'aime bien l'aspect non musical et saccadé que cela donne.
Ah Christian Bobbin !  J'en ai lu pas mal, il y a longtemps. Cela ne m'étonne pas qu'il cite Emily Dickinson. L’ambiance intimiste, voir cloitrée de ces romans, peut y faire penser (de mon point de vue).
En tout cas c'est clair, ce n'est pas aussi fort que du Neruda  ;). Tu parles Espagnol ?