Bonjour Deewild,
J'arrive un peu après la bataille, mais mieux vaut tard que jamais.
Je suis globalement assez - voire très - d'accord avec Basic sur le panorama du monde de l'édition : un bordel chaotique et donc aléatoire, avec des grosses maisons dont la frilosité est à la mesure de leur position dominante, des petites maisons aux pratiques parfois plus que limite vis-à-vis de leurs auteurs, des libraires qui font rarement de vrais choix et se contentent de suivre les gros mouvements, et une auto-édition encore hasardeuse - en bonne partie à cause des libraires d'ailleurs.
Je pense que la massification est une catastrophe, mais c'est un autre sujet.
Je suis moi aussi passé par une petite ME et, effectivement, pour ce qui est de la promotion je ne reçois aucun appui. Si j'ai bien compris et tu essaies de te construire une panoplie de diffusion, je ne peux que t'en féliciter, et continuer dans cette voie en apprenant de tes erreurs. Je ne l'ai pas fait avant de publier mon roman, et rétrospectivement je n'ai aucun doute sur le fait que c'était une erreur.
Concernant la question du refus des éditeurs, et de la difficulté à percer quand on a de l'originalité.
J'ai coutume de dire que le refus d'un éditeur, s'il a bien entendu des répercussions commerciales, ne veut STRICTEMENT rien dire sur la qualité littéraire de ton texte - ni en bien, ni en mal, ça marche dans les deux sens. C'est effectivement désagréable et désespérant de recevoir refus sur refus, mais il faut s'efforcer de ne les prendre qu'au niveau éditorial - pas artistique. Pour l'aspect littéraire, seul vaut le jugement des lecteurs et des pairs - et les éditeurs ne lisent pas toujours, loin de là, les manuscrits dans leur intégralité.
Pour l'originalité de ton univers, ça sera évidemment un frein : quoiqu'on en dise, le nouveau déroute, et la plupart des gens ne veulent pas être dérangés - et c'est souvent pire quand ils se disent "ouverts", mais là encore c'est un autre sujet. Le prix de ne pas se conformer est de ne pas être facilement accepté : c'est tristement logique. C'est tout sauf impossible, et à terme (je pense) la qualité finit par l'emporter. C'est juste plus difficile et long.
Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Alors haut les cœurs !
Ce que je peux te recommander pour percer, gagner de premiers lecteurs et pouvoir commencer ta future aventure éditoriale (en ME comme en autoédition), c'est d'écrire et de publier des textes courts : des articles sur des œuvres que tu aimes, ou des fictions courtes. Ces fictions pourraient d'ailleurs se dérouler dans l'univers de l'une de tes œuvres de plus longue haleine, ce qui te permettrait de les développer, de les faire connaître, mais aussi de "tester" le lectorat afin non pas d'écrire pour lui, mais de choisir parmi tes œuvres celle qui est la plus susceptibles d'intéresser, et donc que tu ferais bien de présenter en premier. (D'ailleurs, je ne remets pas en doute ton expérience, mais je ne pense vraiment pas qu'un univers très centré sur les Etats-Unis soit un problème - ça serait même plutôt le contraire, il me semble.)
Quoiqu'il en soit, l'exercice sera également intéressant en lui-même, et te fera sans doute progresser comme auteur.
Tu peux le faire en créant un site (assez facile et peu onéreux via Wordpress), ou encore en te faisant publier sur des sites préexistant ou dans des revues. Cela sera aussi l'occasion de nouer des relations, des amitiés peut-être et, sans tomber dans la mondanité, c'est toujours mieux de ne pas être seul.
J'espère t'avoir apporté un petit quelque chose par rapport aux postes précédents, qui étaient déjà très complets et que j'espère ne pas avoir trop répétés.