Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Plume d'argent le 13 Mars 2011 à 23:40:54
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Salut, salut. Après une longue période de non-productivité, j'ai enfin pondu un texte. Écriture semi automatique, dérivé d'une idée qui à la base devait donner autre chose et puis au milieu de l'écriture, le pied a dérapé autant dire que c'est parti en live. Quoiqu'il en soit, avant d'être mis en caisse, vos commentaires sont les bienvenus ! Je ne sais pas quoi mettre comme titre, celui-ci ne me plaît pas trop.
Le cahier
Ça gratte
Jamais su comment aligner les mots. Et cette frustration me rendait folle ; j'avais la tête remplie d'histoires et je ne savais comment les raconter. Il fallait que ça sorte. Au plus profond de cette tour dont j'étais la gardienne, j'étais à deux doigts de perdre la raison.
Je fus désignée il y a quelques années de cela. Je ne gardais plus de souvenirs d'avant mon arrivée. Je passai ma vie entourée de livres, gardant jalousement les secrets abrités sous leurs lignes, je m'abreuvais de leur science et ma passion grandit, me ravagea. De lectrice, je désirai revêtir l'habit de l'écrivain. Ah, le plaisir des mots ! cette fine pesée de sons et d'émotions logée sous la courbe d'une lettre. N'était-ce pas ainsi qu'on décrivait l'art d'écrire ?
Déception !
En vain ai-je tenté de noircir le front dédaigneux de ma page. Envolés les espoirs de fuir cette lourde solitude, de goûter à ce parfum exotique, à cette élévation vers un pays imaginaire. Deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin. Je l'avais loupée.
Ça devint irrésistible. Chaque jour, je nourrissais de nouveaux espoirs, assise à ma table de travail, devant une page blanche qui finissait par le rester malgré moi. J'étais comme une fiole sur le point de déborder. Je pensais mes mots avant de les écrire et ce n'était jamais bien. Déjà vu, trop bancal, pas assez percutant, mauvaises sonorités. A travers mes lectures j'avais développé un fort sens critique qui se retourna contre moi.
C'était alors que je découvris un vieux cahier, aux pages vierges jaunies et sentant une forte odeur de renfermé. J'en fis mon cahier d'écriture car je ne supportais plus les regards niais des feuilles blanches. J'hésitai d'abord, levai timidement ma plume au-dessus de ce monde vertigineux puis inscrivit mes premiers mots. Je les relus, un large sourire étira mes lèvres et bientôt je griffonnai les deux premières pages. J'en eus le souffle coupé, le cœur retourné d'excitation, l'âme apaisée.
Jusqu'à épuiser mes doigts, j'écrivis. Je n'occupai plus mon temps qu'à cela, comme un loup irrésistiblement attiré par la pleine lune. J'habillai mon vide de robes aux couleurs d'ailleurs ; je n'étais plus seule, je n'étais plus ici.
Je m'y adonnai cœur et âme, si bien que mes histoires prirent vie. J'étais penchée sur mon cahier, comme à mon habitude, quand je perçus un bruit étrange. Une énorme bête bondit d'entre les pages, je m'abaissais et elle s'élança par la fenêtre, déployant ses larges ailes écaillées. C'était un dragon.
J'accourus vers la fenêtre ; il avait disparu. Je crus avoir rêvé. Plus tard, le coursier qui m'apportait mon panier de ravitaillements me raconta qu'un village avait été ravagé par une subite incendie. J'en eus le cœur retourné.
Je n'étais plus sûre de moi. Le dragon était-il réel ? Peut-être n'était-ce que l'effusion de joie qui me fit imaginer... cette chose. Je ne me posai guère longtemps de questions car le désir devint plus insistant et prit le pas sur mes doutes.
***
Ça griffe
J'avais de minces doigts ; je remarquai soudain que mes os étaient devenus visibles à travers ma chair. Je n'y fis guère attention. Pourtant, le coursier me fit remarquer que j'avais une mine de fantôme, alors qu'il tenait toujours à ce que je ne manquas de rien. Son regard sceptique ne me quitta pas. Avant de partir, il m'annonça que la visite du Maître était pour bientôt.
Le Maître venait parfois consulter des livres, en apporter d'autres ou juste pour inspecter mon travail. Je n'avais rien à me reprocher ; je remettais toujours ce que je lisais à sa place et je veillais à ne rien abîmer. Chaque livre était précieux et renfermait sa propre légende. C'était le bout d'âme que son propriétaire avait niché entre ses pages. Et qu'il me fallait garder. Je n'avais pas eu de troubles jusqu'à lors. Auparavant, les livres étaient convoités par plusieurs partis. Plusieurs gardiens de la Tour étaient alors nommés et ils étaient armés. A présent, on retrouvait des livres jetés aux caniveaux, les enfants déchiraient leurs pages pour en faire des oiseaux et des bateaux. On voulait construire à la place de la Tour, mais l'assemblée des littéraires faisait encore face aux pressions. Du moins, essayait-elle.
- Vous m'avez parlé une fois d'une légende, qu' Ide avait touché un livre et s'était liée à son âme.
Le Maître suivait des yeux la ligne d'ouvrages sur l'étagère. Il me répondit de sa voix profonde :
-Ide était un savant. Il ne croyait pas en la magie des livres.
Il s'interrompit et se tourna vers moi.
- Qu'y a-t-il ? M'enquis-je.
- J'ai cru entendre quelque chose.
Je tendis l'oreille, anxieuse. Il n'y avait que le silence. Le Maître réalisa s'être trompé et retourna à sa recherche. Il poursuivit :
-Ide était venu une fois dans cette Tour consulter des livres d'alchimie. Il avait retrouvé un vieux cahier qui traînait par terre et en voulant le ramasser, son âme s'y était emprisonnée. Ide, par sa hargne, maudit le cahier mais il n'arriva jamais à en sortir.
-C'était de sa faute, non ? Je veux dire, s'il n'avait pas détesté les livres, rien ne lui serait arrivé.
-Hmm... Ah ! s'exclama le Maître, voilà ce que je cherchais.
Je n'arrêtais pas de penser à cette histoire. Elle avait quelque chose d'effrayant et de tragique à la fois. Les vieilles croyances puisaient souvent un fond de vérité quelque part.
Ça démange
Mon âme fourmillait d'impatience. L'envie d'écrire me pressait. Plus qu'un passe-temps ordinaire, c'était devenu un désir oppressant, ça me rongeait les phalanges et me trucidait le cœur. A mesure que le temps passait et que cette passion restait inassouvi, je sentais que quelque chose m'était dérobée. Comme si un filet de mon âme m'était volé. Le Maître ne semblait rien remarquer, je devais maîtriser le tremblement de mes mains par un effort considérable. Mais au bout, j'avais craqué. Je ne l'avais pas encore réalisé, mais j'étais damnée. Ce cahier n'était pas ordinaire, l'attirance qu'il exerçait sur moi dépassait ma volonté. En effet, le mécanisme était bien huilé. Plus d'échappatoire possible. J'en étais devenue la prisonnière.
Et alors que j'écris ce qui me semble mes dernières lignes avec ce qui me reste de raison, je pressens la fin me talonner de près. Je n'avais rien voulu d'autre que connaître le plaisir d'écrire. Toutes ces choses qui se sont produites...toutes ces horreurs qui ont jailli de ce cahier, ce n'était pas de ma faute, je vous jure. Je...
Ça gratte, ça griffe, ça démange.
Ça tue.
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Hum, c’est vrai que ca fait très « mon esprit vagabonde pendant sa tentative de réflexion » mais ca va, ca se lit quand meme assez bien.
J’aime bien le clin d’œil a Peter Pan ^^
-Ide était venu une fois dans cette Tour consulter des livres d'alchimie. Il avait retrouvé un vieux cahier qui traînait par terre et en voulant le ramasser, son âme s'y était emprisonnée. Ide, par sa hargne, maudit le cahier mais il n'arriva jamais à en sortir.
-C'était de sa faute, non ? Je veux dire, s'il n'avait pas détesté les livres, rien ne lui serait arrivé.
Passage moyennement naturel (ça passe, mais c’est pas encore ça).
Pour le reste, c’est plutôt bien écrit, et même si la fin est assez convenu il y a certaines petites tournures qui sont sympatoche a lire.
Par contre j’ai eu l’impression que, au niveau du style d’écriture, il y avait une sorte de bifurcation vers le milieu du texte… je sais pas ?
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J'ai bien aimé, notamment la première moitié qui est vraiment très jolie.
Pour l'histoire en soi, c'est dommage qu'elle soit assez convenue. Ou plutôt, tu nous laisses entrevoir des éléments de ton monde (la Tour, le maître, la controverse sur la lecture...), mais sans les développer. C'est dommage, parce que ça recentre la nouvelle sur le simple schéma "personnage avalé par un livre", qui a été déjà beaucoup traité. Pour le renouveler, tu pourrais développer justement cet univers : c'est un monde avec de la magie ? (le dragon ne semble pas l'émouvoir, pas plus que la malédiction). Qui est la narratrice ? Qui l'a mise dans la Tour ? Pourquoi le cahier est-il maléfique ? L'est-il vraiment ?
Ton texte donne plein de pistes. En en suivant quelques unes, je suis sûre que tu pourrais le faire passer de "joli texte sympatique mais sans plus" à "nouvelle captivante" !
Dans le détail :
je ne savais comment les raconter
Etant donné que "je ne savais" c'est quand même recherché comme registre, et qu'à côté tu utilises "ça", "loupée", etc. Je pense que ça irait mieux "je ne savais pas"
En vain ai-je tenté de noircir le front dédaigneux de ma page. Envolés les espoirs de fuir cette lourde solitude, de goûter à ce parfum exotique, à cette élévation vers un pays imaginaire. Deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin. Je l'avais loupée.
J'aime bien ce paragraphe :) (entre autres)
sentant une forte odeur de renfermé
Sentir une odeur ? Oui, quand c'est ton nez qui la sent. Mais sinon ça dégage une odeur (ou autre verbe) de renfermé, ou bien ça sent le renfermé. Le mélange des deux, c'est pas très français, il me semble.
je ne supportais plus les regards niais des feuilles blanches
Loool ! J'adore xD Personnellement je leur vois plutôt un regard narquois à mes feuilles, surtout quand c'étaient les copies d'un DS xD
puis inscrivit mes premiers mots
inscrivis
J'habillai mon vide de robes aux couleurs d'ailleurs ; je n'étais plus seule, je n'étais plus ici.
J'ai mis un temps à comprendre, mais j'aime bien l'image :)
Je m'y adonnai cœur et âme, si bien que mes histoires prirent vie. J'étais penchée sur mon cahier, comme à mon habitude, quand je perçus un bruit étrange. Une énorme bête bondit d'entre les pages
Je trouve que c'est amené de manière trop rapide : un instant on est dans des considérations poétiques sur l'écriture, et à la ligne suivante on se retrouve dans Coeur d'Encre :D
je m'abaissais et elle s'élança par la fenêtre
abaissai. Et de toute façon je crois que le verbe convient pas trop. Me baissai ? Me pliai en deux ? Me courbai ?
J'accourus vers la fenêtre
C'est pas "accourir à" ?
une subite incendie
masculin
qu'il tenait toujours à ce que je ne manquas de rien
Manquasse ? Ou, vu le registre du texte, "manque". Le subj. plus que parfait de cette personne-là ça fait très empoulé ;D
jusqu'à lors
C'est pas "jusqu'alors" ? (je sais pas, je demande ; je l'ai jamais vu écrit comme ça)
Je n'avais pas eu de troubles jusqu'à lors. Auparavant, les livres étaient convoités par plusieurs partis. Plusieurs gardiens de la Tour étaient alors nommés
x2
Qu'y a-t-il ? M'enquis-je.
minuscule
cette passion restait inassouvi
inassouvie
Ce cahier n'était pas ordinaire, l'attirance qu'il exerçait sur moi dépassait ma volonté
Ginny était du même avis :huhu:
*je sors*
Toutes ces choses qui se sont produites...toutes ces horreurs qui ont jailli de ce cahier, ce n'était pas de ma faute, je vous jure.
Comme tu n'as parlé que du dragon, la phrase semble bizarre. On suppose que d'autres choses sont sorties ? Il faudrait le suggérer plus tôt dans le texte, pour que la fin ait son impact.
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J'aime bien, la lecture est assez coulante, il n'y a pas trop de phrase qui rebute à mon humble avis. Je ne vais pas faire une description des fautes, parce qu'on s'en ai déjà charger XD
=) a plus.
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J'ai bien aimé le texte, même si la transition entre la narration et le dialogue avec le maître est vraiment brutale. Si ça ne m'a pas dérangé que l'univers ne soit qu'esquissé, j'ai trouvé un peu plus dommage cette histoire de légende qui nous fait deviné la fin à l'avance. Je me suis même demandé pourquoi la narratrice n'y avait pas pensé plus tôt à faire le rapprochement entre son addiction au carnet, les choses qu'ils créent et cette fameuse légende qu'elle connaissait déjà. ::)
Dommage que la fin soit trop cousue de fil blanc, car c'était sympathique à lire ! :)
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C'est plutôt bien écrit, l'idée, surtout du début, est sympa. Par contre à partir du moment où il y a le dragon, je trouve que ça devient plus rapide (trop rapide) et beaucoup moins crédible, pas à cause de ce qui se passe mais parce que j'ai l'impression de lire un résumé, c'est dommage. Ca mériterait d'être un texte plus long et plus développé.
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Je suis d'accord avec ce qui a été dit dans l'ensemble, le début est très intéressant, ça installe quelque chose d'un peu étrange sans qu'on voit vraiment où tu veux en venir, alors que la fin n'est plus vraiment mystérieuse, on s'attend vite à ce qui va se passer... La fin semble un peu résumée alors que, même en gardant le même histoire tu aurais pu faire venir la fin plus lentement, sans donner autant d'éléments qui y mènent, en racontant petit à petit ce qui arrive à l'homme qui écrit, ce qui se passe à l'intérieur de lui, ce qu'il ressent, et peut-être arriver à cette chute sans devoir l'expliciter autant...
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J'ai beaucoup apprécié cette lecture dans l'ensemble, et comme l'ont dit bien d'autres, surtout le début qui me paraît accrocheur. L'allusion à Peter Pan m'a fait sourire! J'ai bien aimé la façon dont les sentiments du narrateur face à sa feuille blanche sont décrits. C'est vrai qu'à partir du moment où l'on prend connaissance de la légende d'Ide, on s'attend assez facilement à ce qui va suivre. Mais le fait que tu décrives bien l'état dans lequel le personnage est, vers la fin, m'a vraiment replongé dans le texte. Enfin, je pense que les derniers mots ("Ça tue") sont bien choisis et terminent bien l'histoire.
En tant que lectrice, on voudrait plus de détails et je pense que ton histoire pourrait être développée. Mais j'ai tout de même apprécié l'écriture et cette lecture. :)
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Merci pour les commentaires, vraiment !
Je suis contente de savoir que ce texte n'est pas un fiasco xD Les commentaires sont plutôt encourageants et je ferai de mon mieux pour améliorer ce texte et lui apporter des éclaircissements. Affaire à suivre.
Edit : J'ai essayé une première version pour étoffer l'histoire. Dites-moi ce que vous en pensez.
Je n'avais pas encore quinze ans quand celui qu'on appelait communément le Maître frappa à notre porte. Comment pouvais-je oublier un fait aussi marquant ? C'était un soir où le bois n'était pas assez pour nous réchauffer, mes parents et moi. Je grelottais de froid et ma mère appliquait un onguent aux ampoules de mes mains, avec patience et délicatesse. Elle chantait un air de son village et à voix faible, je ne distinguais pas bien ses mots. Je n'avais pas la tête à lui demander de parler fort ; j'étais simplement rassurée par son chant. Mon père, dans un coin de la pièce, se balançait sur sa chaise basculante. Étaient-ce ses réflexions préoccupantes qui grinçaient contre le parquet ?
Soudain, le chien se mit à aboyer. Mon père bondit de sa chaise, resta un moment interdit en tendant l'oreille, réprima un juron et armé de son fusil, sortit en boitant. Mon cœur battait la cadence : J'avais oublié le loquet déverrouillé ! Ma mère se tourna vers moi, le regard lourd de reproches, mais se garda de commentaire. Ni l'une ni l'autre ne put piper mot à vrai dire. J'étais prise de tremblements, ma tête était aussi lourde que du plomb. Comment ne pouvais-je faire plus attention ? Imbécile, imbécile, me sermonnai-je. Tu ne changeras jamais, tu ne mérites pas de vivre. Tu es une tare à ce monde ! Crève, crève, idiote ! Je sursautai lorsque la porte s'ouvrit et m'empressai d'essuyer mes larmes. Mon père entra, tirant sa jambe non sans mal. Encore une de mes prouesses. Un autre homme pénétra à sa suite, portant une longue toge blanche mangée par la boue et la pluie. Ma mère se releva prestement et se répandit en formules de politesse. Mon père la coupa pour m'ordonner de préparer du thé. Je ne me le fis pas répéter et oubliant le froid et la douleur, je me réfugiai dans la cuisine.
La suite était comme un tissu de souvenirs confus cousu à des sentiments bouillonnants. Mon père m'avait brutalement annoncé que je devais plier bagage. Dans ma tête, j'avais protesté mais les mots n'avaient pu franchir mes lèvres. Ma mère me prenant par le bras pour m'aider à ranger mes affaires, je réalisai l'horreur de ma situation : on se débarrassait de moi. Était-ce prémédité, ou le fruit d'une chance incroyable ? Je m'estimai le droit de savoir mais personne ne me dit rien et je n'osai demander. C'était la fin, pensai-je avec amertume. Cela valait peut-être mieux ainsi, je ne leur causerai plus d'ennui. Arrivées à ma chambre, ma mère soudain me prit dans ses bras et se mit à pleurer. Non, non ! Il ne fallait pas. Je renfermai mon cœur à cet élan d'affection. Je n'en voulais pas, je ne méritais pas.
- Je t'aime, Aylen.
Mensonges ! Je n'y croyais pas. Je me dégageais de son étreinte, doucement et détourna les yeux ostensiblement pour cacher mes larmes. Pitié, ne rendez pas mon départ insupportable.
Je n'eus que peu d'affaires à ranger. J'étais enfin prête à partir. J'avais tout balayé de ma mémoire et de mon cœur. Ce lit sur lequel je bondissais enfant, et qui m'abritait sous ses draps mes jours de peine n'était plus qu'un lit. Ce petit vase à fleurs que j'avais cassé et rafistolée n'était plus qu'un vase. Cette fenêtre... cette fenêtre à laquelle je m'accoudais en rêvant d'évasion. Aujourd'hui, elle témoignait de l'accomplissement de mes rêves.
Sur le pas de la porte, mon père ne me souhaita qu'un simple adieu. Je lui en fus reconnaissante. Ma mère me sourit faiblement, comme pour s'excuser qu'elle n'ait fait preuve de plus de courage. Je leur tournai le dos avant de céder, avant de m'écrier : « Je ne recommencerai plus, je vous promets. Reprenez-moi, je serai obéissante, je ne casserai plus rien, je ne brûlerai plus rien, je ferai plus attention. Ne me laissez pas partir ! »
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Coucou !
Alors, j'avoue que je préfère la première version, pour le moment. L'écriture y est plus poétique, plus travaillée, et surtout, la forme est plus originale. Dans cette deuxième version, c'est un début assez classique.
Mais je me demande comment les choses vont tourner, et c'est dur de se prononcer sur un extrait aussi court ! Alors fais-nous voir la suite, saperlipopette ! :P
Dans le détail :
C'était un soir où le bois n'était pas assez pour nous réchauffer
Le bois ne peut pas être assez tout court. Soit il n'y en a pas assez, soit il n'est pas assez quelque chose...
cadence : J'avais oublié le loquet déverrouillé !
Pas de majuscule après les :
Ni l'une ni l'autre ne put piper mot à vrai dire.
Je chipote, mais c'est moche, au niveau des sonorités ! :P
le regard lourd de reproches, mais se garda de commentaire. Ni l'une ni l'autre ne put piper mot à vrai dire. J'étais prise de tremblements, ma tête était aussi lourde que du plomb.
lourd x2
Comment ne pouvais-je faire plus attention ?
ça me semble pas super français comme tournure :-\ "Comment pouvais-je ne pas avoir fait plus attention ?" ? mais c'est lourd, c'est sûr
La suite était comme un tissu de souvenirs confus cousu à des sentiments bouillonnants.
Joli :)
je ne leur causerai plus d'ennui
causerais (tu es dans un contexte passé, donc le futur de tes personnages s'exprime au conditionnel, donc s)
Je t'aime, Aylen.
Aylen, c'était pas ton pseudo ? ^^
Je me dégageais de son étreinte, doucement et détourna les yeux ostensiblement pour cacher mes larmes
Dégageai, non ? (ça me semble ponctuel, comme action, donc le passé-simple conviendrait mieux, je pense). Qui détourne ? La mère ? Il faut mentionner le sujet, alors, sinon la phrase est pas correcte !
Je renfermai mon cœur à cet élan d'affection.
[...]
J'avais tout balayé de ma mémoire et de mon cœur
ça fait 2 fois coeur
Ce petit vase à fleurs que j'avais cassé et rafistolée
rafistolé
mon père ne me souhaita qu'un simple adieu
Je pense pas qu'on puisse souhaiter un adieu...
comme pour s'excuser qu'elle n'ait fait preuve
Je pense qu'on s'excuse de, mais on ne s'excuse pas que
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Étaient-ce ses réflexions préoccupantes qui grinçaient contre le parquet ?
Je pense qu'on aurait pu faire l'économie du "préoccupantes"
J'aime pas trop la scène d'auto-apitoiement.
Sinon c'est plutôt dur de comparer les deux textes. Le premier nous plongeait au cœur des événements, alors que celui-ci prend beaucoup de distance, ça serait plutôt une introduction et j'ai beaucoup de mal à la regarder avec un œil neuf alors qu'on comprenait dans l'autre texte qu'elle avait quitté ses parents plus contrainte et forcée que de gaieté de cœur... ::)
Bref, pas déplaisant, mais je ne saurais dire ce qu'il apporte réellement à l'ensemble.
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Coucou, me revoilu !
Alors, j'ai un peu plus travaillé cette histoire. En me guidant du conseil de Mil', j'ai un peu plus étoffé l'histoire. Bon la première version a été un début plutôt classique, comme a fait remarquer Mil' et avec la scène d'auto apitoiement, c'est vraiment pathétique. Alors, je m'y suis prise d'une autre manière. C'est encore maladroit, j'y suis revenue à plusieurs fois et j'ai encore besoin de conseils pour l'améliorer. Je clarifie : C'est un tout nouveau début que j'entreprends, j'y insérerai au moment venu, le premier texte posté dans ce fil, en le modifiant selon l'usage. Donc on zigouille le texte pathétique et on démarre avec un début plus frais j'espère et une histoire qui se précise. J'ai changé le prénom de l’héroïne, l'autre - qui était mon pseudo oui - a été repêché pour la circonstance (oui je l'avoue). A présent que le fil de l'histoire est plus net dans mon esprit, j'ai adopté ce prénom là. Voilà pour le blabla introductif.
Bonne lecture !
Une douce odeur de musc flottait dans l'air, le ciel papillonnait de ses mille yeux. Maïwenn, cependant, n'est pas sortie en poète. Son bras commence à la fatiguer, son châle ne la protège pas du froid, ses souliers sont trempés de boue. Elle attend, chandelle brandie, que le destinateur de la lettre fasse son apparition. Il ne peut pas se tromper ; sa maison est la seule habitation du voisinage. Maïwenn a préféré s'installer avec sa cousine à l'écart du village pour éviter les multiples visites requérant ses services. Elle n'est pas ingrate mais la raison pour laquelle elle a fait des études de magie est toute autre. Il se peut même qu'elle se réalise cette nuit. Son cœur fait un bond, elle a cru voir quelque chose. Elle tend le cou mais l'ombre se fond dans la nuit. Du calme, se dit-elle. Et s'il ne vient pas ? Il doit venir. Elle n'a pas attendu, espéré, jubilé, en vain. S'il ne vient pas, elle ira à sa recherche, exigera des explications et le forcera à l'engager.
Au loin, soudain, surgit une silhouette. Enfin, ce n'est pas trop tôt. Maïwenn empoigne son baluchon, traverse le jardin en quelques jambées, tourne le loquet et s'arrête près de la porte. A la lumière, elle distingue ses traits ; ils correspondent à la description faite dans la lettre. Elle finit de reconnaître le maître érudit à sa toge blanche et à ses bottes de cuir, à sa barbe soignée et à ses yeux verts. Bizarrement, les érudits ont cette croyance que les yeux émeraude dénotent le plus l'intelligence et la sagesse profonde. C'était pour le moins pratique car Maïwenn est sûre alors de ne pas se faire duper.
Elle réalise alors : Son rêve à portée des mains ! Son cœur s'affole tout à coup, c'est à peine si elle l'entend se présenter. Sa tête est prise de vertige, les traits de l'homme se confondent dans son esprit. Elle hoche à ses paroles sans réaliser ce qu'elle fait. Bientôt, bientôt...Les ombres chatouillent ses lèvres, elle a un sourire stupide. Le maître la regarde avec intrigue. C'est une claque qu'elle reçoit quand il lui demande si elle va bien. Rapidement, elle prétexte une transe – c'est presque la vérité - et se compose une expression grave. Les mages sont souvent sujet à des divagations d'esprit ; le maître semble y croire. Il a presque un élan de compassion envers elle. Irritée, elle coupe court à ses frivolités d'une voix dure :
- Montrez-moi.
L'homme ne se froisse pas du ton. Il ouvre son sac à bandoulière et en tire un objet enroulé dans un foulard. Soudain, Maïwenn ne sait pas pourquoi, elle a un mouvement de recul. Et si elle échoue ? Elle n'a pas pratiqué depuis un an. Et si elle a tout oublié ? Toute confuse, elle s'accroche à la clôture. Non. Il faut se calmer. Inspirer, respirer. Ne pas perdre son sang-froid. Elle n'a rien oublié. Les formules sont là, dans sa tête, sur ses lèvres. Il lui suffira de les prononcer. Elle se redresse, donne à un simple geste comme arranger sa robe toute la suffisance d'une cérémonie. Elle y parvient non sans mal - d'une seul main - et cela lui redonne courage.
-Prête ? Questionne le maître.
-Allez-y, dit la jeune fille.
Le foulard, lentement, se déroule ; Maïwenn approche la chandelle. Mais elle n'a pas besoin de le voir. Elle le sent. Si près. Elle pourrait presque le toucher. Elle en a terriblement envie. Son parfum la captive. Elle se voit tourner les pages et avidement, lire les lignes qu'ils abritent. Brusquement, son instinct de magicienne l'avertit ; sa voix s'élève, récite les incantations apprises par cœur. Le charme se défait, s'éteint. Le livre redevient un vulgaire objet rectangulaire qu'elle peut voir et toucher, sans danger.
-C'est votre première fois ? S'enquiert le maitre en rangeant l'objet dans son sac.
-Oui, avoue Maïwenn. Au début, j'ai bien cru...je n'ai jamais rien senti de pareil. C'est effrayant.
-La première fois est la plus terrible. Vous vous y habituerez.
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Une douce odeur de musc flottait dans l'air, le ciel papillonnait de ses mille yeux. Maïwenn, cependant, n'est pas sortie en poète.
La transition grince, j'aime pas du tout le changement de temps.
sa maison est la seule habitation du voisinage.
"habitation" sert à rien.
la raison pour laquelle elle a fait des études de magie est toute autre. Il se peut même qu'elle se réalise cette nuit.
une raison qui se réalise c'est plutôt bizarre à l'oreille.
Enfin, ce n'est pas trop tôt.
"ce n'est pas trop tôt" fait un peu infantile, même si la narratrice est jeune.
à portée des mains
de ?
Elle n'a pas pratiqué depuis un an.
Ah ? On se demande pourquoi elle a pris la peine de vivre si loin des autres alors. =p
Et si elle a tout oublié ?
J'aurais préféré "avait".
Sinon, je trouve l'ambiance plus mystérieuse que dans la variante précédente, et j'aime bien l'idée de l'épreuve avec le livre. Bon courage pour recoller les morceaux, mais tu tiens le bon bout. :D
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Aha, il est tenace ce texte ! Jamais deux sans trois, dit-on :)
J'ai bien aimé pour un début ; j'attends de voir la suite. J'ai trouvé le tout premier paragraphe un peu laborieux (à l'exception de la première phrase qui est très jolie), mais par la suite ça disparaît et ça se lit très bien. J'ai un peu de mal à avoir un regard neuf après les deux autres versions, mais je trouve cette v3 mieux que la v2 ! :)
Dans le détail :
Une douce odeur de musc flottait dans l'air, le ciel papillonnait de ses mille yeux
C'est joli, ça !
que le destinateur de la lettre fasse son apparition
destinateur... celui qui l'envoie ? Je ne sais pas si ça se dit pour une lettre, ça me semble pas très naturel. L'expéditeur, non ?
Il ne peut pas se tromper ; sa maison est la seule habitation du voisinage.
"Sa maison", ça se rapport au destinateur ou à Maïwenn ? C'est pas très clair, or ça gène un peu, comme ça, en début de texte.
Elle n'est pas ingrate mais la raison pour laquelle elle a fait des études de magie est toute autre.
Toute autre que de recevoir des visites lui demandant des services, c'est ça ? Ce à quoi ce bout de phrase se rattache n'est pas très clair je trouve...
les érudits ont cette croyance que les yeux émeraude dénotent le plus l'intelligence
Alors attention je chipote, mais ce 'le plus' me semble bizarre. Plus que quoi ? J'ai un peu de mal à mettre le doigt sur ce qui me gêne avec ce "plus", mais ça me titille...
C'était pour le moins pratique car Maïwenn est sûre alors de ne pas se faire duper.
Pourquoi "c'était" au passé ?
Elle réalise alors : Son rêve à portée des mains !
Minuscule après deux points.
Elle hoche à ses paroles
Un "la tête" en fuite, non ?
bientôt...Les ombres
Espace après les points de suspension.
Le maître la regarde avec intrigue.
Avec intrigue, ça se dit pas. Intrigué, ou avec.. un autre mot, lol.
Les mages sont souvent sujet à des divagations
Sujets
Et si elle a tout oublié ? Toute confuse
Tout/toute
-Prête ? Questionne le maître.
Minuscule après le point d'interrogation.
Elle se voit tourner les pages et avidement, lire les lignes qu'ils abritent.
Qu'elles abritent (les pages) ?
Le livre redevient un vulgaire objet rectangulaire qu'elle peut voir et toucher, sans danger.
J'ai pas compris où était le danger avant. Elle l'a bien touché, non ? Je ne saisis pas trop ce qui s'est passé dans ces quelques phrases...
EDIT : ah, j'ai compris. C'est parce que j'avais mal interprêté le "elle se voit" : tu voulais dire qu'elle s'imagine le faire, qu'elle anticipe ? J'ai cru qu'elle se voyait agir, un peu comme quand on n'a pas tout à fait le contrôle de nous-mêmes. Du coup, y a peut-être moyen d'éviter cette ambiguité ?
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qu'un village avait été ravagé par une subite incendie
subit
alors qu'il tenait toujours à ce que je ne manquas de rien.
manque ou manquasse
Bah, je m'attendais à autre chose. En fait, je trouve que le début fait assez autobiographique, même si romancé un peu, enfin je trouve qu'il peut être lu comme un témoignage assez sincère, du coup la suite rend le tout un peu chimérique, elle vient se greffer sur la sincérité du début et part complètement ailleurs. Le mix est assez bizarre. J'ai pas trop aimé. Du point de vue du style, j'ai aussi préféré d'autres textes de toi. Voilà, mais c'est super que ça t'ait remis le pied à l'étrier !
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Ah, le plaisir des mots ! cette fine pesée de sons et d'émotions logée sous la courbe d'une lettre. N'était-ce pas ainsi qu'on décrivait l'art d'écrire ?
Autant j’aime bien la façon dont tu définies l’art d’écrire, autant je trouve que la question gâche tout. Je vois pas trop son utilité en fait, surtout vu tes lecteurs
Envolés les espoirs de fuir cette lourde solitude, de goûter à ce parfum exotique, à cette élévation vers un pays imaginaire.
Un peu trop déjà-vu comme vision de l’écriture comme échappatoire/ libération ?
Deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin. Je l'avais loupée.
Ça, c’est déjà plus cool !
Je pensais mes mots avant de les écrire et ce n'était jamais bien.
Là, la phrase est un peu planplan, surtourt le « ce n’était jamais bien »
A travers mes lectures j'avais développé un fort sens critique qui se retourna contre moi.
Je bloque sur le « fort », je le trouve un peu trop grandiloquent
C'était alors que je découvris un vieux cahier,
C’est vachement lourd le « c’était alors », surtout que je vois bof de lien logique entre galérer à écrire et trouver un cahier
J'hésitai d'abord, levai timidement ma plume au-dessus de ce monde vertigineux puis inscrivit mes premiers mots.
Quel monde vertigineux ?
J'en eus le cœur retourné.
Euh bof comme phrase ? Enfin, c’est pas très explicite comme émotion.
Peut-être n'était-ce que l'effusion de joie qui me fit imaginer... cette chose. Je ne me posai guère longtemps de questions car le désir devint plus insistant et prit le pas sur mes doutes.
Là, je trouve ça pas très crédible comme attitude, à moins que la narratrice ne soit sous l’emprise d’un sortilège… Y a quand même de quoi douter. Ou du moins se poser des questions, être tout excité, enfin quelque chose de différent de « je m’en fous, j’ai envie d’écrire »
J'avais de minces doigts ;
L’antéposition est lourde, je trouve, enfin on accroche vachement à la lecture
alors qu'il tenait toujours à ce que je ne manquas de rien.
Alors qu’il veillait ?
Manquasse (mais c’est très laid, mdr)
- Qu'y a-t-il ? M'enquis-je.
m’enquis-je
A mesure que le temps passait et que cette passion restait inassouvi, je sentais que quelque chose m'était dérobée.
Inassouvie/ dérobé
Mais au bout, j'avais craqué.
Au bout de quoi ?
C'était un soir où le bois n'était pas assez pour nous réchauffer,
Bug
mes parents et moi. Je grelottais de froid et ma mère appliquait un onguent aux ampoules de mes mains, avec patience et délicatesse.
On applique un onguent SUR qq ch, non ?
Étaient-ce ses réflexions préoccupantes qui grinçaient contre le parquet ?
Quoi ? des réflexions qui grincent ?
tu ne changeras jamais, tu ne mérites pas de vivre. Tu es une tare à ce monde ! Crève, crève, idiote !
Faut peut-être pas exagérer…
Ma mère me prenant par le bras pour m'aider à ranger mes affaires, je réalisai l'horreur de ma situation
En français, tu peux pas écrire ça, faut que ce soit le même sujet dans les deux morceaux de la phrase. Du coup, tu peux mettre « alors que ma mère me prenait le bras pour m’aider à ranger mes affaires, je réalisai… »
Arrivées à ma chambre, ma mère soudain me prit dans ses bras et se mit à pleurer.
La place de ton adverbe me semble douteuse
Ce petit vase à fleurs que j'avais cassé et rafistolée n'était plus qu'un vase.
Rafistolé
Maïwenn, cependant, n'est pas sortie en poète.
Ça veut dire quoi ?
Le maître la regarde avec intrigue.
« Le maître la regarde, intrigué », c’est pas plus naturel ?
Les mages sont souvent sujet à des divagations d'esprit ;
sujets
Bon, dans l’ensemble j’ai vraiment pas suivi si tes différents posts se suivaient ou non, si c’étaient des reprises successives d’une même version (ça n’en a pas du tout l’air), bref, ça m’a laissé assez perplexe.
Au niveau du fond, j’avoue que j’ai pas trop accroché parce que je trouve que ton idée est assez convenue, surtout pour le premier post en fait. Un peu trop grandiloquent aussi. Après, ça parle moins d’écriture, c’est plus différent mais ça m’a pas emballée plus que ça. Peut-être que quand tu auras un peu plus cerné ce que tu veux faire, ça prendra plus forme !