Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par BeeHa :) merci BeeHa ^^
(https://zupimages.net/up/23/09/7yax.png)
Mmh... nan mais sérieux :facepalm:
Oui, le titre était trop long :huhu: trop parfait pour une simple case titre, que voulez-vous, la perfection, tout ça... :mrgreen:
Une bonne soirée à tous et une bonne lecture !
La mandragore a explosé, c'est la faute du poireau, pas la mienne !
— Tu as fait quoi ?!
Louis reste un long, très long moment sans voix. Il connaît bien sa petite sœur. Le doute n’est pas permis. Il regarde à travers la fenêtre : les oiseaux chantent, les arbres fleurissent. Et les ennuis arrivent. Alice, de sept ans sa cadette, se balance sur ses pieds, assez fière d’elle. Comment une chose aussi petite et fluette peut-elle avoir un tempérament aussi enflammé ? La gamine le regarde avec un sourire vengeur. Déjà que la semaine dernière, elle a trouvé un Sphynx ; et quand il lui a soumis une énigme, elle lui a retourné l’esprit, si bien que le Comité de Communication avec les Créatures Magiques a dû envoyer la pauvre bête dans un établissement spécialisé – aux frais du responsable d’Alice. Louis se pince l'arrête du nez. Il aurait dû se douter qu’accepter de loger sa friponne de sœur ne serait pas de tout repos. Et pourtant, s’il s’était imaginé ça… une explosion, un peu plus loin dans la rue, le rappelle à ses obligations. Déjà, on frappe à la porte.
— Rappelle-moi, Alice, pourquoi je dois te garder ?
— Parce que Papa et Maman ont besoin de vacances.
— Et pourquoi j’ai accepté ?
— Parce que t’es un crétin incapable de dire non à tes pauvres parents qui pleurent devant ta porte ?
— Et qu’est-ce qui m’empêche de te tordre le cou ?
— J’hésite… je suis ton adorable petite sœur ? ou mieux, parce que t’es toujours un crétin incapable de lever la main sur une gamine ?
Derrière lui, les coups redoublent d’intensité et Louis soupire. Il va ouvrir et croise le regard courroucé de Mme Pinard, l’odieuse voisine que tout le monde déteste au village. Elle hurle sur Louis des phrases emmêlées, des mots sans queue ni tête, et malgré lui, Louis sourit. Il aime bien quand sa friponne de petite sœur vient lui rendre visite ; même quand elle rend un sphynx fou. Et même quand elle ajoute en toute discrétion, du poireau à la mixture de Mme Pinard, à base de racine de mandragore. Parce qu’on le sait tous : si la mandragore sent du poireau dans son bain bouillant, elle entre dans une colère explosive. Louis écoute les vociférations de la vieille bique à propos d’un chaudron tout neuf, qu’elle venait de recevoir d’une boutique haut de gamme de la capitale, un élément unique en son genre, seulement cinquante exemplaires dans tout le pays, d’un blanc céruléen, presque divin. Quand elle s’arrête enfin, à bout de souffle, Louis s’excuse, lui assure que cela ne se reproduira plus et referme la porte, les oreilles brûlantes.
Alice le regarde, toujours aussi fière, et il se revoit à sa place, des années plus tôt. Des trois enfants de la famille, il a été le plus terrible, à causer des ennuis toujours plus fous. Il se dit qu’après tout, mettre une mandragore en colère, il a vu bien pire. Quand a-t-il perdu cette insouciance, ce goût du danger et de la bêtise parfaite ? L’âge adulte fait des ravages… Soudain, il hèle Alice :
— Prépare tes affaires ! On va aller dire bonjour à Anna.
— Oh ! trépigne Alice. Grande sœur !
Anna, leur grande sœur, vit dans un village à flanc de montagne, à quelques heures en vol de griffon. Elle aime le calme, la tranquillité, raison pour laquelle elle s’est installée le plus loin possible des deux phénomènes qui lui servent de frère et de sœur. Elle s’est inquiétée le jour où Louis a aussi quitté le nid parental pour se poser à mi-chemin entre son chez-elle et les parents. Jusqu’ici, il ne s’est pas permis de l’embêter, trop occupé par son poste à son élevage de licornes. Mais avec les vacances et la présence d’Alice, il a de la fourberie à rattraper…
Salutation,
C'est quoi ce titre ? C'est autorisé par le Comité de Communication des Créatures Magiques ? :mrgreen:
J'ai rajeuni en lisant ton texte, cela m'a replongée dans des lectures de jeunesse. J'ai trouvé cela très vivant et plein de friponnerie. Après je suis un peu partagée sur l'attitude de la petite Alice. Comme elle est présentée de façon très flatteuse comme une enfant qui a fait disjoncter un Sphynx, ce qui relève à mes yeux d'un exploit, j'ai eu du mal à accrocher au dialogue avec son frère. J'avais, du coup, des attentes très haute sur sa répartie, sa façon de voir les choses et de déstabiliser de manière extraordinaire son interlocuteur. Et finalement, elle répond avec beaucoup d'impertinence certes, voire avec une violence sous-tendue, mais pas de quoi ébranler une créature mythique. Voilà, c'est simplement ce décalage là, entre les actes et les paroles, qui m'a questionnée. Autrement j'ai passé un bon moment de lecture.