Tool: gueule de bois et coup de boule
- Putain Tool, tu fais chier !
Je peux pas blairer les flics, sérieusement. Dés que j’en vois un, j’ai ma main qui me chatouille. C’est physique. Et là en plus, c’est des ripoux. Et qu’il est en train de me sortir tout son baratin pour m’impressionner. Je fais deux fois ta taille du con. Et puis fais chier, ils auraient pu me donner des vêtement. Le cul sur une chaise, ça colle.
-Tu m’écoutes, connard !
Ok, il vient de me frapper. Pas riposter, rester zen. Oh putain, il vient de m’en remettre une, le suicidaire.
-Salut Zack, je viens te prêter main forte.
-Merci, il est un peu réticent le grand garçon.
-Putain les mecs, vous me faîtes forte impression, par contre, je suis pas totalement convaincu que deux trous du cul soient plus efficaces qu’un seul.
Et bam, une troisième. Bon, celle là je l’avais peut être cherché remarque.
-Je crois que tu te rends pas compte de tes problèmes, mon vieux.
-Si, je me fais interroger par deux cons en uniformes, j’ai une gueule de bois que je ne souhaiterai qu’à vous et vous me frappez tellement que je commence à bander.
-Et le corps qu’on a retrouvé dans ta chambre. Mort.
Alors là, je l’avais pas vu venir. Pourtant c’est classique, un mec se faisant chauffer par une femme, la baise et se fait arrêter par la police après s’être réveillé. J’ai au moins eu l’originalité de finir suspendu à la gouttière de l’hôtel à poil. Les flics me montrent une photo du mec. Un kolaïs. Un coq qui faisait à peu près la même taille que moi et qu’était pas gringalet. On l’avait massacré. Bon j’avais déjà fait pire lors de mon dix-huitième meurtre mais le mec y était quand même allé fort.
-Rassurez-moi, vous avez pas du ramasser toutes les plumes ?Parce que ça a du être du boulot. C’est pour ça que j’ai passé une heure à attendre à l’arrière du véhicule ?
-Tu m’emmerdes Tool. Écoutes, tu me fais tes aveux et on ira pas plus loin, ça t’éviterait qu’on découvre d’autres corps que t’aurais pu laisser derrière toi.
-Tu veux vite rentrer à la maison c’est ça ?Ca passe à quelle heure le cul à l’holo ?
-T’as tant envie que ça de passer le reste de tes jours en taule ?Réfléchis. T’en prends pour dix ou vingt ans et après t’es libre.
Je réfléchis et regarde la tête du mec. Cherche dans ta mém... Oh putain, la gueule de bois. J'ai deux piafs qui crapahutent dans mes oreilles.
-Je le connais pas ton gus qu’est mort.
-Qu’est ce que tu foutais dans cette chambre alors ?
-J’étais avec une femme.
-Une pute?
-Je sais pas. On a fait ce qu'on avait à faire et quand je me suis réveillé, j'étais accroché devant l'hôtel, la bite à l'air. D'ailleurs en parlant de ça, tu pourrais me trouver une veste.
Non, c’est vrai, j’aime pas rester torse nu. Le bas, je m’en cogne mais faut que le haut soit couvert sinon je me sens mal à l’aise.
-Quand t’auras dit la vérité. On a pas retrouvé de fille. Vivante ou morte.
-Écoutes, j’en sais pas plus que toi. Je sais juste son prénom.
-J’écoute.
-Salma.
Il écrit sur sa feuille.
-Et ?
-Et quoi ?
-Son nom ?
-Tu demandes le nom de ton plan cul quand tu trompes ta femme toi ?
Il me lance un regard méchant. J’ai visé juste, il est marié le con. Peut être des enfants. Jamais eu ça moi. Peut être mieux comme ça. Je les aurais nourri à la votla et au khoulov.C'est un humain. Je me demande s'il est marié à une humaine. Ca serait étrange un humain avec autre chose, sauf si c'est une conne là, ça passe mieux, ça serait deux cons.
-Elle est comment ?
-Brune, yeux marrons, grande, fine, putain de beaux seins et elle suce comme une reine.
Il écrit tout ce que je dis.
-Donc, tu rencontres une femme.
-J’étais bourré aussi.
-Complètement torché, tu dors avec elle, tu te réveilles suspendu avec les miches à l’air.
Il pousse un soupir. Ça me gratte les burnes.
-Tu me prends pour une pute ?
-Ma foi, je crois pas.
-Alors pourquoi t’essayes de m’enculer ?Je vais aller te chercher un truc pour t’habiller, mais quand je reviendrais, je veux des aveux ou sinon mon pote et moi, on t’attache à cette chaise et on marave ce qui te sers de gueule. Capici?
Il sort.
Oh putain, le claquement de la porte me fait mal à la tête. Je regarde son pote qui sourit. Je crois qu’il mate mon cul. Je peux maintenant réfléchir un peu. C’était trop beau qu’une femme comme elle vienne me voir, qu’elle se soit intéressée à moi. J’aurais du prévoir. Pourquoi elle m’aurait fait ça et pourquoi elle m’aurait attaché devant l’hôtel ?Non, ça peut pas être elle, elle aurait même pas eu la force de me soulever. Et ce coq. On a voulu m’accuser croyant qu’on mettrait directement au trou un ex taulard sans famille. Le mec a été tué au couteau, précisément, donc tranquillement. Faut que je retrouve la fille. Je vais pas me laisser avoir comme ça, c’est hors de question. Ah, faut que je remette de l’ordre dans ma tête. Le mec qui a fait ça est pas un débutant et on a l’air de s’être donné pas mal de mal pour me faire accuser. Pas mal de mal? Je suis plutôt fier de moi, pour une fois que je trouve un jeux de mot aussi pourri soit-il. Faut que que je sorte.
-Dis, l’incorruptible, combien pour me laisser partir ?
Il me regarde avec un air de cinglé. Un vieux, cheveux gris, moustache, dégueu, qui doit sûrement payer le prix fort pour se faire sucer par les putes. Il se met devant moi.
-Ok, je le refais en articulant : Combien ?
-Sans les dents sinon t’es mort.
Il ouvre sa braguette. Oh l’enfoiré. Son pote tarde à revenir. Si ça se trouve ce fils de pute attends derrière la vitre et regarde en se branlant. Moi j’ai pas trop le choix pour sortir de ce merdier. Je le regarde dans les yeux. Son flingue est calé dans sa ceinture. Il sort son engin. Il contourne la table d’interrogatoire et se met devant moi. Je hoche la tête. Il prend ma tête dans ses mains. Je m’approche. Mes menottes me serrent les mains. Je sue comme un porc. Oh merde, faut vraiment que je perde cette habitude des expressions avec les animaux.
Je crois que j’ai bien visé. Coup de boule dans la queue. Ils ont tellement l’habitude qu’on leur obéisse qu’il s’y attendait pas. Coup de genou dans le ventre. Je cherche la clef des menottes et… eh merde, c’est l’autre qui doit les avoir. Je cours vers la porte et l’ouvre, prends le manteau accroché sur le porte manteau à côté. Je marche, l’air de rien vers la sortie, dans le couloir qui est vide. Une porte s'ouvre. Eh merde on a vu mes menottes. Faut que je réfléchisse. Putain. Le mec de tout à l’heure court vers moi, il va pointer son flingue. Pas d’idée. Fais chier !
J'avais oublié à quel point c'est dur le sol. J’ai l’impression de m’être pris un trente trois tonne dans la gueule mais bon, cette idée de sauter par la fenêtre était peut être pas si mauvaise. La caisse sur laquelle j’ai atterrie s’est ouverte avec le choc. J’ai fait une jolie trace. J’ouvre la portière, ren…Aïe, fait chier, je me suis pris le toit de la bagnole. Je m’assoie. J’entends du grabuge. Sûrement les flics qui se ramènent .Les clefs sont sur le moteur. Bien sûr, faut que je tombe sur une voiture recherchée qu’un connard a du abandonner, à côté du commissariat. Je cumule aujourd’hui. J’accélère. Renverse un flic. Je vais sur la route. Ils me suivent. Plus. C’est fini.