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J'écrirai un pamphlet à la gloire de ces dégueulassement petits. J'y narrerai la connerie, la bassesse, mais surtout l'inconséquence et l'irréflexion totales de ces gueux, vraiment fins de race. On lira comment tous ces éléments s'enbranlent dans la machine administrative, la très odieuse bête. Comment j'ai passé pour un gland d'une manière des plus crétines, la plus définitivement atroce qui soit. Je ne comprends pas qu'on puisse à ce point s'autoriser à juger sans connaître le quart de la personne visée.
Ou plutôt devrais-je dire : pourquoi rendre justice et châtiment de manière si ordinaire et si vile quand il n'y a littéralement aucune nécessité ? Pourquoi se charger du rôle d'une marâtre et s'emparer d'une ignoble inflexion de voix ?
Tout ceci m'écoeure à un sommet dont je n'estimerai pas la hauteur. Comment considérer ensuite la valeur d'autrui ? Comment ne pas simplement reléguer l'autre à un phénomène contre lequel il faudrait se prémunir lorsqu'on ne pourrait plus seulement le déconsidérer ?
De simples êtres pâles qu'ils sont de prime abord, ils deviennent automates. Et d'automates passablement rouillés, par les années, ils se transforment en déchets.
Mais allez ! Pissons ensemble sur l'humaine entièreté ! Nous, certes dégoûtants, laids, avilis, ce que vous voudrez, que j'appelle néanmoins « phares dans la nuit » !
J'ai pour le moins l'impression très exacte que nous autres phares rejetons le superficiel au profit du réel. Autrui ne trouvant à se gaver que du degré zéro de la profondeur, il incarne la mauvaise eau stagnante à la surface d'une mare. Pour le dire autrement et peut-être plus justement : ceux que j'exclue de la catégorie de phare ne pénètrent pas, jamais. Ils ne font que sentir, se laisser posséder par l'odeur, puis croient définitivement agir quand ils ne font qu'exalter en matière de surface le parfum qui les a sans efforts séduit.
La compagnie de ces gens-la est par conséquent d'un fatigant ! Elle conduit systématiquement à la castration à force de compromis avec la bêtise. Et adopter leurs vues, soit devenir leur égal pour moins de souffrances, c'est le plus complet et le plus infamant des trépas.
*
Pour régler mes heures on me colle au planton. Mon dieu tout ceci ne sert à rien. Plus basse qu'une figuration réelle, la figuration réduite à un tableur excell ou à un mot du dirlo qui satisfait toujours le minable administrateur, ce médiocre socialo local.
Et de ces conneries j'en ai encore jusqu'à dix-huit heures. On n'interrompt jamais la plaisanterie.
Dix-sept heures cinquante, pour être plus précis.
Pour sûr je ne suis pas arrivé. Et la grippe monte drue avec ces imbécillités... La mise en arrêt risque d'être aussi soudaine que prochaine. On verra déjà comment passe la nuit. Je m'essouffle comme jamais. Décidément ce week-end dernier, où mon frère est venu, fut une erreur à tous les niveaux.
Quelle bonne idée torpiller à lui seul deux bons litres d'une bière à plus huit degrés en même pas deux heures ! Forcément il fut tôt bourré et rapidement chiant. Et ce qui s'était annoncé comme une consolation se changea en supplice !
Supporter le rire abruti et le débit pourri d'un typer arrosé au point d'en vomir, c'est franchement emmerdant.
*
Mais s'ils se magnaient seulement le cul, on en aurait terminé en deux-deux ! Tout est comédie, jeunes glands ! Il faudrait que le mot leur soit gueulé une bonne fois pour toute, et qu'on en arrête pour l'éternité avec ces imbécillités castratrices !
Merci pour ton texte.
Je vois dans quel sens tu veux aller et c'est au fond une bonne part de la littérature, l'individu qui refuse les imbécillités que les autres acceptent sans y penser.
J'aime bien le côté tonnant, même si je sens aussi un côté "fin de siècle" qui à moi ne me plaît pas particulièrement, mais qui aura sans aucun doute ses adeptes.
Je vois deux écueils à ton projet, si tu décides d'en faire quelque chose de construit :
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Je n'ai personnellement pas de problème a priori avec la grossièreté, mais cela requiert un talent supérieur pour ne pas tomber dans le vulgaire. Là je trouve qu'il y en a un peu trop d'un coup, ou que le style ne le sublime pas assez.
Peut-être devrais-tu enlever le "gland", d'autant que tes autres invectives sont plus franches et directes, violentes (encore une fois a priori je ne suis pas contre), alors que cette phrase baisse d'un ton, et perdant en énergie elle devient "juste" grossière sans être aussi frappante.
Second danger que je vois :
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Se placer franchement dans une position de supériorité est, à tout le moins, risqué. Premièrement, tu risques de rebuter des lecteurs. Mais, surtout, la littérature c'est aussi retrouver les défauts et les qualités des autres chez soi, observer les autres de l'extérieur et s'observer de l'intérieur. Tu précises bien "Nous, certes dégoûtants, laids, avilis, ce que vous voudrez", mais on sent que tu mets une distance qui me semble peu propice à la compréhension - je n'ai pas dit l'excuse ou la justification.
A part si tu veux vraiment faire un pamphlet au sens propre, ce qui peut se défendre, mais dans ce cas, d'un point de vue rhétorique, tu devrais peut-être refondre ce passage, et par exemple préciser ce "autrui" : tu ne peux pas attaquer le monde entier non plus - ou alors il faut passer au "je".
Tu as des inspirations particulières ou c'est vraiment comme ça te vient?