Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Murex le 15 Janvier 2022 à 10:32:29
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Devant les nombreuses fautes d’orthographe dont étaient émaillées mes dictées, mon grand-père avait parfois des mots terribles : « Tu deviendras boueux, me lançait-il ». "Boueux"… je n'avais pas l'impertinence de lui répliquer qu'il n'y avait pas de sots métiers, il eut été atterré d'une telle réponse. Devenir boueux ou autre chose m'était d'ailleurs parfaitement indifférent, je désirais seulement qu’on me fiche la paix. Mais non, il fallait se mettre à la dictée, la dictée était son obsession, une bonne orthographe lui semblait être la clé de ma réussite.
Je me souviens qu'un jour, dans sa grande naïveté, alors qu'il faisait si bon dehors, il me demanda : « Que préfères-tu : faire une dictée avec moi, ou aller jouer dans le jardin ? » Pauvre grand-père, ma réponse l’accabla, car bien sûr, sans l’ombre d’une hésitation, j’optais pour le soleil et la liberté. C’est ma grand-mère qui le soir me fit comprendre la peine que je lui avais faite ce jour-là, ça l’avait mis au bord des larmes. Je n’avais pas compris. Peut-être que si j’avais su, à contrecœur, j’aurais choisi la dictée, car je n’étais pas méchant pour deux sous.
... Boueux, boueux, mais non, je voulais être vagabond, c’était ça qui m’aurait bien plu, pas clochard, nuance, vagabond avec une besace, une guitare en bandoulière et m’arrêter sur les places des villages pour jouer ma petite musique et repartir avec quelques sous en poche, insoucieux, chauffé par un soleil toujours présent, léger et un peu ivre de n’avoir aucun but. Alors, quelle nécessité d'accorder correctement le sujet et le verbe, de mettre deux "t" à carotte, ou un "x" à chevaux.
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Bonjour Murex
Je suis friand de tes textes et de la façon dont tu les écrits, même si ma perception n'est pas toujours
celle recherchée par l'auteur
Ils font ressortir de ma vieille carcasse tout un tas de souvenirs qui semblaient envolés de ma mémoire
Pour nos vieux écrire sans faute était un gage de réussite, faudrait pas qu'ils voient les SMS qui fleurissent sur les portables.
Mon papa, a appris l'orthographe à +de 40 ans . C'était un instit qui venait lui faire des cours à domicile.
Pour lui c’était d'une importance capitale, moi j'avais la même envie que toi, mais sans Gratte ni Harmonica, je suis nul en musique
Amicalement
Michel
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Bonjour Murex, encore un beau texte.
Pour moi, un texte plein de bonté nostalgique.
Très plaisant à lire.
Bonne journée.
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Un texte très agréable à lire, plein de nostalgie, merci Murex .
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Un texte très agréable à lire, plein de nostalgie, merci Durex .
:D :D :D
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Merci pour ton texte
Je suis l'avis de ton grand père, l'orthographe c'est important. Mais bon être "boueux", c'est une drôle d'insulte. Il devait dire cela pour te motiver a t'améliorer.
Lorsqu'il t'a fait choisir enfant entre t'amuser ou faire une tache ennuyeuse, il devait se douter que tu aurais préféré aller jouer. Tu n'étais qu'un enfant et lui l'adulte.
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éboueux, non ? C’est la faute que commettent les gens qui veulent stigmatiser les éboueurs (voir Zézette dans Le père Noël est une ordure). Boueux, il me semble que c’est juste plein de boue et que bouseux, les paysans. Bon, d’accord, ça n’est pas euphonique, éboueux, alors que ton texte l’est, mais il faudrait trouver une solution. Par exemple une répétition, boueux comme les éboueurs ou les zéboueux ;D parce que le grand-père fait une faute, et de français et d’argot, pauvre de lui qui aime tant les dictées.
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Merci Emma Rougegorge pour ta remarque. Mais "Boueux" est correct voir Le petit Robert (2016) ainsi que le petit Larousse (2021) : terme familier pour Éboueur.
De toutes façons c'est celui qu'employait mon grand-père et même s'il n'eût pas été correct je l'aurais conservé par fidélité à mes souvenirs.
Murex
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Okok ! :)
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Un texte qui chez moi réveille bien des souvenirs ! J'ai eu beaucoup de mal à apprendre à lire et mes parents (ma mère surtout) qui avaient bénéficié de ce qu'on appelait alors "l'ascenseur social" me répétaient "si ça continue, tu finiras au cul des vaches". Et pour eux ce n'était pas glorieux. Tu sais je pense qu'à cette époque, ils rêvaient de nous voir entrer dans une quelconque administration, pour, disaient-ils, "la sécurité de l'emploi". Les troubadours, les amateurs de soleil et les vagabonds n'étaient pas bien vus chez nous ! La vie (et des enseignants généreux) ont fait que je m'en suis sortie mais je crois avoir gardé de ce temps là, une tendresse particulière pour ceux qui sont en souffrance avec notre langue.
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Merci pour vos commentaires, heureux que ce texte vous ai plu, je pense spécialement à Choumi et à Frami 45 auxquels il a réveillé de vieux souvenirs.
Murex