Bonjour
Rescapé du Blind texte j'ai refondu ma copie en suivant les différents commentaires.
J'espère avoir réussi
A vos avis
Amicalement
Michel
Tom ! Mon Pote..Tom
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
J'ai pris pour habitude, depuis l’acquisition avec Martine d'un petit appartement rue Carlebas, de faire, été comme hiver, le tour du pâté de maisons aux heures tranquilles du dimanche matin. Situé à l'écart du boulevard Jean Jaurès, tout est silence dans ces ruelles désertées par les ouailles réunies pour la messe et les adeptes du vélo partis, joyeux, s'écraser les hémorroïdes sur une selle large comme trois doigts et dure comme un croûton de pain rassi.
L'hiver, le lieu est un peu austère j'en conviens. Les brouillards matinaux s'accrochent aux grands murs de lierre et les vielles battisses, à peine éclairées par le halo fade des lampadaires, gardent leurs volets fermés tard dans la matinée. Rien n'est plus au printemps revenu. A l'approche de la belle saison le soleil s'infiltre tôt dans les venelles fleuries de trémières et de Passiflores.
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Ce matin le temps est au beau et rien n'interdit ma petite balade. Pour être à l'aise, j'ai laissé au clou ma vieille panoplie de détective privé pour un sur-vêt bleu et une paire de mocassins marrons déformés par mes orteil en marteau. Frais et léger, je file par l'allée du Baillage jusqu'à la place Courtot où se fondent les trois ruelles principales. Autour de la petite place, les commerces laissent leur porte grande ouverte en attente des premiers clients qui musardent étonnés de ne pas entendre l'accordéoniste des rues. Pénard, le musicien s'offre un dernier crème avant de nous en jouer un air. Lui aussi préfère le roucoulement des tourterelles et des pigeons. Sous la tonnelle où pendent, accrochées comme des lampions, les grappes de glycines moi aussi j'aime me poser, renifler comme un buffle et sombrer dans une sorte de léthargie bienheureuse.
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C'est pendant ma pause, place Courtot, que l'affaire a claquée comme un coup de fouet faisant fuir les quelques moineaux qui s'ébrouaient sur les pavés tout humides de rosée. Sans demander la permission, un individu a tatouillé les avocats de l'épicier profitant que celui ci avait le dos tourné. D'habitude, en bon commerçant il ne dit mot pour ne pas perdre un client mais aujourd'hui, flairant la présence de sa daronne, il a cru bon de jouer les indignés. S'en est suivi une engueulade carabinée, dont les échos sont parvenus jusqu'aux oreilles du buraliste qui, pas gêné pour deux balles, s'en roulait une derrière le comptoir en présence de la pharmacienne. Moi j’étais à la boucherie où je taillais une bavette avec le Père Maillart. Par déformation professionnelle ou simple curiosité, j'ai emboîté le pas aux rares témoins peu habitués à ce genre d'esclandre et me suis rendu sur place, pensant reconnaître une des voix sans pour autant lui coller un nom.
— Ça devient barbant ! Aujourd'hui ce sont mes boulittres, la semaine dernière c'étaient les pomelos de ma bourgeoise. Demain ce sera a qui le tour ? Aux paupiettes à Marcel ? grommelle l'épicurien plus blanc que la chaire de ses noix de coco.
— Il a raison, surenchérit la boulangère qui pour l'heure a laissé ses miches sans surveillance.
— Ce genre de guignolo est capable de vanter la fermeté de nos produits pour mieux nous rouler dans la farine poursuit la matrone en devenir visiblement déçue que cela ne se produise pas.
— C'est pas vrai ! S'en défend Tom dont je reconnais la dégaine. Je voulais juste regarder s'ils portaient une étiquette, s'explique-t-il en prenant l'air éploré d'un pilier de rugby face aux réprimandes de l'arbitre.
Ce qui a pour effet de mettre le Proprio encore plus en boule, celui ci étant un ancien demi de mêlée.
— Que je t'y reprenne plus si tu ne veux pas prendre un pain dans les dents, l'a-t-il prévenu.
Je suis arrivé à temps pour sortir Tom de ce pétrin et lui expliquer que l'on ne tripote pas les fruits dans les magasins de proximité comme on peut le faire dans un hypermarché. Mais à voir sa mine renfrognée, mieux vaut convaincre Paulo l'ébéniste d'acheter un meuble en plastic Gilac. S'il continue, mon Tom aura bientôt tous les commerçants sur le dos.
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Tom est mon Pote. Mon Pote depuis la primaire, c'est pour dire ! Sans sa compagnie, j'aurai échappé à un tas de problèmes que seul un gars comme lui peut attirer. En sa présence, la moindre babiole devient une affaire d'état. Faut aimer le goût du risque pour s'afficher avec lui, car Tom est une éponge à ennuis, un aspirateur d'emmerdes. Mais c'est mon Pote, faut pas toucher !
J'ai cru un moment que la vie nous avait séparés pour de bon et chose étrange, l'idée de mener une enquête pour le retrouver ne m'avait pas traversée l'esprit. Je mettais habitué à cette idée quand le hasard a joué son rôle en bas de l'immeuble que j'occupe avec Martine. Nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre et Tom m'a déballé sa vie sans que je puisse en placer une.
Il venait de se faire virer du salon de coiffure, ' Ol'botif ' pour avoir shampouiné le crane d'un chauve qui disait se faire des cheveux blancs. Le client venait pour la barbe pas pour une teinture. Tom a été prié de rendre son tablier illico-presto. Nous primes congés en promettant de se revoir sans imaginer que je le trouverait, un jour, dans les circonstances évoquée plus haut. Quoi qu'avec Tom l'imprévisible étant chose courante, j'aurai dû prévoir le minimum. Sur ce coup là je n'ai pas été clairvoyant.
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Tom est un grand gaillard de 37 ans taillé comme une endive. Avec ses cheveux sur les yeux, il ressemble à un Fox terrier. Myope, il porte des lunettes à monture fil de fer qu'il réajuste en fronçant le nez. Sa démarche est celle de tous ceux qui se lèvent fatigués : En genou-flexion sur une jambe, il lance l'autre mollement pour une longue enjambée, le dos des mains frôlant le bitume. Chaque pas semble être un saut dans l'inconnu qu'il renouvelle sans effort inutile jusqu'au point qu'il s'est fixé.
Il nous a invités à dîner, il y a peu, tous les deux Martine et nous avons fait connaissance avec celle qui partage son quotidien. Une brave fille, un peu illuminée comme lui, mais brave fille qui avant d'être grande est née un jour de Février froid comme la pierre. Alors, comme tout le monde grelottait en attendant l'heureux événement, on l'appela ..... Angèle.
Fille unique, elle porta ce prénom sans état d’âme jusqu'au jour de ses vingt-cinq ans, où coiffant St Catherine elle décida de coller le frisson à ce jeune homme un peu gauche, rencontré la veille dans un rassemblement de collectionneurs. Malgré des débuts frileux, Tom eut le privilège de transformer le premier essai et trouva l’expérience prometteuse, au point d'en avoir des suées de bien-être rien que d'y penser. Ils décidèrent de réunir leurs collections et vivre ensemble leur passion commune, la légufrulabélophilie.
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Depuis, ils partent bras-dessus-bras-dessous les jours des marchés à la recherche d'étiquettes collées sur les primeurs et autres papiers d'emballage protégeant les agrumes. Les pièces uniques sont rangées dans des boites en carton soigneusement numérotées et posées sur des étagères. Les doublons sont exposés sur des fruits artificiels moins vrais que nature posés en pyramides sur des coupes céramique de tailles disparates. La diversité des corbeilles suffiraient à former une collection à part entière. Il y en a partout et faut se faire violence pour trouver la vraie, celle qui contient les fruits frais, sans étiquette bien sûr, mais talés, endommagés car ramassés comme tels entre les cageots à la fermeture des commerces.
C'est dans ce décor hors du temps qu'ils nous ont parlé de leur projet. Un voyage de noces au musée du papier à Angoulème où là, ils en verront des étiquettes et des papiers d'emballage de toutes formes et toutes les couleurs. Étrange passe-temps, heureux couple sans le sous qui se passionne pour un même hobby et brûle ses heures de loisirs dans une activité aussi modeste. Leurs demains, sont faits d'une tripotée de gosses, enfin peu-être, on ne peut jamais présager de l'avenir. Et puis rien ne presse, y-a pas le feu aux emballages. Je les jalouse un peu, moi qui passe mes dimanches l'esprit encombré par les enquêtes que me confie Victor, au grand dame de Martine qui aimerait allez de temps en temps au restaurant ou au cinéma.
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— Hello Léon ! tu roupilles ou quoi ? V'là une demie-heure que je te parles et tu ne me réponds pas !
Perdu dans mes pensées, j'ai suivi Tom machinalement jusqu'à la boutique de fleurs située prés de l'abri bus. En nous voyant sur son pas-de-porte, le fleuriste s'approche la langue fleurie mais le regard suant le trac.
— Bonjour Messieurs que puis-je pour votre service ?
— Je cherche un bouquet garni pour faire la soupe lui susurre Tom.
Le patron me regarde, rouge comme une pivoine.
— Mais qu'est ce que j'ai pu faire au Bon Dieu pour me coller un Zozo pareil. La semaine dernière, il m'a demandé des urnes pour les prochaines municipales. Visiblement le brave homme est au ras de ses pâquerettes et je ne sens pas bien cette nouvelle affaire qui peut déraper à tout moment. Heureusement, Angèle vient d'arriver. Dans le quartier d'à côté, elle a trouvé dans un vide-grenier une pièce manquante à leur collection. Je le regarde suivre sa moitié avec cette allure qui n'appartient qu'à lui et file retrouver Martine. Cet après-midi nous irons promener au bord de la rivière et boire un verre chez Bois-d'bout. Demain je demanderai à Victor d'embaucher Tom comme adjoint. Je l’emmènerai sur le terrain pour démêler la vie difficile des gens aisés. Je suis détective privé. Avec Tom je me prépare à des jours mouvementés. Mais attention, pas touche ! C'est mon Pote !
CAMEUT Léon
Salut Gamer !
Commentaire de détail :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Pas facile l'humour qui s'appuie sur les jeux de mots, certains m'ont fait sourire, d'autre sont un peu plus tirés par les cheveux coupés en quatre. Les personnages sont attachants et c'est plein de bonhommie et de gentillesse.
Merci pour la lecture,
Rémi
Texte à blagues qui regorge de jeux de mots et de mordant.
La phrase d’accroche donne le ton : une longue phrase qui fourmille d’improbables détails qui n’auront plus aucune sorte d’importance par la suite. Dans ce registre, ce texte fait selon moi trop de surenchère. J’ai accroché au récit quand il raconte quelque chose, par exemple ici quand est introduit la collection du couple, et que j’ai eu le sentiment de rentrer dans un sujet. Autrement je me suis sentie ballottée d’une blague à une autre. Toujours vouloir faire drôle et trouver la façon la plus improbable de décrire quelque chose c’est épuisant. En tant que lectrice j’ai besoin de reprendre mon souffle et d’avoir des repères.
Bonjour Gamemaster
Quelques remarques au fil du texte
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En conclusion, tu réussis à intégrer le thèmes de la coupe de fruit de manière très originale et même si cela ressemble à un sketch de stand up comédie (pour l'accumulation de jeux de mots), tu parviens tout de même à garder un fil conducteur.
J'aime beaucoup les personnages passionnés de légufrulabelophilie (et merci pour m'avoir appris un nouveau mot!)
Tchèquerie du titre : ⭑⭒⭒⭒⭒ (Occident décadent)
Enneigement de l’histoire : ❄❅❅❅❅ (Fruits de saison)
Merci pour ton texte, Gamemaster !
Texte à blagues qui regorge de jeux de mots et de mordant.
La phrase d’accroche donne le ton : une longue phrase qui fourmille d’improbables détails qui n’auront plus aucune sorte d’importance par la suite.
Je souscris à cette réflexion de Beglous tout en rajoutant que ce n'est pas "too-much" pour moi. Même si ça peut être dangereux à la longue, je pense que le tout est dans la densité des gags plutôt que dans la justesse ou la longueur. Donc si tu rembourrais un peu ton texte pour lui donner un peu de rondeur et de chair, avec des éléments notamment en termes de construction de personnage ou bien exposition, ça ne ferait que complimenter le texte.
On se retrouve pour le MasterMind :mrgreen: