Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est Désert, donné par Rémi :) merci Rémi ^^
Mais quelle idée ils ont eu de vouloir écrire sur le désert :coeur: :coeur: :coeur: je vous aime les gens qu'avez décidé ça.
Introduction : j'ai imaginé cette histoire il y a si longtemps, aussi longtemps que le désert et ses dunes m'inspire. Et il y a clairement du travail à faire. Je vais continuer à écrire, ce soir, demain, et même après (heureusement que j'ai de l'avance avec Fate...).
Ce que j'attends des commentaire : un peu ce que vous voulez, mais ne me l'abîmer pas. C'est vraiment une très grosse partie de mon cœur que je pose là, donc ça m'embêterait qu'il se brise et d'avoir à ramasser les morceaux. Oui, vous marchez sur des œufs, désolée !
En vous souhaitant une bonne lecture !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Revu après un premier café (le second arrive).
Le Palais
Des pas. Délicats, ils résonnent dans le silence de la nuit. Une silhouette se dévoile. Elle fuit, fuit le Palais maudit. Son regard de jais scrute les ombres. Nul garde pour la trouver ; nulle âme pour la sauver. La lune éclaire son chemin ; du sommet des marches, un halo bleuté auréole la lourde porte. Personne n’ose l’approcher ; la franchir revient à mourir. Elle descend le grand escalier. Une dernière fois, elle se tourne ; et contemple toute la grandeur de ce qu’elle perd. Sa mule se pose sur l’herbe, soulève un nuage de sable cajoleur. Le jardin l’attire, l’incite par le réconfort : reste auprès de nous. Dehors le vent hurle, répète ce conte sans relâche. La princesse s’évade ; encore une ; elle aussi. Le Palais soupire. Toutes préfèrent mourir. Seule au cœur des dunes, loin de sa protection ; loin du Prince. Un frisson la parcourt. Elle y songe ; le prix de la désobéissance, celui de la liberté.
Un coup. Unique, il retentit, raisonne entre ces murs. Le vent retombe. Le sable s’affaisse, pluie dorée autour de la princesse. La lune se cache. Le Palais retient son souffle. La princesse ne perd pas son courage. Elle court : la porte semble si près et si loin à la fois. Elle court, court et ne voit pas l’Ombre derrière elle. L’Ombre du Palais, l’Ombre du Prince. L’être que tous craignent presque autant que le Prince lui-même. Il soulève la princesse comme on se saisit d’une plume. Les prunelles de jais s’emplissent d’une terreur infinie. Elle se débat ; telle la gazelle dans la gueule du lion, ses poings empreints de désespoir n’atteignent jamais leur cible. Le Prince veut sa princesse. Il arrive ; le pas lent, calculé : magnifique, majestueux. Elle le voit ; hurle. Si fort que le palais s’imprègne et se rappellera à jamais de son cri. L’appel d’une princesse maudite, encore une ; une parmi tant. Destinées à aimer ce Prince qu’elles craignent ; soumises à Lui qui tient leur vie dans le creux de sa main. La garde du Prince s’avance. Procession guerrière. Ils veulent saisir la princesse. Elle refuse, ne se laissera pas porter : jamais. Elle relève la tête. Fière, sublime captive, elle suit le Prince vers sa sentence.
Le calme revient. De cette scène insolite, seul reste l’Ombre. Son corps immobile, il relève son visage ; vers moi. Je ne vois pas son regard, caché dans l’ombre. L’instant d’avant, au pied de l’escalier ; le suivant, à mes côtés ; dans le creux de cette lucarne d’où, cachée, j’ai assisté à ce terrible cortège. Le silence nous berce. Je frissonne. Il tend sa main vers moi ; me serre dans ses bras. Un bond ; nous sommes au pied de l’escalier ; il me tient avec douceur. Son regard s’assombrit. Son corps entier se tend vers moi. Le mien lui répond, envoûté. Un choix le tourmente : me laisser reprendre ma place dans ce microcosme ; m’entraîner dans l’ombre, me garder pour lui. L’ombre est belle ; elle me sied, elle me plait.
Le palais du désert, perdu dans les dunes, hanté par une malédiction millénaire.