Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par Rémi :) merci Rémi ^^
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Je ne sais pas dans quoi je suis partie...
Bonne lecture (si vous y comprenez quelque chose) et bonne soirée !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Une touche de rouge
Un tintement essoufflé perce ma torpeur. J’éteins le réveil. Par la fenêtre, le monde m’apparaît dans ses teintes déclinantes. Sur son rebord, une fleur solitaire fane dans son pot en terre cuite. À mon tour de la changer. Je la veux rose, avec des pétales doux et arrondis. Je m’étire. Assise dans un nuage de coton, je savoure mon corps endolori. Mon regard se pose sur tes épaules larges, tes muscles noueux. J’y dépose une ligne de baisers, similaires à ceux qui m’ont laissée frémissante quelques heures plus tôt. Tu te tournes, me saisis, me gardes contre toi. Je ris ; éclat de joie cristalline. Nos corps emmêlés appellent à la luxure. Une barrière drapée entre nous, nous leur résistons.
Le soleil termine sa course ; nous commençons la notre.
Nous quittons notre nuage, glissons sur la pluie de la réalité qui nous attend. J’enfile un bas. Tu verses l’eau dans la bouilloire. Second bas. Tu ajoutes les herbes. J’ajuste mon corsage. Un arôme fleuri adoucit notre petit nid. Une touche de rouge sur mes lèvres. Le thé siffle. Ma tasse me brûle les doigts. Tu y déposes une dernière feuille. La chaleur se diffuse dans tout mon corps.
Je cherche dans ton regard tout le courage qu’il me manque. Tu me serres dans tes bras, réajuste mon pendentif, perle de soleil autour de mon cou. Ta main sur la poignée, tu m’adresses un dernier sourire. Chaleur ; réconfort. Tu ouvres la porte. L’air glacial de l’hiver s’engouffre. Mes larmes restent gelées au bord de mes yeux. Nous laissons derrière nous notre petit foyer.
Cernés par un épais brouillard, nous avançons. De ton visage, je ne distingue plus que les yeux. Tu tiens ma main, nos pas à l’unisson. La neige s’incruste partout. Insidieuse, son armée floconneuse rend notre traversée hardie. Tout autour, des prunelles dorées luisent à travers la brume. Les rires narquois viennent ensuite.
Yōkais. Fantômes.
L’obscurité me terrifie. J’envie ces enfants. Ceux qui écoutent les belles histoires de leurs mères, assises à leurs côtés. Des samouraïs, chevaliers et chats divins se mêlent dans leur imagination fertile. La lueur apaisante d’une chandelle, l’étreinte réconfortante et protectrice d’un parent.
Tes doigts se resserrent sur les miens. Deux pauvres orphelins. Aucune mère pour nous rassurer lorsque les cris des imprudents déchiraient le sommeil de nos nuits. Nous ne comptions que sur nous-mêmes, cachés sous des draps infestés de puces.
Tu me guides au travers des rues et des ruelles. Aux yeux brumeux commencent à se mêler les néons des enseignes. Baraques à nouilles et maisons de la nuit. Cabarets. Tu nous engages dans une impasse minuscule. Tu t’arrêtes.
Je les vois. Dans l’obscurité étriquée, deux rubis, promesses de mille merveilles. Ils nous scrutent. Son visage se dévoile. Magnifique. Ses longs cheveux, rideau de soie. Son attention sur toi. Son sourire amoureux. Ma perle luit, lueur dans le noir. Elle siffle, disparaît au cœur de sa toile.
Ni femme ; ni araignée. Femme et araignée. Jorōgumo. Démon.
Quelques pas plus loin, une porte en bois. Craquelée, insignifiante, malheureuse. Sauveuse de nos vies, bourreau de nos rêves. Tu m’aides à entrer, chasses mes pensées. D’autres les replacent bien vite.
Ton visage fermé, tes traits durs, imperméables. Aucun sourire dans ton regard. J’imagine ce petit garçon que mon ventre ne portera pas. Tes cheveux dorés. Mes yeux bridés. De la joie émane de tout son être, celle que nous n’avons jamais connue. La peur étreint notre désir. Répéter les erreurs ou briser la chaîne du malheur. Tu lis en moi. De tes lèvres, tu frôles mon front, mes paupières et ma bouche. Tu scelles cet avenir d’un baiser.
Sa voix tonne ; là-bas, sous les projecteurs.
« La voilà messieurs !
J’ôte mon manteau. Ma robe écarlate se dévoile.
— La belle, la sublime…
Nos places se rappellent à nous.
— Je te verrai au bar, je te murmure.
Tu retournes à l’obscurité. De là, tu veilles ; toujours. Tout le monde t’appelle sans prononcer ton nom ; personne ne te voit scruter le moindre danger. Sauf moi. Ta reine auréolée.
— La majestueuse…
Pantin désarticulé, je baisse le regard sur le bois craquelé. Une salle comble à contenter, j’abhorre un sourire qui sonne vrai ; faux. Ma main glisse le long du micro ; mon ami, il recueille mes complaintes.
Le rideau se lève. Foule de grimaces déformées par l’envie. Salle comble à contenter. Mes doigts remontent de chaque côté de mon ami, miment des gestes qu’ils connaissent par cœur.
— Acclamez la reine du crépuscule ! »
Salut Aponiwa !
Merci pour ta lecture et ton commentaire !
Je m'attendais à une histoire de vampires, tu m'as bien eue! :D
Je suis curieuse de savoir où tu as trouvé des indices vampiriques :mrgreen:
Salut Opercule !
Merci pour ta lecture et ton commentaire !
Est bien malin celui qui expliquera le passage au milieu dans l’obscurité :mrgreen: Les coulisses te font toujours cet effet-là ?
Pendant un tout petit instant j’ai cru que c’était une femme genre difforme qu’on appelait la femme-araignée et qui était dans un freak show, mais en fait rien à voir ::) y a un rapport avec les araignées ?
[...]
un peu too much parlant d’une porte, mais belle formule tout de même !
Est bien maligne celle qui jouera la carte du manque d'idée du texte plusieurs fois remanié (en une heure) et des idées qui s'y entrechoquent :noange:
Je ne suis jamais allée dans des coulisses, donc oui, j'en ai cette image ^^
Zéro rapport avec les araignées, j'ai juste gardé le crépuscule :noange:
Pour la porte, la formule est vraiment voulue ainsi, mais je pense qu'elle aura plus de clarté si j'approfondis le texte.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Et je n'aurais pas pensé au freak show, mais c'est vrai qu'en relisant, y'a presque tous les ingrédients :o je me sens pas à l'aise à parler de ce sujet, sorry.
Je pensais approfondir le texte avec mon idée, mais si ça amuse quelqu'un de le revoir avec celle du freak show, je serais très curieuse de le lire :)
Salut Claudius !
Merci pour ta lecture et ton commentaire !
J'attends ton retour avec impatience ^^
Salut BeeHa !
Merci pour ta lecture et ton commentaire !
Comme dit plus haut, le freak shwo n'était pas souhaité, mais je laisse cette liberté à quiconque si un jour quelqu'un serait intéressé de l'intégrer.
Et plutôt contente de lire que c'est bien mené ^^ je l'avoue, j'ai dû reprendre trois ou quatre fois ce texte avant de savoir où j'allais, donc j'avais peur qu'il se perde dans les idées développées.
Salut Cendres !
Merci pour ta lecture et ton commentaire !
Mais je n'ai pas compris le rapport avec les araignées . Peut être que c'est le nom du genre de spectacle qu'elle fait ? Je suis nulle en double sens, donc c'est normale.
Il n'y a pas de rapport avec les araignées ^^ ni de double sens, c'est juste deux orphelins qui survivent grâce à leur travail dans un cabaret.
J'ai eu un gros problème au moment de l'écriture !
Je ne savais pas dans quelle époque, ni quelle culture situer ces personnages. Au début, il y avait des néons rouges, mais au final, je voulais partir sur un peu plus ancien (pas de néons), mais j'aurais quand même voulu qu'elle ait un micro un peu comme je les imagine dans les années... 20 ? suis pas sûre, mais vieux vieux.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
D'où le réveil qui est resté, mais qu'ensuite rien n'indique d'époque particulière.
Je vais réfléchir à tout ça, parce que j'ai bien envie de développer ces deux personnages.
Encore merci pour vos commentaires !
En vous osuhaitant une bonne journée !