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le pays nu et le derme humain
- c'est tous des obsédés là-bas ; crois pas que l'innocence hippie se perdure indéfiniment, ils étaient sympas tous nus entre eux jusqu'à ce que l'histoire les rattrape, franchement c'est tjrs le même délire quand on ose profaner la pudeur, l'intimité, oui ils étaient assez soumis à l'ancien système qu'ils renversaient en leur juridiction pour considérer à juste titre qu'être à poil c'était bien en toute gestion d'une sexualité qui se découvrait sous de nouveaux horizons, pis la plupart des concernés n'étaient pas du genre mythologie grecque vis-à-vis du corps, ils ont surement goulument intégré ce qui même malgré les glissements insidieux que je leur imagine, est plus respectueux en occident après trois cents ans mini de coercition qui donc justement explose y'a le bientôt siècle ; bon, et bin ? bin leurs rejetons c'est des humains comme les autres, ils s'adaptent ok, ils apprennent de leurs ancêtres ok, mais ils sont qmm tjrs, et parfois un peu aveuglément, soumis à des fonctionnements que notre époque effrénée tend oui, à nous faire oublier, sous la fausse garantie que notre humanité est innée ; heu mane... tu serais une meuf, je te déconseillerais d'y aller, tout bonnement, et ce sauf si justement t'as quelques frustrations à aller régler ; mane, c'est pas trop ton genre d'aller taper la discute en dérangeant ce bedonnant érigé et cette rouge à lèvre pour leur tenir une chandelle inutile...
- nan mais j'crois pas ce soit le repère de désinhibés par le budget qu'on peut se faire en suivant le body cult, justement, là-bas disons... qu'ils poussent la nudité à l'extrême ; je sais pas si tu vas me comprendre sur ce point, je cherche un ascétisme existentiel, ils ont tout de ce que je trouve en vrai pour réaliser mes rêves, leur territoire est sectaire j'avoue, mais en guise d'entrée et de dépossession de tout ce qui est envisageable, ceci ne concerne aucun tarif d'entrée au contraire, d'après ce qu'ils m'assurent un peu pour vendre, c'est que ceux qui arrivent avec rien ont moins de délestement à effectuer au début ; t'façon le naturisme ils le conseillent déjà en perso, avant d'y vivre en vrai, et là-bas la communauté est si étendue sur le territoire du milliardaire qui a financé le projet, qu'ils ne prennent pas n'importe qui sous réserve d'un goût ponctuel pour les choses du corps imprécises et mièvres, leur déontologie rejoint la mienne sur le respect à la fois du naturel des choses cachées en culture du vêtement, et de ce qu'une bonne morale correctement construite par science et conscience, oui de ce que l'objet métaphysique de la pudeur humaine reste une puissance à garder sous contrôle, tout du moins dans ce qu'il ne faut plus s'en blesser entre nous ; le parti pris est ptetr chelou, de se confronter à l'inverse de notre tendance anthropologique à dissimuler là où un vent frileux finit toujours par souffler, un vent frileux là où c'est pas encore caché... comme pour tes hippies, je crois que ce truc que tu soupçonnes à la dérive, une génération moins sensible à une pudeur stable à notre espèce ; tout concorde dans leurs sécurités, pour me dire que cela se vit, s'explique, se découvre à notre époque qui depuis assez longtemps nous fait passer le vêtement pour une norme, nous avec eux, y verrions une dérive qui pourtant part d'un sentiment légitime je crois, en humainerie le cache-sexe tient son existence et son apparition, de processus qui nous relient et que peut-être, une histoire de la psychologie sociale pourrait expliquer à partir des preuves de chaque époque, des éléments de biologie qui constituent notre espèce, de milliards de paramètres surement, qui aujourd'hui visiblement leur permettent de vivre nus, dépossédés, persque sans abris sur territoire défini, la plupart sont conscients qu'ils ne peuvent s'amputer de tout usage de la civilisation, mais sous couvert de nudité autant physique que psychique, ils se permettent de vivre cette période qu'on serait certains à imaginer évolutive, comme je disais le cache-sexe nous est peut-être essentiellement imparable pour conserver je ne sais pas, un naturel qui peut admettons-le, glisser sur des choses liées à cet imparable métaphysique, tu vois le bedonnant érigé, y'a un gros débat entre comment faire pour que ce soit moins relou, entre la volonté d'y cutter tout simplement, qui se heurte à des résultats aléatoires, le pourquoi pas masculocentrage qui se satisfait à le dégorger plus ou moins avec consentement selon situation, bin on se traine le poids du silence autour de ce que les mâles font chier le touti juste pour un truc qu'il faut en fait prendre à bras le corps par les outils qui nous font rêver la réalité, réalité qui pour l'instant n'est pas encore historiquement aussi belle, je leur ai expliqué mon cas tu vois, prouver que l'histoire m'avait façonné dans des clous que j'avais pigé chez eux et qui m'apparaissaient comme valables à construire, bon bin ouais...
- j'ai écrit ça hier entre hallu peu renseignée et scratch conceptuel, une déambulation errante un peu perdue autour du sujet que je reprends souvent, le vêtement, la nudité, l'artifice de parure, le rapport sensible au corps pour soi, les effets matériels des corps de toute altérité présentée ; l'un des gros paradoxe-en-lacet j'ai l'impression, c'est ce tiraillement imparable entre l'intimité propre à soi qui pourtant se dirige souvent vers un partage ; que montrer que cacher, à qui et comment ? socialement il m"a fallu imaginer cette enclave territorialement étendue, je suis pas du genre à me rassurer de la pratique du naturisme en parc zoologique étriqué, je sais, je suis mégalo avec mes envies spacieuses d'aise, donc j'ai essayé de rendre l'importance démographique dans les dimensions de quantité et de densité, à l'échelle d'une société plutôt que d'un club... tout part d'une idée de scène qui souhaitait se figurer la thématique de la sexualité prépubère en contexte naturiste, mais le temps d'écrire tout ce qui est juste là, je m'étais éloigné de la scène et en vrai, je suis pas sûr qu'elle fut agréable à lire, à imaginer, à cauchemarder en vrai, autour de ce qu'il est relativement complexe à étudier d'un tissage extrêmement complexe je trouve, le corps en soi et en société, et la sexualité ; entre ces quelques morceaux puzzlesques de ce que j'essaye de m'y retrouver du chemin : h2o (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=32047.msg596677#msg596677), le vêtement (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=32941.0), le planétolitique (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34068.0), payx (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=33469.0)...