Le Monde de L'Écriture
Sous le soleil des topics => Discussions => Le petit salon => Discussion démarrée par: JayBxl le 24 Avril 2011 à 15:07:24
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Bonjour,
J'essaie depuis des années d'écrire un roman mais à chaque fois le même scénario se reproduit.
J'ai une idée intéressante que je compte mettre sur papier, je construis un plan des différents chapitres puis je me rend compte que le livre pourrait faire 20 pages, 50 tout au plus.
J'essaie alors de broder, de rajouter des éléments, des descriptions etc... Je fini par trouver mon idée trop banale et je passe à autre chose. Je sais que mes idées de départ sont bonnes ou en tout cas pas mauvaises, mais je m'essouffle trop vite.
Avez vous des conseils pour bien se préparer à écrire? Mon plan est pourtant complet mais je suis trop concis dans mon écriture et je passe très vite d'un plan à l'autre. J'aime ce style, c'est très dynamique et je n'aime pas les descriptions interminables des lieux et des personnages mais je dois me rendre à l'évidence que mon inspiration s'essouffle trop vite de cette manière.
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Vu tout ce que tu dis, je peux que te conseiller de te lancer dans l'écriture de nouvelles : la concision y est de mise ! Et tu auras la satisfaction rapide d'avoir terminé quelque chose !
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Oui, mais ce n'est pas mon but.
Donc ma question pourrait être "comment faire d'une nouvelle un roman?"
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Salutations !
Peut-être que faire tout le plan à l'avance n'est pas forcément la meilleure façon d'écrire un roman (je dis ça je suis pas experte, hein, c'est que mon avis). Ca dépend des personnes, certains aiment tout planifier à l'avance tandis que d'autres planifient trop et sont un peu dégoûtés, et du coup n'ont plus trop envie d'écrire. C'est peut-être ton cas. Essaie de te lancer sans trop réfléchir, et de voir ce que ça donne. Souvent, des choses auxquelles on n'aurait jamais pensé viennent naturellement en écrivant, et c'est parfois un filon à exploiter.
Ou oui, comme suggère arwen, essaie d'écrire des nouvelles. Un roman c'est long et difficile, on en voit rarement le bout, ou longtemps après, et il faut s'accrocher. Une nouvelle, il suffit d'être plongé dedans pendant quelques temps, généralement. Et ça fait toujours du bien d'écrire.
Ah, je vois que tu as répondu à arwen avant moi... Eh bien, je te resuggère d'écrire sans trop planifier...
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J'ai un peu le même probléme que toi,
Enfin pas vraiment, je ne planifie rien, je me lance le probléme c'est l'abondance d'idée qui se remplace à force.
Comme dit précédement, essaye de ne pas planifié, peut-être que justement c'est là le probléme. Tu planifie ta création et du coup tu mets, en quelques sortes, une limite à ton histoire. Dés lors, tu es capable de dire tel passage va prendre 3 pages etc ... Du coup, tu te rends compte que le tout ne fais pas beaucoup et, en général, c'es pas motivant.
Il faut rajouter à cela que nous avons toujours tendance à ajouter des passages, a en retiré (moins souvent en général), lorsque l'on écrit puis en relisant. Donc au final, j'ai toujours trouvé, quand je faisait des plans, que cela n'avait servi à rien puisque mon plan n'était plus le même à la fin.
Border, c'est bien mais encore faut-il que cela ai un sens...
Un autres point à prendre en compte, c'est comment te viens l'inspiration? Si tu es comme moi à avoir de l'inspiration en regardant lisant quelques chose, c'est une vraie plaie. La seule technique que j'ai trouvé, c'est de ne plus rien lire ou regarder pendant la période où j'écris. C'est déplaisant mais cela permet de garder une idée jusqu'a l'avoir complétement épuisée.
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Je vois pas trop l'intérêt de broder pour broder.
Broder parce que si tu rends pas tes 60 pages minimum vital t'auras une note de merde à ton mémoire, ok, mais broder un roman, quelque chose qui doit être fluide et plaire, et où y'a aucune limitation stricte de pages, j'en vois pas trop l'intérêt.
Tant pis si c'est court si à la fin, c'est tel que tu le voulais, que c'est pas précipité et que tout se tient. Les bons romans ne sont pas forcément les plus longs, chaque roman a son propre rythme. Tant pis si ça ne fait que 50 pages, c'est déjà pas mal ! (Pour moi c'est déjà beaucoup).Et ça sert à rien de broder si après l'impression que ça donne, c'est qu'il y a des longueurs.
Après, je peux comprendre cette impression d'avoir du mal à faire long. Personnellement, comme je suis incapable de prévoir un plan ben j'écris des textes courts ou des nouvelles. Est-ce si grave que ça ? Si ça correspond mieux à ma logique d'écriture autant suivre cette pente naturelle plutôt que me forcer et faire quelque chose de raté.
L'important pour toi, c'est quoi ? La longueur ou le résultat ? Peut-être que de ton idée le maximum que tu pouvais tirer c'est 50 pages et ben tant mieux ! L'important c'est que l'ensemble soit réussi ou corresponde à ce que tu voulais, la longueur, c'est accessoire. Surtout si ton style est dynamique et que tu n'aimes pas les descriptions. :)
A mon avis tu te prends la tête pour pas grand-chose et du coup ça te stoppe. N'essaye pas de compter à l'avance combien de pages tu feras, un plan, c'est aride, quand on commence à écrire et qu'on est dedans, on peut avoir de nouvelles idées, un nouveau flux d'inspiration et ça tu peux pas le prévoir en regardant ton plan. Donc ne compte pas et écris ! Tu verras bien, peut-être que finalement tu auras une bonne surprise ! :P
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Dakodak avec la dame, rallonger la sauce, ça se sent, toujours.
Maintenant, quant on me dit "broder", je pense dentelle du Puy et LFC.
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Salut, j'ai quelques questions :
Peux-être que tu oublies quelque chose dans ton histoire pour qu'elle soit si courte?
As-tu un seul personnage principal qui suit une seule ligne narrative?
Comment sais-tu à l'avance que l'histoire va faire vingt pages?
Si tu n'as qu'une ligne narrative, tu peux retravailler ton histoire à partir de plusieurs personnages et plusieurs lignes narratives qui se croisent. C'est ce qu'utilisent les scénaristes de séries télévisées (voir l'excellent ouvrage de Vincent Colonna, l'art des séries télé). Si tu as besoin de rédiger ton scénario avant d'écrire, tu peux peut-être puiser dans les techniques de scénarisation de la télé, du cinéma ou de la bd pour enrichir ton histoire. Après avoir essayé d'écrire
à l'impro, je me suis rendu compte que j'avais besoin de poser (et de travailler) mes structures narratives. La lecture de manuels m'a grandement aidé. Cela offre des techniques pour vérifier la pertinence de son récit, ne rien oublier et c'est assez utile. Maintenant, tu appartiens peut-être à l'école "impro" et écrire ton scénario bride-t-il peut-être ton imaginaire. Dans ce cas, il vaut mieux écrire sans se poser de question et voir à la fin si c'est une nouvelle, un roman ou autre chose.
Concernant le "remplissage", rien d'inutile ne doit être ajouté. Ceci étant, je me suis souvent rendu compte qu'on a souvent tendance à oublier l'évident. Un jour un de mes amis après avoir lu un départ de roman m'a confessé qu'il ne parvenait pas à imaginer mes personnages. J'avais tout simplement oublié de les décrire et de redonner des indices de description dans la suite de mon récit. J'ai aussi remarqué qu'appliquer la règle "show dont tell" dont on bassine les oreilles des scénaristes, rend un texte plus long (et permet au lecteur de s'approprier l'histoire). Un exemple simple: "Igor est fâché, il a raté son bus"
devient
"Il court à perdre haleine, le sang battant ses tempes. Plus que quelques mètres, l'abribus est proche. Trop tard, la silhouette du bus vient de disparaître au coin de la rue. Igor balance un violent coup de pied sur le poteau du lampadaire."
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Comme les autres, je ne crois pas (du tout, du tout) que broder pour gagner des pages soit la solution ! Si ton histoire ne fait que 20 pages, c'est qu'elle est qualibrée pour faire 20 pages. Tu vas la tuer si tu en rajoutes juste pour faire plus long.
Comme les autres aussi (je dois subir un effet mouton ce soir), je pense que tu pourrais te lancer dans la nouvelle. Ce n'est pas ton but, peut-être, mais il faut bien commencer quelque part. C'est en forgeant qu'on devient forgeron. C'est une fois que tu auras vu comment exploiter tes idées que tu arriveras à en construire des plus alambiquées pour développer un texte plus long. :)
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C'est en forgeant qu'on devient forgeron. C'est une fois que tu auras vu comment exploiter tes idées que tu arriveras à en construire des plus alambiquées pour développer un texte plus long. :)
Tout à fait d'accord.
Tu devrais peut-être tenté des nouvelles et peut-être que au final, après de nombreuses nouvelles, viendront d'elles mêmes les idées suffisament étoffée pour former un roman complet.
Tout est affaire d'éducation du cerveau. Dans la conjecture actuelle, nous sommes formaté, par la télé, certain livres ..., pour sortir des idées COURTES. Il faut réapprendre au cerveau à penser étoffés et long, certains cela est très rapide presque invisible, d'autre c'est long et ardu.
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Tout est affaire d'éducation du cerveau. Dans la conjecture actuelle, nous sommes formaté, par la télé, certain livres ..., pour sortir des idées COURTES. Il faut réapprendre au cerveau à penser étoffés et long, certains cela est très rapide presque invisible, d'autre c'est long et ardu.
J'avais pas pensé à ça, mais c'est très vrai, ce que tu dis ! :)
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Et puis nouvelles ou roman, ce n'est pas qu'une question de format.
Et, oui, vous avez raison, le formatage actuel calibre de l'immédiat, du bref.
Sinon, c'est peut-être le cerveau grillé par les ondes ? (Tu as un portable, peut-être ?)
bonne journée
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Comme les autres, je ne crois pas (du tout, du tout) que broder pour gagner des pages soit la solution ! Si ton histoire ne fait que 20 pages, c'est qu'elle est qualibrée pour faire 20 pages. Tu vas la tuer si tu en rajoutes juste pour faire plus long.
Comme les autres aussi (je dois subir un effet mouton ce soir), je pense que tu pourrais te lancer dans la nouvelle. Ce n'est pas ton but, peut-être
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et la question : pourquoi JayBxl veux tu absolument ne pas faire de nouvelles? est-ce que, en tant que lecteur, tu n'aimes pas les nouvelles? ou alors est-ce pour d'autres raisons?
(bon j'exhume de vieux sujets, mais vu qu'ils soulèvent des questions stimulantes... - et que des sujets récents y en a apparemment pas des masses :D )
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Moi j'ai un "truc" :)
Pour mes romans je fais un plan aussi, très carré, très complexe, et je ne le respecte jamais !
Une idée en appelant une autre, je me laisse embarquer par l'histoire, mais lorsque je suis perdue je jette un oeil à mon plan pour me recadrer...
Mon truc à moi ce sont les boucles !
Lorsqu'une idée vient et que tu la mets sur le papier, il est rare de l'exploiter à fond, alors, à la relecture, je note les petites idées soulevées qui n'ont pas abouties. Et je les développe (moins que le récit principal, évidemment), jusqu'à ce que chaque boucle soit bouclée.
Au bout du compte, ton roman s'étoffe vite, et le lecteur a une impression "d'oeuvre terminée". Tout le monde y gagne.
Pour ma part, j'ai toujours écrit des romans très courts. A une époque les lettres de refus revenaient toujours sur ça. Dommage qu'il soit trop court pour une publication ! Aujourd'hui (est-ce un effet de mode?), mes romans sont toujours très courts mais on ne me fait plus la remarque, et en plus, ils sont édités.
Bien à vous et bon courage.
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J'essaie depuis des années d'écrire un roman mais à chaque fois le même scénario se reproduit.
J'ai une idée intéressante que je compte mettre sur papier, je construis un plan des différents chapitres puis je me rend compte que le livre pourrait faire 20 pages, 50 tout au plus.
A mon avis le principal souci, et il n'est pas propre à JayBxl, tient dans le "j'ai une idée".
Comment peut-on espérer écrire un roman, autrement dit un truc énorme qui fera 400, 600 ou 800 000 signes, à partir d'une idée? Bien sûr, tout auteur de romans a eu un jour ou l'autre une inspiration subite qui, de fil en aiguille, a débouché sur l'écriture du truc énorme en question. Mais cette idée isolée ("Une invasion martienne en plein cœur du Périgord", "Un jeune forgeron qui découvrirait qu'il est le fils caché d'un horrible tyran", "Un canard qui déciderait d'explorer le monde en compagnie d'une oie", etc.) ne peut suffire, au même titre que l'étincelle produite par un silex peut suffire à allumer quelques flammèches, mais non à maintenir un brasier.
J'ai une théorie personnelle sur l'écriture de nouvelles: pour moi une bonne nouvelle n'a pas pour base une idée, mais deux idées, qui en se croisant donnent une réelle dimension à l'histoire. Je ne saurais pas dire ce qu'il en est pour les romans, mais il faut certainement plus que le croisement de deux idées.
Après, il reste peut-être à définir ce que nous entendons par "idée", car je suis sûr que certains entendent par-là "concept révolutionnaire qui va laisser bouche-bée mes lecteurs", ce qui n'est pas mon cas.
Donc ma question pourrait être "comment faire d'une nouvelle un roman?"
Tout simplement en tirant les fils, en développant ce qui a pu se passer avant, après, en mettant en avant un personnage secondaire, en plaçant l'intrigue dans un cadre beaucoup plus large... En bref, en faisant se reproduire les deux idées dont je parlais plus haut pour obtenir des dizaines de petites idées qui irrigueront une œuvre plus longue.
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Bonjour,
Quelques remarques :
- Je suis d'accord avec Tezcatlipoca, une seule idée ne fait pas un roman, ou une "très grosse" alors. Par contre, une bonne idée, des personnages avec le l'épaisseur et des actions peuvent déjà donner quelques choses...
- Si tu aimes les plans détaillés, il faut que tu puisses te laisser beaucoup de l'attitude pour incorporer des idées, moduler l'histoire. En d'autres termes, donnes de l'élasticité à ton plan. S'il est trop rigide, tu te mets à la nouvelle.
C'est exercice est tout aussi exigeant, sinon plus, mais il te permet d'éviter de trop rentrer dans les détails.
J'espère t'avoir un peu aidé.
H
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Moi, les idées, j'y crois pas beaucoup.
Je crois plutôt aux mots.
Mais j'suis mallarméen, alors, disqualifié, j'imagine.
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Pour concilier tout le monde, une idée n’est qu’une succession de mots qui forme des paragraphes et finissent par donner un texte. ;D
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Moi, les idées, j'y crois pas beaucoup.
Je crois plutôt aux mots.
Mais j'suis mallarméen, alors, disqualifié, j'imagine.
Moi je me définis volontiers comme mallarméen (d'ailleurs pourquoi ça disqualifierait :-) ?).
Mais il me semble que mallarmé dit "le sujet n'est qu'un prétexte". mais je ne crois pas qu'il dise qu'il n'y a pas besoin de sujet ou d'idée.
Flaubert disait que son rêve serait d'écrire du pur style, quelque chose où il n'y aurait pas d'histoire, qui ne raconterait rien. (Mais ça, c'est peut-être déjà une idée d'ailleurs). 8)
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Si on n'a plu d'idées pour un texte, le mieux c'est de bien le conclure. Sinon après on dilue et le résultat finit par être décevant.
On peut aussi réfléchir à quelles idées nous paraissent séduisantes, des idées qu'on a eues pour un autre texte, et voir dans quelle mesure elles sont ajoutables à ce texte-là, quitte à revenir bricoler (bien) des trucs dans certains passages.
Bref, j'ai pas mal ri avec le titre de ce fil, parce qu'au début j'avais lu "Mes idées m'épuisent" :mrgreen:
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Une idée peut suffire pour un roman. Après la réussite de l'histoire tient dans le fait de réussir à construire plusieurs points de vue autour de cette idée. Par exemple on peut partir d'un artefact magique qui rend invincible. A partir de là on peut imaginer un "méchant" qui veut s'emparer de l'objet pour contrôler le monde, un gentil qui a pour but de l'en empêcher (quelle surprise :mrgreen:) et pourquoi pas une tribu primitive quelconque qui défend bec et ongle le bidule magique.
Ensuite on décide si chacun mène sa vie dans son coin jusqu'à la rencontre finale ou si de temps en temps y a rencontre. Et puis bien sur on essai de faire quelque de moins cliché que mon exemple ;D
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Une idée peut suffire pour un roman. Après la réussite de l'histoire tient dans le fait de réussir à construire plusieurs points de vue autour de cette idée.
Je plussoie 8).
A mon avis il vaut mieux avoir une grande Idée, riche et précise, qu'une collection de petites idées. Et une grande idée de toutes façons se déclinera presque forcément en petites "sous-idées".
A la recherche du temps perdu, y a avant tout une grande idée, pas trente six. Idem pour plein de chefs d'oeuvre je pense.
J'aime bien ton exemple, LeSolitaire ;) . légèrement cliché peut-être, mais on s'en fout, c'est très parlant.
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Par rapport au titre du fil...
c'est déjà bien d'en avoir eu.
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Un exemple simple: "Igor est fâché, il a raté son bus"
devient
"Il court à perdre haleine, le sang battant ses tempes. Plus que quelques mètres, l'abribus est proche. Trop tard, la silhouette du bus vient de disparaître au coin de la rue. Igor balance un violent coup de pied sur le poteau du lampadaire."
Ha, j'adore ! :D
Bon le sujet date mais j'ai beaucoup aimé lire toutes vos impressions. Vous avez tous des idées différentes et c'est très intéressant. Je pense que le regroupement de tous vos conseils doit donner une super méthode !