Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par ZagZag :) merci ZagZag ^^
(https://omer.mobi/soute/untitre/couverture_mus.php?s=pl9_37779_fnt_sl_t-CUT&t1=Le+d%E9go%FBt%0D%0A&t2=des+limbes%0D%0A&a=MdE)
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
10.07 : J'ai essayé de développer le contexte, mais je n'en suis pas satisfaite. Il manque un truc. Donc je ne fais pas remonter la correction pour l'instant.
Perfide jalousie
Dans le ciel, un chant d’oiseau. Aussi clair qu’une mer saphir ; aussi doux qu’un rêve. Aucun nuage pour perturber l’instant. Un parfum de fleurs flotte dans la pièce ensommeillée. Emmêlé dans des draps de coton duveteux, un homme dort.
Prince aîné du royaume, bellâtre sans charme, héros de batailles, il revient avec toujours plus de hauts-faits et aucune cicatrice, aucune preuve de ses exploits trop souvent narrés. Les hommes l’adulent ; les femmes l’admirent ; les jeunes innocentes soupirent. Tous l’adulent, sans exception. Son nom passe de lèvres en lèvres, de conversations nobles autour d’un bon thé, de murmures au cœur des tâches domestiques.
Et l’homme dessous profite de toute cette attention, dore son estime autant que son armure. Il se pavane, se pare de son plus beau sourire, donne à rire l’assistance et n’hésite jamais à blesser, dénigrer son jeune frère. Tous écoutent l’aîné ; chacun ignore le cadet. Ses talents mésestimés, sa fierté brisée à chaque mot prononcé, retranché dans sa colère, la violence son seul exutoire.
Perfide, la jalousie entraîne les deux frères dans sa spirale infernale.
Non, décidément, ce nobliau me dégoûte ; au plus haut point. Sans vergogne, il profite de son influence pour obtenir ce qu’il souhaite. Le pouvoir, les éloges, la gloire facile, la compagnie des plus grands et des plus beaux ; et détruire un peu plus ce frère qu’il envie pour son sens de l’observation et ses talents de stratège.
Voilà la raison de ma présence dans cette chambre à l’odeur nauséabonde de perfection. En cette matinée de printemps, au retour des soldats victorieux d’une énième bataille, la reine prépare un bal grandiose pour célébrer les nouveaux haut-faits de son petit prince, rentré en héros. Le château entier est en effervescence. À chacun son rôle pour s’assurer d’approcher au plus près de la perfection.
Bien sûr, le prince, ce roublard, profite de l’évènement pour blesser un peu plus son frère. Les yeux plissés, je crache en silence toute ma haine et cherche une solution à mon problème.
À moi, simple servante, on me demande de le réveiller. Moi, la seule à résister à ses charmes, à voir les blessures de son frère, à aider ce dernier à les panser. Aucun courtisan, aucun intendant, aucun autre domestique ne peut se permettre de perdre son temps et son énergie à tirer le prince de son lit. Tel le prédateur, immobile, sa respiration calme, il attend le moment propice où sa proie se jettera dans son piège. Il sait que je vais devoir avancer.
Je recule et me colle à la porte. Je dois trouver une échappatoire ; et vite. Le temps s’écoule sans me laisser le temps pour échafauder une parade. Soudain, un pas agacé me parvient du couloir. Des pantoufles empêtrées dans des jupons nombreux, une voix stridente, le doute n’est pas permis.
Un sourire se dessine sur mon visage juste avant que je ne prenne la plus belle expression choquée. J’ouvre la porte avec fracas. Le prince se redresse. Nos regards se croisent un court instant. Il comprend vite le piège qui se referme sur lui. Il ne peut plus feindre le sommeil.
Ma robe de travers, une mèche détachée de mon chignon, je titube dans le couloir. La reine m’adresse une moue méfiante, interrogatrice. Je lui réponds avec des gestes la réponse qu’elle souhaite. Son visage poudré s’empourpre. Elle me dépasse et entre dans la chambre. Elle sermonne son petit garçon.
Je remets ma tenue en place et quitte les lieux, satisfaite. D’un pas léger, je retourne auprès du prince cadet qui m’attend. J’imagine déjà son rire à l’énoncé de ce petit incident.