Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par Aponiwa :) merci Aponiwa ^^
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Je suis un peu malade, et du coup, ça se ressentira peut-être dans la suite d'idées. Mais... je sais même pas ce que je vais faire de ça...
Une bonne lecture et une bonne soirée !
Le dernier d'entre eux
Allongé sur son lit, il passe une main devant ses yeux. Une main… grise, avec des boulons au niveau des articulations. Il ne s’y habituera jamais. « Vous serez un prototype, ne vous leurrez pas. En signant cet accord, vous autoriserez les scientifiques à vous faire subir leurs pires folies. » Au nom de la paix, avait-il répondu. Il est devenu le premier d’une série de super combattants. Ils ne pouvaient pas se permettre des essais sur leurs meilleurs soldats, alors ils l’avaient trouvé lui. « Vous aurez peut-être quelques migraines dans les débuts. Le temps que votre esprit s’adapte à ce nouveau corps. Et d’autres douleurs… » D’autres douleurs… des membres fantômes, pour les plus agréables.
La porte s’ouvre et la tempête s’engouffre dans la pièce en même temps qu’une silhouette emmitouflée. Une fois en sécurité dans la maison, elle abaisse toutes ses protections. Il croise ses deux grands yeux bleus, les trouve toujours aussi beaux. Il ne se souvient plus vraiment de la texture de sa peau, ni son parfum qui emplit l’air. Elle lui sourit et les tâches de rousseur sur ses joues rosissent.
— J’ai trouvé à manger pour quelques jours.
Elle sort des carcasses d’animaux, se plaint de l’odeur. Comme il aimerait se plaindre de l’odeur à nouveau. Elle s’affaire sans lui. Il pourrait l’aider, mais il sait que la cuisine est son repère à elle et lui donne l’impression de vivre encore leur petite vie simple d’avant. Une maison toute bête, dans un quartier résidentiel chaleureux. Ils aimaient bien traîner en amoureux, au marché ou sur les brocantes. « Tu l’as celui-là ? » lui demandait-il devant les cartons remplis de cassettes ou de DVDs. « Non ! Il me le faut ! » Elle en a acheté, des films avec ce brun au regard de cocker. Il n’aime pas l’acteur, ni son flegme britannique ; mais elle l’adore, donc il l’aide à compléter sa collection.
Quelqu’un toque à la porte. Dehors, dans la tempête, des voix d’hommes. Elle se tourne vers lui, hésitante. Il est trop tard pour fuir ou se cacher. Il lui fait signe d’aller ouvrir. Il ne peut pas continuer à la laisser le suivre. Elle l’aime, malgré tous les sacrifices, toutes les difficultés. Il aimerait être aussi altruiste, lui offrir la chance de retourner à la civilisation. Elle entrouvre tout juste. On lui demande si elle a repéré un cyborg dans la région. Elle répond d’une toute petite voix, bafouille des excuses qui ne trompent personne. L’homme la pousse vers l’intérieur avec plus de douceur qu’on ne pourrait l’imaginer d’un commando spécial, formé à combattre les cyborgs. Ses camarades encercle l’homme de fer. Elle veut parler, dire qu’il n’est pas dangereux, mais tout le monde sait qu’il l’est.
Ils le débranchent sans combat et il s’éteint sans douleur.
*
Loin, très loin, aux confins d’une galaxie morcelée, un fredonnement cesse net. Le décor de montagne s’éteint, l’herbe et le ciel disparaissent, comme un rêve qui se termine, illusion brisée. L’amas de zéros et de uns qui se croit berger claque sa langue avec mépris : « Ils ont éteint le dernier. Sont pas drôles… comment je vais envahir leur monde moi, maintenant ?! Dommage, donner cette idée à leurs scientifiques était amusant. » Ce rappel de la réalité n’empêche pas l’IA de profiter encore un peu de la montagne. À l’horizon holographique, un énorme chien blanc aboie et l’IA le rejoint. Peut-être que dans mille ans, il se souviendra qu’il doit détruire les mondes…