Depuis quelques jours, comme souvent à partir de la mi-août, le orages se forment au dessus de nos montagnes. Parfois, il restent de l'autre côté, c'est un spectacle hallucinant, les zébrures des éclairs, l'illumination de la nuit noire, un peu comme si demain ne venait pas. D'ordinaire j'aime à les regarder, comme en début de semaine, la nature offre parfois des spectacles hallucinants, bien plus surprenant que le plus beau des feux d'artifice.
Et puis, hier soir, un phénomène étrange a envahi le ciel à la fin du jour. Le ciel s'est chargé de nuages noirs tourbillonnants mêlés de gris, un clair-obscur presque obsédant. Une coupole étrange s'est formée au dessus de nos têtes, les contours étaient encore bleutés ; elle se mouvait lentement, comme un millier de serpents s'entrelaçant. Le yeux rivés sur ce phénomène, nous étions sans voix. "Le ciel nous tombe sur la tête" disait l'un, "que va-t-il nous arriver ?" disait l'autre... Inquiets, un danger imminent semblait se proférer à l'horizon, proche.
Un éclair, puis deux, puis trois... secs, bruyants, effrayants.
Une forme s'arrondit, de plus en plus rapide, tournoyant sous la voûte noire, encore plus noire.
"On dirait un OVNI ! " s'exclame le maître des lieux ! Nous en avons ri, mais la crainte demeurait présente. Le ciel semblait descendre sur nous, à pouvoir le toucher.
Puis le vent se leva, un vent chaud et froid à la fois, violent il emporta avec lui tout ce qui n'était pas arrimé solidement : un parasol, des chaises, un pot de fleur... impossible de lui résister.
La troupe de curieux que nous étions eut juste le temps de se mettre à l'abri.
Quelques coups de tonnerre encore, plus forts, plus intenses, plus tonitruants. Une goutte, énorme, puis deux, puis le déluge. Impossible de quitter la terrasse du café, ou du moins la tonnelle couverte et fermée en urgence, où nous nous étions réfugiés. Un gamin se mit à pleurer "maman, j'ai peur !". Comment ne pas craindre la nature quand elle se met en colère ? Je crois n'avoir jamais vu un tel déferlement de fureur des éléments.
La tempête a duré presque une heure, puis le ciel s'est éclairci. Nous nous préparions à rentrer chez nous, quand un grondement sourd nous a tous fait sursauter, suivi d'un bruit inhabituel d'eau en furie.
Impossible de sortir du restaurant, les eaux descendues de la montagne, s'étaient engouffrées dans la brèche d'un mur entre deux maisons, l'avaient rompu et dévalaient la rue en escalier dans un vrombissement torrentiel. La sortie étaient coupée. Nous avons patienté, en essayant de garder notre bonne humeur.
Ce matin sur les réseaux sociaux, des vidéos titanesques de rues inondées, de cascades dans les parties escarpées du village d'à côté. L'orage a été terrible, passant par dessus les murets, soulevant les plaques d'égout et emportant tout sur son passage. Les parties basses des maisons inondées, des voitures endommagées, une véritable catastrophe pour certains.
Ce matin, le ciel est bleu, les orages d'été ne durent pas ici, mais ils laissent des traces. La rivière d'ordinaire si claire charrie des tonnes de boue, des branches et quelques objets, que ses eaux grossies, ont glané sur ses rives.
La nature nous offre des joies mais aussi de grandes souffrances.
(bon c'est pas vraiment ce que j'ai fait de mieux ! )