Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Verasoie le 27 Mars 2011 à 01:13:59

Titre: Ceux après qui on crie
Posté par: Verasoie le 27 Mars 2011 à 01:13:59
Pour le défi de mars deuxième partie. Je viens de l'écrire donc je n'ai pas encore beaucoup de recul.
L'histoire, au début, devait être une nouvelle à envoyer à l'AT Fantasmes du Crous. Ça aurait été probablement plus dans le sujet que ce que j'ai finalement envoyé xD Mais je n'avais pas eu le temps ni la motivation de l'écrire, en plus du fait que voilà, c'est toujours pas très renouvelé comme thème.
Le théâtre c'est dur ! Enfin, c'est pas habituel. Finalement ça fait moins de 3500 mots (avec le compteur gentil de google docs, en plus xD), mais je laisse comme ça.
Voilà, c'est tout, allons-y !

(Ajout : j'espère que les similarités graphiques entre les noms ne vous rendront pas dingues. J'vais passer des lignes entre les répliques, finalement XD)

***

Ceux après qui on crie


Les personnages :
TEGAN
LEMY
LULA
LA MÈRE
LE FRÈRE

Idéalement, Tegan et le frère sont joués par la même personne.
Pas de décor.


Premier tableau

(Tegan et Lemy)

LEMY : J’ai mal dormi.

TEGAN : Est-ce que c’est de ma faute ?

LEMY : Je... Je crois. Ne fais pas cette tête.

TEGAN : Je ne fais aucune tête.

LEMY : Je veux dire que ce n’était pas parce que tu étais là. Je dors mieux quand tu es là.

TEGAN : À la bonne heure.

LEMY : Arrête de te moquer, c’est important ce que je te dis.

TEGAN : Pour changer.

LEMY : Tegan !

TEGAN : Je t’écoute.

LEMY : Des choses passaient par la fenêtre, est-ce que tu les as vues ?

TEGAN : La fenêtre était fermée.

LEMY : Ça ne les arrêtait pas. Elles venaient une par une et elles s’alignaient sur le mur. J’en ai vu une se poser sur ton épaule, mais quand tu as bougé, elle est partie. Est-ce que tu l’as vue ?

TEGAN : Bien sûr.

LEMY : J’aimerais bien que la prochaine fois...

TEGAN : Quoi ?

LEMY : Que tu les chasses. Elles me font peur. Et elles ne venaient pas avant.

TEGAN : Elles venaient avant.

LEMY : Elles venaient ?

TEGAN : Mais tu ne les voyais pas.

LEMY : Alors c’est moi qui ai changé ?

TEGAN : Ça a l’air de t’inquiéter.

LEMY (fuyant) : Non...

(Entre la mère, elle ne voit que Lemy.)


LA MÈRE (l’embrasse) : Bonjour, Lemy.

LEMY : Bonjour, Maman...

TEGAN (sarcastique) : Bonjour, Maman...

LA MÈRE : Tu as bien dormi ?

LEMY : Oui.

TEGAN : Tu ne lui parles pas des choses ?

LA MÈRE : Lula a appelé, elle viendra peut-être cet après-midi.

TEGAN : Cette salope ?

LEMY : Pourquoi ?

LA MÈRE : J’imagine qu’elle avait seulement envie de te voir. Elle passera et elle mangera avec nous ce soir. Je lui ai dit qu’elle pouvait rester dormir, aussi. Tu lui prêteras ton lit, et tu dormiras sur un matelas ?

TEGAN : Tant mieux, comme ça tes choses pourront la manger.

LEMY : Si tu veux.

TEGAN : Ce sont elles qui ont faim.

LEMY : Maman, j’ai faim.

TEGAN : Tu dis tout de travers.

LA MÈRE : C’est prêt dans une minute.

TEGAN : Et c’est du pain perdu.

LA MÈRE : Tu as l’air fatigué. Tu es sûr que ça va ?

LEMY : Oui...

TEGAN : Demande-lui si elle peut faire des cordons bleus, ce soir.

LEMY : Maman ?

LA MÈRE : Oui ?

LEMY : Tu as rêvé de quelque chose, cette nuit ?

(Tegan est de plus en plus contrarié, se déplace sur la scène, frappe parfois dans le vide.)

LA MÈRE : Je crois que j’ai rêvé qu’on était tous les deux. On allait au parc d’attrations.

LEMY : Ah...

LA MÈRE : Je t’achetais une pomme d’amour comme quand tu étais petit, tu te souviens ?

LEMY : Pas trop.

TEGAN : Moi je rêve de cordons bleus. Au cas où ça t’intéresse.

LA MÈRE : Et toi ? De quoi est-ce que tu as rêvé ?

LEMY : Je ne sais plus...

TEGAN (est revenu à la hauteur de Lemy, lui donne une claque derrière la nuque. Jeu haineux.) : Les cordons bleus !

LEMY : Je crois que j’aimerais bien manger des cordons bleus ce soir, Maman.

LA MÈRE : Ah ? C’est original ! Je passerai en courses en allant chercher Lula, si tu veux.

LEMY (comme s’il venait de s’en souvenir, à Tegan, avec reproche) : Mais Lula n’aime pas les cordons bleus !

LA MÈRE : Alors on en mangera une autre fois, mon loulou, ce n’est pas grave. Je peux aller en courses ce matin, et on les mangera à midi.

TEGAN : Bravo ! Je les voulais ce soir, moi.

LEMY : D’accord.

TEGAN : Cette salope. Tu aurais dû te taire.

LA MÈRE : Je vais faire la vaisselle. Ne traîne pas ! Le pain perdu est meilleur quand il est chaud.

TEGAN : Voilà qui est bien parlé.

(La mère sort. Lemy essaye de la suivre, mais Tegan le retient par le bras, assez violemment.)

LEMY : Quoi ?

TEGAN : Lula. Elle va les attirer, les choses.

LEMY (apeuré) : Mais pourquoi ?

TEGAN : Parce que c’est une fille. Et je n’aime pas quand elle est autour de toi. Tu ne vois pas qu’elle est mauvaise. Si je n’étais pas là pour te protéger elle ferait ce qu’elle veut de toi. (Sa voix se fait caressante, ses gestes s’adoucissent.) Je peux la chasser, si tu veux.

LEMY : Non... Je l’aime bien, Lula.

TEGAN (soupire) : Alors je chasserai les choses. Et tu dormiras mieux. Tu es un peu faible, Lemy.

LEMY : C’est pas...

TEGAN : Chut. Avance. Pain perdu. Vite.

(Ils sortent.)


Deuxième tableau


(Tegan et Lemy)

TEGAN : Tu veux que je te raconte une histoire ?

LEMY : Dis toujours.

TEGAN : J’aimerais de ta part un peu plus d’enthousiasme. Quelque chose te tracasse ?

LEMY : C’est ces choses... Pourquoi je ne les voyais pas, si elles étaient là avant ? Elles sont là depuis combien de temps ? Et pourquoi je ne les vois que la nuit ?

TEGAN : Ça fait beaucoup de questions.

LEMY : Et tu ne veux pas me répondre, c’est ça ?

TEGAN : Si tu regardais mieux, tu pourrais les voir maintenant.

LEMY : Où ?

(Tegan ne répond pas, se déplace sur la scène. Lemy cherche des yeux, s’affole de plus en plus.)

LEMY : Dis-le moi... Elles me font peur.

(Tegan lui fait signe de se taire, montre quelque chose du doigt. La chose imaginée volette au-dessus de leurs têtes, il se rapproche et la désigne comme si elle était sur l’épaule de Lemy, qui ne bouge pas. Au moment où Tegan va toucher l’épaule de Lemy, il lui donne une claque et s’éloigne en riant.)

LEMY : Tegan !

TEGAN : Tu es tellement froussard. Je te dis qu’elles ne te feront rien tant que je suis là. Tu devrais être heureux de les voir. Elles portent chance.

LEMY : Vraiment ?

TEGAN : Seulement quand on les voit, bien entendu. Un peu comme moi.

LEMY : Et si tu les chasses ?

TEGAN : Si tu me chassais, qu’est-ce qui arriverait ?

LEMY : Je ne te chasserai pas !

TEGAN : Non. Et si je partais ?

LEMY : Tais-toi. S’il te plaît.

TEGAN : Si tu essayais de me chasser je resterais derrière toi. Chaque fois que tu te retournerais, je bougerais un tout petit peu pour que tu ne me voies pas. Tu ne peux pas vraiment me faire partir, en fait. Le seul moyen de te débarrasser de moi, ce serait de me remplacer. Alors là, je disparaîtrais. Ce serait vilain de ta part. Ne t’y essaie pas, s’il te plaît. Je préfère encore que tu me chasses sans succès ! Ce serait amusant. Crois-moi, il vaut mieux me voir. Tu ne sais pas ce que je pourrais faire tant que tu ne me vois pas. Si je leur demande de partir, tu ne les verras plus, mais elles seront toujours là.

LEMY : C’est comme les araignées, on a peur quand on en voit une, mais c’est encore pire si elle disparaît.

TEGAN : Bingo.

LEMY : Et les araignées aussi portent chance.

TEGAN : Là, tu vas un peu loin. Je ne sais pas si elles sont porte-bonheur. Mais elles sont délicieuses.

LEMY : Tu es dégoûtant...

TEGAN : Toi aussi. Tu es terriblement chaud et palpitant. Je ne t’en fais jamais le reproche.

LEMY : Merci.

TEGAN : Elle t’intéresse toujours, mon histoire ?

LEMY : Oui.

TEGAN : C’est l’histoire d’une fille qui a horreur des cordons bleus.

LEMY : C’est Lula ?

TEGAN : Tais-toi, laisse-moi raconter. Elle n’a pas de coeur, cette fille. Quand elle était petite, ça ne se voyait pas trop, mais maintenant elle a grandi, c’est presque une femme, et elle n’a toujours pas de coeur. Dans sa poitrine il y a un trou. On voit au travers. Et le vent fait du bruit en passant. Elle ne comprend pas pourquoi les autres ont ce truc palpitant qu’elle n’a pas, alors elle essaie de le leur arracher, pour ne plus être la seule. C’est ce qu’on appelle une salope.

LEMY : Lula n’est pas une...

TEGAN : Chut. Mais elle n’arrive pas à toucher le coeur des gens, parce qu’eux n’ont pas de trou dans la poitrine, ils ont de la peau, puis des côtes, et elle ne peut pas passer la main. Un jour elle rencontre une araignée dont l’orage a emporté la toile. L’araignée lui dit qu’elle a besoin d’un abri, et la fille a tellement envie d’avoir quelque chose à la place du coeur qu’elle laisse l’araignée grimper dans ses côtes et tisser là. Depuis, à chaque fois que quelqu’un commence à bien l’aimer, elle laisse l’araignée sortir de sa poitrine, et tisser autour de son amant, pour en sucer la sève.

LEMY : Je ne sais pas si je l’aime bien, cette histoire.

TEGAN : C’est une fable. Il y a une morale.

LEMY : Qu’est-ce que c’est, la morale ?

TEGAN : Que les araignées, ce n’est rien. Une fille qui a une araignée à la place du coeur, ça, c’est horrible. Mais si l’araignée essaye de sortir, les choses te protégeront. Elles ne la laisseront pas faire, la fille. Elles iront dans ses cheveux.

LEMY : Ce serait effrayant.

TEGAN : Ce serait amusant.

(Entre Lula ; elle ne voit que Lemy. Elle est enthousiaste au début, parle avec entrain, est très tactile avec Lemy. Tegan lui tourne autour, mais se tient à distance.)

LULA : Lemy ! Tu m’as manqué.

TEGAN : Salope.

LULA : Tu as l’air fatigué. Tu as mauvaise mine... mais je suis tellement contente de te voir. Viens dans mes bras.

TEGAN : Attention à l’araignée !

LEMY : Moi aussi je suis content de te voir.

TEGAN : Tu mens ; il y aura encore plus de ces choses ce soir.

LULA : Écoute, j’ai quelque chose d’important à te dire.

TEGAN : Et si tu dors sur le matelas, où est-ce que j’irai, moi ?

LEMY : Je t’écoute.

TEGAN : Salope.

LEMY (à Tegan) : Tais-toi, maintenant.

LULA : Quoi ?

LEMY : Ce n’est pas à toi que je parlais. Pardon. Une seconde. J’ai...

TEGAN : SALOPE !

LULA : Tu es sûr que ça va ?

TEGAN : LAISSE-LE TRANQUILLE MAINTENANT ! ARAIGNÉE !

(Lemy grimace chaque fois que Tegan crie, prend sa tête dans ses mains comme si cela résonnait à l’intérieur.)

LULA : Tu m’entends ?

TEGAN : CRÈVE !

LEMY (à voix basse, comme pour lui-même, sans regarder personne) : Arrête, s’il te plaît. Juste un instant. Je m’écarte d’elle. Mais arrête.

(Tegan piffe à l’intention de Lula et s’éloigne. Il va s’assoir sur un côté de la scène.)


LEMY : J’ai eu comme un vertige. Ça va mieux.

LULA : Tu veux peut-être t’assoir ?

LEMY : Non, je t’assure que c’est passé.

LULA : Écoute, je ne sais pas si c’est le meilleur moment pour t’en parler...

LEMY : Qu’est-ce qu’il y a ? Tu es bizarre.

LULA : Ta mère m’a demandé de ne rien dire, mais ça m’embête de savoir que tu seras le seul à ne pas être au courant. Et je sais que tu es fragile et que tu...

LEMY : J’ai pas besoin de toi pour me protéger.

(Tegan, à la tournure de la conversation, sourit. De son coin de scène il surveille Lemy.
)

LULA : Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Simplement tu es sensible et...

LA MÈRE (depuis la coulisse) : À table !

(Tegan bondit sur ses pieds, Lemy fait mine de se diriger vers la coulisse, Lula le retient.)

LULA : Il est censé venir pour le dessert. Il devait être là dès le début mais il a eu du retard et...

LEMY : Qui ça, il ?

TEGAN : Viens, on va manger.

LEMY : Attends une seconde.

LULA : Ça ne va pas ?

TEGAN : Ne l’écoute pas. Viens manger. (Il tire violemment sur le bras de Lemy qui essaye de résister. Lula ne comprend pas.) Ne l’écoute pas. Ne l’écoute jamais.

LEMY : Arrête ça, arrête...

(Tegan pousse Lula mais elle ne comprend pas. Lemy essaie de le retenir mais il se débat de plus en plus violemment.)

TEGAN : SALOPE ! CRÈVE ! (Lula regarde dans sa direction sans le voir). ELLE SAIT QUE JE SUIS LÀ ! SALOPE ! Elle fait semblant de ne pas me voir, elle veut te manger le coeur, le capturer avec son araignée, elle veut me prendre, elle veut nous séparer, elle va me tuer si je ne laisse pas les choses l’avoir d’abord, LÂCHE MOI MAINTENANT, LÂCHE MOI !

(Il se débat, les pousse tous les deux, sort. Lemy a l’air perdu et inquiet. Lula lui secoue l’épaule, il semble se réveiller.)

LULA : Écoute. Ton frère est revenu. Ta mère pensait te faire la surprise au dessert mais je... Je préfère que tu sois prévenu. Je ne sais pas comment tu aurais réagi. Je ne sais pas comment j’aurais réagi à ta place, à vrai dire. Je lui ai juré de ne pas te le dire, alors si tu pouvais faire semblant de... Enfin, non. Fais comme tu veux. Mais j’estime que tu avais le droit de savoir.

LA MÈRE (depuis la coulisse) : À table !

LULA : Viens, on y va.

(Elle le prend par la main et l’entraîne. Juste quand elle sort, Lemy lâche sa main. Il est seul sur scène. Il a l’air de chercher quelque chose.)

LEMY : Tegan ? (Un temps.) Tegan ? (Il se rapproche du milieu de la scène.) Tu es là ? Tu te caches... Écoute. (Il ne dit rien, comme s’il ne trouvait pas quoi dire.)

LA MÈRE (depuis la coulisse) : Lemy ?

LEMY : J’arrive ! (Puis, à personne en particulier : ) N’oublie pas de revenir ce soir. J’ai peur des choses, sans toi. Et de l’araignée de Lula... Elle repart demain. Ne fais pas la tête. J’ai besoin de... J’ai besoin que... (Il s’interrompt. Attend un instant comme si on allait lui répondre, puis sort. Noir.)


Troisième tableau


(Lemy et son frère. Ils sont déjà sur scène quand la lumière s’allume, et le silence dure un moment. Tous deux ont l’air embarrassés, Lemy souhaiterait se trouver ailleurs, le frère cherche quelque chose à dire.)


LE FRÈRE : Tu as eu l’air surpris de me voir.

LEMY : Maman n’avait rien dit.

LE FRÈRE : Ah.

LEMY : Comme une surprise.

LE FRÈRE : Je vois...

LEMY (au public) : Je le croyais mort.

LE FRÈRE (il parle à Lemy mais ne se rend pas compte que celui-ci n’écoute pas. Il n’entend pas non plus ce qu’il dit. Il se déplace sur la scène, fait les cent pas, ne tient pas en place.) Écoute. Ça n’est pas facile de revenir après tout ce temps.

LEMY : Je crois que je ne me souviens plus, maintenant. J’ai peur de lui dire que j’ai oublié son nom.

LE FRÈRE : Quand je suis parti, tu... Tu n’avais que six ans. Je comprendrais que tu ne veuilles pas me pardonner. Mais je veux juste une chance de m’expliquer, d’accord ? Je veux juste t’expliquer pourquoi, et... Et j’aimerais bien te connaître aussi, parce qu’on est frères.

LEMY (Il s’adresse parfois au public, parfois à son frère qui ne l’entend pas.) : Un matin je me suis réveillé et en arrivant à la table du petit-déjeuner j’ai vu que quelque chose manquait. C’est tout ce dont je me souviens clairement. Je me souviens que j’ai demandé à Maman pourquoi cette chose n’était plus là et qu’elle n’a pas su répondre.

LE FRÈRE : Voilà, tu n’as pas bien connu Papa parce qu’ils se sont séparés peu de temps après ça, du moins c’est ce que Maman vient de me dire... Putain. Je sais pas par où commencer.

LEMY : Moi je peux la raconter, l’histoire, c’est Tegan qui me l’a expliquée.

LE FRÈRE : J’avais de gros problèmes à l’époque. À dix-huit ans on a l’impression d’être adulte et qu’on peut réfléchir, mais en fait non. On prend des décisions trop rapidement. J’ai pris des décisions trop rapidement.

LEMY : Tegan disait que j’avais perdu quelque chose mais que c’était comme quand on perd un doudou. On avait l’impression que c’était grave, mais en fait ça passait vite.

LE FRÈRE : C’est triste à dire et je m’en veux, mais je ne pensais pas du tout à toi quand j’ai quitté la maison. J’essayais juste de mettre le plus de distance possible entre moi et cette baraque de fous... C’est étrange que tu ne t’en souviennes pas. Ou peut-être que c’est normal. Tous ces cris. Moi aussi j’aimerais bien les oublier. (Il se plonge dans ses pensées.)

LEMY : Mon doudou c’était un oreiller, et je l’avais encore avec moi, alors je ne comprenais pas ce que Tegan voulait dire. Donc une nuit, on est sortis tous les deux, avec l’oreiller, et on a marché jusqu’à la rivière, et on l’a jeté dedans. Enfin, Tegan l’a jeté dedans. J’ai pleuré mais il m’a dit que je ne devais pas être froussard comme ça, que j’étais un peu trop fragile mais que ça irait. Et que comme il était là, je l’oublierais vite, mon doudou. C’était à moitié vrai. J’ai quand même compris ce qu’il voulait dire et j’ai arrêté de rechercher ce truc que j’avais perdu. De toute façon Maman ne m’en parlait pas.

LE FRÈRE (prend Lemy par les épaules pour qu’il le regarde) : En fait voilà. Maman ne le sait pas, mais... J’écrivais encore à Lula. Tu sais, on était amis quand j’étais ado, et c’était la seule à savoir où j’étais tout ce temps. Elle a dû souffrir. Je lui disais que si elle le répétait à quelqu’un... Enfin, je lui disais des choses immondes. Bref. Elle me racontait comment les choses changeaient... C’est comme ça que j’ai su à propos du divorce et tout ça... Et elle me parlait de toi, elle m’a dit que tu étais comme ça, tu sais... sensible. Délicat. Je me dis que c’est de ma faute. Je serai là maintenant, d’accord ? Je sais que c’est peut-être trop tard, mais je suis revenu. Tu peux compter sur moi. Je suis ton frère.

LEMY (à son frère, à présent) : Tu es outrageusement sérieux.

LE FRÈRE : Comment ?

LEMY : Qu’est-ce qui te fait croire que j’ai besoin de toi ? Maintenant je me souviens de ce que j’avais perdu, et alors ? Je ne te cherchais plus. Je ne t’attendais plus.

LE FRÈRE : Je me doutais que tu réagirais comme ça. (Il recommence à faire les cent pas, se parle effectivement avec trop de sérieux, il paraît spectateur de son propre repentir et apprécier l’effet produit par ses paroles). C’est vrai, tu es en droit de le faire après tout. Peut-être que Maman a été trop gentille de répondre à mon courrier, pour commencer. Je ne devrais pas en espérer plus. La pauvre. Moi qui pars, puis le divorce et la mort de Papa...

LEMY : Tu ne comprends rien de ce que je t’ai dit. Je n’ai pas besoin de toi. Cesse de t’accrocher. Et va-t-en.

(Lula entre et reste près de la coulisse. Elle observe. Ils ne la remarquent pas.)


LE FRÈRE (tellement cérémonieux que c’en est ridicule) : Très bien. J’aurai essayé. (Lemy remarque Lula.) Si jamais un jour, tu décides de m’accorder une seconde chance... Je sais que je ne la mérite pas, mais...

LEMY : Tegan ? Tegan, reviens. Elle est là. Il y a les choses.

(Le frère s’interrompt, regarde autour de lui, aperçoit Lula. Elle se rapproche, visiblement inquiète pour Lemy.)

LEMY : Non, n’avance pas ! Attends... reste où tu es. Il va revenir... Tegan ?

LE FRÈRE : Qu’est-ce qu’il a ?

LULA : Essaie de le calmer.

(Le frère essaie de prendre Lemy par les épaules, il s’écarte violemment)

LEMY : NON ! Il disait qu’il ne pouvait en avoir qu’un à la fois... Attends... Va-t-en. Allez-vous-en ! PARTEZ !

LE FRÈRE : Elle m’avait dit qu’il ne faisait plus de crises depuis des années... Qu’il en avait au début, mais que c’était passé, maintenant...

LEMY : VA-T-EN ! Si tu le remplaces il va mourir, peut-être que c’est déjà... MAIS VA-T-EN, PARS !

LULA : Tu devrais partir.

(Lemy se jette sur son frère, essaie de le frapper, Lula s’intercale et le retient. Le frère recule un peu, effrayé, recule jusqu’à la coulisse où il hésite. Lemy essaie de se dégager et hurle sans s’arrêter.)

LEMY : TEGAN ! TEGAAAAAAAAAAAAAAAN

(Le frère disparaît en coulisse. Au moment où Lemy réussit à repousser Lula, la lumière s’éteint.)

LULA : Lemy, NON !

(Silence.)


Quatrième tableau


(On entend les voix dans le noir. Elles viennent de la coulisse.)

LA MÈRE : Dis-moi ce qui s’est passé !

LULA (en larmes) : Je ne sais pas... Il est devenu fou... Complètement fou... Il lui criait dessus et puis il lui a sauté à la gorge, j’essayais de le retenir...

LA MÈRE : Où est-il ?

LULA : Parti, je n’en sais rien, je... Mon dieu... je suis restée pour... Il ne bougeait plus...

LA MÈRE : Parti où ?

LULA : Dites-moi que les secours vont arriver maintenant... (Tout doucement, la lumière se rallume. Lemy est assis au milieu de la scène, les bras autour de ses genoux. Il se balance d’avant en arrière, le visage caché par ses bras.) Je n’arrivais pas à le faire lâcher... Réveille-toi... (La voix de Lula s’éteint.)


(Lentement, Tegan sort de la coulisse opposée. Il est pieds nus. Il s’approche de Lemy, sans faire de bruit. S’assoit à côté de lui et passe son bras autour de ses épaules. Lemy ne relève pas la tête, mais se laisse aller contre le bras de Tegan. Tegan regarde le public.
Noir.)



Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: ernya le 27 Mars 2011 à 13:03:51
(tu pourrais peut-être trouver un autre titre ?)

Citer
Elle ne comprend pas pourquoi les autres ont ce truc palpitant qu’elle n’a pas, alors elle essaie de le leur arracher, pour ne plus être la seule. C’est ce qu’on appelle une salope.
MDR

(t’as un problème avec les araignées en ce moment ?)

Citer
LULA : Lemy ! Tu m’as manqué.

TEGAN : Salope.
<3
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LEMY (au public) : Je le croyais mort.
J’ai trouvé ça un peu en trop. Enfin, c’est une des hypothèses qu’on se fait.

J’ai beaucoup aimé ! On sent bien ta patte en plus, surtout au début avec Tegan et Lemy. Y’a la tension habituelle de tes autres textes, sauf qu’ici ça se finit bien, je crois, non ? Enfin si on se place du côté de Lemy et de Tegan ?
Bref j’ai bien aimé ! Et tu fais peur avec tes histoires d’araignées, XD.
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Verasoie le 27 Mars 2011 à 13:13:41
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(tu pourrais peut-être trouver un autre titre ?)

Lol ok je chercherai ^ ^

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(t’as un problème avec les araignées en ce moment ?)

Oui je les vois en dormant :mrgreen:

Citer
LEMY (au public) : Je le croyais mort.
J’ai trouvé ça un peu en trop. Enfin, c’est une des hypothèses qu’on se fait.

Ouip ok, j'enlèverai ça !

Citer
sauf qu’ici ça se finit bien, je crois, non ? Enfin si on se place du côté de Lemy et de Tegan ?

J'aime bien Tegan, donc on peut dire que ça finit bien oui huhu

Bref je suis contente que tu aies aimé ! Merci pour ta lecture ^ ^
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Ambriel le 27 Mars 2011 à 13:28:35
Hop !

J'ai aimé aussi,... (ahem. Tentons de développer un minimum, quand même.) J'ai trouvé ça cool qu'on comprenne petit à petit que Lemy était le seul à voir Tegan (nom plutôt chouette d'ailleurs), et j'ai adoré l'histoire de la fille qui avait une araignée à la place du cœur  :coeur:.  Sinon, toujours l'ambiance qu'elle est là.
Et ouais, la fin est ambigüe et c'est cool. Sinon, ahem, j'fais pas de relevé détaillé, désolée. Voilou !  :)
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Rain le 27 Mars 2011 à 14:26:56
J'ai pas grand chose à dire sinon que j'ai adoré, que le coup de l'histoire de la fille à l'araignée est trop cool, et que j'ai rien relevé de négatif, même pour pinailler.

Ah, si, j'avais un truc à dire. Il FAUT la jouer. Ca doit être ARCHI-FLIPPANT.
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Verasoie le 27 Mars 2011 à 14:32:02
Merci à tous les deux o/

Citer
Tegan (nom plutôt chouette d'ailleurs),

Huhu pour le nom ^ ^ Je l'ai repris d'un groupe de musique (Sara and Tegan, mais cette Tegan-là est une fille)

Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Zacharielle le 27 Mars 2011 à 15:03:45
J'ai bien aimé retrouver ton style dans un autre genre. Le coup de l'araignée, c'était chouette. Maintenant, je suis un peu déçue  :-[ parce que ça reste quand même assez classique (dans ce que tu fais). Et un peu court (mais je suppose que c'est à la mise en scène de "rallonger"). Pour développer un peu, j'ai l'impression que tu ne laisses pas assez de place aux personnages secondaires pour s'épanouir. Ils sont là pour servir le couple principal mais genre on dirait presque qu'ils servent juste de prétexte. Enfin, je parle au pluriel alors que c'est surtout Lula que j'ai en tête, alors qu'elle semble assez importante dans les problèmes psychiques du petit, elle a une présence assez limitée et ses paroles n'ont pas d'impact particulier. Voilà, ce qui me gêne le plus, c'est cette disproportion entre les rôles. En somme, ça m'a fait plaisir de lire du Vera mais je suis un peu déçue de ne pas avoir trouvé un petit truc en plus,un petit peu plus d'inventivité,  malgré la contrainte théâtrale.
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Alisher le 27 Mars 2011 à 19:44:02
très intéressant, j'ai lu d'une traite et il m'est pas venu à l'esprit de m'arrêter :)

Je suis pas entièrement convaincu par la fin, dans le sens que je trouve les persos assez bien faits pour mériter plus de développement et une suite. Après, ça dépend de l'envergure que tu veux donner au projet, et ça il n'y a que toi pour le décider.

en lisant j'avais juste relevé un accroc :

Tu ne sais pas ce que je pourrais faire tant que tu ne me vois pas.

Avec le contexte de la tirade j'ai un peu accroché sur cette partie avant d'en saisir le sens.

Merci pour cette lecture
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Kailiana le 30 Mars 2011 à 19:29:58
Sacrément bien fait, j'ai bien accroché du début à la fin, les personnages sont vivants et c'est bien écrit. Et je le voyais presque joué devant moi.

Citer
J'ai trouvé ça cool qu'on comprenne petit à petit que Lemy était le seul à voir Tegan
jcrois avoir compris dès le début XD

Par contre je trouve que la fin n'est pas une fin.. j'attendais un peu plus d'explication, là j'ai plutôt l'impression d'un début, quand je suis arrivée à la fin du message, je me suis dit "ben, elle est où la suite ?" c'est vraiment dommage. Jme suis un peu dit "tout ça pour ça ?" et... bref, déçue au final, alors que j'ai énormément apprécié la lecture. Le dialogue coule bien et je ne me suis pas ennuyée, alors que c'est facilement le cas quand on lit une pièce de théatre. Mais cette fin...  :P
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Caliban le 30 Mars 2011 à 23:07:46
Comme un peu tout le monde j'ai bien aimé, l'atmosphère est vraiment géniale et vraiment flippante !

J'ai pas trop aimé la fin par contre par ce que ça tombe d'un coup comparé au reste c'est soudain, j'attendais aussi la suite je crois  :-[

Autre point commun avec les autres commentaires, j'aimerais bien que le personnage de Lula soit appronfondit au moins au même niveau que le frère qui apparait moins et qu'on connait presque plus !

Mais encore une fois j'ai vraiment beaucoup aimé !!!
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Milora le 01 Avril 2011 à 12:09:48
Pareil que les autres ! C'est prenant, écrit avec une certaine puissance, l'histoire de l'araignée est à la fois inventive, flippante et bien intégrée au récit :) Mais la fin m'a beaucoup déçue, d'autant qu'avec les éléments que tu avais posés, tu pouvais jouer sur plein de cordes avec l'histoire de Tégan et des choses. Je m'attendais à ce que tu nous entraînes davantage dans le délire de Lémy, ça aurait pu devenir vraiment flippant. Alors que là la chute est un peu classique quand même.

Voilà, dommage pour la fin - si tu la reprends (en allongeant un peu le texte, du coup), ça rendra mieux je trouve - mais à part ça c'est prenant, et j'aime bien le coup du personnage que les autres ne voient pas. Ça peut rendre cool en théâtre :)


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Les personnages :
TEGAN
Mdr  ;D (Non en fait, Thégan est un chroniqueur de Louis le Pieux sur lequel j'ai travaillé tout le premier semestre pour le cours de latin médiéval  :D )

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Je passerai en courses
ça se dit, ça ?

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TEGAN : Tais-toi, laisse-moi raconter. Elle n’a pas de coeur, cette fille. Quand elle était petite, ça ne se voyait pas trop, mais maintenant elle a grandi, c’est presque une femme, et elle n’a toujours pas de coeur. Dans sa poitrine il y a un trou. On voit au travers. Et le vent fait du bruit en passant. Elle ne comprend pas pourquoi les autres ont ce truc palpitant qu’elle n’a pas, alors elle essaie de le leur arracher, pour ne plus être la seule. C’est ce qu’on appelle une salope.

LEMY : Lula n’est pas une...

TEGAN : Chut. Mais elle n’arrive pas à toucher le coeur des gens, parce qu’eux n’ont pas de trou dans la poitrine, ils ont de la peau, puis des côtes, et elle ne peut pas passer la main. Un jour elle rencontre une araignée dont l’orage a emporté la toile. L’araignée lui dit qu’elle a besoin d’un abri, et la fille a tellement envie d’avoir quelque chose à la place du coeur qu’elle laisse l’araignée grimper dans ses côtes et tisser là. Depuis, à chaque fois que quelqu’un commence à bien l’aimer, elle laisse l’araignée sortir de sa poitrine, et tisser autour de son amant, pour en sucer la sève.
C'est franchement glauque xD Mais bien trouvé !

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Tegan piffe à l’intention de Lula et s’éloigne
piffe ?

Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Verasoie le 01 Avril 2011 à 12:26:46
Zach : Merci ! Oui pour le très-classique, enfin c'est pour ça que je voulais pas écrire la nouvelle, lol. Pour Lula d'accord, avec lecture des commentaires ça revient donc si je retravaille je vois ce que je voudrais faire dessus ^ ^

Alisher : Ok pour la phrase que tu as relevée ! Une suite je ne pense pas, enfin je voulais effectivement finir comme ça, si je rajoute quelque chose ce sera vers le milieu je pense. Merci d'avoir commenté !

Kailiana : Merci pour ta lecture ^ ^ Pour la fin je voulais que la "chute" soit que Lemy choisisse finalement le phantasme et pas la réalité, puisque Tegan a un peu remplacé la personne qu'était son frère. Enfin je sais pas si j'ai assez fait sentir "l'enjeu". C'est ça que tu voulais dire quand tu disais que tu attendais plus d'explications ?

Caliban : Merci ! D'accord pour Lula, si je retravaille ce sera sûrement avec elle plus développée donc ^ ^

Mil' : Je note pour les choses et faire flipper les gens, huhu. Par contre la fin je veux la garder comme ça même si elle est classique xD Désolée.
"Je passerai en courses" : ça se dit en Lorraine, j'avais pas fait attention en l'écrivant. :mrgreen:
Et piffer c'est quand les chats crachent à l'intention l'un de l'autre (enfin sans cracher, je saurais pas expliquer avec des mots. Comme ça (http://www.youtube.com/watch?v=MyoLoyJ5knU) (à 28 secondes))
Merci pour ta lecture ^ ^
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Milora le 01 Avril 2011 à 12:32:58
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Par contre la fin je veux la garder comme ça même si elle est classique xD Désolée
Ben tu peux garder la même mais la faire durer. Ce que tu expliques en beige à Kailiana, par exemple, je ne l'ai pas vraiment senti. Enfin, oui, c'est une des explications, mais ça pourrait être aussi que Lémy est en colère contre son frère/a peur que les choses reviennent si Tegan s'en va/a un peu perdu la tête (plus qu'avant). Tu pourrais rallonger un peu, en sombrant dans le bizarre, pour attirer le spectateur vers le délire de Lémy qui le fait choisir le phantasme ?
Enfin, je sais pas, c'est juste qu'en l'état, je trouve la chute un peu décevante  :-[

(mais le reste est bien, hein ^^)
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Jezy le 14 Avril 2011 à 10:50:19
Dès que c’est dit « la mère ne le voit pas » j’ai la forte impression que Tegan est un fantome, le fantome du frère mort… a voir. Y a aussi le fait que dans les perso, tu dises « si possible joué par le meme acteur » on se doute d’un truc tout de suite.

Et Lemy, je croyais que c’était une fille pendant … jsqu’à ce que la mère l’apelle « mon loulou ». Il a un comportement super hésitant en plus, vis-à-vis de son frère, du coup je sais pas… ca allait bien a mon idée de fille, de petite soeur… En fait je vois Lemy comme un ado introverti, mais si ca se trouve c’est un gosse ?

Tegan, j’avais vaguement reconnu le nom XD mais tu l’as resitué. Le « piffe » m’a fait sourciller aussi, je connaissais pas.

Sinon j’adore l’histoire de l’araignée, bien racontée et bien trouvée, mais j’ai trouvé le reste de l’histoire, l’histoire principale en fait, un peu plate… Ou courte, j’arrive pas bien a savoir, quand Tegan s’énerve sur Lula c’est très vivant, très crédible, mais le reste du temps, Lemy j’le trouve transparent, il a rien de spécial, rien qui le démarque, pareil pour Lula qui est vraiment une esquisse d’ombre dans ce tableau. Je pense que ca manque de profondeur, en général. Après, c’est dur de rajouter des choses et de rester flou dans l’intrigue, mais j’imagine que ca fait parti du challenge…
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Verasoie le 17 Avril 2011 à 11:34:38
Mil : Ok je garde tes suggestions ^ ^ merci !

Jezy :

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j’ai la forte impression que Tegan est un fantome, le fantome du frère mort… a voir.

C'est bien l'impression que je voulais donner (même si on se rend compte que, finalement, il n'est pas mort)

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En fait je vois Lemy comme un ado introverti, mais si ca se trouve c’est un gosse ?

Pour moi il a genre douze ans, entre les deux donc. C'est marrant que tu aies vu une fille ^ ^

Merci d'avoir lu et d'accord pour l'histoire un peu esquissée, enfin ça rejoint ce que disent les autres et ce que j'essaierai de corriger si je la reprends ^ ^
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Kathya le 29 Juin 2011 à 15:05:05
Alors je n'aurais pas un avis original.  :mrgreen:
J'ai beaucoup aimé, j'ai aussi pris Lemy pour une fille (mais bon faut dire qu'on a pas de description des personnages on a que leurs noms), et j'ai aussi trouvé la fin abrupte. Dommage que l'histoire du "même acteur" pour Tegan et le frère mette la puce à l'oreille mais sur une scène on aurait pas ce genre d'intro. ^^

Sinon j'ai vraiment trouvé l'ambiance sympa, ça rendrait vraiment bien joué je pense. ^^
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Gros Lo le 01 Octobre 2011 à 16:23:39

Du coup j'avais pas fait de commentaire sur le fil. J'avais aimé, pour la manière dont les personnages parlent et agissent, et c'est en partie en pensant à ce texte que je m'étais dit que t'aimerais Faulkner !
Titre: Re : Ceux après qui on crie
Posté par: Menthe le 02 Octobre 2011 à 15:27:28
Eh béééé.... Moi aussi j'ai bien aimé  :mrgreen: à croire que les seuls commentaires qu'on puisse te faire sont ceux-là lol (mais c'est tout à ton honneur bien entendu).
Je ne suis pas sûre d'avoir vraiment pigé la chute. Sur la fin, les choses se précipitent un peu on dirait, et du coup j'ai un peu perdu le fil (d'autant plus qu'il m'en faut peu pour que ce soit le cas lol).
J'ai toujours beaucoup d'admiration pour ceux qui arrivent à écrire un dialogue qui tienne la route. Les répliques des personnages s’enchaînent avec naturel, et il y a certains passages qui m'ont bien fait rigoler (notamment quand Lula arrive, et que Tegan passe son temps à gueuler SALOPE, ou alors avec la mère et les cordons bleus, un peu avant). Là-dessus c'était vraiment très réussi. Comme l'a dit Rain je crois, ça mériterait d'être joué. Visuellement, ça doit rendre super bien, et comme le texte n'est pas trop long et le décors pas trop contraignant, ça doit être assez abordable   ^^