Le Monde de L'Écriture
Sous le soleil des topics => BlindText => Archives croulantes => 18e édition - Le(s) masque(s) => Discussion démarrée par: derrierelemiroir le 01 Mars 2022 à 17:34:58
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Soulève le voile
Sur l’épiderme, ses doigts tracent des spirales. Sous les couvertures, ses pieds creusent des tunnels. De longues boucles entrelacées inondent la nudité de ses épaules. Elle regarde le plafond mais ses pensées s'égarent plus loin.
Dans le salon, Marc bavarde avec un ami devant la télévision. Quand l’intrus a fait irruption dans la petitesse de leur appartement, elle a pris la fuite en souriant de son mieux. Elle aimerait qu’il s’en aille, aimerait ne pas avoir ses règles et que Marc la déshabille comme autrefois.
Elle caresse lentement ses cuisses en se remémorant le cours de Zumba. À côté d’elle, un livre qui prétend faire l’éloge du mariage. Elle y croit, en parallèle à mille autres possibilités.
Au fond de son esprit, l’invitation du professeur.
*
La végétation vert clair défile de l’autre côté de la fenêtre. Elle essaie de retenir des détails pour mieux ancrer ce moment dans le présent, mais son esprit ne cesse de s’évader dans le passé et le futur. Se trouve-t-elle dans un des coudes de la vie, quand les évènements ralentissent avant de s'élancer dans une nouvelle direction ? La musique qui vibre dans ses oreilles et la perspective de le revoir lui donnent l’impression d’avoir de nouveau vingt ans. Quand la vie semblait multiple et qu’une décision n’en excluait pas d’autres. Tonight, we are young, so let’s set the world on fire, we can burn brighter than the sun.
*
Un hôtel quatre étoiles. Une chambre immaculée et un lit défait. Dans la salle de bain, elle définit ses boucles en pensant au petit déjeuner qu’elle ne mangera pas. La Zumba, les heures de Pilates, pas pour rien. Le soir d’avant, elle a travaillé jusqu’à tard pour ne rien laisser au hasard. Sa présentation est mémorisée à la syllabe près ; au fond, elle n’a pas peur. Elle retourne dans la chambre et enfile la tenue fraîchement repassée qu’elle avait déjà choisie le jour de l’invitation. Elle défile devant le miroir de l’entrée sur des talons à deux cents euros. Le professeur a dû vieillir. Sept ans sont passés. Leur conversation WhatsApp s’est tarie. Soudain, cet email. Marc ignore tout ; elle l’a laissé sur le quai de la gare un peu tressaillant. Elle se meurt d’une liberté qu’il ne peut lui offrir. Devant le miroir, elle défile en balançant ses hanches.
*
« Tu es resplendissante ! la complimente le professeur dans le hall de l’hôtel.
– Tu sais, j’aurais su trouver le chemin seule, répond-elle en lui faisant la bise.
– Il n’y a pas de raison que je te traite différemment des autres invités » remarque-t-il sans la lâcher du regard.
Il a vieilli. Les rides sur son front se sont creusées, sa chevelure s’est éclaircie. Mais les discours qui filtrent de ses yeux n’ont rien perdu de leur éclat.
« Alors, tu as fini par te marier, commente-t-il pendant qu’ils parcourent la rue peu fréquentée.
– Oui… je ne voulais plus faire des promesses dans le vide », répond-elle d’un air vague.
En marchant, elle se régale du parfum printanier qui embaume l’air et de la vue dégagée sur le lac et les montagnes.
« Ça m’a manqué » lâche-t-elle dans un murmure à peine audible.
Cette présence qui marche à ses côtés lui rappelle ces vieux livres à l’odeur familière. Ces livres qui renferment une grande part de qui on est.
*
Ils sont assis dans le bureau du professeur. Ils boivent du café et discutent de leur travail avec le regard sérieux des enfants qui jouent. Les années de séparation n’existent plus, il n’a pas soixante ans, elle n’en a pas trente. Ils sont l’égal l’un de l’autre, leurs yeux se comprennent en même temps que leurs paroles s’effleurent. Ensemble ils construisent des châteaux d’abstractions qu’un jour ils esquisseront dans un livre.
*
Sept ans auparavant, dans ce même bureau, rien ne s’était passé. Rien d’autre que des regards hardis, éperdus et défiants, rapidement balayés dès que l’écho d’une voix éclatait dans le couloir. Il se raclait la gorge, évoquait au hasard une anecdote sur Darwin pendant qu’il taisait d’autres dialogues. Elle arborait son masque d’étudiante à la perfection, transformait sans hésiter les flammes qui fusaient de son cerveau en questions pertinentes mais ennuyeuses. Il ne lui parlait jamais de ce rêve absurde qui le hantait mais qu'elle devinait, dans lequel il s’égarait parmi sa chevelure insoumise. En réponse, elle réprimait son envie de se rapprocher de lui, de rétrécir la distance qui les séparait jusqu’à ce que leurs idées se touchent.
*
Le public installé en fer à cheval autour d’elle applaudit, enthousiaste, à la fin de sa présentation. Elle répond, confiante, aux questions qu’on lui pose et entrevoit, au-delà de ce moment, toutes les portes que son succès lui ouvrira. Le professeur l’invite ensuite à déjeuner en compagnie de ses collègues et étudiants. Ils se retrouvent à la terrasse d’un restaurant du centre-ville, le soleil réchauffe leurs nuques, les bras se dénudent et le vin coule sans retenue. Elle sirote son Pinot Noir, rigole à l’anecdote qu’une doctorante raconte avec éloquence. Elle échange un regard où tout ce qui n’a jamais été admis s’agite sans issue. Elle aspire lentement l’air tiède qui lui arrive à la bouche. L’instant qu’elle vit lui semble si fragile qu’elle en redéfinirait le bonheur.
*
Plus tard, elle se retrouve de nouveau seule avec le professeur. Ils longent le lac en bavardant sans vraie direction. Ils ont toujours su s'avouer leurs vérités dans les interstices des mots et des battements de cils.
« Au final, on en revient à Kant et ses « a priori », les contenus qui sont déjà présents dans les cerveaux à la naissance des individus.
– Oui. L’apprentissage n’a de sens que si des catégories préexistantes le contraignent. Les catégories à la base de tout, voilà ce que je pense, qui dirigent l’attention du vivant sur les différences les plus pertinentes.
– Marc t’a fait sa demande en bonne et due forme ?
– Non, répond-elle en éclatant de rire. On s’est mis d’accord un jour de pluie.
– Tu veux des enfants ?
– Je pensais que tu le savais. »
Le professeur détourne son regard sur l’eau bleu foncé du lac.
« Toi et Emma ?
– Non, non. Elle est jeune, je suis trop vieux. Et puis j’ai déjà Marie et Jeanne. »
Elle pense à leurs chemins qui se sont croisés trop tôt et trop tard mais peut-être pile au bon moment. À Emma qui partage un lit qu’elle n’a jamais vu, à Marc qui tressaillait sur le quai de gare parce que son ignorance n’était pas sourde.
Le professeur retire un paquet de cigarettes et un briquet de son blouson. Il en place une entre ses lèvres puis lui tend le paquet.
« J'ai arrêté, marmonne-t-elle.
– Moi aussi » répond-il.
Leur rencontre envahit la toile de son esprit. Lors d’un congrès, lui qui la suit pendant la pause-café pour sortir fumer.
Elle inspire l'air lentement tandis qu'il expire des volutes grises.
« Je suis content que tu sois venue. Je n’étais plus sûr de la résolution de notre histoire.
– Moi aussi je suis contente. De ne plus devoir choisir mes expressions quand je parle de toi.
– Tu viendras travailler avec moi ?
– Si on reste amis à jamais.
Ils regardent l'eau en silence. D’autres vies s’agitent autour d’eux, d’autres destins brouillons, heureux ou flétris. Des parents entourés d’enfants bruyants, de jeunes amoureux, immortels amants. Des amies qui rient haut et fort, peu importe le reste. Des adultes qui marchent vite, qui viennent et vont puisqu’il faut bien aller quelque part. Se démener. S’accrocher aux minutes qui restent.
*
À la surface, soulève le voile.
Tu apercevras mon sourire et peut-être d’autres choses.
Les expressions fanées de mes existences passées.
De toutes les jonctions où ma vie a frémi.
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Merci pour ta participation énigmatique auteur !
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Salut GameMaster !
Pour la forme :
transformait sans hésiter les flemmes qui fusaient
Les flemmes ?
Il ne lui parlait jamais de ce rêve absurde qu’il le hantait
qui le hantait
de rétrécir la distance qui les séparaient jusqu’à ce que leurs idées se touchent.
qui les séparait
Le professeur retire un paquet de cigarettes et un briquet de la poche de son blouson. Il place une cigarette entre ses lèvres puis lui tend le paquet.
Je trouve la répétition pas très jolie.
d’autres destins brouillon, heureux ou flétris, en quête de finition.
brouillons ?
Sur le fond :
J'ai l'impression d'être restée en surface. J'ai compris sans comprendre. La suite de mots m'a permis de situer la scène et les sentiments des personnages, mais c'est comme si je regardais le tout à travers une vitre opaque, que je n'arrivais pas à bien distinguer les détails.
Du coup, j'aime bien, mais en demi-teinte.
En te souhaitant une bonne journée !
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Salut !
J'ai franchement adoré. Tu as un magnifique sens de l'image et la mise en mots simples d'états d'âme si compliqués est admirable. Je n'ai rien à redire, un vrai coup de coeur.
À la lecture je n'ai relevé que ça :
Ensemble ils construisent des châteaux d’abstractions qu’un jour ils esquisseront dans un livre.
parce que je l'ai trouvée magnifique.
Merci pour ce partage,
À bientôt !
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Merci pour ton texte
Ca doit venir de moi, car c'est le second texte, mais je n'ai pas tout compris. Pourquoi il y'a des coupures et on se retrouve a différents endroits ?
En lisant les commentaires, j'ai compris que tu parlais de sentiment. Je suis nulle en double sens, donc ca m'échappe.
Je pense que tu parles de la vie de cette femme avec son compagnon .
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Hello illustre inconnu.e
Quelques babioles.
Elle regarde le plafond mais regarde plus loin.
Peut-être éviter la répétition ici.
Elle caresse lentement ses cuisses en se remémorant le cours de Zumba. À côté d’elle, un livre qui prétend faire l’éloge du mariage. Elle y croit, en parallèle de mille autres possibilités.
parallèle à
. Elle défile devant le miroir de l’entrée sur des talons à deux cent euros.
deux cents
Elle se meure d’une liberté qu’il ne peut lui offrir. Devant le miroir, elle défile en balançant ses hanches.
se meurt
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Elle arborait son masque d’étudiante à la perfection, transformait sans hésiter les flemmes qui fusaient de son cerveau en questions pertinentes mais ennuyeuses.
flammes ?
Il ne lui parlait jamais de ce rêve absurde qu’il le hantait, dans lequel il s’égarait parmi sa chevelure insoumise. En réponse, elle réprimait son envie de se rapprocher de lui, de rétrécir la distance qui les séparaient jusqu’à ce que leurs idées se touchent.
qui le hantait - séparait (la distance)
Ils se retrouvent à la terrasse d’un restaurant du centre-ville, le soleil réchauffent leurs nuques,
réchauffe
Ils fument en silence. D’autres vies s’agitent autour d’eux, d’autres destins brouillon, heureux ou flétris, en quête de finition.
brouillons
C'est un texte intéressant, on y goûte le temps où élève et professeur s'attiraient sans laisser se laisser convaincre.
Des retrouvailles bien amenées, bien écrites. Le masque est visible, à peine mais il y est.
Merci pour ton texte...
;)
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Bonjour à toi bel.le inconnu.e,
Me voici pour découvrir ce texte d'une telle pudeur que j'ai eu le sentiment de lire ma propre écriture. :huhu:
Il y a des images tragiques qui se percutent les unes les autres, une romance secrète s'y dévoile dans un élan passionné qui nous embarque. Tant de doutes, de tristesse et d'émois pour un simple cœur !
J'ai pris plaisir à découvrir les secrets de ces deux furtifs qui se cherchent sans jamais se comprendre l'un l'autre, comme si tu allais nous montrer la vérité sur eux par un timide aveu.
Si je devais proposer une amélioration pour le texte, ce serait sûrement dès le début :
Sur l’épiderme, ses doigts tracent [...] l’invitation du professeur.
Avant de pouvoir comprendre les sous-entendus de cette femme, son intériorité, j'aurais besoin de savoir qui elle est, ce qu'elle aime, ce qui la distingue des autres. Sans cela, je ne peux pas mettre n'importe quel visage sur n'importe qui, et je perds le sens de ce qui la rend différente des autres.
Dépersonnaliser autant que tu l'as fait un personnage dès le début d'un texte, c'est vraiment une barrière mentale contre l'empathie, l'intérêt, la curiosité. Pour revenir vers quelque chose qui soit de l'ordre de l'invitation au lecteur à se sensibiliser à sa sensibilité, je te conseillerais donc de plus nous en dire sur qui elle est avant de nous dire ce qu'elle va faire aujourd'hui.
C'est à peu près tout ce que j'aurai pu dire si je m'étais auto-commenté mon propre texte, il ne faut donc pas révéler à quiconque si c'est moi ou non qui l'ai écrit. ^^
Au plaisir de connaître ta réponse, à tout bientôt. :)
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Salut Gamy,
comme d'hab mes remarques au fil du texte. J'ai pas lu les autres commentaires donc il pourrait y avoir des redites.
Sur l’épiderme, ses doigts tracent des spirales. Sous les couvertures, ses pieds creusent des tunnels. De longues boucles entrelacées inondent la nudité de ses épaules. Elle regarde le plafond mais regarde plus loin.
ça commence bien. J'aime beaucoup cette entrée en matière à la fois visuelle et factive. Et puis il y de belles images.
"Sous les couvertures, ses pieds creusent des tunnels" :coeur:
Elle y croit, en parallèle de mille autres possibilités.
Là aussi j'aime bien comme tu introduis le nœud du récit, ces fameuses mille autres possibilités.
Elle se meure d’une liberté qu’il ne peut lui offrir.
meurt.
Je trouve très bien construites, par petites touches, les relations de la narratrice avec Marc, un peu de lassitude dans le couple et la prospective du mariage, ce vieil amour qui resurgit, avec le désir qu'une relation amoureuse aurait émoussé, et puis aussi le thème du choix, cet effet "slidind doors" et tout les "et si" qui s'accumulent alors qu'elle doit prendre/qu'elle a pris une décision qui lui semble irrévocable.
remarque-t-il sans la lâcher du regard. »
J'ai un doute sur les guillemets de la fin. Est-ce qu'ils ne devraient pas aller après invités et avant l'incise?
« Alors, tu as fini par te marier, commente-t-il pendant qu’ils parcourent la rue peu fréquentée.
Donc la décision est prise et tout est déjà fait. ça ne m'était pas clair avant ce passage.
Ça à l'air de surprendre le professeur, comme si la narratrice qu'il avait connu sept ans plus tôt n'était pas pour le mariage. Ce qui je trouve explique bien ce sentiment d'étouffement.
Là encore, j'aime bien les dialogues qui laissent au lecteur le travail des sous-entendus.
le "sans savoir au juste si elle parle du paysage ou d’autre chose." est presque de trop.
Ils sont l’égal l’un de l’autre, leurs yeux se comprennent en même temps que leurs paroles s’effleurent. Ensemble ils construisent des châteaux d’abstractions qu’un jour ils esquisseront dans un livre.
Passage très Wow. :coeur: :coeur: :coeur:
Il y a toute la sensualité, le désir, le passé, le présent et des promesses d'avenir dedans.
On se demande si c'est réel, si c'est juste une parenthèse que la vie viendra refermer ou si c'est un nouveau départ.
transformait sans hésiter les flemmes qui fusaient de son cerveau
flemmes? est-ce une erreur de frappe? sinon je ne comprends pas bien dans ce contexte.
Il ne lui parlait jamais de ce rêve absurde qu’il le hantait, dans lequel il s’égarait parmi sa chevelure insoumise.
Cette phrase me chiffonne un peu, parce qu'on bascule brusquement et brièvement du point de vue du professeur, alors que jusqu’à présent le texte est exclusivement du point de vue de la narratrice, ce elle indéfini.
jusqu’à ce que leurs idées se touchent
:D et pas que leurs idées !
Le public installé en fer à cheval
Joli placement de la contrainte !
Elle aspire lentement l’air tiède qui lui arrive à la bouche. L’instant qu’elle vit lui semble si précieux qu’elle en redéfinirait le bonheur.
C'est super joli, mais je ne comprend pourquoi ce bonheur soudain. J'ai l'impression que le tête à tête avec le professeur est le point culminant du récit (même si dans la vie je comprends que la présentation ait son importance et que la tension qui la précédait se soit évanouie). En fait j'ai l'impression d'avoir manqué un passage, le nœud qui s'est dénoué entre elle et le professeur, parce que je ne saisis pas tellement la différence entre leur relation de sept ans plus tôt et leur relation présente, où "les paroles s'effleurent". J'ai même l'impression qu'il y a une conscience supérieure dans le présent de ce sentiment qui les unit, puisque 7 ans plus tôt les idées ne se touchaient même pas.
Et ça c'est très fort, il me semble, plus que le repas au resto avec collègues et étudiants.
Ils ont toujours su s'avouer leurs vérités dans les interstices des mots et des battements de cils.
:coeur:
Elle pense à leurs chemins qui se sont croisés trop tôt et trop tard mais peut-être pile au bon moment. À Emma qui partage un lit qu’elle n’a jamais vu, à Marc qui tressaillait sur le quai de gare parce que son ignorance n’était pas sourde.
:coeur:
Là aussi c'est beau, parce qu'il y a un bout de résolution pour la narratrice, d'acceptation du présent.
J'imagine peut-être avec la question des enfants, parce qu'elle comprends aussi que le présent alternatif, si elle avait pris un autre chemin avec le professeur, lui aurait fermé des possibilités qu'elle a en revanche avec Marc.
Leur rencontre envahit la toile de son esprit. Lors d’un congrès, lui qui la suit pendant la pause-café pour sortir fumer.
Elle soupire et accepte.
Et là de nouveau le passé qui ressurgit. Narrativement parlant, je ne comprend pas trop de passage.
Il me semble que le texte aurait gagné en force symbolique si elle avait refusé la cigarette, parce que cela permettait de clore un peu plus l'histoire, que la narratrice se démarque de ce qu'elle était il y a sept ans.
L’hypothèse d'une nouvelle cigarette comme un nouveau départ dans leur relation, un nouveau instant zéro me séduit moins.
Ils fument en silence. D’autres vies s’agitent autour d’eux, d’autres destins brouillon, heureux ou flétris, en quête de finition.
C'est une belle phrase qui pourtant me laisse un peu triste. Comme si les destins avaient une fin, qu'une fois certains choix faits, il n'y avait pas une multitude de choix nouveaux qui s'ouvraient devant soi, un peu comme un arbre dont les branches continuent de se ramifier.
À la surface, soulève le voile.
Tu apercevras mon sourire et peut-être d’autres choses.
Les expressions fanées de mes existences passées.
De toutes les jonctions où ma vie a frémi.
C'est très beau. C'est une chanson? si oui, j'aimerais bien savoir de qui.
En conclusion, j'ai vraiment beaucoup aimé ce texte. Il résonne en moi de manière très particulière avec justement cette notion de portes à prendre, de ramifications qui semblent se réduire, la prise de conscience que l'on ne pas pas revenir en arrière, le choix de se marier ou non, d'avoir des enfants ou non. Cela me parle à un point que tu m'imagines pas.
Et j'aime beaucoup aussi cette tension entre le professeur et son ex élève, le jeu des non-dits et du langage du corps qui résolvent mieux que des mots, les sous-entendus et les dialogues que seuls deux personnes qui se connaissent à la perfection peuvent déchiffrer.
Et aussi cette petite touche d'espoir et de soulagement final, ce bonheur du présent comme un baume.
Merci pour cette belle lecture
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Bonjour à tous,
Avec beaucoup de retard, je réponds maintenant avec calme et plaisir à vos commentaires.
@Luna
Les flemmes ?
Je ne sais pas pourquoi j'écris toujours ce mot avec un e >< |-|
Je trouve la répétition pas très jolie.
J'ai modifié :)
J'ai l'impression d'être restée en surface. J'ai compris sans comprendre. La suite de mots m'a permis de situer la scène et les sentiments des personnages, mais c'est comme si je regardais le tout à travers une vitre opaque, que je n'arrivais pas à bien distinguer les détails.
Du coup, j'aime bien, mais en demi-teinte.
C'était le risque je pense avec un texte pareil. Que pas tous les lecteurs n'y entrent. Merci quand même beaucoup pour ton relevé de fautes et ton commentaire :)
@Deofresh
J'ai franchement adoré. Tu as un magnifique sens de l'image et la mise en mots simples d'états d'âme si compliqués est admirable. Je n'ai rien à redire, un vrai coup de coeur.
Ton commentaire me fait très très plaisir. Merci !
parce que je l'ai trouvée magnifique.
:coeur:
@Cendres
Ca doit venir de moi, car c'est le second texte, mais je n'ai pas tout compris. Pourquoi il y'a des coupures et on se retrouve a différents endroits ?
C'est une méthode que j'utilise pour couper les moments inutiles au texte. Je comprends que ça puisse altérer la compréhension d'un texte si court.
Je pense que tu parles de la vie de cette femme avec son compagnon .
Mmh, plutôt de la vie de cette femme et d'un ami qui, si d'autres choix avaient été faits, auraient pu être son compagnon.
Merci pour ton commentaire Cendres :)
@Claudius
Peut-être éviter la répétition ici.
j'ai modifié
parallèle à
yep, merci !
Merci pour le relevé des autres fautes, tout corrigé !
C'est un texte intéressant, on y goûte le temps où élève et professeur s'attiraient sans laisser se laisser convaincre.
Des retrouvailles bien amenées, bien écrites. Le masque est visible, à peine mais il y est.
Merci pour ton texte...
Merci beaucoup Claudius :)
@Alan
J'ai pris plaisir à découvrir les secrets de ces deux furtifs qui se cherchent sans jamais se comprendre l'un l'autre, comme si tu allais nous montrer la vérité sur eux par un timide aveu.
En fait, ils se sont toujours compris, je dirais. Peut-être qu'ils n'ont jamais explicitement discuté leur attirance par contre, je ne sais pas si c'est ça que tu voulais dire.
Avant de pouvoir comprendre les sous-entendus de cette femme, son intériorité, j'aurais besoin de savoir qui elle est, ce qu'elle aime, ce qui la distingue des autres. Sans cela, je ne peux pas mettre n'importe quel visage sur n'importe qui, et je perds le sens de ce qui la rend différente des autres.
Dépersonnaliser autant que tu l'as fait un personnage dès le début d'un texte, c'est vraiment une barrière mentale contre l'empathie, l'intérêt, la curiosité. Pour revenir vers quelque chose qui soit de l'ordre de l'invitation au lecteur à se sensibiliser à sa sensibilité, je te conseillerais donc de plus nous en dire sur qui elle est avant de nous dire ce qu'elle va faire aujourd'hui.
Je peux comprendre que cela ait été une barrière mentale pour toi, mais cela n'a pas posé de problème à d'autres. Sûrement une question de goûts. J'aime bien aussi, quand je commence un texte, ne pas tout découvrir d'emblée sur la personne, mais petit à petit, comme dans la vraie vie.
Merci beaucoup pour ton commentaire Alan :)
@Sam
ça commence bien. J'aime beaucoup cette entrée en matière à la fois visuelle et factive. Et puis il y de belles images.
"Sous les couvertures, ses pieds creusent des tunnels" :coeur:
:coeur:
Je trouve très bien construites, par petites touches, les relations de la narratrice avec Marc, un peu de lassitude dans le couple et la prospective du mariage, ce vieil amour qui resurgit, avec le désir qu'une relation amoureuse aurait émoussé, et puis aussi le thème du choix, cet effet "slidind doors" et tout les "et si" qui s'accumulent alors qu'elle doit prendre/qu'elle a pris une décision qui lui semble irrévocable.
:)
Comme tu le remarques plus tard, en vrai ils sont déjà mariés. Je ne sais pas si c'est un problème de le comprendre que plus tard ou pas. Faut que j'y pense.
J'ai un doute sur les guillemets de la fin. Est-ce qu'ils ne devraient pas aller après invités et avant l'incise?
Ah si, c'est très possible, merci !
Là encore, j'aime bien les dialogues qui laissent au lecteur le travail des sous-entendus.
le "sans savoir au juste si elle parle du paysage ou d’autre chose." est presque de trop.
Oui, c'est drôle, j'avais aussi cette impression. Je le retire.
Passage très Wow. :coeur: :coeur: :coeur:
Il y a toute la sensualité, le désir, le passé, le présent et des promesses d'avenir dedans.
On se demande si c'est réel, si c'est juste une parenthèse que la vie viendra refermer ou si c'est un nouveau départ.
merci :)
flemmes? est-ce une erreur de frappe? sinon je ne comprends pas bien dans ce contexte.
yes, déjà relevé par d'autres :)
Cette phrase me chiffonne un peu, parce qu'on bascule brusquement et brièvement du point de vue du professeur, alors que jusqu’à présent le texte est exclusivement du point de vue de la narratrice, ce elle indéfini.
arf, je comprends. Mmmh. J'ai modifié comme ça:
Il ne lui parlait jamais de ce rêve absurde qui le hantait mais qu'elle devinait, dans lequel il s’égarait parmi sa chevelure insoumise.
C'est un peu tricher peut-être :D
:D et pas que leurs idées !
:D haha mais étrangement, je crois que pour elle, c'est plus l'union de leurs deux esprits qui la fait fantasmer que l'union de leur deux corps.
Joli placement de la contrainte !
héhé merci !
C'est super joli, mais je ne comprend pourquoi ce bonheur soudain. J'ai l'impression que le tête à tête avec le professeur est le point culminant du récit (même si dans la vie je comprends que la présentation ait son importance et que la tension qui la précédait se soit évanouie). En fait j'ai l'impression d'avoir manqué un passage, le nœud qui s'est dénoué entre elle et le professeur, parce que je ne saisis pas tellement la différence entre leur relation de sept ans plus tôt et leur relation présente, où "les paroles s'effleurent". J'ai même l'impression qu'il y a une conscience supérieure dans le présent de ce sentiment qui les unit, puisque 7 ans plus tôt les idées ne se touchaient même pas.
Et ça c'est très fort, il me semble, plus que le repas au resto avec collègues et étudiants.
Ok, je vois. Je comprends que ce soit pas clair. Peut-être qu'il faut que je retravaille ce passage effectivement. IL me semble que mon idée était qu'elle savoure son succès, pas seulement celui de sa carrière, mais aussi ce plaisir un peu vaniteux de savoir qu'elle existe encore dans la tête du professeur. Elle savour cette possibilité encore à demi-ouverte, même si elle sait qu'elle y mettra un terme rapidment. Mais effectivement, c'est pas clair, je le vois maintenant.
Là aussi c'est beau, parce qu'il y a un bout de résolution pour la narratrice, d'acceptation du présent.
J'imagine peut-être avec la question des enfants, parce qu'elle comprends aussi que le présent alternatif, si elle avait pris un autre chemin avec le professeur, lui aurait fermé des possibilités qu'elle a en revanche avec Marc.
oui :)
Et là de nouveau le passé qui ressurgit. Narrativement parlant, je ne comprend pas trop de passage.
Il me semble que le texte aurait gagné en force symbolique si elle avait refusé la cigarette, parce que cela permettait de clore un peu plus l'histoire, que la narratrice se démarque de ce qu'elle était il y a sept ans.
L’hypothèse d'une nouvelle cigarette comme un nouveau départ dans leur relation, un nouveau instant zéro me séduit moins.
T'as complètement raison. Je change. Elle va refuser !
C'est une belle phrase qui pourtant me laisse un peu triste. Comme si les destins avaient une fin, qu'une fois certains choix faits, il n'y avait pas une multitude de choix nouveaux qui s'ouvraient devant soi, un peu comme un arbre dont les branches continuent de se ramifier.
J'ai enlevé le "finition". Je pense que ça va aussi sans.
C'est très beau. C'est une chanson? si oui, j'aimerais bien savoir de qui.
Merci :) Non, c'est pas une chanson. Ou pas encore :)
En conclusion, j'ai vraiment beaucoup aimé ce texte. Il résonne en moi de manière très particulière avec justement cette notion de portes à prendre, de ramifications qui semblent se réduire, la prise de conscience que l'on ne pas pas revenir en arrière, le choix de se marier ou non, d'avoir des enfants ou non. Cela me parle à un point que tu m'imagines pas.
Et j'aime beaucoup aussi cette tension entre le professeur et son ex élève, le jeu des non-dits et du langage du corps qui résolvent mieux que des mots, les sous-entendus et les dialogues que seuls deux personnes qui se connaissent à la perfection peuvent déchiffrer.
Et aussi cette petite touche d'espoir et de soulagement final, ce bonheur du présent comme un baume.
Merci pour cette belle lecture
Merci beaucoup beaucoup à toi Sam, pour tes encouragements et ta sensibilité. Ton commentaire m'a fait énormément plaisir, et m'a aussi fait voir les passages à améliorer.
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