Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => L'antichambre de l'édition => Discussion démarrée par: Basic le 13 Novembre 2022 à 14:45:32

Titre: Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 13 Novembre 2022 à 14:45:32
Bonjour,

Bon, on peut avoir de nombreux avis sur les maisons d'édition, leur métier, leur engagement, la façon d'entrer en contact avec elle, leur courtoisie, leur mission... ( on pourrait inventer une sorte d'éditomètre pour mesurer l'énergie dépensée pour ce fameux contact : de la lettre, au déplacement au salon, du pied dans la porte au déguisement, du speed Editing à l'auto édition...)... y a pas mal de sujets qui en parlent, on s'y frise et s'y engueule presque parce que les expériences de chacun sont très différentes.
Mais je ne vais pas en parler. Je vais parler de panoplie.
La panoplie de l'écrivailleur : un savoir faire ( doit on parler de talent ? parfois ça hérisse), du boulot, l'éditomètre (pour mesurer sa niaque et sa façon d'avoir la niaque), le blog, la chaine youtube, les réseaux sociaux, une page sur babelio... ça fait beaucoup.
Je vais m'arrêter sur un.
J'ai un blog, en avez vous un ?
A quoi vous sert-il ?
Perso, c'est une façon de poursuivre l'aventure du roman parce que je n'y traite que de lui, des personnages etc... Mon éditeur m'avait demandé d'en créer un ( un tout petit, petit éditeur... c'est quasi la même mesure que l'auto édition: peu de distribution, bod et vente par correspondance). Quelle était l'idée de mon éditeur ? certainement une idée de promo, de valorisation, d'extension du réseau. Evidemment, ça ne marche pas. C'est l'histoire de la poule et l'œuf : pour que ton blog marche, il faut que ton roman marche/pour que ton roman marche il faut que ton blog marche. Ah non ! En fait pour que ton roman marche il faut qu'il y ait du buzz ( que tous les accessoires technologiques de la panoplie fassent du bruit), que les gens le voient ( quand ils entrent chez un libraire, soit ils ont une idée en tête, soit ils fouillent pendant des heures, soit le truc qui est sur la table avec le panneau "coup de coeur" et paf... (gros pourcentage le dernier, non ?). Pour les non-distribués, il n'y a que le buzz( celui de la panoplie sans oublier la présence dans les autres panoplies, celles des influenceurs - je viens de découvrir : étonnant. On avait les articles de critiques dans les revues, là aussi un vrai défi, maintenant il y a les interviews par les influenceurs)
Avez- vous des trucs dans votre panoplie ? Qu'en pensez-vous ? Est ce que vos accessoires fonctionnent sans avoir recours au SAV ? Avez-vous des conseils pour :
les fracturés numériques - les allergiques aux réseaux - les timides - les hasbeen - les écrivains qui écrivent encore avec une plume d'oie - ceuses qui ont bien la panoplie mais des statistiques à 0...

Vous m'aurez compris, ce fil est à moitié sérieux et ce n'est surtout pas une discussion. Juste un sujet ouvert sur les blogs ou autres, qui désormais nous occupent, ou du moins quelques uns d'entre nous.

En vous priant de m'excuser pour les parenthèses

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Cendres le 13 Novembre 2022 à 20:01:28
Bonjour Basic,

Je n'ai pas de blog pour mes écrits. Je les partages ici. Je n'ai jamais pensé être édité. Je ne vois pas qui serait intéressé par ma vie (c'est surtout cela mes textes.).

Je pense que de nombreux livres sont connu, non pas pour leur qualité, mais du que leurs auteurs sont des personnes d'un certain milieu.
On m'avait dit que dans le monde de l'édition il y a aussi des modes. Donc si ton roman est bon, mais un autre est moyen mais parle d'un sujet à la mode, il aura plus de chance d'être publié que le tien.

Je n'ai pas de "panoplie" ou de blog. Donc je ne vais pas te conseiller. Pour moi l'écriture c'est comme une forme de liberté.
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Rémi le 13 Novembre 2022 à 22:42:18
Salut Basic,
Je fais pas grand chose pour qu'on parle de mes bouquins : Je fais deux trois salons par an, une ou deux interventions dans des écoles, et la gazette de ma commune parle de mes sorties de temps en temps, tout comme La Voix du Nord qui a déjà fait deux trois articles. Je fais aussi des dédicaces dans ma librairie de quartier quand je sors un nouveau livre et des ateliers d'écriture une ou deux fois par an.
Pour l'instant, mes bouquins sont édités par une petite maison régionale, et mon éditeur passe une bonne partie de son temps à faire le tour des librairies et autres points de vente. Il est connu et apprécié, la collection aussi est un peu connue.
Il sort environ une vingtaine de polars par an (moitié jeunesse et moitié adulte) et il réussit à gagner sa vie. Il sous-traite le boulot de relecture à quelqu'un de bien, c'est sympa. La composition et l'impression sont aussi faites dans le Nord, bref, du circuit court ^^ Je suis plutôt content de participer à l'aventure.

Bref, moi ce que j'aime, c'est écrire, pas faire du commerce (comme toi, non ?) et j'avoue que quand je vois les auteurs en promo, ça fait pas rêver...

A++
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 14 Novembre 2022 à 18:15:55
Complétement Rémi,
ce que j'aime c'est écrire

mais ( il y a toujours un mais) , un livre devrait avoir des lecteurs. Une fois qu'il est sorti du disque dur... Les écrivailleurs comme moi qui n'ont généralement pas de distributeurs ( pas de type qui passe dans les librairies, ni de réseau de distribution) avec un éditeur qui n'a que deux bras, pas trop de pognons et qui fait deux trois salons, place à deux trois endroits, dépose aussi mais quoi, à tout casser une quinzaine de lieux où les bouquins sont visibles, le reste, c'est le buzz... donc, faire le buzz. Et là, nous sommes dans une sorte de révolution paradigmatique, qui nous fait basculer dans l'étrange. Nous voici plus ou moins revêtus de nos panoplies ( en l'occurrence l'éditeur doit faire la même chose, agiter la trame)... peu, pas grand chose. Ce n'est pas si grave, ni important d'ailleurs, mais ça m'intéresse " cette révolution paradigmatique". J'aimerais bien avoir le retour d'expérience des camarades qui vivent plus ou moins la même aventure avec leur bouquin.
Perso, il y a des trucs que je ne mes sens pas de faire... mais j'aimerais bien l'avis des autres.

En fait, le forum est un lieu ou on bosse le livre... mais une fois celui ci accompli, comment ça se passe ?
Une vraie question.

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Milla le 15 Novembre 2022 à 14:54:05
yop !

Perso, je suis trop irrégulière dans le temps que je consacre à la comm pour avoir un blog, et puis j'aime pas ce format où les articles se font enterrer par le temps qui passe. Du coup, j'ai préféré me faire un site internet (basique, avec wordpress) où je peux bidouiller mes menus à ma guise.
Pour de la comm + direct j'utilise facebook et instagram qui sont reliés l'un à l'autre, donc normalement quand tu fais un post d'un côté il apparaît des deux. Je pense que c'est bien pour se donner un peu de visibilité, notamment auprès de libraires, bibliothécaires et passionnés de livres, mais ça reste en vérité un microcosme où beaucoup sont d'autres auteurs, illustrateurs ou éditeurs. C'est un peu en circuit fermé, quoi...
J'envoie un ptit mail aux libraires avec qui je suis en lien pour leur dire que j'ai une nouvelle sortie aussi.
Bref, je fais un peu de comm pour le principe, mais clairement, je compte surtout sur les diffuseurs de mes maisons d'édition.
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 15 Novembre 2022 à 18:52:35
Voilà Milla merci de nous faire part de ton expérience.

Je pense qu'il y a une vraie fracture dans les fonctionnements, du moins dans les us et coutumes des écrivailleurs.
Pourtant, on retrouve toujours ce fameux microcosme.

Après il y a l'histoire du serpent et de sa queue. Effectivement, si le livre n'est pas lu, le blog ou le truc de la panoplie ne marche pas non plus, j'imagine.

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Milla le 16 Novembre 2022 à 09:47:18
On peut pas trop savoir si un livre marchera ou passera inaperçu, y a pas de recette miracle. Il faut un titre et une couverture qui accroche les lecteurs mais surtout les distributeurs en fait (les libraires, les grosses enseignes) parce que c'est eux qui vont le commander et le mettre en avant ou pas. Mais pour savoir ce qui fera l'étincelle, pfiouuu, pas simple ! Et puis on écrit pas POUR chercher à créer cette étincelle aux dépends de ce qu'on a en nous qui veut sortir de toute façon, donc bon... Mais clairement, quand ça tombe en face, c'est la joie ^^
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 19 Novembre 2022 à 05:34:32
Je suis assez d'accord avec toi Milla concernant les librairies, c'est bien le meilleur vecteur. En l'occurrence, je suis d'une génération qui a grandi avec ce coffre à trésor au coin de la rue, pas de téléphone ni d'écran pour s'égarer. Toutefois, je pense que désormais, une grande partie des livres ne sortent plus en librairie ( souvent l'éditeur, ou l'auteur, avec son petit carton et sa petite voiture, se  déplace et fait un dépôt - peut être une dizaine de librairies - il est ensuite complétement claqué et il a cramé tout son réservoir), pas en volume bien sûr mais en titre.
Je crois que parmi nous, il y a une grande partie des gens qui sont publiés de cette façon. C'est alors l'extrême contradiction qu'il peut y avoir entre un engagement artistique et une activité d'influenceur : arriver à créer un buzz autour d'un livre par la force des nouvelles approches. C'était le sujet de cette émission de radio sur france cult que j'ai ratée... (je vais essayer de la podcaster) et c'est bien le sujet de ce fil. Comment on se débrouille avec cette contradiction : déjà techniquement ( pas simple) et ensuite éthiquement ou moralement, ou tout simplement avec notre pauvre égo martyrisé par ce déchirement contradictoire.
Toi Milla, apparemment tu as déjà un réseau, des libraires, des bibliothécaires... comment as tu construit ce réseau ? Est il circonscrit à ta localité ? c'est à dire est il purement issu d'une certaine notoriété locale ou dépasse t-il ? Ce réseau est il dû à ta seule action ou à celle de revues, de ME, de différents trucs auxquels tu as participé, en temps que personne ou juste tes écrits?

je reprends un bout d'un fil que j'ai posté au mauvais endroit, par erreur : ce que je trouve étrange c'est la place prise par "l'idée", le "concept" auteur, par rapport à l'objet principal : le texte.
Avec blogs, réseaux sociaux, salons, cite... j'ai l'impression qu'il y a propulsion en avant-scène d'une image, d'une force de persuasion qui passe avant l'œuvre. Ainsi, si je suis actif ( et c'est en gros ce que j'ai pu comprendre de certains éditeurs qui mettaient en avant les blogs d'auteurs par exemple), le livre se vendra mieux, il sera mieux diffusé, il fera mieux le buzz ( d'ailleurs les pages critiques de babelio par exem, sont elles vraiment des pages critiques ou le résultat d'une campagne de persuasion - de proximité- pour poster des commentaires... comme les like). Il s'agit alors d'être dans la bonne formule, de donner la bonne image, de maitriser les outils, d'être bankable voire sexy pourquoi pas.

On constate bien sûr au salon du livre à paris, la queue dans les listes d'attente derrière les photos de Houellebecq ou autre... mais ce sont des stars. Parfois, je regarde des trucs sur internet, tiens par exemple le site des vagabonds du rêve ( très chouette  ME d'ailleurs, ils te répondent, te parlent de ton texte, te font des suggestions et des propositions d'améliorations) , pourquoi une chaine d'interview, pourquoi un entretien avec un auteur qui va essayer de parler de son livre, de sa carrière, de sa façon d'écrire, de lui... est ce là l'important ? N'est ce pas du bouquin dont il faudrait parler. N'est ce pas la force de persuasion, le charme, la capacité à répondre, l'image, enfin... des tas de trucs extérieurs à l'œuvre qui vont pousser ou amener le visionneur à acheter le livre ? Bref, ça me perturbe


B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 26 Novembre 2022 à 17:12:11
Bonjour,

tiens une aventure qui m'est arrivé aujourd'hui.

Vous allez dire : revoilà l'aigri, il se plaint des éditeurs, des lecteurs, et maintenant des libraires.
Ce n'est pas une loi générale mais une expérience personnelle, contingentée à mon biotope.

je me suis dit : " t'es nul en panoplie moderne, va faire un tour dans les librairies de ta ville, tu feras un dépôt. "  Ma ville est une ville moyenne avec une grande librairie qui fait tout un tas de com autour de son ancrage local, partenariat avec la scène nationale, partenariat avec les grands événements culturels, accueil d'artistes pour des show-case, des lectures etc...
J'y suis allé, naïvement, avec mon sac en plastique. Au bout, de quelques rebonds de personne en personne, me voilà devant un gentil libraire un peu fatigué ( c'est bientôt noël).
- Ah mais non, on n'en fait plus trop, des dépôts !
J'étais dépité, il a essayé de me consoler. IL ne m'a même pas parlé des difficultés comptables liées au dépot de dizaine d'écrivains assez mauvais pour ne pas avoir de distributeur.
- Mais venez avec vos bouquins, on vous installe sur une table et vous les vendez au chaud. On vous trouvera un petit coin.
C'est pas tellement ça que je cherchais, pas non plus un tapis rouge et une tête de gondole, de toute façon j'en avais que cinq dans mon sac. J'attendais une sorte de solidarité, de compagnie... pas non plus une reconnaissance mais un accueil. On n'a jamais parlé du bouquin, on a parlé de le vendre. Bon, c'est pas deux ou trois dépôts qui auraient créé le buzz, mais juste une sorte de marque d'intérêt de la part des professionnels, ça aurait été pas mal. Histoire que mon cousin puisse aller aux rayons imaginaires et se la péter.
Cette librairie est une scop, elle a été rachetée par quelques uns de ses employés. Quand ça s'est cassé la gueule, le tissu local s'est bien bougé, les artistes ont mouillé la chemise pour défendre le morceau. Bon... Il ne s'agit pas non plus de renvoyer l'ascenseur mais de rester cohérent avec son discours, se mouiller pour accueillir les écrivailleurs locaux, c'est bien non ?

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Milla le 28 Novembre 2022 à 10:04:43
Mais quand tu as voulu parler du contenu de ton livre, le libraire ne t'a pas laissé lui présenter ?
Après, je pense que s'il les avait pris en dépôt, les livres auraient été coincés dans une étagère et n'auraient peut-être pas trouvé preneur, vu la grande librairie que tu décris où il doit y avoir masse de propositions de livres, notamment plus connus et qui vont interpeler le passant avant le tien. C'est sans doute aussi pour ça que le libraire te propose de faire une dédicace qui te donnera plus de chance de parler directement aux lecteurs de ton livres et d'attirer leur attention dessus. (même si ça ne veut pas dire en vendre des tonnes non plus hein) Qu'est-ce qui te rebute ?
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 28 Novembre 2022 à 13:16:13
Bonjour Mila, bien évidemment je pense que un libraire dans le système actuel et de surcroît employé par une assez grosse boîte,doit chercher assez loin en lui la passion du métier.
Je ne suis pas rebuté non plus par les dédicaces, je pense juste que dans le cas d un ecrivailleur comme moi, ce sont des moments qui font plaisir mais qui pour le livre ne servent pas à grand chose.
Au sujet de la librairie c est de leur engagement au côté des artistes locaux que je critiquais...
 Répondre à un cahier des charges n est pas pour moi, un signe d engagement.
B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Alan Tréard le 28 Novembre 2022 à 13:46:42
Bonjour Basic,


Je suis extrêmement troublé par tes critiques contre les librairies qui seraient, à t'entendre, corrompues et globalisées.

Chaque librairie fait ses propres choix et pratique ses propres usages, il n'y a donc pas de fonctionnement systématique qui soit imposé ou commun à toutes les structures. Si tu prolonges tes recherches solitaires, tu finiras par trouver des librairies spécialisées dans toute sorte de genres, du polar à la bande dessinée en passant par toutes les nuances de la fiction, sans compter les librairies spécialisées dans les ouvrages scientifiques ou universitaires ou dans les écrits ésotériques.

De quelle librairie parles-tu véritablement ? Es-tu bien sûr et certain que tu connaisses précisément son mode de fonctionnement ?

Les discours anti-système sont monnaie courante sur internet, et cette histoire de buzz médiatique, d'artistes locaux délaissés au profit d'artistes mondialisés, de manque de solidarité réelle envers les anonymes, tout cela crée un climat anxiogène qui nuit à la réputation de ces entreprises modestes et courageuses.

C'est sûr que c'est rassurant de se dire qu'il n'existerait qu'un seul modèle unique, imposé par les pouvoirs financiers, auxquels les artistes se soumettraient pour atteindre une notoriété mondiale... Cependant ce n'est pas la réalité concrète des librairies au quotidien qui sont amenées à faire des choix difficiles, coûteux, à prendre des risques, et qui défendent leur vision du monde courageusement.

Que tu critiques un choix d'une librairie en particulier que tu déprécierais, c'est une chose ; mais que tu mettes ce fait en lien avec le pseudo-concept d'un modèle unique de blog d'auteurs de luxe ou la pseudo-accusation de système mondialisé auquel les librairies seraient soumises, c'est une toute autre chose.

Non, la librairie n'est pas soumise à ce type d'impératif mondialisé, car elle défend un modèle d'entreprise local original où les artistes locaux comptent de façon très importante dans les choix de vente. Et les écrivains eux aussi participent à la défense de ce modèle créatif. C'est ce qu'on attend d'eux, en effet.


Si tu souhaites déplorer ce genre de modèle indépendant, ce sera sans moi, et j'exprime mon désaccord à ce propos.

Et le débat sur les librairies mérite d'être mené, abandonner ce modèle unique serait une immense perte pour la littérature !
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 28 Novembre 2022 à 13:58:51
Comme souvent... Tu interviens à côté du propos Alan.
Tu projettes dans mon message tout autre chose que ce que j y ai mis

Porte toi bien
B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Alan Tréard le 28 Novembre 2022 à 15:12:15
Évidemment,

Ma parole n'est pas la bienvenue car je suis hors-sujet en parlant de tes généralités sur le fait que « Pour les non-distribués, il n'y a que le buzz » qui marcherait... Non, les librairies ne sont pas des buzzeurs sur lesquels il faudrait appuyer pour se faire entendre, c'est bien plus compliqué que ça.
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 28 Novembre 2022 à 15:27:01
J ai bien précisé Alan, qu il s agissait de ma propre expérience. J ai bien précisé aussi que dans mon cas, la non distribution impliquait le media internet et toute sa panoplie (ce en quoi je me juge incompétent.) J ai bien précisé encore comment j envisageais le rôle de cette librairie dans ma ville et encore une fois donc pas une généralité... Un rôle non pas de vendeur mais une action solidaire envers le maillage artistique local. Donc ton propos et effectivement hors sujet, ou du moins dans un sujet qui n est pas contenu dans mes propos.
Sur ce je te salue, et comme le veut l usage, je ferme le fil en ce qui me concerne.
B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Ari le 28 Novembre 2022 à 17:54:48
Bonsoir,
Peut-être que mes attentes sont moins élevées que les tiennes, basic, mais vu de l'extérieur je ne trouve pas ça si négatif comme réponse de la part du libraire ? Un auteur sur place qui peut signer ses livres, souvent ça attire davantage l'attention qu'un livre au milieu des rayons... et peut-être que sur une après-midi entière, les libraires trouveront plus facilement le temps de discuter avec toi et se renseigner sur ton livre, plutôt qu'à l'instant T où tu es passé ? A ta place, j'aurais envie de tenter l'expérience !
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Deofresh le 30 Novembre 2022 à 11:07:57
Bonjour Basic,
J'ai vécu la même expérience que toi cet été. Les yeux brillants de fierté, je suis allé voir tous les libraires de ma ville pour faire des dépôts, mais après trois refus assez brutaux, j'avais le cœur en miette. Pourtant, au fil des mois, j'ai pu participer à des séances de dédicaces et je me suis même retrouvé sur un salon. Pas grand-chose, trente livres vendus en tout et pour tout, max, mais j'ai pu échanger avec des lecteurs et c'était vraiment sympa. Le libraire qui m'a reçu en dédicace m'a même lu et il est venu me complimenter : il avait préparé des petites étiquettes "coup de cœur" à apposer sur les quelques exemplaires qui sont restés en dépôt chez lui. Et ça, ben c'est pas grand-chose, mais ça m'a fait plaisir.
Tout ça pour dire que je comprends ta frustration. Quand on a terminé d'écrire, on pense que le plus dur est fait, mais ce n'est pas le cas. La promotion est un travail long et frustrant, on avance à petits pas, mais pour celui qui persiste, je suis sûr que le bout de chemin en vaut la chandelle. Si c'était facile, tout le monde le ferait, non ? Le premier roman best-seller est un mythe, il faut bosser et c'est ce qui fait la beauté de la chose. Ne te décourage pas, je suis en train de livre ton roman et il est super ! Tu as du talent et tu mérites de te faire connaître.

À bientôt !
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 26 Décembre 2022 à 09:39:29
Je reviens sur ce fil.
Parce que je suis allé me promener pour prendre l'air et j'ai trouvé des trucs comme ça :
Librinova rire jaune (https://www.librinova.com/blog/le-blog-dauteur-indispensable-a-tout-ecrivain-moderne/) ou pourquoi t'y penses pas tout seul (https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire-conseil/4056-comment-promouvoir-son-livre-sur-internet-12-conseils-cles)  Y a des centaines de trucs comme ça, on peut s'y perdre, errer dans le phantasme de la succès story éditoriale

à mettre en parallèle avec ces phrases de R Barthes
"« L'écriture est destruction de toute voix, de toute origine. L'écriture, c'est ce neutre,
ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit. […]
l'image de la littérature que l'on peut trouver dans la culture courante est tyranniquement centrée sur l'auteur, sa personne, son histoire, ses goûts, ses passions. [...] l'explication de l'œuvre est toujours cherchée du côté de celui qui l'a produite, comme si, à travers l'allégorie plus ou moins transparente de la fiction, c'était toujours finalement la voix d'une seule et même personne, l'auteur, qui livrait sa ‹ confidence ›. […]
Mallarmé, sans doute le premier, a vu et prévu dans toute son ampleur la nécessité de substituer le langage lui-même à celui qui jusque-là était censé en être le propriétaire ; pour lui, comme pour nous, c'est le langage qui parle, ce n'est pas l'auteur […]
en acceptant le principe et l'expérience d'une écriture à plusieurs, le Surréalisme
a contribué à désacraliser l'image de l'Auteur. […]
l'Auteur n'est jamais rien de plus que celui qui écrit, tout comme ‹ je › n'est autre que celui qui dit ‹ je › : le langage connaît un ‹ sujet ›, non une ‹ personne › […]
Nous savons maintenant qu'un texte n'est pas fait d'une ligne de mots, dégageant un sens unique, en quelque sorte théologique (qui serait le ‹ message › de l'Auteur-Dieu), mais un espace à dimensions multiples, où se marient et se contestent des écritures variées,
dont aucune n'est originelle : le texte est un tissu de citations, issues des mille foyers
de la culture […]
l'écrivain ne peut qu'imiter un geste toujours antérieur, jamais originel ; son seul pouvoir est de mêler les écritures, de les contrarier les unes par les autres, de façon à ne jamais prendre appui sur l'une d'elles : voudrait-il ‹ s'exprimer ›, du moins devrait-il savoir que la ‹ chose › intérieure qu'il a la prétention de ‹ traduire ›, n'est elle-même qu'un dictionnaire tout composé, dont les mots ne peuvent s'expliquer qu'à travers d'autres mots, et ceci indéfiniment […]"

Bon comme je ne suis pas philosophe je ne dirais pas que j'ai complétement compris Barthes.
Avec la panoplie ( rappel : ce que j'appelle la panoplie c'est : blog, réseau sociaux, chaine, influenceurs...) n'y aurait il pas quasi disparition du texte au profit d'un "auteur-fiction", une sorte d'avatar qui devient quasi l'œuvre en lui-même ?

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Dot Quote le 26 Décembre 2022 à 20:56:31
Citer
Avec la panoplie ( rappel : ce que j'appelle la panoplie c'est : blog, réseau sociaux, chaine, influenceurs...) n'y aurait il pas quasi disparition du texte au profit d'un "auteur-fiction", une sorte d'avatar qui devient quasi l'œuvre en lui-même ?
- virtualisation : poursuivre l'hors paroles volatiles tout-de-même ?
- démocratisation : chacun son usage des lettres ?
- sensation de perversion, déviation, déperdition : l'élite se dilue-t-elle ?
; et puis :
- instincts sur histoire : comment vivre la révolution numérique ?
- consensus vers quoi : notre vie néophyte aux yeux d'une révolution qui se pense en ère ancestralement générationnelle ?
; déviation rejointure :
- objet d'écrit : le bain du livre papier vs la panoplie ?
- auteur-fiction : imparable entre-deux, jusqu'à ivresse ?
- avatar : masque de plus dans le règne des apparences ? l'éternel n'est-il pas qui ou quoi est derrière chaque ? comment 'représenter' en toute conscience de la roue suivante du pédalier, et des autres, 'construction', 'reflet', vrai faux quoi comment exprimé ?
- oeuvre : processus d'auto-divinisage par création du soi artistiquement impliqué à l'explique de la névrose ?
; manson l'avait dit : i'm not an artist am a fuxking work of art
- du premier rupestre généreux et gratuit au freemindd mégaloshwdnkd, je me demande la progression-complexification de la transparence d'expression-contenu, qui anime de bordures à freins et accélérateurs, l'expression artstique en ce qu'on se figure l'avant panoplie... pis après avec ? expression amoindrie de la volonté esthétique complexe des virtuoses passés à creuser depuis élite ? expression naturelle, avec filtres industriels ? niveau majoritaire d'une époque post-virtuoses-élitement-sélectionnés-construits ?
- moi : j'ai peur juste de ce qu'on teste le brouillon du web, on n'y peut rien, 'seront pas sûrs avant long y'a à cravacher encore après nos lifes si ça survit, qui donc ? qui donc se rappelle le premier siècle de l'invention de l'écriture ? toute la pop' à l'époque, 'z'en étaient où par rapport à la portée du truc ? l'alphabet c'est pas rien comme acquis social, et le truc technique qui nous tsunamise nos lifes et celles de pas mal de nos enfants si jamais, c'est autre chose que tout le tout d'avant : mur, feuille, papier, c'est tout du matos unique, pas reproductible, un objet matériel, pas numérique, on se paye une belle vague avec le numérique indénombrable, tout autour de nous et l'expression aussi, on se paye ce truc sortez les planches de surf même le télésiège est trop court ! l'industrie de la production en série, pour les livres, c'était le pitit avant-goût de ce qui nous submerge, ce truc qu'est là, et comme il est matériellement inexploitable, faut du matériel pour l'incarner, et ce matériel se pense dans les catégories de l'indénombrable, le, le, le, gros truc que bin voilà, moi j'suis avec mon alphabet, j'ai pigé qu'on a la piste de poudreuse devant nous un matin de saison, les godilles qui ouvrent la voie ça va être le pied, autant y'aller fifou, c'est le brouillon, après y'aura tout le monde qu'aura dammé sa part de chemin c'est d'autres vies de la neige, celle-là là qu'on sait pas ce que sait, moi je sais pas : écrire ?

en tous cas je partage le vertige, 'm'semble : c'est quoi ce tout nouveau merdier ? comment on s'en sort ?


(edit)

bah pis tiens pour montrer à quel point

je ressors d'ici tout ébroué de mon mot, je lance un yt pour me changer d'air, et là, pub, sur quoi ? ça s'appelle myheritage.fr, que ce soit nouveau de now, comment que quoi, incarné selon logiciel et origine des données ? usage du truc ? vous avez pigé le clair du nom de domaine, c'est du même genre que livre de visages ? l'histoire se prend le tsunami je redis ce que je pense, là myheritage.fr tu crois ça sert à quoi ? qui en verra un truc intéressant ? le but du jeu on n'y voit qu'à peine venir, c'est cette nouvelle mesure de ce qu'on laisse à travers le temps, cette pitite quête anodine qui s'ouvre avec l'histoire de l'écriture, tsunami grogro avec le numérique ! que ce soit l'ascii art, le blogging, le réseautage, la rv, etc... bin là tu sais, dans mille ans t'as mille gamins hétéroclites qui sont dilués dans l'espace de leur petit temps de vie, ils vont cliquer sur mon-plus-vieil-ancêtre et voir ta tronche, tes mots, tout plein de trucs que seuls les hugo et flaubert nous y ont fait rêver pour le monde, limite les platons les écrits saints, mais en tous cas, crytage numérique additionné à diffusion mondiale non-géographique de masse, ajd touuuut le monde ou prex, n'a que peu d'espoir de disparaitre de l'histoire... ça va bien durer qu'une demi-seconde, tout ça pour nous, nan ?

et donc par la généalogie ici, les nouvelles questions à l'identité ? son expression ? son accès ? son usage ? son utilité ? ses limites ? ses formes ? tout à venir moi je parie pas, mes centimes n'en valent pas le coût...


(re-edit)

lol le yt c'était cette scène au milieu du 'vortex'
https://www.youtube.com/watch?v=6LddInXaBrA
l'angoisse pure oui, en parallèle...
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 01 Janvier 2023 à 12:34:38
Si on refaisait le coup de Romain Gary créant Emile Ajar et que l'on confie la rédaction du roman à chat GPT3

parenthèses : https://www.numerama.com/tech/1195664-openai-comment-generer-du-texte-grace-au-modele-de-langage-gpt3.html
avec en prime un poème qui pourrait passer sur le mde non ?

qu'on allie a cette création la force de frappe d'une publication sur internet avec l'appui des spécialistes du webbussiness :  acheter des vues, savoir se référencer et touts les techniques pour booster et créer le buzz

Pourrait-on avoir le prix Goncourt ?

mais heureusement Dot Quote, on ne s'y penchera pas, on aurait fait un malheur, non ? Et pas certain ( du moins pour moi,) que l'on comprenne bien à quoi servent tous les boutons de la panoplie... Tiens, celui-ci qui clignote là... ah.....!

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Deewild le 01 Janvier 2023 à 14:12:38
Bonjour tout le monde.
Je n'ai pas encore pu vraiment m'y mettre, mais un blog est très important je pense, voire un site internet.
Il y a des formations sur le net pour savoir comment bien faire sa promotion et/ou vendre son ouvrage.
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 25 Janvier 2023 à 18:23:25
Bonjour,

pour continuer dans la déprime post-édioriale.

Alors, les boire et déboires de la petite édition non distribuée :
 Si tu n'as que deux cousins, deux tatas, encore tes parents et tes frères et sœurs, plus deux ou trois amis assez proches mais pas trop ( à tes amis, tu offres ton livre)... tu peux vendre ( en fait donner à lire, il ne s'agit pas trop de businesse à notre niveau) une vingtaine de bouquins. Après, ton éditeur : le gars s'échine ou s'échine pas, place deux trois bouquins par ça par là, fait comme il peut le salon de petouneland... comme ni l'éditeur, ni l'auteur ne sont bien capables d'user des panoplies créatrice de buzz ( voir plus haut)... alors il en vend 20 aussi ( lui il vend vraiment, il voudrait bien faire du businesse)...
Au final, t'arrives à 40 bouquins. Tu sabres ton Heineken et tu la bois cul sec.
Concernant ta panoplie :
- dans les envois que t'as fait aux quelques revues que tu connais, personne n'a pris la peine de te dire qu'il foutait ton bouquin à la benne. Le stagiaire de troisième et là pour ça et il a mal aux bras
- les statistiques de ton blog, affichent sans problème ni honte, 2 consultations sur le premier mois, 0 le second et 1 le troisième... des types qui se sont égarés et sont partis fiça sans vouloir se faire remarquer.
- Sur Babelio, tes potes sont trop vieux pour poster un commentaire ou se perdent dans le machin et commente tes citations.  (  ;)  si tu lis tu te reconnaitras). Ta maman qui t'aime à 86 ans, elle ne comprend pas ce que c'est internet.
- les rares contacts que tu as dans le milieu, parce que sans te vanter, il y a une ou deux nouvelles que t'as écrites qui se sont placées, sont tellement débordés qu'ils liront ton bouquin quand la palette de livres entreposés dans leur salon ou les 400 autres nouvelles qui patientent dans leur boite mail, seront lus...
- les libraires ne font pas de dépôt sauf en argent, ou bien, ils ne font pas trop dans la fantasy
- ton boucher charcutier ne prend que Jean Anglade

Bon, j'ai cassé l'ambiance.
La littérature est une grande aventure.

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Milla le 26 Janvier 2023 à 11:19:56
Oui, je suis assez convaincue de ce que tu racontes dans le cas de petites ME sans diffuseur. Même avec diffuseur, c'est loin d'être simple !
Tu trouveras peut-être une ME plus grosse et diffusée pour ton prochain livre ! J'ai vu assez souvent des auteurs commencer à  marcher et que les droits de leur premier livre qui est passé inaperçu soit repris par la plus grosse ME pour le ressortir et lui redonner sa chance  :)
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Rémi le 26 Janvier 2023 à 22:08:09
Tu as indéniablement des qualités d'écriture Basic ; le nombre de ventes ne traduit pas la qualité du bouquin lorsqu'il est peu diffusé. Donc, courage et patience.  :calin:
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 26 Janvier 2023 à 23:15:04
Merci pour vos avis et encouragements
Le post est plus un compte rendu d expérience qu un confessionnal. C est surtout pour ajouter du blé au moulin du changement de paradigme du monde de l édition. Le déplacement des cases : création. édition. Distribution. Promotion. ..il y a des cases qui hoquettent... Burp !
B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 05 Avril 2023 à 11:21:28
Bonjour,

je continue mes grognements.
Je pourrais grogner envers le mde que je trouve un peu bizarre ces derniers temps, mais je vais continuer à grogner à propos de mon sujet préféré : le changement de paradigme dans l'édition, la distribution, la diffusion des livres.
Premier constat : Les éditeurs traditionnels peineraient à jouer le jeu,  se contenteraient de publier par réseautage ou rhyzome. On le constate tous un peu mais on n'a pas de chiffres, ou notre expérience n'est régit qu'à notre environnement direct, nos impressions, nos sentiments et comme personne d'entre nous ne s'appelle M Levy...
Second constat : le monde de la librairie est soumis de plus en plus fortement à la loi du business, le monde du libraire qui défend des auteurs qu'il aime, en dressant sa table, est révolu. Il fait comme tout le monde, il vend des livres et devient point relais... se trouve contraint de vendre ce qu'on lui impose etc. Les libraires qui restent sur le marché, ne font pas trop dans le sentiment ou travaillent quasi bénévolement
Troisième constat : les plateformes s'invitent et écrasent tout avec leur gros cul : édition, diffusion, distribution. Avec elles se développent tout l'arsenal contemporain : réseaux sociaux et compagnie. Le texte recul dans le cahier des charges.

J'ai cherché à faire publier un de mes romans. Les grands, moyens, petits éditeurs n'en ont pas voulu ( peu importe pour quelles raisons, le peu d'intérêt, le manque de curiosité ou de prise de risque, le manque de moyens, mon manque de compétence à passer le plafond de verre...) donc je me suis trouvé vers un très petit éditeur ( d'ailleurs révélés par le mde). Le travail d'édition est réduit, la distribution aussi... ça passait par bod... c'était quasi de l'auto édition mais sans rien payer. A la fin, t'es content d'avoir fait un livre, mais au fond de toi, tu te dis que c'est pas tout à fait vrai, que c'est pas tout à fait ça "faire un livre". Le petit gars qui est derrière cette micro édition doit aussi se dire la même chose... il en tire à peine de quoi s'acheter un paquet de clope, il s'emmerde avec tout un tas de paperasserie pour une sorte de rêve un peu fumeux. Soudainement, il ( le microéditeur) passe de BOD à Amazon... Amazon est capable de faire encore moins cher que BOD me dit-il. Donc, le deuxième tome va sortir chez un éditeur édité par amazon. Le micro éditeur ne sera pas plus riche ( peut-être deux paquets de clopes) mais Amazon, si. Comment fait amazon pour se faire du fric en dépeçant le système ? Certainement, parce que nous n'avons pas été capable d'inventer autre chose.
Déjà, je me disais bien que je n'avais pas tout à fait "fait un livre", maintenant, je me dis : quel étrange aventure ! Si un type au canada, clique le nom de ton bouquin, il peut l'avoir le lendemain, mais ta librairie de quartier n'a pas daigné le prendre en rayon parce que t'es pas bankable. Aucune revue à qui tu as envoyé un exemplaire n'en a parlé, ni ne l'a lu,  mais la quatrième de couverture est lisible par un néozélandais qui composerait au hasard le titre du bouquin.
Donc le deuxième tome sort bientôt ainsi que deux nouvelles dans le même univers. Est-ce que c'est une bonne nouvelle éditoriale ? Je n'en suis même pas certain.
C'est pas très grave et ce que j'aime c'est toujours écrire des histoires. Mais c'est une expérience curieuse.

J'aime bien grogner, et vous ?

B

Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: BeeHa le 05 Avril 2023 à 16:55:29
Bonjour Basic,

Déjà, je me dois de commencer par répondre :
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J'aime bien grogner, et vous ?
Non, pas particulièrement... Je me sens pas forcément mieux après, donc généralement, j'essaie de jouer à la blanche colombe quand certaines choses m'agacent (Avec le crapaud, tout ça tout ça) même si ça arrive malgré tout. :)

Je ne suis pas tout à fait d'accord, ça me paraît trop "noir" et moi, j'aime bien le gris.
Même s'il est évident que c'est plus "simple" pour un éditeur de miser sur quelque chose qui va se vendre sans soucis (avec en ligne de mire la renommée de l'auteur, qu'elle soit liée à ses succès passés ou à sa notoriété (quel qu'en soit le domaine.)) que sur une nouvelle tête inconnue, j'ai la sensation, peut-être erronée, qu'il est aussi plus simple pour un lecteur de miser de la même manière. Comme s'il y avait un gage de qualité derrière un nom, alors que, même si ça peut être le cas, ce n'est pas forcément le point central maintenant. Les modes, les causes, les opinions... Là encore, c'est personnel, mais j'ai la sensation que c'est ça qui est mis en avant aussi. Et dans un monde où tout doit aller vite, et de plus en plus vite, c'est plus simple d'avoir ces repères (auteurs connus, "influenceurs" de toute sorte etc.) que de chercher au gré de rayonnages...

Du coup, ça impacte nécessairement les libraires, oui.
Pour autant, est-ce qu'ils ne mettent rien d'autre en avant ? Je ne suis pas certains... Je dirais même que ça dépend certainement du libraire, de son milieu (indépendant ou "grande distribution") et surtout de son goût personnel. Dans celle où je vais, s'il n'y a, par exemple, peu de recommandations au niveau SFFF (parce que je pense que les libraires en place n'ont que peu d'atomes crochus avec cette "catégorie") tu en as beaucoup sur les autres, et ce ne sont pas que des best-sellers. Et même dans la grande distribution, chez mes parents, l'Espace Culturel proche est gavé de recommandation d'une des libraires, avec une impression de lecture, alors que chez moi, c'est juste un lieu froid où tu vends des livres.

Pour les plateformes, je pense que ça revient un peu à la vitesse que tout doit avoir.
Elles écrasent parce que ça va vite (1 à 2 jours, les gens paient même pour ça, alors que c'est un service "gratuit" en librairie, mais plus lent), que tu n'as plus à te déplacer, qu'il y a plus de choix (en général) parce que plus de place à disposition... Un peu pareil avec les "réseaux" où ça "mâche" le "travail" de recherche. Si xxx a aimé, alors je vais essayer, et inversement.

Du coup, entre gain et vitesse, le système est ancré dans le modèle actuel en quelque sorte.
C'est un peu la faute à personne et à tout le monde.
L'auteur prend, j'ai l'impression, une place au-delà du texte, que ce soit par ses opinions, son rayonnement (présence sur les réseaux ou autres) voire même par son physique, pourquoi pas, puisqu'on le présente parfois sur les couvertures, il doit y avoir une raison.

Après, j'ai une vision peut-être cynique de tout ça...
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 05 Avril 2023 à 17:52:06
Ta vision cynique me plait assez Beeha,

et puis je grogne tout seul dans ma cave comme un ours que nous avons connu.

Bien entendu, tu as raison, il existe des libraires qui défendent les livres comme il existe des éditeurs qui défendent leur livre. Mais j'essaie de me replacer là où la plupart d'entre nous se trouvent, c'est à dire dans ce lieu proche des limbes où nos livres n'ont pas encore d'incarnation... et je fais part de mon expérience.
Et c'est assez bizarre. Du coup, je regarde les choses avec une sorte de suspicion. Je passe chez Leclerc culture et je vois les petites étiquettes coup de coeur, je me dis : "au Leclerc Culture de Rennes, y- a t-il les mêmes étiquettes ou les employés ont une certaine autonomie ?" Puis je discute avec un des types avec son beau gilet Leclerc-culture. Sympa le gars, je m'étonne d'un de ces rayons " purée, je n'ai jamais vu autant de livres ésotériques, dans un rayon !" Il se marre " B'en, depuis quelques temps, c'est un raz de marée. On en vend des tonnes, on a plus de personnes qui s'assoient dans ces canapés là que dans le du rayon bédé !"

Pour "la faute à qui"... comme souvent je pense qu'une partie de la faute chargerait les acteurs du milieu, et les "auteurs" y ont leur place.

Bon... en fait c'est assez marrant.

B
Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Rémi le 06 Avril 2023 à 17:23:29
Citer
Bien entendu, tu as raison, il existe des libraires qui défendent les livres comme il existe des éditeurs qui défendent leur livre.
Ouaip, ma librairie de quartier propose pas mal de bouquins qui ne sont pas forcément chez les plus grands éditeurs, avec des notes de lecture sincères.
Et aussi, elle organise pas mal d'événements : j'ai assisté à une séance lecture d'une poétesse du coin, c'était très chouette ; j'ai organisé un concours d'écriture pour les jeunes du quartier (trop bien !) et j'y ai animé un atelier d'écriture.

Bref, y a encore des libraires qui aiment les bouquins et les défendent. Et du coup, des lecteurs qui aiment flaner dans les librairies.
(Pour info : en 2022, le Centre National du Livre dénombre 142 créations de librairies et 27 fermetures, soit un solde net de 115 établissements.)

Titre: Re : Blog ou pas blog, beurk ou pas beurk
Posté par: Basic le 06 Avril 2023 à 18:43:54
J'ai vu aussi les stat où depuis le covid, le nombre de librairies créées augmentent.
Bon  Clermont ferrand :
- une scoop de 2228 m2
- une petite librairie
- une fnac
- deux centres culturels leclerc
- un cultura
- deux librairies spécial bédé

La scoop fait semblant d'être une scoop et je vous en ai déjà parlé, c'est une usine qui a écrasé à peu prés toute la concurrence ( notamment raflé le marché des achats publics), qui propose une sorte d'agora où des types viennent signer, causer, jouer de la musique ... trop beau vous me direz ! Bon, en grattant un peu, c'est que de la surface.
Le reste, c'est le reste.

B