Je t'ai aperçue à l'heure des morts, à mille lieues de toute âme qui vive,
Là où se perdent les mots, au milieu des souvenirs qui dérivent.
Je t'ai aperçue au clair de l'aube, sur le port où s'amarrent les peurs,
Là où les sourires se dérobent, là où l'on décharge les pleurs.
Je t'ai aperçue fleurir le bord des plaies sur mon corps, brèches du passé,
Là où tes mains affleurent les maux que seules tes lèvres peuvent panser.
Je t'ai aperçue fendre le sol de la Terre des temps tourmentés,
Là où l'estuaire maintenant emporte vers l'oubli les douleurs ancrées.
Je t'ai aperçue et depuis lors je ne cesse de me noyer dans tes yeux,
Là où les vagues d'ambre et d'or caressent le noir de l'abîme des cieux.