Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: nicaruka le 24 Juin 2022 à 17:24:34
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J’en lacérerai les doigts impies de ta main aventureuse ; J’en broierai l’os et j’en déchiquetterai ta peau ; J’en dominerai tes cauchemars, sublimerai ton effroi, entrerai en ton coeur jusqu’à ta raison, de tes oreilles à ta bouche, de ton ventre jusqu’à ta poitrine, de ta vue jusqu’à ton esprit ; je suis ce sommeil que ce monde ne t’octroiera jamais.
J’aime appeler pénombre ce qui résulte de notre clos regard. J’aime appeler silence ce qui résulte de notre mutisme. J’aime appeler terreur ce qui persiste de notre mouvement, de notre déplacement, de notre vie dans ce monde. J’aime comprendre l’animation orageuse qui secoue mes tripes, broyant jusqu’à la poussière de ce qui reste de mon harmonie psychiatrique, sifflant un râle cristallin à ce qui subsiste de mes tympans. J’aime sentir au creux de mon estomac une blessure inouïe, une sibylline douleur, accablante d’agonie, contractante de désespoir, forgeant une lame plus douce qu’une divine chaste et plus effroyable que l’épouvante elle-même ; ainsi, Morphée m’emporte parfois dans l’arrière-cour de notre repos, là où il est inutile de s’assoupir pour sombrer, là où il est inutile d’être dans le noir pour manquer de lumière, là où il est inutile de respirer pour vivre. J’ai longtemps aiguisé mon coeur pour trancher celui de l’autre, contempler son âme se vider de son sang, sur une cime d’angoisses, oscillante de frénésie apeurée et de panique inhumaine. Ce jour là, tu l’as vécu, tu l’as ressenti, et tu as joui de lui ; ce jour là, tu as éprouvé un grand bien, celui dont naissent les Rois et jubilent les Dieux ; ce jour là, tu es devenu un homme, tu es devenu ce miroir, mon miroir, à moi et à moi seul. Je peux désormais me contempler en toi, me voir et me chérir car je suis notre vérité.
Il est temps de vivre parmi nous.
Souffre, Adam.
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Bonjour
J'ai pris cela comme une déclaration d'amour
J'espère ne pas ma tromper
Ceci dit j'ai bien aimé le style d'écriture et sa vivacité
Peut être a-t-il sa place dans la section poésie?
Amicalement
Michel
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Bonjour, l’objectif de ce texte était de dépeindre l’élément le plus frappant de notre existence ; la Souffrance. C’est un thème commun à chaque être vivant doté de conscience, j’ai voulu rendre cette fondation plus impactante et lui conférer ce « vice » de l’Amour. Oui, c’est bel et bien une idylle que je surligne, comme si la Souffrance elle même pouvait ressentir de l’affection pour quelque chose. Beaucoup dotent leurs œuvres d’une vision de l’homme par l’amour ; il ne faut pas oublier que le nouveau-né souffre avant d’éprouver quelconque amour. Comme si, au final, nous étions obligatoirement dans la souffrance pour éprouver un sentiment de vie.
Je me suis effectivement posé la question de la catégorie de ce texte…
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Bonjour
J’avoue avoir du mal avec cette notion de souffrance
Pourquoi faut il souffrir pour pouvoir ressentir le plaisir ?
Pourquoi l’amour devrait -il être dévastateur pour être fort?
J’ai des copains qui ont fait St Jacques de Compostelle pour redonner du. Lustre à leur couple.
Comprends pas!
Attention je ne dis pas que ta vision est fausse je me pose simplement la question
pourquoi toujours vouloir se faire du mal
Moi personnellement je m’y refuse
Excuses -moi si je ne te suis pas sur ce point précis
Amicalement
Michel
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Bonjour
L’idée n’est pas de souffrir pour ressentir du plaisir ou éprouver de l’amour, l’idée est surtout de dépeindre sous une forme « romantique » notre souffrance et ses émotions inhérentes. Je suis d’accord avec vous, le sentiment amoureux se base aussi pour moi sur une sereine harmonie et non pas sur une recherche de la souffrance. Néanmoins, je voulais réellement vous décrire cet autre aspect de celui qui aime ; celui qui souffre. J’ai trouvé ça pertinent de le travailler de cette manière. J’inverse un petit peu les rôles.
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Merci pour ton texte.
J'ai compris le sens grâce a ta réponse, tu parles de la souffrance.
Tout le monde souffre dans sa vie et il existe de nombreuses façon de souffrir. Déjà rien que en séparant celle qui est physique (être tapé) de celle qui est psychologique (la mort d'un proche).
un texte original ;)