(Finalement je suis le mouvement de marée gigantesque de BT, comme ça, ce sera fini)
Bien, bien, bien.
Alors, ce texte, au début, enfin avant de le proposer au BT, je l’aimais bien.
Maintenant… plus vraiment, XD. Mais bon, c’est ma faute aussi, j’aurais dû le poster dans un contexte plus reposant que le BT.
Donc bon, je ne m’attends pas (plus ?) à ce que vous l’aimiez, même si j’avais essayé de faire quelque chose de plus ou moins « « « « sincère » » » » (oui, plein de guillemets pour ne pas friser le ridicule).
Pour en finir sur la parenthèse BT, je précise pour ceux qui l’ont lu qu’effectivement les passages de mélancolies du nano de Lo’ m’ont un peu influencée. Enfin vu l’effet gifle que m’a foutu ce nano, fallait bien qu’à un moment j’exorcise, c’est chose faite. Mais c’est juste une influence, comme l’aurait fait une musique ou un film, rien de plus. Et puis, moi, je considère que ça n’a rien à voir, ne serait-ce que d’un point de vue formel et surtout qualitatif (on s’improvise pas messie) mais passons.
Je referme la parenthèse BT.
Concernant le titre, j’avais vraiment pas d’idée, d’où ce truc assez immonde, je suis preneuse de toute proposition.
Sinon, ça faisait longtemps que j’avais envie de faire un texte sous forme de lettre, je voulais même faire un roman épistolaire à une époque, XD (depuis Laclos lu en première, c’est dire combien ça remonte) et donc voilà, même si le résultat n’est pas vraiment très probant.
Je précise aussi que dans les deux premiers paragraphes nombre de détails sont véridiques (et ailleurs y’a beaucoup d’influences), après, avec le délire des lettres, ce n’est plus le cas. Du coup ça fait un mixage pas tip top entre un début plus ou moins autobiographique et ce délire sur les lettres qui me taraudait depuis pas mal de temps. Les mélanges à éviter donc, je le saurai pour la prochaine fois.
Sinon, à la relecture, y’a un passage que je trouve un peu too much (je l’ai mis entre crochets), dites-moi si vous aussi vous pensez qu’il vaut mieux l’enlever.
Et j'ai fait de micro changements pour que ce soit plus clair, mais c'est pas encore ça.
Voilààà vous pouvez vous lâcher sur les fruits pourris, j’ai pris un bouclier.
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Quand j’étais petite, comme beaucoup de filles, j’avais un journal intime. Rouge. Avec un petit chat tigré assis sur une balançoire. Sur ses pages roses saumon, je parlais de Léo-la-mèche-rebelle, des disputes avec ma sœur, des embrouilles quand on jouait à la traversée, des colères maternelles… Un journal intime, tu sais, ça permet de se vider, après on est apaisé, on caresse la surface dure et on remet vivement le petit cadenas, que je devais forcer avec un trombone parce que j’avais perdu la clef.
Ça, c’était y’a quelques années, quand je portais encore des collants bariolés et un serre-tête dans les cheveux. Ne te moque pas. Depuis j'ai grandi et il y a exactement un an, tu étais déjà parti, j’ai jeté mon journal intime rouge dans la cheminée, pendant que mon grand-père somnolait devant le foot. J’ai tout relu avant la grande flambée, ça m’a souvent fait rire, toutes ces gamineries. J’ai arraché la photo de Léo, parce qu’il était gentil dans mes souvenirs, et je ne lui veux aucun mal. C’était lui qui l’avait prise, on voyait ses deux bras de chaque côté du cadre, ça devait être pendant ses vacances, il était en tee-shirt et ses joues étaient un peu trop rouges. Ça m’a tout rappelé d’un coup : les petits mots qu’il me donnait en primaire, tout ce qu’il chapardait à sa mère pour me l’offrir et puis plus rien je ne me souviens plus de rien à part la lettre de rupture au début du collège. Je crois que je lui ai dit des choses méchantes, qu’il ne méritait pas, parce que quand j’ai écrit cette lettre, j’en pinçais pour un autre, je ne me souviens plus de son nom, juste qu’il mettait trop de gel dans ses cheveux, du coup je voulais que les choses soient bien claires et dans ma tête et sur le papier. Ça n’excuse rien.
Cette lettre, je me souviens avoir jubilé en l’écrivant, les mots venaient facilement, pique après pique. Je me souviens bien de ça. Alors, quand je suis enfin rentrée chez moi, je me suis dit que ça pourrait être amusant d’en faire une fausse, de lettre. Pour faire semblant, pour avoir encore le beau rôle, ne pas être celle qui se fait jeter mais celle qui jette l’autre, pour combler, compenser. J’ai pris une feuille blanche et j’ai commencé. J’avais le stylo dans la main, le sourire aux lèvres et je m’apprêtai à signer des lignes âpres et pleines de rancœurs. Mais l’inspiration ne venait pas, je me suis agitée sur mon siège, je suis allée chercher un morceau de pain, me faire un thé, mais non, ça ne venait pas. J’ai laissé tomber.
Le lendemain, tard, je m’y suis remise et c’est sorti tout d’un coup, une averse de phrases plus cinglantes les unes que les autres. Ça m’a défoulé, j’ai bien dormi. Et puis j’ai repris la lettre, ça avait un peu bavé à certains endroits, elle était très laide. Le papier, les bavures, les mots, rien n'allait. J’avais voulu m’amuser, ça n’aurait pas dû me déplaire autant. En fait, j’aurais voulu faire une lettre bien. Belle même.
Je l’ai déchirée. Le blanc n’allait pas de toute façon, faisait trop sérieux, alors j’ai acheté du papier à lettre, pas rose, j’ai passé l’âge et je ne voulais pas que ce soit kitsch, celui que j’ai pris n’était pas très beau, il hésitait entre le violet et le bleu. Mais je n’ai pas pu recommencer tout de suite, la défaite me tenait encore. C’est bien plus tard, peut-être un mois après, que j’ai retenté le coup.
Je ne sais pas comment le dire et je ne voudrais pas que tu te fâches. J'ai cassé la petite figurine que tu m'avais donnée. Je suis vraiment désolé, j'ai bien essayé de la recoller, mais on voyait un vilain trait dessus et la magie s'en est allée. Les morceaux gisent juste devant mon lit et chaque matin je les vois et chaque matin je me dis qu'il faudra que je te le dise. Parce que si tu le découvres en venant caresser le chat sur le lit, tu seras triste. Tu l'aimais bien cette figurine. Et je t'imagine déjà, la statue cassée dans tes mains sèches comme tes joues, jouant avec les bouts, le temps de te composer un visage tranquille, puis tu iras mettre tout ça dans la poubelle et on pourra lire sur tes lèvres pincées tout ce que tu étouffes, parce que cette figurine cassée, c’est ton vernis mis mardi qui s’effrite, c’est ton ventre qui va encore se tordre comme un linge qu’on essore. Alors je te le dis sur ce vulgaire papier bleu (violet ?), c’est peut-être plus lâche et aussi ridicule parce qu’après tout ce n’est qu’une simple figurine et qu’il n’y pas de quoi en faire un drame.
Je m’inventais des détails, des disputes, ça menait une danse étrange, ça valsait un peu partout ; il faut dire que je n’ai guère eu d’entraînement.
Mais petit à petit je me suis laissée prendre au jeu. J’avais juste envie d’écrire des lettres pour combler le trou, le silence, c’étaient de simples lettres désormais ; j’ai épuisé ma rancœur.
Parfois je n’écrivais que des bouts, le début ou bien la fin,
[Je t'aime beaucoup, tu sais. Mais pas comme il me faut, ça je me rends bien compte quand je vois toute cette peine sur ton visage et la façon dont tes yeux fuient les miens comme un banc de poissons affolés. Je le vois bien tout cela, ne pense surtout pas que je suis aveugle à ce point, dans ces moments-là, je voudrais ##################################### parce qu’il faut bien se rendre à l’évidence, je ne sais pas t’aimer. ]
parfois je n’écrivais qu’une seule phrase. Elle suffisait, elle rendait exactement ce qu’il fallait avec ses simples neufs mots bien alignés les uns derrière les autres. Je ne savais pas trop ce que je cherchais à faire à travers toutes ses lettres (j’ai dû en écrire une trentaine si on estime qu’une phrase seule équivaut à une lettre). Et puis, j’ai fini par voir qu’elles parlaient toutes de quelqu’un, de moi, forcément, mais surtout de quelqu’un d’autre, et pour qu’on arrive enfin au vif du sujet, oui, elles parlaient de toi ces putains de lettres (et le terme est le bon, crois-moi). Elles mettaient en scène des choses que j’aurais voulu te dire, qu’il n’était peut-être pas bon que je te dise, pour ne pas troubler notre relation déjà houleuse, mais maintenant que tu es parti avec elle, que les choses sont on ne peut plus claires et que l’eau est redevenue limpide bien que chargée d’écume et qu’après tout, c’est un peu ma dernière carte à jouer et que j’ai déjà perdu la partie, je me suis décidée à t’envoyer ces lettres que j’aurais aimé que tu m’écrives. Si je t’ai parlé de tout ça, c’est parce que j’avais envie de te parler un peu de moi, maintenant que tu es loin, mais aussi pour que tu te rendes compte non à vrai dire je ne sais pas trop pourquoi je t’envoie tout ça, tout est flou dans ma tête, je sais juste que tu me manques, énormément, et ces lettres ne sont pas des déclarations, d’ailleurs ce n’est pas moi le narrateur, tu t’en rendras vite compte, et plus j’y pense et plus je me dis que je me suis embourbée dans cette lettre que je n’aurais sûrement pas dû t’écrire et dans cette phrase qui ne finira jamais, j’espère que tu n’attends pas le point pour respirer parce que sinon je vais avoir ta mort sur la conscience, plus j’y pense et plus je me dis que c’était stupide de te dire tout ça, de remuer encore la vase, de vouloir t’envoyer ces lettres écrites sur cet immonde papier à lettres bleu-violet, que c’est sûrement le point culminant de toutes les choses stupides que j’aurai faites et dont tu auras subi les frais, mais après tout, je n’ai guère de chance de voir la tête que tu tireras à la lecture de ces lignes, j’espère juste que tu me répondras cette fois et que si tu me réponds
Je ne sais pas comment le dire et je ne voudrais pas te faire de peine. Je vais partir. Je ne sais pas encore précisément si je choisirai le sud ou le nord. J'étouffe ici, il y a trop de monde. Je n'aime pas qu'on me force la main, qu'on me demande enfin de choisir une route en ligne droite, avec quelques péages prévus à l'avance, pour être sûr que je ne me perdrai pas dans de multiples petites routes secondaires. Et puis, mes perspectives ont changé, je m'en suis rendu compte peu à peu, depuis les fêtes peut-être ; tu le sais que j'ai changé. Je le devine sur ton visage, à ces frissons d'inquiétude que l’on voit dans tes yeux. Tu l'as déjà prévu ce départ, avant tout le monde, peut-être même avant moi et tu t'es affairée à droite et à gauche pour ne plus y penser, pour refouler cette éventualité : que je parte et que tu restes à quai. Toi, tu ajouterais "seule" d'une voix étouffée de peine, parce que tu aimes grattouiller tes plaies, effriter les choses, tout n'est que poussière. Mais tu ne me la fais pas à moi, tu ne me l'as d'ailleurs jamais fait, et c'est bien pour ça que tu ne m'as jamais dit que tu avais peur que je parte, tu savais bien que la réponse serait amère.
Mais vraiment, je ne cherche pas à te faire de peine en écrivant tout cela. Je sais que tu t'en feras bien assez toute seule, qu'il faudra que tu t'acharnes sur tes sales plaques jusqu’à les faire encore saigner parce que moi je serai loin, mais vraiment, je t'aime bien tu sais, je reviendrai sûrement d'ici quelques mois ou dans un ou deux ans, je t'écrirai si je trouve du temps. Et ne fais pas comme toutes ces filles qui barrent les jours sur le calendrier, lance-toi dans des projets loufoques, ils t’occuperont l’esprit et te feront rire, je te laisse Arty (je l'ai dit à ma sœur, c'est à toi que je le confie, je n'ai jamais su faire de beau geste, j'espère que tu ne m'en voudras pas de te laisser ce raton anorexique, mais il t'aime bien, je crois et je sais que tu le nourriras bien peut-être même un peu trop), j'aimerais te dire beaucoup de choses pour que vraiment tu ne sois pas triste, mais cette lettre n'en finit pas et il me faut partir.
tu ne seras pas trop déçu et méprisant, parce que j’aurai voulu bien faire.
PS : ta chatte a eu une portée de quatre petits tigrés. Ils seront sevrés si tu reviens à Noël.