Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Kailiana le 12 Avril 2007 à 16:34:15
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Un texte purement expérimental, je ne sais absolument pas ce que peut en penser un lecteur autre que moi-même, vous êtes les testeurs :P (non, vous ne serez pas payés, mais vous aurez mes remerciements, c'est pas si mal).
Bref, j'ai voulu essayer un truc, et au bout de bcp de ratés/modifications, voila ce que ça a donné. C'est autant un poème qu'une nouvelle. Et puis lisez la Horde du Contrevent de Damasio :noange:
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Le vent souffle sur moi. Il me porte, me transporte, me transperce, me traverse. Je n’aspire plus qu’à être un grain infime malmené pour l’éternité par ce souffle transcendant. Il me déchire, me disperse
Je suis la poussière au soleil
Le reflet sur la glace
La rosée du matin.
Ecrin est l’infini, infini est le vent. L’immensité du monde à disposition, il se glisse partout, frôle des recoins reculés, joue dans les plumes d’un oiseau, crée des spirales de flocons qui dansent en compagnie des pétales ; il peut être brise douce un matin, zéphyr tiède et tendre, ou bien mistral coléreux, une brusque bourrasque, brûlant sirocco, tourbillon dansant ou même cyclone – mais toujours il est unique et se faufile, déferle partout – qui ne le connaît ? Nonobstant, imprévisible et mutin, il s’échappe alors qu’on pensait l’avoir saisi. Rien ne le retient, il n’est pas de ce monde, fier et impitoyable, je m’y fonds il m’entraîne, je me laisse écarteler pour mieux me retrouver, je suis partout tout comme lui, je suis tout je ne suis rien
petit souffle fétide au-dessus d’un marais
je fais fuir la fumée qui s’élève d’un feu
un chapeau s’envole une femme le ramasse
Je m’échappe Je me disperse Je me fuis Je me trouve Je suis tout Je ne suis rien
- Qui suis-je ?
Le Je n’a plus d’importance car il n’existe plus, lorsqu’on est tout pourquoi prendre le temps de définir ? Chaleur des tuiles sous le soleil, un lézard qui s’éveille, des pierres qui roulent, la houle de l’océan déferle sur une plage, le sable crisse sous les pas d’un être maladroit qui s’anime pesamment, la Terre tourne toujours et sans cesse, vieillesse d’un sans âge, tout est écrin pour le rien. Qui est-ce ? – Je suis. J’étais. Je me perds, je ne sais plus tout est là est possible
rien d’impossible pour le vent –
souffle éternel qui me dilate
J’éclate.
Je suis.
Où es-tu ?
Seul, solitude à nouveau, je refuse je ne serais je ne veux Non !
Pourquoi ?
Il m’a quitté. Lourdeur du corps. Je veux voler à nouveau, être libre, je décolle mais retombe, Malheur ! Ma chair, mon cher vent, ma chair rends-moi mon vent ! Ce corps lourd et pataud m’importe peu, il n’est qu’enveloppe il n’est rien, prison tenace qui me contraint à une forme non voulue, Libère-moi ! Rends-moi mon vent ma volonté mon envie je ne vis plus ainsi je suis mort C’est cela que tu veux ?
Oh chère chair ! La jalousie te rend bien sévère, amère est ta position, mais ne vois-tu pas que je me morfond quand je ne suis que le plein qui t’emplit ?
Tu m’aimes je le sais
Alors laisse-moi – Pourquoi ?
Pourquoi cette prison de muscles
Pourquoi ces membres patauds
Pourquoi ces tissus qui vieillissent
A quoi rime cette mascarade insensée ?
Suffit !
Alors laisse-moi, ton joug impétueux doit finir, je ne veux plus de toi – tu as compris ?
Il revient. Le vent joue tout autour, il tourne et retourne, se faufile sur ma peau, me caresse m’attire – mon amant immortel. Il touche à tout mais rien ne le touche, il n’est rien – c’est sa façon à lui d’être chaque tout chaque instant – Je le veux.
La gourde qu’est mon corps se remplie de tristesse ; mais rancunière est l’inviolable forteresse. Je sais que je ne suis que moi-même, aspirer à autre est inutile et voué à l’échec –
et pourtant …
Je veux voler !
Et pourtant …
Je sens mon corps, tout triste lui aussi. Il se languit de mes écarts, se demande où il a failli, ce qui me déplaît en lui, je ne sais …
Ma chair est pour moi
ce que mon esprit est pour le vent.
Pourquoi s’en contenter ?
Je veux être la brise douce du matin
L’esprit embrumé qui s’éveille doucement
Le corps engourdi détendu par une douche
Un instant, le temps qui passe
L’univers qui attend.
Demandé-je vraiment trop ? Je veux juste être, être ce que je souhaite, être le tout et le rien réunis, un couple de danse sur la piste qu’est le monde – Puis-je ?
Esprit et chair réunis
voguant tout deux en ami ?
Le corps est tout et l’esprit rien. Mais je peux rêver que je suis autre que je suis tout – je suis le vent, je suis l’esprit, je suis le corps, je suis la pensée, je suis l’espoir je suis la tristesse la détresse la déprime l’envie la vie la mort le temps l’espace ; le rêve, lui-même. Pourquoi se contenter de ce que l’on est ? Je suis tout ce que je souhaite être.
Je suis moi-même.
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J'ai lu. J'ai aimé, vraiment aimé... mais de là à savoir ce que j'en ai compris ! C'est assez sibyllin, mais j'aime ce caractère, c'est ce qui me plaît dans la poésie : avant de pouvoir en saisir le sens, j'aime qu'elle soit insaisissable.
Pour ton poème-nouvelle, j'ai l'impression d'attraper des fils, d'en relier certains et d'en laisser échapper d'autres... bref, je crois que j'aurais encore besoin d'une ou plusieurs autres lectures !!
Mais bravo ;)
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Ouais ! *contente*
Bon, je pense qu'il faut encore que je m'améliore pour mieux faire passer ce que je veux (je veux dire, en gardant le caractère insaisissable mais de manière à ce que le lecteur comprenne tout de même) mais ça me fait plaisir, car j'hésitais vraiment à faire lire ce texte ^^
Je réécrirais sans doute des textes de ce style quand j'aurais de l'inspiration, car j'ai beaucoup aimé l'écrire (même si la phase de réécriture a été aussi longue^^")
Merci :)
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Ouah, je n'ai pas tout compris tu t'en doutes, mais j'aime beaucoup ce style très particulier (ça me donne des idées). Si tu as fais d'autres "experiences" comme celle-ci n'hésite pas à nous les faire lire ;)
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J'ai beaucoup aimé malgré le mystère qui plane toujours sur ton texte. C'est féérique, magique! Je me sens transporté dans un rêve dont je ne distingue pas toutes les facettes,qui comprend des parties sombres et c'est ce qui fait toute la beauté de ce texte!
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J'adore ton texte, il est réellement magique, j'ai l'impression que ton style est aussi léger que le vent. C'est à la fois fluide, mystérieux et poétique, ce qui est renforcé par la manière dont tu te sers de la ponctuation et des espaces.
J'apprécie notamment le passage "Je m’échappe Je me disperse Je me fuis Je me trouve Je suis tout Je ne suis rien", ou encore "je suis le vent, je suis l’esprit, je suis le corps, je suis la pensée, je suis l’espoir, je suis la tristesse la détresse la déprime l’envie la vie la mort le temps l’espace"...
C'est très beau, et ces procédés sont novateurs, par rapport aux points de suspension par exemple, la marque "traditionnelle" de ce style, mais dont tu te sers très peu.
C'est une belle porte vers le rêve... ^^
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Merci beaucoup à vous :-[
Pour les points de suspension, si j'en utilise peu c'est parce que quand j'ai commencé à écrire j'en abusais et re-abusais, et j'ai mis un moment à me rendre compte qu'en fait ça ne rendait rien du tout et c'était plutôt du genre à tout gâcher. Donc j'ai appris à ne pas les laisser mener la danse ^^
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En tout cas, c'est bien joué! ;)
Personnellement, j'ai encore du mal à m'en débarrasser... :-[
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je suis la tristesse la détresse la déprime l’envie la vie la mort le temps l’espace
Je trouve que déprime fait un peu bizarre, ça casse un peu l'ambiance, parce que c'est unr egistre de lange familier...
la temps
le
Il y avait une autre faute (de conjugaison, je crois), mais je ne la retrouve pas (j'ai pas voulu interrompre ma lecture pour la noter)
Tu m'avais fait lire ce texte il y a longtemps, mais j'ai eu envie de le relire.
Vraiment, il est fascinant, il te prend au début et te dépose à la fin, c'est saisissant, même si vient un moment où on ne sait plus ce qu'on a compris, ce qui est dit, ce qui est une hypothèse.
Vraiment, vraiment chouette !
Bravo, encore une fois !
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alors,
mais ne vois-tu pas que je me morfond quand je ne suis que le plein qui t’emplit ?
> morfonds
bon ben c'est très bizarre... >< d'habitude c'est le genre de texte que j'adore, le genre de style que j'encense.
Mais, là, non... j'ai pas vraiment aimé. Pourtant même le principe de prendre des risques, de faire autre chose, de surprendre, d'oser ce qui est osé, c'est très bien et c'est la seule manière de parvenir à des choses vraiment vraiment intéressantes selon moi... mais là j'ai pas accroché. Je me suis pas envolé, je suis resté à terre, pataud...
> est-ce que tu l'as écrit sur une musique particulière ? si c'est ça (mais je ne pense pas...?), peut-être que le rythme est resté collé à la chanson et que tu l'as pas assez transposé au texte ; en fait j'ai l'impression d'avoir remarqué chaque "effet de rythme", mais ça n'a pas rythmé ma lecture. J'ai bien aimé les ruptures, les retours à la ligne, les tirets, le jeu sur les majuscules, les phrases sans point, les alexandrins cachés... mais je n'y ai pas été sensible...
donc je pense que c'est complètement personnel
peut-être que j'avais en tête le Vent et que celui-ci m'a paru fade ? je sais pas. J'ai trouvé que c'était très lisse, non pas comme on a l'habitude de trouver des textes lisses sur la forme, mais ici sur le fond ; la forme est âpre, recherchée, et tout, mais j'ai pas eu d'image qui se soit imposée à moi. Le vent et ses métaphores ont filé sans s'arrêter, et maintenant que j'ai fini ma lecture... plus rien.
et puis les jeux sur l'identité, "je suis..." etc., j'ai trouvé ça un peu... "facile", pas très creusé, on peut développer ce thème-là mais avec plus d'originalité, je demande pas un texte post-nietzschéen ou même philosophique, mais rien que sur la forme, des images liées à l'identité qui puissent se dégager... bref. C'est pas l'essentiel, ce point-là, t'façon.
J'sais pas... ce commentaire sera sûrement inattendu xD
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En fait, non, pas si inattendu.
Ce texte est l'un des premiers (je dirais même : le premier) où j'ai "tenté autre chose", où je me suis affranchie d'un style "habituel". Je l'ai fait sans musique (je crois... ça remonte à un moment, mais si je ne m'en souviens pas c'est que la musique n'était pas très importante) mais quelques jours/semaines après avoir lu la Horde du Contrevent.
Puis sur le fond, ça a été fait au feeling, sans réflexion préalables. Enfin, presque pas. Mais j'pense aussi que, quand ce texte a été écrit, il y avait beaucoup moins "d'innovations" sur le forum, et que du coup il se démarquait plus et les défauts (nombreux :mrgreen:) étaient moins visibles.
En bref, il reste cher à mon coeur parce qu'il m'a permis de tenter des trucs, parce que j'ai aimé l'écrire, mais il ne me "suffit plus en lui-même". En fait j'aurais presque envie de le réécrire complètement... je verrai. J'ai peut-être assez de projets comme ça :mrgreen: :-¬?
Je l'aime toujours, mais je comprends que ça puisse mal passer, quoi. Et puis en niveau du style je trouve que certains passages ne coulent pas assez. Enfin... disons que c'est surtout au niveau déroulement, je crois, que le bat blesse. Ca se voit un peu trop que j'ai pas trop réfléchi où j'allais :-¬?
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Contrairement à Lo, j'ai bien aimé.
Je suis en train de lire la Horde, moi aussi, et je dois dire qu'il y a un petit quelque chose... A un moment, quand tu parles du "je" je me suis dit que tu allais peut-être, comme Carac, dire que nous sommes des morceaux de "lentevent".
Enfin bref.
D'autant plus que j'ai vu hier un magnifique spectacle de funambules, et que ça plus la Horde, le vent...
C'est planant :D
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Houlà, mais c'est fantastique ce que tu racontes là, cette histoire sur le vent, le rien, le tout, le jeu, le moi, le pas moi, etc... tu veux vraiment pas te mettre à la poésie ? :D (en le retravaillant je suis sûr que cela va donner quelque chose de grand)
Sinon j'ai pas bien tout compris mais ai passé un agréable moment à lire ce petit texte. Et aussi question : pourquoi cette mise en page avec parfois des virgules inexistantes... ? ???
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lorsqu’on est tout pourquoi prendre la temps de définir ?
"prendre le temps de le définir", non ?
Oh chère chair !
:)
A pluche !
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Je suis en train de lire la Horde, moi aussi,
Mais j'en suis loin, loin, loin :-\ Mais ton commentaire me fait plaisir, merci :)
@Matthieu : Ben. la poésie, je fais pas des trucs tout bien tout propre avec le bon nombre de syllabes et tout et tout. Je préfère la prose, car la prose n'empêche pas le rythme, ni les rimes, ni rien du tout - la différence, c'est qu'on choisit quand on veut en faire.
Bref, je reste sur la prose (ce qui ne veut pas dire que je ne fais pas de poésie, ce texte en est presque, mais j'en reste là)
Et aussi question : pourquoi cette mise en page avec parfois des virgules inexistantes... ?
Parce que.
lorsqu’on est tout pourquoi prendre la temps de définir ?
"prendre le temps de le définir", non ?
"prendre le temps de définir", il y a bien un a->e (corrigé sur mon fichier d'ailleurs -_-" j'édite)
Merci.
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J'ai déjà commenté ce texte, avant de lire la Horde, et maintenant que c'est chose faite - et que j'ai même écrit un drabble et une fic dessus, je sais, achevez-moi - je trouve ton challenge particulièrement réussi.
Certes, on sent le vent de l'inspiration souffler sur ton texte (hahaha), mais il reste tout à fait original.
Ce n'est pas mon préféré de toi, d'accord, mais il reste beau.
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Ma chair, mon cher vent, ma chair rends-moi mon vent !
Je crois que rien qu'avec ça j'aurais pensé à la Horde même si tu l'avais pas nommée. :mrgreen:
Je l'avais peut-être survolé ( ::) ) il y a longtemps, ça me disait vaguement quelque chose, et je suis contente d'être (re)tombée dessus. C'est très léger, et même si je trouve que la fin s'essouffle (promis je fais pas exprès x'D) un peu, c'est une lecture très agréable. ^^