Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par Claudius :) merci Claudius ^^
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Je n'en suis pas satisfaite, mais ces deux-là m'ont fait sourire, donc ils ont gagné. Il y a tout à revoir par contre.
Bonne lecture et bonne soirée.
Etoile
— Le vaisseau est foutu ! me rappelle mon copilote.
Son visage s’impose à moi et les écailles sur son crâne se hérissent. Autour de nous, tout s’affole. Les lumières clignotent ; les alarmes s’égosillent ; des étincelles embrasent les parois de mon bébé. Je refuse de l’abandonner, de le laisser seul ici – surtout dans ce décor obscur, dépourvu d’espoir.
— Je peux le sauver ! je clame avec vigueur.
— Tu ne peux rien du tout ! me répond-il, sa détermination égale à la mienne. Tu vas arrêter ton baratin : toi et moi, on sait que ce tas de ferraille est bon pour la casse. Tu ne peux pas le sauver cette fois. Gan gère l’évacuation de l’équipage : on doit y aller !
— Un capitaine n’abandonne jamais son vaisseau, je lui rappelle. C’est mon bébé ! Je l’ai durement acquis – peut-être volé ; je l’ai réparé encore et encore ; je l’ai même amélioré. Tu ne peux pas me demander de le laisser… ici, j’ajoute avec un geste pour l’horizon.
Mon argumentation l’exaspère, je le sens bien.
— Tu en voleras un autre !
Un murmure d’excuse de sa part et je reçois un coup de boule magistral. Ma tête me tourne. Il me saisit par les hanches ce qui m’arrache un frisson. En quelques enjambées, il sort de la cabine de pilotage. Ballottée sur son épaule, je me débats comme un diable pour y retourner, certaine de pouvoir nous sortir de cette impasse, de sauver mon bébé. Je hurle :
— Pose-moi tout de suite ! C’est un ordre de ton capitaine !
Une tape sur mes fesses m’enrage de plus belle. On dépasse notre cabine, témoin de scènes à faire rougir même les prêtresses de Nagä – pourtant habituées aux témoignages graveleux. Je plaide ma cause à grand renfort d’insultes dans tous les dialectes qui me reviennent. Il glousse quand je me heurte à son propre dialecte natal, qui termine d’écorcher ma voix déjà bien éraillée.
Pour toute réaction, il me cale un peu mieux sur son épaule et continue son trajet jusqu’au cul du vaisseau. Arrivés à mi-chemin du quai, je me saisis de sa queue – et je ne parle pas de celle que je taquinais une vingtaine d’heures avant ce merdier. Je la mords : à l’endroit où ses écailles laissent la place à un cuir très épais, mais quand même assez souple pour que mes canines lui envoient un signal qu’il devait me lâcher. Cette fois, il s’arrête, me dépose au sol et me maintient par les hanches pour m’empêcher un demi-tour tactique.
— Très bien, s’énerve-t-il. Pourquoi tu refuses d’entendre raison ?
Je n’arrive pas à lui répondre. Je fixe le sol, tétanisée. L’océan s’empare de mon vaisseau. Des vagues d’eau se mouvent d’une paroi à l’eau. Mon esprit chavire. Texture froide et liquide autour de mes chevilles. Ma peur gagne du terrain. Une caresse ignoble, bête dégoulinante sur ma peau. Je m’accroche à mon copilote. Mes ongles crissent sur ses bras, l’éraflent.
— Je peux le sauver, je bredouille le regard trouble. Je peux…
Je ne termine pas ma phrase. Un hurlement m’échappe, plus strident qu’aucun autre au cours de ma trop courte existence. Je vais mourir. Je vais mourir, engloutie par cette masse bleue. Elle referme sa gueule béante sur moi. C’en est fini ! De toutes les planètes sur lesquelles on pouvait s’écraser, il a fallu que ce soit Néane, la géante d’eau dont personne jamais ne réchappe.
— Tu m’entends, ma petite étoile ? me rassure une voix par-delà l’obscurité. On va s’en sortir ! Tu m’entends ?
— Néane, je soupire abattue par mon ennemi de toujours.
L’eau m’arrive maintenant à la taille. Mon copilote, mon ami, mon amant me prend dans ses bras avec plus de douceur qu’au début de cette querelle. Je le serre, cache mon visage dans le creux de son cou. Il murmure des paroles réconfortantes et se remets en marche, m’entraîne vers l’arrière du vaisseau où Gan, mon chef mécano, met tout le monde en sécurité. Cet être petit et ventripotent se mouve avec une grâce que je lui jalouse. Il passe de navette en navette, s’assure de toutes les sécurités.
Il revient vers nous et nous conseille des navettes séparées jusqu’à discerner mon regard et croiser celui de mon copilote : là où j’irai, il ira. Gan soupire et trouve un compromis. Il nous installe et s’occupe ensuite de son propre sauvetage. Dans ce cocon, je reprends peu à peu mes esprits et comprends enfin les mots sensés me rassurer :
— On n’est pas sur Néane ; ne t’inquiète pas. Ton frère vient nous chercher. Il sait qu’on est là, que sa petite sœur l’attend. Arrête de pleurer, ma petite étoile. Tu ne m’as jamais dit que l’eau te terrifie.
Ma fierté blessée, je bougonne :
— Je n’ai pas peur, je ne sais pas nager, c’est tout. Quand j’étais petite, j’ai fait une très mauvaise rencontre sur Janib.
— Je t’apprendrai à nager.
— Je ne veux plus d’eau.
Il rit :
— Dit-elle alors qu’elle aime parcourir ce vaste océan d’étoiles !
Bonsoir Luna,
J'ai relevé quelques coquilles (Mais vraiment pas grand chose)
Pour le reste, j'ai beaucoup aimé cette bulle. J'ai bien aimé comment l'urgence se transmet, l'ambiance générale qui se dégage, même la petite touche d'humour.
Vraiment, je l'ai trouvé plutôt réussie.
A bientôt ~
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