Je ne sais plus qui a dit "les yeux sont le miroir de l'âme…". Je l'ai su un jour mais je me suis dépêchée de l'oublier… On nous raconte tellement d'histoires qu'il faut faire le ménage de temps en temps, pas vrai ?
Je ne sais plus qui l'a dit mais en tout cas je n'y crois pas. (C'est peut-être pour ça d'ailleurs que j'ai oublié) !
Mon âme - si j'en ai une - si les petits cochons ne l'ont pas mangée, si elle n'a pas pris la tangente un jour de blues, si je ne l'ai pas laissée dans un confessionnal quand j'étais môme, si je n'ai pas rencontré sur mon chemin d'errante un mangeur d'âme africain qui me l'aurait bouffée… mon âme donc, elle est à moi, bien enfouie, et vous ne verrez que ce que je vous laisserai voir. Je la garde au chaud et ne la sors que dans les grandes occasions. Rarement d'ailleurs, on trouve si peu de gens que ça intéresse : ce n'est pas porteur une âme, ça ne gagne pas de voix, ça ne gagne pas de sous. Ca fait gnangnan de plus une âme quand ça se laisse voir...
Alors, moi je vous le dis, mes yeux ne sont pas miroirs. Un miroir c'est con, ça reflète bêtement sans y penser. Mes yeux à moi ils sont fenêtres ! Et vous ne pouvez pas savoir comme c'est cool. A loisir, mine de rien, d'un clignement j'ouvre ou je ferme.
Quand j'en ai marre de me faire agresser par un monde grossier, furieux, violent, concupiscent et froid et triste et malheureux, je tire les rideaux, je ferme les volets. Je me la joue simple et paisible. Je fais l'autruche mais je le sais. C'est le remède que j'ai trouvé contre l'écoeurement. Et Trump, Poutine et tous leurs petits copains peuvent bien montrer du poing… Tchaou pantins !
Mais quand je trouve ici ou là des humains fraternels alors tu vois, j'ouvre et il arrive même que je me penche, que je m'épanche à ma fenêtre. Et on se peint un monde en bleu… Plein de fleurs, de sourires, d'oiseaux charmeurs, d'humeurs exquises..
Certains diront c'est pas sérieux, ce n'est pas un comportement responsable ! Les yeux, il faut les ouvrir sur tout ce qui touche à la vie, le beau comme le laid. Tu refuses la réalité, tu dénies ton "humanitude". Il faut te faire une opinion. Il ne suffit pas de laisser glisser, il faut crier et s'engager.
Je leur réponds : "je me protège". Il faut bien qu'il y en ait quelques uns qui se protègent pour que la petite graine de l'espoir puisse encore vivre. Il faut bien qu'il y ait encore des espaces tranquilles sinon on oubliera ce que c'est ! Et ce serait dommage non ?
Promis, si un jour le besoin se fait sentir, je partagerai avec vous. Vous verrez ce n'est pas difficile.
En attendant bye bye. Je ferme la fenêtre. Voyez je me retire.