Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par Aponiwa :) merci Aponiwa ^^
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Oui, ce texte apparait de bon matin. J'ai eu un petit cafouillage PC hier soir, je ne voyais pas l'image. Bon, résolu ce matin, donc parfait. Du coup, j'ai fait mon tic-tac là, entre 8 et 9h.
Pour le texte : il risque d'y avoir un problème de concordance de temps et de discours, je vais rebosser ça, mais je ne sais pas quand. JE suis partie dans un de ces trips... de bon matin, ça marche bien les tic-tacs sur moi :mrgreen:
Une bonne soirée journée à tous et une bonne lecture !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Le Petit Poucet
Bon ! On la connait tous, cette terrible histoire : une famille pauvre, qui vivait de quignons rancis, des parents désemparés et des enfants innocents, menés à une mort certaine, et à la fin ils battent le grand méchant ogre, troll, lutin maléfique – cochez la case qui vous plaira, moi je m’en souviens plus –, ils retrouvent papa maman qui se rendent compte de leur erreur et tout le monde vit heureux pour toujours et à jamais.
Mais en vrai : vous reviendriez, vous, chez vos parents qui vous ont abandonnés comme… j’allais dire une vieille paire de chaussettes trouée et mille fois rapiécée, mais même celle-là, ils la gardent au cas où. Sérieux, vous y retourneriez pour votre happy ending ? C’est comme de se remettre avec votre ex – votre ex qui vous a déjà trompé trois fois. Une connerie, une grosse, grosse connerie. Et je parle d’expérience ! Bah du coup, les frères Poucet, eux, ils l’ont pas faite, cette connerie. Malins ! Ils ont lancé leur business, un truc de resto rapide, à base de viande de pigeon.
Et des années plus tard, quand les parents ont déjà plus que leurs yeux pour pleurer et que leurs gamins s’enquillent bolides de course, tequila, filles faciles et Bloody Mary, les parents reçoivent une lettre. Urgent : convocation au tribunal. Parce qu’il y en a un dans cette fratrie qui s’est pas contenté de ce qu’il a gagné à la sueur de son front. J’vous l’donne en mille : le benjamin Poucet. Il a embauché les meilleurs avocats du pays et intenté un procès contre ses parents. Pour abandon d’enfant ! – et non-assistance, et tout le schmilblick. Bon, abandon d’un seul enfant, ses frères ont pas suivi, trop occupés ailleurs, on s’en doute.
Curieuse de l’affaire, je l’ai suivie. De toute façon, Charmant s’est barré avec cette Connasse du Bois Dormant. Ah bah, c’est sûr, c’est plus facile avec une narcoleptique comme elle ! Elle t’engueule pas quand tu beugles devant ton foot le soir – tous les soirs ! Et elle dit rien non plus pour toutes les merdes qui traînent dans l’appart ! Et… c’est pas ce qui nous amène. Aujourd’hui, j’assiste au procès des parents Poucet. C'est qu’il me donnerait presque des idées, le gamin.
On se croirait dans un film. Prof, assis à mes côtés, écoute avec attention les témoignages poignants des parents, celui plus descriptif de Poucet, détaillé au possible – ce gosse a toujours eu une mémoire de fou ! Mais tout ça, ce petit duel entre pleurs de croco et mouchoirs d’un côté, images gores et articles de loi de l’autre, s’éternise. La fin semble courue d’avance. Le juge lève son marteau…
Noir sur la salle. On retient son souffle la dizaine de secondes que dure l’obscurité. Et ça gueule dans la pièce d’à côté ! « C’levier ! Meuh non, Ducon ! Pas c’ui-là ! Ouais, v’s-y ! » Ça claque et grésille. L’un après l’autre, les spots se rallument. On vérifie que son voisin est toujours bien là, on joue au jeu des sept erreurs. Les accusés pleurnichent, le fils Poucet reste impassible dans son costume taillé sur mesure, les jurés… tiens ! Il manque une tête ! Une femme hoquète dans le silence qui suit cette découverte macabre. La tête manque vraiment !
Je me tourne vers Prof, le plus blême de tous. Ça carbure dans sa caboche. Noir sur la salle. Panique ! On hurle, on court sans savoir où on va. On se bouscule – on me bouscule ! Je sens la petite main de Prof qui m’entraîne. Les nains voient dans le noir, je vous l’ai dit ? Sûrement à force d’aller à la mine, ça. Mon épaule en heurte une autre. Bien carrée, elle serait moelleuse comme oreiller la nuit. Je secoue la tête à ces relents d’éducation princière qui m’entêtent à choisir l’époux parfait. Je touche un mur. « Reste bien là, ne bouge pas. » murmure Prof. Je lui obéis sans trop poser de questions.
Et lumières ! Tous se figent comme frappés par Méduse. C'est Où est Charlie ? au tribunal. Une deuxième tête roule à côté de la première. On hurle, on court, on fuit ! Une véritable meute humaine défonce, enragée, les portes battantes. La vague s’échoue dehors. Prof suit le mouvement et une fois dehors, m’entraîne loin de tout ce monde. Les sirènes se rapprochent du bâtiment.
— Dis Prof ? Il s’est passé quoi là ?
— Viens, on va boire une limonade ; j’te l’offre.
Il traverse la rue et m’emmène au bar où il m’offre un peu plus qu’une limonade pour oublier tout ça. Les tabloïds s’en sont donnés à cœur joie cette semaine-là : « Double décapitation au procès des parents Poucet ! La police dépassée ! Aucun indice, aucun suspect ! ». J’ai souvent demandé à Prof, mais il n’a jamais répondu. Il a gardé pour lui ce qu’il a vu, ce qui l’a terrifié et laissé silencieux à jamais sur l’incident des têtes coupées du procès Poucet. Mmh, au fait : les parents Poucet sont morts au fond d’une cellule, entrelacés comme de jeunes amoureux, ou comme à la fin de ce roman – je retrouve plus son nom…