Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => L'Atelier => Cuisiner la langue : ustensiles et méthodes => Discussion démarrée par: Ocubrea le 23 Octobre 2021 à 14:13:58

Titre: Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 23 Octobre 2021 à 14:13:58
Hello tout le monde ! ;D

Bon, je bloque sur un nouveau problème, et d'expérience vous avez toujours été d'excellents conseils dans ces cas-là, donc je me lance !

Je suis en train de débuter un roman dans le style fantasy, mais où progressivement, au fil de sa préparation, des thèmes qui me tiennent à cœur l'on infiltré et même complètement chamboulé. Il s'agit ici en particulier du racisme, de la misogynie et de l'homophobie (mais dans une moindre mesure).

Le thème qui me pose surtout un problème est celui du racisme, pour deux raisons :
- D'un côté, il est devenu absolument essentiel à l'intrigue : on ne s'en rend pas compte au début, mais progressivement il apparaît que la question de la couleur de peau des protagonistes est absolument centrale.
- D'un autre côté, je suis on ne peut plus blanche, et donc même si ce thème me tient très très très à cœur, je ne suis peut-être pas légitime pour en parler et j'ai peur de faire pire que mieux...

Pour le moment, une des réflexions qui me font continuer c'est l'idée que je trouverais ça triste de vivre dans un monde où seules les personnes discriminées ont le droit de s'insurger et de militer pour plus d'égalité. En tant que femme, ça me fait toujours plaisir d'entendre un homme qui s'est bien renseigné sur le sujet participer au débat du féminisme en tant qu'"allié". Mais d'un autre côté, dans le cas présent, on pourrait dire que je "profite" de ce débat pour attirer l'attention sur mon histoire, ce qui n'est pas du tout le but.

Je m'étais déjà dit que j'essayerais de faire relire aussi ce roman par un "sensitivity reader" donc si vous en connaissez ou en êtes vous-mêmes, ça m'intéresse ! :) Et si vraiment c'est un sujet trop tabou tant pis, j'abandonnerai mon idée, mais ça me rendrait vraiment triste :s

Bref voilà, si vous avez des conseils ou des remarques, des choses que vous auriez lues ou des informations intéressantes, je suis ouverte à toute proposition !

NB : pour plus de détails sur mon intrigue en particulier (c'est long et très détaillé, donc vous pouvez tout à fait me répondre de manière très générale sans lire mon pâté) :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


EDIT : petites références sur le sujet que j'ai trouvé sur le net :
- https://www.hamilton.edu/academics/centers/writing/writing-resources/writing-about-race-ethnicity-social-class-and-disability (https://www.hamilton.edu/academics/centers/writing/writing-resources/writing-about-race-ethnicity-social-class-and-disability) un article qui donne certaines choses à faire ou ne pas faire en écrivant sur des thèmes liés à l'ethnicité ou à la couleur de peau. Je pense qu'on peut parfois s'écarter de ce qu'ils y disent mais vaut la peine d'être lu au moins une fois.
- https://www.vulture.com/2019/10/who-gave-you-the-right-to-tell-that-story.html (https://www.vulture.com/2019/10/who-gave-you-the-right-to-tell-that-story.html) : différents auteurs qui parlent des fois où ils ont pris le regard de quelqu'un d'autre.
- https://www.washingtonpost.com/outlook/2019/06/20/1e56e1e2-91db-11e9-aadb-74e6b2b46f6a_story.html (https://www.washingtonpost.com/outlook/2019/06/20/1e56e1e2-91db-11e9-aadb-74e6b2b46f6a_story.html) : autre témoignage d'une auteure qui écrit avec le point de vue de personnes noires (même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'elle dit).
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Meilhac le 23 Octobre 2021 à 14:19:48
Salut

écris comme tu sens

c'est le + beau cadeau que tu puisses faire, à toi, et au reste de l'humanité

et oublie tes questions

ça serait ça mon conseil
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ari le 23 Octobre 2021 à 14:23:30
Coucou Oba

Pour le moment je n'ai pas lu ton spoil, parce que j'aimerais bien lire ton livre ! Mais si ça te tient à cœur d'avoir un avis sur ton intrigue, je pourrai le lire quand même (j'ai hésité en vrai) ; à toi de me dire !

Je pense que les thèmes du racisme, de l'homophobie, du sexisme, des stéréotypes de genre, de la diversité... (et pour ma part j'ajouterais aussi le handicap / le validisme) apparaissent nécessairement dans une œuvre. Même leur absence est, en réalité, un positionnement / une représentation ou plutôt une absence de représentation qui envoie des messages. Je pense aussi qu'on ne subit pas tous les mêmes choses, qu'on n'a évidemment pas du tout les mêmes vécus et la même expérience concrète des discriminations ; et pourtant, qu'on est tous concernés par ces sujets.

De mon point de vue, une chose importante est de sortir de sa bulle personnelle et de sa bulle sociale, et d'aller à la rencontre des autres de quelque manière que ce soit : en échange direct, ou en lectures / visionnages / écoute, car les témoignages et les prises de parole là-dessus sont nombreux.

Pour le reste, je te dirais que si le sujet t'intéresse : fonce ! :) ce sont des thèmes importants et si ça part d'une préoccupation sincère, il n'y a pas de raison que ça sonne "forcé" ou "pour suivre une mode". Il y aura peut-être des personnes pour te le reprocher ; eh bien soit. De toute façon tes récits seront imprégnés de ton époque sociale, des fictions qui te plaisent, de l'esthétique / l'imaginaire qui t'inspire ; et aussi de tes convictions (même un récit qui se veut apolitique transporte avec lui une tonne de points de vue ou de représentations non neutres). Alors autant les travailler pour qu'ils représentent ce que tu veux qu'ils représentent.

(Tu trouveras pas mal de réflexions là-dessus dans le sujet "Traiter le handicap", même si à un certain point, la discussion était partie en cacahuète >< ).
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 23 Octobre 2021 à 14:46:47
Hello !

@ Meilhac
Désolée, je n'avais pas vu ton commentaire !
Merci beaucoup pour ton conseil :) Mais je crois que quand on écrit sur ce genre de sujets, on ne peut pas ne pas se poser des questions... Enfin je ne trouverais pas ça très responsable, en sachant qu'il s'agit de quelque chose d'hyper sensible qui fait souffrir de très nombreuses personnes dans le monde...

@ Ariane
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Pour le moment je n'ai pas lu ton spoil, parce que j'aimerais bien lire ton livre ! Mais si ça te tient à cœur d'avoir un avis sur ton intrigue, je pourrai le lire quand même (j'ai hésité en vrai) ; à toi de me dire !
Argh, ta proposition est très alléchante, parce que je crois que nos sensibilités et nos questionnements sont très similaires par bien des aspects, qu'on partage beaucoup de valeurs et de perceptions de ces questions, et ton avis sur l'intrigue en elle-même pourrait m'être utile... D'un autre côté, si tu as le projet de lire mon roman, clairement n'ouvre pas ce spoiler parce que ça va complètement te révéler toute l'intrigue quasi de A à Z :mrgreen: Je m'arme de patience et me dis que tu me donneras ton avis en temps voulu !

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Je pense que les thèmes du racisme, de l'homophobie, du sexisme, des stéréotypes de genre, de la diversité... (et pour ma part j'ajouterais aussi le handicap / le validisme) apparaissent nécessairement dans une œuvre. Même leur absence est, en réalité, un positionnement / une représentation ou plutôt une absence de représentation qui envoie des messages. Je pense aussi qu'on ne subit pas tous les mêmes choses, qu'on n'a évidemment pas du tout les mêmes vécus et la même expérience concrète des discriminations ; et pourtant, qu'on est tous concernés par ces sujets.
Je suis entièrement d'accord ! Au point que j'en ai peut-être fait un peu trop, je n'ai quasi aucun personnage qui ne tombe pas dans une catégorie discriminée ou l'autre (mon personnage principal est en surpoids, sa meilleure amie est noire, j'ai inclus pleiiin de personnes de la communauté LGBTQ+ et un des personnages principaux a perdu un œil et une jambe). La différence c'est que l'intrigue ne tourne pas autour de ces aspects, qui font juste partie de la conception des personnages comme leur caractère ou leur couleur de cheveux, alors que j'aborde le racisme de manière beaucoup plus engagée.

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De mon point de vue, une chose importante est de sortir de sa bulle personnelle et de sa bulle sociale, et d'aller à la rencontre des autres de quelque manière que ce soit : en échange direct, ou en lectures / visionnages / écoute, car les témoignages et les prises de parole là-dessus sont nombreux.
De nouveau, d'accord à 100%. En ce qui me concerne, je préfère le visionnage de vidéos de témoignages, je trouve ça extrêmement parlant et en général ça me marque...

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Pour le reste, je te dirais que si le sujet t'intéresse : fonce ! :) ce sont des thèmes importants et si ça part d'une préoccupation sincère, il n'y a pas de raison que ça sonne "forcé" ou "pour suivre une mode". Il y aura peut-être des personnes pour te le reprocher ; eh bien soit. De toute façon tes récits seront imprégnés de ton époque sociale, des fictions qui te plaisent, de l'esthétique / l'imaginaire qui t'inspire ; et aussi de tes convictions (même un récit qui se veut apolitique transporte avec lui une tonne de points de vue ou de représentations non neutres). Alors autant les travailler pour qu'ils représentent ce que tu veux qu'ils représentent.
Merci :-[ :-[ :-[
Ce paragraphe m'a fait beaucoup de bien.
En fait, j'ai tellement tourné et retourné ces questions dans ma tête que je suis arrivée un peu à la conclusion que quand tu abordes ces sujets en tant que personne non-discriminée, quoi que tu fasses, il y a moyen de critiquer ton approche. Si tu prends une option, que tu en vois tous les problèmes et que tu décides de te tourner vers une option autre ou même opposée, tu te rends compte qu'elle soulève tout autant de problèmes. C'est un vrai fil d'équilibriste et j'ai toujours eu une très mauvaise coordination motrice ;D

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(Tu trouveras pas mal de réflexions là-dessus dans le sujet "Traiter le handicap", même si à un certain point, la discussion était partie en cacahuète >< ).
C'est rigolo, j'étais justement en train de le lire au moment où tu m'as répondu ! :D
J'en étais arrivée au moment où j'ai vu apparaître dans la discussion un pseudo que nous connaissons bien, et j'ai deviné la suite :mrgreen:
Edit : ah non, finalement c'était pas ça, pour une fois, mais la personne qui a déclenché le débat houleux semble avoir remplacé tous ses posts par un point...

Merci 1 000x pour ton retour :coeur:

Titre: Re : Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Meilhac le 23 Octobre 2021 à 19:21:11
Hello !

@ Meilhac
Désolée, je n'avais pas vu ton commentaire !
Merci beaucoup pour ton conseil :) Mais je crois que quand on écrit sur ce genre de sujets, on ne peut pas ne pas se poser des questions... Enfin je ne trouverais pas ça très responsable, en sachant qu'il s'agit de quelque chose d'hyper sensible qui fait souffrir de très nombreuses personnes dans le monde...


je comprends l'idée mais  écrire en ayant peur de blesser autrui, ça me paraît une drôle de base pour écrire.

je ne suis pas sûr que tu rendes service à grand-monde si tu te retiens d'écrire certaines choses (ou te force à écrire certains choses)

la sincérité c'est important je crois quand on écrit.

faire dépendre ce que tu écris ou n'écris pas d'une validation extérieure, ça risque de faire obstacle à ce que tu fasses sortir ce qu'il y a de plus fort, de plus puissant, et de plus beau en toi
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 23 Octobre 2021 à 22:30:59
Mmmmh je comprends ce que tu veux dire, sauf qu'ici l'objectif n'est peut-être pas de "faire sortir ce qu'il y a de plus fort, de plus puissant, et de plus beau en moi", mais de participer, à mon humble échelle, à faire avancer les mentalités dans la bonne direction. Si j'écris dans le but d'attirer l'attention sur un problème et de sensibiliser les gens à un sujet, mais que ma manière de faire a l'effet inverse de celui escompté et blesse les gens que j'essaye de soutenir, ça n'a plus beaucoup de sens, tu ne crois pas ?

Enfin ce n'est pas le but principal, le but principal c'est de m'amuser et de sortir une histoire un peu originale, rien qu'à moi, mais on peut poursuivre plusieurs objectifs à la fois !

Je ne me force pas à écrire, et je ne me retiens pas non plus, je crois. Simplement, je cherche le meilleur angle possible pour aborder une thématique de manière juste. Comme on le ferait pour n'importe quelle thématique, en fait. Si tu écris une histoire qui se passe sur un bateau, l'idéal est quand même de faire un minimum de recherches pour savoir, en fonction du type de bateau et de l'époque, comment se déroule la vie à bord. Ici, c'est pareil, sauf que le sujet en plus est sensible. Je pense que ça rajoute une couche de difficulté supplémentaire, mais la démarche est la même.

Citer
la sincérité c'est important je crois quand on écrit.
Là, je suis tout à fait d'accord, mais je ne pense pas que ma démarche soit incompatible avec de la sincérité dans mon écriture !
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Deofresh le 25 Octobre 2021 à 22:16:25
Salut Ocubrea,

Je n'ai pas l'habitude de rebondir sur ce genre de sujet, mais pour le coup, tes questionnements résonnent avec moi. L'année dernière, je me suis retrouvé confronté au même souci : j'écrivais pour le Nano une dystopie dans laquelle les femmes n'avaient plus aucun droit. En tant qu'homme blanc, je me sentais tellement illégitime, que j'ai failli arrêter.

Au final, si j'ai réussi à persévérer, c'est grâce au discord (merci :)) et parce que j'ai appris à revoir mes ambitions à la baisse. Peut-être devrais-tu oublier ton but de
Citer
participer, à mon humble échelle, à faire avancer les mentalités dans la bonne direction. Si j'écris dans le but d'attirer l'attention sur un problème et de sensibiliser les gens à un sujet,
et laisser la lutte à ceux qui vivent les discriminations. En revanche, en tant qu'auteur.rices, on a un réel pouvoir : c'est l'empathie. On n'a pas besoin de faire partie d'une minorité pour en comprendre (au moins en partie) la douleur. Nous sommes des êtres humains et pouvons partager les peines. Alors écris ce que tu comprends, ce que tu crois percevoir des minorités et de leurs combats, ce que tu as appris pendant tes recherches, décris ta mentalité à toi sans vouloir changer celle des autres. Écris des choses vraies ; la vérité ne manque que rarement sa cible. Peut-être, sans t'en rendre compte, tu atteindras ton objectif initial.

Comme tu le disais, il faudra aussi te faire relire par des personnes proches du problème. Dans le pire des cas, on te dira que tu as tout compris et que ton œuvre est superbe ; dans le meilleur, on t'expliquera ce que tu n'as pas bien saisi et tu auras la chance d'apprendre et de corriger ton appréhension du problème.

Gagnant-gagnant ;).

Bref, je ne sais pas si ça te servira à quelque chose, mais voilà mon grain de sel.
Bon courage pour la suite !
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 12:01:09
Bonjour Deo !
Merci beaucoup de partager avec moi ton expérience et ce que tu en as tiré comme conclusions ! :)

Je crois que tu as tout à fait raison... Je me mets un peu trop la pression avec toute cette histoire et le résultat, c'est que ça risque de fausser ce que je vais écrire, de le rendre artificiel et ça risque de se sentir. Ce que je tire en tout cas de tous vos retours c'est l'idée d'essayer de ne pas en "faire trop", de ne pas me focaliser là-dessus mais d'essayer d'écrire de manière sincère. Et comme c'est une problématique qui me tient sincèrement à cœur, il en ressortira peut-être quelque chose de bien. Je crois que pour ça, le Nano sera bénéfique, car je serai obligée de lâcher prise et d'écrire vite, donc de manière instinctive.

Je vais donc essayer de moins intellectualiser la chose, d'arrêter de me fixer des objectifs et de juste écrire ce qui me vient, en gardant dans un coin de ma tête ce que j'ai appris au cours de mes recherches et de mes rencontres.

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Comme tu le disais, il faudra aussi te faire relire par des personnes proches du problème. Dans le pire des cas, on te dira que tu as tout compris et que ton œuvre est superbe ; dans le meilleur, on t'expliquera ce que tu n'as pas bien saisi et tu auras la chance d'apprendre et de corriger ton appréhension du problème.
Tout à fait d'accord avec ça :coeur:

Merci beaucoup à tous pour votre aide, une fois encore, des plus précieuses :coeur:
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Chouc le 26 Octobre 2021 à 12:10:26
Je vais répondre la même chose, dans les grandes lignes, que ce que j'avais répondu lors de l'épineuse discussion "écrire sur le handicap".

S'il n'est pas indispensable d'être handicapé pour écrire sur le handicap, il n'est pas non plus indispensable d'être non-blanc pour écrire sur le racisme.

Ce qui est indispensable, c'est de bien se renseigner pour limiter le bullshit.

En dehors de ça, pas de raison de se poser des limites.

 Si on devait écrire exclusivement sur les choses que l'on vit/qui nous touche de très très près, on serait vite à cours d'idée (et la SFFF n'existerait pas).
Titre: Re : Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Elk le 26 Octobre 2021 à 12:29:14
Ce que je tire en tout cas de tous vos retours c'est l'idée d'essayer de ne pas en "faire trop", de ne pas me focaliser là-dessus mais d'essayer d'écrire de manière sincère.

Je trouve que c'est bien résumé ! C'est peut-être naïf de ma part mais j'ai l'impression que ces problématiques peuvent être abordées plus facilement (et peut-être plus sincèrement aussi) dans des œuvres de fantasy, justement parce qu'on a moins la pression de coller à un réel pour lequel on n'est pas forcément concerné-e ; mais que ça n'empêche pour autant de "reconstruire" des formes de discrimination qui s'appuieront sur les perceptions et les connaissances qu'on en a dans notre vie. Il y a peut-être aussi moins de risque de tomber dans du bullshit... mais ça n'empêche que faire relire par des personnes concernées par tel ou tel type de discrimination, ou caractéristiques que tu as données à tes personnages, sera toujours enrichissant !
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 12:41:45
@ Chouc :
Je suis d'accord avec toi, mais j'ajouterais quand même un bémol, qui est pour moi que je suis encore partagée quand il s'agit de "m'approprier" le vécu d'une personne discriminée. Je m'explique : incorporer dans mon roman des personnes discriminées et les décrire (ou décrire leurs combats) avec une vision externe, je trouve ça tout à fait correct, et même à encourager pour avoir plus de représentativité de ces populations dans la société.

En revanche, écrire sur un personnage discriminé avec un point de vue interne, pour le moment, je ne m'y risquerais pas, parce que je ne connais pas suffisamment son vécu de l'intérieur, et donc j'ai peur d'être vraiment à côté de la plaque.

@ Elk :
Je suis d'accord avec toi, l'avantage de la fantasy c'est qu'on peut décider de faire coller les codes sociaux et les préjugés ou les idées préconçues du monde qu'on crée au monde réel, ou pas ! On peut modeler la société fictive de manière à refléter la société actuelle, soit en miroir simple, soit en négatif, et ajouter ou effacer certaines choses qui rendent la navigation plus aisée...
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Chouc le 26 Octobre 2021 à 12:59:12
@ Chouc :
(...)
En revanche, écrire sur un personnage discriminé avec un point de vue interne, pour le moment, je ne m'y risquerais pas, parce que je ne connais pas suffisamment son vécu de l'intérieur, et donc j'ai peur d'être vraiment à côté de la plaque.

Je vois ce que tu veux dire, et en théorie j'y souscris.
Mais dans les faits, il m'est arrivé tellement de fois de me faire surprendre par un de mes personnages que j'ai du mal à appliquer cette réserve.

C'est peut-être parce que je laisse mes personnages vivre leur propre vie dans ma tête à mesure que j'écris, mais il m'est arrivé de réaliser en cours de récit que l'un d'eux affrontait quelque chose (discrimination, handicap, blessure psychologique ou morale...) dont je n'avais pas idée avant. J'ai donc bien été obligée de "m'approprier" cette douleur, cette difficulté de vie pour continuer à écrire pour lui. A tort ou à raison, et j'ai peut-être fait de la merde au passage, mais je l'ai fait avec les meilleurs intentions du monde, uniquement pour lui rendre justice et ne pas passer sous silence cet aspect de sa vie par facilité.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 13:08:20
Mmmh c'est vraiment une question intéressante, du coup ! Mais je crois que dans ce cas, c'est beaucoup plus acceptable, parce que tu "découvres" en même temps que ton personnage les difficultés auxquelles il fait face. Je trouve ça beaucoup plus difficile de se représenter et de donner vie de l'intérieur à quelqu'un qui a vécu cela sur de longues durées.

Mais de nouveau, ce n'est peut-être que moi, qui suis un peu paralysée par la peur de mal faire et la difficulté de me mettre à la place de l'autre.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Elk le 26 Octobre 2021 à 13:18:43
D'accord avec vos deux points de vue ! A la fois que le point de vue interne est plus risqué en termes de maladresses possibles... mais que c'est pas toujours évident de s'en passer parce qu'on se rend compte après coup qu'on va devoir traiter frontalement un aspect de notre personnage qu'on avait laissé de côté, ou parce que l'histoire évolue un peu comme elle veut :mrgreen:

Dans mon premier nano :ned: mon personnage principal avait un handicap physique (l'une des séquelles de son sombre passé tout ça tout ça) que j'avais bien identifié dès le début, mais j'avais identifié dans les points de relecture importants de vérifier tout au long de l'histoire qu'il n'y avait pas des moments où ce handicap disparaissait "par facilité" comme disait Chouc (par exemple c'était difficile pour lui de marcher, sa jambe était régulièrement douloureuse etc., donc clairement c'était quelque chose qui ne pouvait qu'être au premier plan pour lui s'il y avait une scène d'action, non seulement à prendre en compte pour ses mouvements possibles ou pas, mais aussi pour le côté douleur, frustration etc.)
J'avais aussi un personnage secondaire avec des traits autistiques (mais sans que le concept d'autisme existe dans l'univers du roman) qui était plutôt décrit de l'extérieur par mes deux narrateurs, mais pour lequel j'ai fini par inclure une scène avec +/- un point de vue interne... et bon, clairement, si je me décidais à retravailler ce texte aujourd'hui je ferais ++ gaffe au traitement de ce personnage.
Je pense que c'est ça la conclusion de mes exemples en gros : j'ai une première version qui est ce qu'elle est, mais si je retravaillais ce texte, j'essayerais d'être hyper vigilante sur ces aspects.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ari le 26 Octobre 2021 à 13:21:50
Re-coucou
Je me permets de réintervenir, vu que j'expérimente tous les sacrilèges  :mrgreen: ! (l'immersion totale en sujet central) (de trucs dont on dit toujours que c'est impossible de se les représenter).

Je précise bien sûr que les conseils ou opinions écrits ici sont les miens propres, je n'impose à personne de fonctionner pareil (d'autant + que je suis consciente notamment du côté énergivore et méticuleux à l'excès de mon propre fonctionnement  :mrgreen: ), je développe juste un peu les recettes que j'ai développées pour moi, histoire de les partager, sans injonction à quoi que ce soit.

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Je crois que tu as tout à fait raison... Je me mets un peu trop la pression avec toute cette histoire et le résultat, c'est que ça risque de fausser ce que je vais écrire, de le rendre artificiel et ça risque de se sentir.
En ce qui me concerne, me plonger dans des récits / autobiographies / informations / tout ce que tu veux... m'a vraiment aidée, et à aucun moment je ne trouve ou je n'ai eu comme retour que ça rendait mon texte artificiel. C'est tout l'inverse à mes yeux : c'est quand on ne connaît pas son sujet et qu'on en a une représentation limitée que ça sonne artificiel.

Je pense aussi que c'est important de réfléchir à la question en amont, comme tu le fais : au moment de la construction du scénario. Le sexisme, la transphobie, le racisme, le validisme... on peut les aborder comme des petites touches à ajouter par-ci par-là, une petite phrase ou une petite scène ou une explication ou qqch, qui guidera le lecteur et instillera l'idée que l'on souhaite retranscrire. Mais il faut que le scénario soit compatible (ou pour aller + loin, que le scénario soit lui-même porteur). Par exemple, si on prend le cas de qqn qui veut écrire sur un mec qui a un TDI (trouble dissociatif de l'identité : plusieurs personnalités) qui assiste à une série de meurtres et découvre à la fin du bouquin que c'est lui le coupable (l'un de ses archétypes)... L'auteur peut se renseigner sur le TDI au fur et à mesure de sa rédaction, affiner sa représentation, intégrer des éléments de dénonciation de la stigmatisation etc... il peut bosser sur son livre pendant pas mal de temps, évoluer dans sa perception du TDI et ce qu'il souhaite retranscrire, et puis finalement rester coincé, parce que de base son scénario contribue à véhiculer un cliché violent qui renforce les préjugés. C'est une situation caricaturale que je décris là, mais j'ai l'impression d'avoir déjà vu des tentatives de "rattrapage" dans des livres, où on essaye de sauver les meubles alors que l'idée de base ne colle pas ; et me concernant j'ai déjà tenté des textes où de base, l'angle d'approche n'était pas le bon, sauf qu'une fois commencé, une fois la rédaction fortement avancée, c'est super dur de procéder à des changements radicaux (voire, renoncer et recommencer à zéro). Donc voilà, c'est peut-être une évidence, mais + le temps passe + ça me semble important de travailler ces sujets (se renseigner de façon + fine que les images classiques qu'on a en tête) dès la conception du projet d'écriture. (Si ce sont des axes importants pour l'auteur, of course).

Pour te donner mon expérience personnelle : pour Switch, j'ai voulu écrire un premier jet "naïf", en ne faisant qu'avec mes connaissances actuelles (bon, ok, j'avais déjà un bagage professionnel sur le sujet  :mrgreen: mais à mes yeux ça reste relativement naïf comparé à une approche militante). Ensuite, après avoir bien avancé ce premier jet (j'avais écrit + que les 3/4 du bouquin), j'ai pris le temps de lire beaucoup de témoignages, revendications, propositions de changements dans le monde des soins, etc (ça m'a pris plusieurs mois). Ca a quand même bousculé pas mal de choses. Je vais complètement réécrire mes chapitres de la deuxième partie, sur les meilleurs soins qu'on puisse imaginer. Et en vrai, si je n'étais pas autant avancée dans le projet, si je commençais, aujourd'hui, à le rédiger avec les connaissances que j'ai et les convictions que j'ai... je pense que je ferais un autre scénario. Il y a des questions que je ne vais pas pouvoir aborder dans l'univers que j'ai construit et ça me manque un peu. Dans l'ensemble, j'ai choisi d'aller jusqu'au bout (parce que je n'ai pas perçu de vraie incompatibilité ; parce que mon scénario actuel me permet déjà de balayer énormément de choses dont les + importantes à mes yeux) ; mais je me suis dit que pour un projet futur, tant pis pour la naïveté (j'aimais pourtant bien l'idée d'un premier jet naïf et personnel '-' ), je me renseignerai d'abord et je construirai ensuite.

En ce qui concerne le fait de se mettre à la place de la personne concernée : pour moi c'est libérateur / salvateur / éthique d'accepter qu'on puisse partager, par empathie, une perception de ce que l'autre vit et le verbaliser. A l'inverse, je trouve réducteur, vecteur d'isolement, de fossé entre les personnes, de présumer qu'on ne pourra jamais se représenter ce que l'autre ressent. Dans la maladie mentale, c'est à mon sens l'un des vecteurs de stigmatisation, de penser que les ressentis / vécus / la façon d'être au monde... des uns et des autres sont des altérités radicales et non superposables quel que soit l'effort de pensée. D'où mon souhait de franchir les fossés. D'ailleurs, dès qu'on se plonge dans ces sujets de façon vraiment approfondie (dans mon métier, dans mes lectures...) on voit bien que les vécus sont pluriels et qu'il existe plein de continuums dans tous les sens et non des cases et des vécus strictement séparés. J'aime aussi l'idée qu'un homme puisse se mettre à ma place en tant que femme, qu'un neurotypique écrive un texte très intérieur sur l'autisme, qu'une personne n'ayant pas vécu la dépression ou la cyclothymie s'y plonge en fiction, qu'une personne hétéro écrive sur la bisexualité, rien de tout cela ne me choque ; je les reçois comme des tentatives de partage et certaines fictions que j'ai lues m'ont beaucoup + parlé que certains témoignages.

*J'ajouterais que je suis hyper mal à l'aise quand on parle des personnes autistes comme si elles étaient radicalement différentes de la norme '-' et ça m'arrive de l'entendre dans mon métier... il y a des "ils" et des "eux" qui sonnent vraiment extraterrestre. J'ai aussi eu le cas d'une personne disant qu'elle ne pourrait jamais faire l'amour avec qqn d'autiste, et la façon dont elle le disait, je sentais ce côté radicalement différent et incompréhensible, et ça m'a carrément blessée. Idem, ça me gave quand les hommes s'imaginent les femmes comme des êtres mystérieux et incompréhensibles. Des précautions, de la prise en compte des difficultés et du vécu, de la documentation : oui, carrément, autant que possible ! Du renoncement, si vous voulez. Par contre, déclarer que c'est impossible, ben ça m'attriste. :(
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Elk le 26 Octobre 2021 à 15:19:33
(Allez, un pavé et après j'arrête de squatter le fil)
J'ai l'impression qu'il y a deux grands aspects auxquels faire attention finalement qui ressortent de ce qu'on partage (c'est sûrement un peu réducteur bien sûr)

Il y a le côté ressenti, vécu du personnage qu'on met en scène. Là-dessus je suis très d'accord avec Ariane
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En ce qui concerne le fait de se mettre à la place de la personne concernée : pour moi c'est libérateur / salvateur / éthique d'accepter qu'on puisse partager, par empathie, une perception de ce que l'autre vit et le verbaliser. A l'inverse, je trouve réducteur, vecteur d'isolement, de fossé entre les personnes, de présumer qu'on ne pourra jamais se représenter ce que l'autre ressent. Dans la maladie mentale, c'est à mon sens l'un des vecteurs de stigmatisation, de penser que les ressentis / vécus / la façon d'être au monde... des uns et des autres sont des altérités radicales et non superposables quel que soit l'effort de pensée. D'où mon souhait de franchir les fossés. D'ailleurs, dès qu'on se plonge dans ces sujets de façon vraiment approfondie (dans mon métier, dans mes lectures...) on voit bien que les vécus sont pluriels et qu'il existe plein de continuums dans tous les sens et non des cases et des vécus strictement séparés. J'aime aussi l'idée qu'un homme puisse se mettre à ma place en tant que femme, qu'un neurotypique écrive un texte très intérieur sur l'autisme, qu'une personne n'ayant pas vécu la dépression ou la cyclothymie s'y plonge en fiction, qu'une personne hétéro écrive sur la bisexualité, rien de tout cela ne me choque ; je les reçois comme des tentatives de partage et certaines fictions que j'ai lues m'ont beaucoup + parlé que certains témoignages.
Il y a sûrement différents niveaux de "difficulté" pour se mettre à la place d'un personnage qui a telles ou telles caractéristiques, et des situations pour lesquelles se renseigner, se faire relire etc. sera plus indispensable que d'autres, mais dans le fond c'est un des piliers de l'écriture l'empathie, le fait d'aller vers d'autres vies, d'autres ressentis, enfin c'est ça qui est très chouette dans l'écriture quoi '-' (même si j'entends qu'on peut aussi beaucoup parler de soi en écrivant :mrgreen:)

Le deuxième aspect c'est plutôt la place, voire la "fonction" qu'on donne à tel ou tel aspect de nos personnages - et aux discriminations qui en découlent, pour revenir un peu au sujet :mrgreen: - dans l'histoire. J'ai l'impression que c'est à la fois plus difficile à appréhender, à analyser, parce que ça ne relève pas toujours de choses explicites dans l'histoire, parce qu'il faut prendre du recul sur le texte pour voir apparaitre certains tropes, certains thèmes etc... mais c'est peut-être encore + important d'être vigilant sur cet aspect-là que sur l'aspect ressenti/vécu. C'est là qu'on va retrouver les plus gros écueils et les plus gros clichés, cf. l'exemple du personnage avec TDI qui en fait (!!!) est un tueur en série.
Quand je parlais d'être "vigilante" vis-à-vis de mon personnage avec autisme c'était sur cet aspect-là (vraiment je ne pense/espère pas voir les personnes autistes comme radicalement différentes ou incompréhensibles :-\)(même si c'est un vieux texte et que j'ai évolué depuis ^^) : mon perso n'est ni un criminel (ouf ><), ni un super génie, ni complètement coupé des autres ; mais je sais que je me poserais plein de questions à la relecture (que je m'étais déjà posé en partie à l'écriture) : est-ce qu'il est définit uniquement par ses caractéristiques "autistiques" ? dans quelle mesure est-ce que le texte renvoie une dénonciation des discriminations qu'il subit... ou utilise ces discriminations comme un ressort dramatique ? dans quelle mesure est-ce que j'ai envie que le texte renvoie quelque chose d'optimiste ou pessimiste (en caricaturant +++ : est-ce que c'est une société de merde où il ne trouvera jamais sa place et qui le fera toujours souffrir, ou est-ce qu'il trouve un espace/mode de vie/communauté où il se sent bien ?). La question de l'optimisme/pessimisme s'est pas mal posé dans des communautés d'auteurices LGBT+, où pas mal de gens font le choix assumé d'écrire des récits optimistes, avec happy end, quitte à ce que ça ne soit pas hyper réaliste (pour les histoires qui se déroulent à l'époque actuelle voire pour des romans "historiques"), parce que c'est ce qui manque en termes d'imaginaire et de vision des personnes LGBT, et qu'il faudra un paquet d'histoires comme ça pour compenser tous les destins tragiques des personnages queers qu'on peut trouver dans les films/séries/livres où il y a des personnages queers.

En romans de SFFF et qui traitent de discriminations (pas hyper optimiste par contre ^^') je conseille +++ la trilogie "Les livres de la Terre fracturée" :coeur: - je suis nulle en chronique mais waouh, il y a même une page ! https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=33476

Et, je ne sais pas si vous avez vu le film "Joker", mais je trouve que c'est un exemple assez... riche, qui rejoint pas mal l'exemple fictif donné par Ariane. J'ai trouvé que c'était un bon film, déjà en termes de réalisation et de jeu d'acteurs, mais aussi parce que j'ai aimé la manière dont il fait la critique de plein d'aspects de la société américaine : l'absence de protection sociale que ce soit relative à la pauvreté, au chômage, à la santé, et le culte du port des armes. Vraiment j'ai trouvé que tout cet aspect du film était très bien fichu et très touchant. Sauf que... bah sauf que c'est le Joker, donc sans gros spoiler, il devient quand même un tueur en série à la fin. Alors ok, le propos du film est plus ou moins de montrer que "c'est la société qui l'a rendu comme ça", n'empêche qu'on retombe en plein milieu du cliché du personnage avec troubles psy qui devient un tueur, et que ça casse complètement le message du film pour faire du spectacle et du fric : on passe implicitement de "le système actuel fait souffrir les gens" à "oulala regardez si on ne fait rien "ils" pourraient devenir dangereux".  |-|

Mais sinon, vous pouvez lire "La maison au milieu de la mer céruléenne" qui est rempli de choupitude, et Oba ne me contredira pas.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ambriel le 26 Octobre 2021 à 15:47:18
Ca me fait penser que j'ai pensé à écrire sur le TDI... mais bon c'est chaud.


Y a Ayesha, la légende du peuple turquoise qui est un très bon bouquin de fantasy. Et qui traite du racisme aussi.


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*J'ajouterais que je suis hyper mal à l'aise quand on parle des personnes autistes comme si elles étaient radicalement différentes de la norme '-' et ça m'arrive de l'entendre dans mon métier... il y a des "ils" et des "eux" qui sonnent vraiment extraterrestre. J'ai aussi eu le cas d'une personne disant qu'elle ne pourrait jamais faire l'amour avec qqn d'autiste, et la façon dont elle le disait, je sentais ce côté radicalement différent et incompréhensible, et ça m'a carrément blessée.
Je comprends ton point de vue, mais je pense (je suppose, en soi j'en sais rien) que cette personne quand elle dit "autisme" pense aux autismes très lourds (l'image clichée sans doute).
Parfois dans ce cas la personne a l'air très différente (après on peut sans doute apprendre à la connaître etc mais si on s'est pas intéressé à la question et qu'on a juste croisé 1 ou 2 fois une personne qui nous a "paru bizarre"...)
J'ai un petit cousin qui a un autisme assez lourd et c'est vrai que quand je le vois (c'est à dire quasi jamais) je ressens cette impression de différence très fortement : je trouve qu'il agit bizarrement, je n'ai pas l'impression de pouvoir communiquer avec lui, etc.
J'espère que ce que je dis ne te blesse pas.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 16:19:50
@ Ariane :
Alors, là j'apporte une nuance, je ne dis pas que c'est impossible, loin de là, et d'ailleurs jusqu'ici chaque fois que je lis un de tes récits je trouve que tu t'en sors extrêmement bien ! Donc je crois que c'est possible, simplement très difficile et risqué, et que, comme tu dis, si tu te lances là dedans il faut vraiment, vraiment bien connaître ton sujet.

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En ce qui me concerne, me plonger dans des récits / autobiographies / informations / tout ce que tu veux... m'a vraiment aidée, et à aucun moment je ne trouve ou je n'ai eu comme retour que ça rendait mon texte artificiel. C'est tout l'inverse à mes yeux : c'est quand on ne connaît pas son sujet et qu'on en a une représentation limitée que ça sonne artificiel.
Je ne pense pas que le fait de faire des recherches rende les choses artificielles, mais à moins d'être un très très bon auteur (ce qui n'est pas mon cas), je crois que si tu te focalises trop sur ces questions dans ton écriture, au détriment du reste du récit, ça peut se sentir. Dans ce genre d'écrits, je crois que l'histoire et l'idée que tu essayes de véhiculer derrière doivent marcher main dans la main. Si les "idéaux" prennent le pas sur l'histoire, la mayonnaise ne ne prend plus.

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Donc voilà, c'est peut-être une évidence, mais + le temps passe + ça me semble important de travailler ces sujets (se renseigner de façon + fine que les images classiques qu'on a en tête) dès la conception du projet d'écriture. (Si ce sont des axes importants pour l'auteur, of course).
Oui, mais d'un autre côté parfois tu vas avoir des échos contradictoires. Moi je sais que pour le moment, c'est un peu mon problème : certaines personnes vont te dire que tu n'as pas le droit de faire quelque chose, d'autres que tu peux ou même que tu dois, et en fonction des personnes dont tu lis les témoignages les sensibilités sont très différentes. Il y a des interdits qui reviennent souvent (ne pas utiliser de couleur liée à la nourriture pour décrire la couleur de peau, par exemple), mais pour d'autres choses, c'est hyper variable. Certaines personnes vont te dire que mettre de la nourriture "typique" de l'origine de ton personnage dans ton récit renforce les clichés, d'autres vont te dire que si tu le ne fais pas, tu ne respectes pas la culture du personnage et tu ne fais qu'écrire un personnage blanc, mais en changeant sa couleur de peau, par exemple. Idem si tu parles de la différence d'accès à l'éducation : certains vont te dire que si tu fais ça, tu renforces le préjugé du "noir ignorant et inculte", alors que tu essayes de dénoncer une injustice qui est objectivement présente dans la société.

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En ce qui concerne le fait de se mettre à la place de la personne concernée : pour moi c'est libérateur / salvateur / éthique d'accepter qu'on puisse partager, par empathie, une perception de ce que l'autre vit et le verbaliser. A l'inverse, je trouve réducteur, vecteur d'isolement, de fossé entre les personnes, de présumer qu'on ne pourra jamais se représenter ce que l'autre ressent.
Je comprends tout à fait ce que tu dis, et de manière générale, je suis d'accord avec toi à 100%.
En fait, à discuter avec vous, je crois que je réalise que ma résistance à le faire est purement personnelle. Peut-être que je n'ai simplement pas envie, au fond de moi, de passer des centaines d'heures à faire des recherches puis à écrire en m'effaçant entièrement derrière un personnage autre que moi, au point de ne plus y retrouver ma propre identité. Je crois qu'inconsciemment, je n'aime pas "m'oublier", me rendre complètement transparente pour ensuite prendre la parole en tant que quelqu'un d'autre (je viens de réaliser ça au moment où j'écris). C'est peut-être du pur égoïsme de ma part, ou peut-être lié à un manque de confiance en ma capacité à le faire "bien", mais je sens que l'idée me rend profondément inconfortable et que pour le moment, ce n'est pas ce que je recherche (mais du coup c'est peut-être précisément ce que je devrais faire :mrgreen:). Pour le moment, je préfère réfléchir à la manière dont, en restant moi-même, je peux réagir et appréhender le monde pour le rendre plus égalitaire.

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*J'ajouterais que je suis hyper mal à l'aise quand on parle des personnes autistes comme si elles étaient radicalement différentes de la norme '-' et ça m'arrive de l'entendre dans mon métier... il y a des "ils" et des "eux" qui sonnent vraiment extraterrestre. J'ai aussi eu le cas d'une personne disant qu'elle ne pourrait jamais faire l'amour avec qqn d'autiste, et la façon dont elle le disait, je sentais ce côté radicalement différent et incompréhensible, et ça m'a carrément blessée. Idem, ça me gave quand les hommes s'imaginent les femmes comme des êtres mystérieux et incompréhensibles. Des précautions, de la prise en compte des difficultés et du vécu, de la documentation : oui, carrément, autant que possible ! Du renoncement, si vous voulez. Par contre, déclarer que c'est impossible, ben ça m'attriste. :(
Là aussi, je suis d'accord avec toi pour la majorité mais...
Personnellement, ça m'agace parfois un peu quand un homme écrit en se mettant à la place d'une femme. Je ne sais pas toujours dire pourquoi, je ne sais pas toujours d'où ça vient, peut-être de cette idée que les femmes ont été mises au silence pendant très longtemps et que maintenant, on leur prend même leurs voix pour s'exprimer à leurs places... Je sais que ce n'est pas la démarche de la plupart des auteurs qui le font, mais parfois, du coup, ça me prend à rebrousse-poil. D'où aussi ma réticence à le faire moi-même.

@ Elk :
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Il y a sûrement différents niveaux de "difficulté" pour se mettre à la place d'un personnage qui a telles ou telles caractéristiques, et des situations pour lesquelles se renseigner, se faire relire etc. sera plus indispensable que d'autres, mais dans le fond c'est un des piliers de l'écriture l'empathie, le fait d'aller vers d'autres vies, d'autres ressentis, enfin c'est ça qui est très chouette dans l'écriture quoi '-' (même si j'entends qu'on peut aussi beaucoup parler de soi en écrivant :mrgreen:)
Là ça rejoint ce que je disais plus haut, que j'ai du mal à "sortir de moi", quand j'écris, d'ailleurs je crois que tous mes personnages principaux me ressemblent beaucoup, ou ressemblent à ce que je voudrais être. Je manque probablement encore de maturité... J'aime me mettre dans la peau d'autres personnes mais alors pour des durées très courtes, des nouvelles par exemple. Mais sur le long terme, comme j'ai dit, je trouve ça super inconfortable.

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J'ai l'impression que c'est à la fois plus difficile à appréhender, à analyser, parce que ça ne relève pas toujours de choses explicites dans l'histoire, parce qu'il faut prendre du recul sur le texte pour voir apparaitre certains tropes, certains thèmes etc... mais c'est peut-être encore + important d'être vigilant sur cet aspect-là que sur l'aspect ressenti/vécu.
Je trouve aussi que le problème c'est que certains tropes ou thèmes peuvent vraiment être interprétés de manière très très différente selon les points de vue et les sensibilités de tes lecteurs. Bref, il n'y a pas de recette miracle :D

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Alors ok, le propos du film est plus ou moins de montrer que "c'est la société qui l'a rendu comme ça", n'empêche qu'on retombe en plein milieu du cliché du personnage avec troubles psy qui devient un tueur, et que ça casse complètement le message du film pour faire du spectacle et du fric : on passe implicitement de "le système actuel fait souffrir les gens" à "oulala regardez si on ne fait rien "ils" pourraient devenir dangereux".  |-|
Et là maintenant je suis vraiment en train de remettre tout mon projet en question. Parce que je réalise que je suis un peu tombée dans ce piège-là.

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Mais sinon, vous pouvez lire "La maison au milieu de la mer céruléenne" qui est rempli de choupitude, et Oba ne me contredira pas.
Effectivement, allez le lire, maintenant, tout de suite ! :coeur: :coeur: :coeur:


Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Chouc le 26 Octobre 2021 à 16:21:30
Le truc, je pense (je suppose), c'est qu'on croise des autistes bien plus souvent qu'on ne le croit, mais on relève uniquement les autistes chez qui c'est "visible".
Un peu comme les handicapés, finalement, quand on sait que plus de 80% des handicaps ne sont pas visibles.
Quand on songe "personne handicapée", on a vite fait de visualiser un fauteuil roulant ou une canne blanche. C'est réducteur, mais je pense que c'est un biais assez commun.

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Personnellement, ça m'agace parfois un peu quand un homme écrit en se mettant à la place d'une femme. Je ne sais pas toujours dire pourquoi, je ne sais pas toujours d'où ça vient, peut-être de cette idée que les femmes ont été mises au silence pendant très longtemps et que maintenant, on leur prend même leurs voix pour s'exprimer à leurs places... Je sais que ce n'est pas la démarche de la plupart des auteurs qui le font, mais parfois, du coup, ça me prend à rebrousse-poil. D'où aussi ma réticence à le faire moi-même.

Mais en fait, comment tu le sais ?
A moins de connaître personnellement l'auteur, comment peux-tu savoir qu'il s'agit d'un homme qui écrit en se mettant à la place d'une femme ?
Et ça s'applique à tout le reste de cette discussion d'ailleurs.
Ton lecteur ne sait pas quelle est la couleur de ta peau.
Il ne sait pas si tu es hétéro, homo ou autre.
Il ignore si tu es valide ou handicapé.
Et ainsi de suite.

Parfois, c'est pas plus mal d'ignorer qui se cache derrière un texte, ça évite certains biais de pensée.
Titre: Re : Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Elk le 26 Octobre 2021 à 16:29:22
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Alors ok, le propos du film est plus ou moins de montrer que "c'est la société qui l'a rendu comme ça", n'empêche qu'on retombe en plein milieu du cliché du personnage avec troubles psy qui devient un tueur, et que ça casse complètement le message du film pour faire du spectacle et du fric : on passe implicitement de "le système actuel fait souffrir les gens" à "oulala regardez si on ne fait rien "ils" pourraient devenir dangereux".  |-|
Et là maintenant je suis vraiment en train de remettre tout mon projet en question. Parce que je réalise que je suis un peu tombée dans ce piège-là.

Mais là encore, ça dépend comment tu le traites ! (parce que sinon ce serait trop simple :mrgreen:) ... mais je trouve que ces questions sont abordées de manière hyper intéressantes dans les livres de la Terre fracturée donc je me contente de relancer un coup de pub  :huhu:

Le truc, je pense (je suppose), c'est qu'on croise des autistes bien plus souvent qu'on ne le croit, mais on relève uniquement les autistes chez qui c'est "visible".
Un peu comme les handicapés, finalement, quand on sait que plus de 80% des handicaps ne sont pas visibles.
Quand on songe "personne handicapée", on a vite fait de visualiser un fauteuil roulant ou une canne blanche. C'est réducteur, mais je pense que c'est un biais assez commun.
yep
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 16:31:08
Je crois que justement, ce qu'Ariane essayait de dire, c'est qu'idéalement, il faudrait essayer de s'éloigner de ces clichés.

A mon sens, c'est normal d'avoir des préjugés. On en a tous, et le cerveau humain a même été "conçu" pour en avoir. Certains sont positifs, d'autres négatifs, je crois qu'ils reposent parfois sur des choses "vraies" (par exemple, les personnes autistes diffèrent des personnes neurotypiques par certains aspects) mais leur grand problème, c'est qu'ils n'apportent absolument aucune nuance et sont donc généralement caricaturaux et même parfois complètement faux.

Donc je pense que ce qu'il est important de faire, c'est de reconnaître ces préjugés chez soi-même, et de se poser sincèrement la question de savoir d'où ils viennent, puis de se demander dans quelle mesure ils sont fiables ou pas. La grande majorité du temps, ils ne le sont pas, et il faudra alors s'atteler à les déconstruire. Je pense que ce n'est pas grave de "visualiser un fauteuil roulant ou une canne blanche", si après tu prends le temps de remettre cette image en question et de te demander si elle est vraiment représentative du handicap. Si tu fais cette démarche, tu vas très vite te rendre compte que c'est extrêmement réducteur et au final, si tu fais un minimum de recherches et si tu es un peu curieux, ton horizon s'en trouve élargi :)

Pareil avec l'autisme : certaines présentations de l'autisme correspondent à ce que tu décris, Ambriel, mais elles sont loin d'être majoritaires. Ce sont des constructions liées à ce qu'a été la perception de l'autisme pendant des années, mais c'était dû essentiellement à un manque de compréhension et un manque d'études correctes sur le sujet (et notamment, l'étude de cas où l'autisme était beaucoup moins visible ou spectaculaire).

Edit :
@ Elk, honnêtement je lis peu de livres "pas optimistes" parce qu'en général, ils ne me font vraiment pas du bien, mais j'irai peut-être (ermmh) jeter un coup d'oeil... un jour... ^^

@ Chouc :
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A moins de connaître personnellement l'auteur, comment peux-tu savoir qu'il s'agit d'un homme qui écrit en se mettant à la place d'une femme ?
Et ça s'applique à tout le reste de cette discussion d'ailleurs.
Ton lecteur ne sait pas quelle est la couleur de ta peau.
Il ne sait pas si tu es hétéro, homo ou autre.
Il ignore si tu es valide ou handicapé.
Et ainsi de suite.
Ben, quand même, actuellement c'est très très fréquent d'avoir une petite biographie de l'auteur dans le bouquin, des remerciements, une intro... En général je lis tout ça, et ça te donne  souvent des explications sur les origines de l'auteur et sa démarche en écrivant le livre en question. Sinon, les infos sont souvent disponibles sur le net. Au final, c'est assez rare qu'un auteur décide d'écrire de façon totalement anonyme et ne donne absolument aucune information sur lui-même, ni dans le livre, ni en dehors. Et quand c'est le cas effectivement, je me garde de juger ce qu'il.elle écrit.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Chouc le 26 Octobre 2021 à 16:39:32
On est bien d'accord Ocubrea  :)


A mon sens, c'est normal d'avoir des préjugés. On en a tous, et le cerveau humain a même été "conçu" pour en avoir. Certains sont positifs, d'autres négatifs, je crois qu'ils reposent parfois sur des choses "vraies" (par exemple, les personnes autistes diffèrent des personnes neurotypiques par certains aspects) mais leur grand problème, c'est qu'ils n'apportent absolument aucune nuance et sont donc généralement caricaturaux et même parfois complètement faux.

Donc je pense que ce qu'il est important de faire, c'est de reconnaître ces préjugés chez soi-même, et de se poser sincèrement la question de savoir d'où ils viennent, puis de se demander dans quelle mesure ils sont fiables ou pas. La grande majorité du temps, ils ne le sont pas, et il faudra alors s'atteler à les déconstruire. Je pense que ce n'est pas grave de "visualiser un fauteuil roulant ou une canne blanche", si après tu prends le temps de remettre cette image en question et de te demander si elle est vraiment représentative du handicap. Si tu fais cette démarche, tu vas très vite te rendre compte que c'est extrêmement réducteur et au final, si tu fais un minimum de recherches et si tu es un peu curieux, ton horizon s'en trouve élargi :)

Ma conclusion personnelle, c'est qu'il me semble illusoire d'espérer un jour arriver à une vision de la société dépourvue à 100% de préjugés.
Dès lors, tant qu'on fait l'effort de se renseigner, de réfléchir, d'ouvrir son horizon et donc d'écrire le minimum de bullshit, bah c'est cool.
Mais si on escompte tout maitriser sur le bout des doigts à chaque fois qu'on se lance dans un écrit, on s'en sortira jamais.

Y aura toujours une incohérence temporelle, toujours un non-sens médical, toujours une erreur d'appréciation.
On peut juste essayer de limiter au max les conneries et c'est déjà pas mal, non ?  :)
Titre: Re : Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ari le 26 Octobre 2021 à 16:54:49
Pffiou, cette conversation file vite ^^

Je plussoie Elk tout plein !

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*J'ajouterais que je suis hyper mal à l'aise quand on parle des personnes autistes comme si elles étaient radicalement différentes de la norme '-' et ça m'arrive de l'entendre dans mon métier... il y a des "ils" et des "eux" qui sonnent vraiment extraterrestre. J'ai aussi eu le cas d'une personne disant qu'elle ne pourrait jamais faire l'amour avec qqn d'autiste, et la façon dont elle le disait, je sentais ce côté radicalement différent et incompréhensible, et ça m'a carrément blessée.
Je comprends ton point de vue, mais je pense (je suppose, en soi j'en sais rien) que cette personne quand elle dit "autisme" pense aux autismes très lourds (l'image clichée sans doute).
Nope, il n'y avait pas de quiproquo (et de base, elle prenait pour exemple un autiste sans déficience), j'ai pris le temps de demander, dire qu'il y a plein de formes différentes etc, mais la personne maintenait son affirmation, donc que veux-tu ^^ j'ai laissé tomber. Même si, évidemment, c'est de la méconnaissance, je sais bien qu'elle n'a aucune idée de ce qu'est réellement l'autisme. J'ai pris cet exemple-là parce qu'il m'a vraiment renvoyé l'impression d'un fossé infranchissable (pas pour le sexe, ça je m'en fous, mais pour comprendre ce qui se passe dans la tête de l'autre). Et donc, oui, quelle que soit la profondeur du handicap intellectuel ou psychique, c'est possible de se figurer en partie ce que la personne peut ressentir, avec des explications, du temps, etc.

Citation de: Oba
Oui, mais d'un autre côté parfois tu vas avoir des échos contradictoires. Moi je sais que pour le moment, c'est un peu mon problème : certaines personnes vont te dire que tu n'as pas le droit de faire quelque chose, d'autres que tu peux ou même que tu dois, et en fonction des personnes dont tu lis les témoignages les sensibilités sont très différentes. Il y a des interdits qui reviennent souvent (ne pas utiliser de couleur liée à la nourriture pour décrire la couleur de peau, par exemple), mais pour d'autres choses, c'est hyper variable. Certaines personnes vont te dire que mettre de la nourriture "typique" de l'origine de ton personnage dans ton récit renforce les clichés, d'autres vont te dire que si tu le ne fais pas, tu ne respectes pas la culture du personnage et tu ne fais qu'écrire un personnage blanc, mais en changeant sa couleur de peau, par exemple. Idem si tu parles de la différence d'accès à l'éducation : certains vont te dire que si tu fais ça, tu renforces le préjugé du "noir ignorant et inculte", alors que tu essayes de dénoncer une injustice qui est objectivement présente dans la société.
Je suis d'accord, on lit plein de choses contradictoires et il y a un stade où on est obligé de tracer sa propre route, même en essayant de concilier les contradictions, parfois il y a des choix à faire ; se forger sa propre opinion au final tout en respectant ces points de vue multiples. Tu peux relativiser en te rappelant que de toute façon, ces choix seront présents dans tous les livres (cf. mon premier post : ne pas traiter un sujet, c'est déjà en soi un positionnement). Le fait de construire un univers de fantasy te permet déjà énormément de libertés :) tu peux traiter de l'appartenance à une culture sans tomber dans un cliché connu par exemple.

Citation de: Oba
En fait, à discuter avec vous, je crois que je réalise que ma résistance à le faire est purement personnelle. Peut-être que je n'ai simplement pas envie, au fond de moi, de passer des centaines d'heures à faire des recherches puis à écrire en m'effaçant entièrement derrière un personnage autre que moi, au point de ne plus y retrouver ma propre identité. Je crois qu'inconsciemment, je n'aime pas "m'oublier", me rendre complètement transparente pour ensuite prendre la parole en tant que quelqu'un d'autre (je viens de réaliser ça au moment où j'écris). C'est peut-être du pur égoïsme de ma part, ou peut-être lié à un manque de confiance en ma capacité à le faire "bien", mais je sens que l'idée me rend profondément inconfortable et que pour le moment, ce n'est pas ce que je recherche (mais du coup c'est peut-être précisément ce que je devrais faire :mrgreen:). Pour le moment, je préfère réfléchir à la manière dont, en restant moi-même, je peux réagir et appréhender le monde pour le rendre plus égalitaire.
Ce qui est chouette, c'est qu'on peut se retrouver dans l'autre. Dans les sensations, le caractère, les goûts de Sylv (mon ado du futur, souffrant de schizophrénie, fils d'une réfugiée syrienne), j'ai mis énormément de petites choses qui me correspondent (tout en restant compatibles avec son parcours). Ca peut être des mini détails ou bien des choses profondes (sa tendance à vouloir toujours protéger sa famille / s'assurer qu'ils vont bien), des métaphores, des préférences sensorielles. C'est un personnage qui concilie pour moi à la fois le fait de me tourner vers les autres et de me retrouver moi-même.
Ca peut être une démarche intellectualisée : comment j'agirais dans cette situation-là ? comment ça aurait influencé mon caractère ? (bon ok on s'écarte de soi  :mrgreen: mais je trouve ça super intéressant). Qu'est-ce qui serait différent, qu'est-ce qui serait pareil ? Mais je pense que ça se fait aussi de façon très naturelle : injecter de soi dans les perso, c'est souvent assez spontané, tu y retrouveras toujours un petit quelque chose... Je crois que la solution que je préfère, c'est d'injecter les choses de façon naturelle, puis les identifier et les re-questionner ensuite (ça colle bien avec mon fonctionnement en mille-feuilles de relectures-réécritures). Un ami m'avait aussi aidée à faire le lien entre certains traits de caractère de Sylv et les trauma qu'il avait pu vivre en lien avec le racisme.
Je dis tout ça parce que j'ai le réflexe de vouloir te contredire quand tu dis que tu as l'impression que ce serait s'éloigner de toi... du coup, je réagis :-[ mais en vrai je comprends aussi très bien que tu n'aies pas envie de t'investir dans cette direction-là. D'ailleurs, je dis souvent que pour mon prochain récit, j'espère pouvoir l'écrire en me posant moins de questions, parce que c'est usant de tâtonner pour trouver le ton juste.
Bref, je souhaite pas te faire changer d'avis, c'était juste pour discuter.  :-[

Citation de: Oba
Personnellement, ça m'agace parfois un peu quand un homme écrit en se mettant à la place d'une femme. Je ne sais pas toujours dire pourquoi, je ne sais pas toujours d'où ça vient, peut-être de cette idée que les femmes ont été mises au silence pendant très longtemps et que maintenant, on leur prend même leurs voix pour s'exprimer à leurs places... Je sais que ce n'est pas la démarche de la plupart des auteurs qui le font, mais parfois, du coup, ça me prend à rebrousse-poil. D'où aussi ma réticence à le faire moi-même.
Moi, ça m'agace uniquement quand c'est mal fait  >:D .

Citation de: Oba
Je trouve aussi que le problème c'est que certains tropes ou thèmes peuvent vraiment être interprétés de manière très très différente selon les points de vue et les sensibilités de tes lecteurs. Bref, il n'y a pas de recette miracle :D
Oui... ! Autre astuce, parfois : la pluralité des personnages, qui eux-mêmes défendent plusieurs points de vue.

Citation de: Chouc
Parfois, c'est pas plus mal d'ignorer qui se cache derrière un texte, ça évite certains biais de pensée.
Oui ! J'aimerais bien être jugée sur mes textes par des personnes qui ignorent qui je suis... voir vraiment si c'est la qualité / le contenu du texte qui pose souci (si souci il y a  :mrgreen: ) ou si ce sont des préjugés liés à qui je suis.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 19:26:15
@ Chouc :
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Ma conclusion personnelle, c'est qu'il me semble illusoire d'espérer un jour arriver à une vision de la société dépourvue à 100% de préjugés.
Dès lors, tant qu'on fait l'effort de se renseigner, de réfléchir, d'ouvrir son horizon et donc d'écrire le minimum de bullshit, bah c'est cool.
Mais si on escompte tout maitriser sur le bout des doigts à chaque fois qu'on se lance dans un écrit, on s'en sortira jamais.

Y aura toujours une incohérence temporelle, toujours un non-sens médical, toujours une erreur d'appréciation.
On peut juste essayer de limiter au max les conneries et c'est déjà pas mal, non ?
Oui mais j'ai tendance à être perfectionniste sur les bords :mrgreen:

@ Ariane :
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Nope, il n'y avait pas de quiproquo (et de base, elle prenait pour exemple un autiste sans déficience), j'ai pris le temps de demander, dire qu'il y a plein de formes différentes etc, mais la personne maintenait son affirmation, donc que veux-tu ^^ j'ai laissé tomber.
En fait, plus le temps passe, et plus je commence à trouver ça très sincèrement triste, pas seulement pour les autres mais aussi pour la personne qui reste complètement enfermée dans ses petits schémas étriqués. Le monde est tellement plus beau quand tu choisis d'ouvrir ton esprit...

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tu peux traiter de l'appartenance à une culture sans tomber dans un cliché connu par exemple.
Là tout de suite, j'ai l'impression d'être tombée dans tous les clichés possibles et imaginables, mais je vois les choses de manière négative, ça ira peut-être mieux demain...

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Je dis tout ça parce que j'ai le réflexe de vouloir te contredire quand tu dis que tu as l'impression que ce serait s'éloigner de toi... du coup, je réagis :-[ mais en vrai je comprends aussi très bien que tu n'aies pas envie de t'investir dans cette direction-là. D'ailleurs, je dis souvent que pour mon prochain récit, j'espère pouvoir l'écrire en me posant moins de questions, parce que c'est usant de tâtonner pour trouver le ton juste.
Bref, je souhaite pas te faire changer d'avis, c'était juste pour discuter. :-[
En fait, je crois que pour le moment, j'en suis encore au stade où ce que je recherche dans l'écriture, c'est de me faire rêver, de me plonger dans un monde merveilleux que je peux bâtir de toutes pièces et de me changer les idées, plus que de l’introspection. Peut-être qu'une fois que j'aurai enfin réussi à boucler un roman avec une héroïne qui me ressemble dans un monde que j'aurai créé de A à Z avec une intrigue complexe, j'aurai envie de tester d'autres trucs et de me plonger dans un autre personnage complètement différent. Ou peut-être que ça me bloquera encore.
Bon je me sens un peu mal là, ce truc m'a fait plonger dans une introspection carabinée avec un regard pas très agréable, je reviendrai quand j'aurai quelque chose de mieux à dire...

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Oui... ! Autre astuce, parfois : la pluralité des personnages, qui eux-mêmes défendent plusieurs points de vue.
Oui, ça aussi j'ai essayé de faire, c'est une bonne technique.

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Oui ! J'aimerais bien être jugée sur mes textes par des personnes qui ignorent qui je suis... voir vraiment si c'est la qualité / le contenu du texte qui pose souci (si souci il y a  :mrgreen: ) ou si ce sont des préjugés liés à qui je suis.
C'est marrant, pour moi un texte est indissociable de son auteur. Je trouve qu'il y a des choses que tu peux dire en tant que personne faisant partie d'une population discriminée que tu ne peux pas dire si tu n'en fais pas partie... Et puis, notre démarche et notre histoire personnelle, le contexte dans lequel on vit... Je trouve ça capital de savoir ça sur un auteur pour aborder ses textes (je pense notamment à Rabelais : la première fois que j'ai lu Gargantua, j'ai trouvé ça incroyablement grossier et nul. Et puis ensuite, quand j'en ai appris plus sur le contexte et le sens caché derrière, j'ai adoré :D).
Titre: Re : Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Meilhac le 26 Octobre 2021 à 23:12:20
la première fois que j'ai lu Gargantua, j'ai trouvé ça incroyablement grossier et nul. Et puis ensuite, quand j'en ai appris plus sur le contexte et le sens caché derrière, j'ai adoré :D).

et ça te fait ça pour tout ? par exemple si tu manges une omelette que tu trouves dégueulasse et qu'on t'explique le contexte et le sens caché derrière, tu dis ah ben finalement je l'aime bien cette omelette ?

honnêtement je trouve ça bizarre de faire dépendre ce qu'on pense d'un texte de ce qu'on connait de son auteur.

quant à moi j'évite au maximum d'avoir des infos sur tout ce que je lis. ça fait écran entre le texte et moi. ça fait diversion.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ocubrea le 26 Octobre 2021 à 23:39:14
la première fois que j'ai lu Gargantua, j'ai trouvé ça incroyablement grossier et nul. Et puis ensuite, quand j'en ai appris plus sur le contexte et le sens caché derrière, j'ai adoré :D).

et ça te fait ça pour tout ? par exemple si tu manges une omelette que tu trouves dégueulasse et qu'on t'explique le contexte et le sens caché derrière, tu dis ah ben finalement je l'aime bien cette omelette ?

honnêtement je trouve ça bizarre de faire dépendre ce qu'on pense d'un texte de ce qu'on connait de son auteur.

quant à moi j'évite au maximum d'avoir des infos sur tout ce que je lis. ça fait écran entre le texte et moi. ça fait diversion.
Euh, je ne suis pas sûre que prendre un exemple qui soit aussi clairement peu pertinent et qui n'ait absolument rien à voir avec ce que je disais, pour généraliser mon propos à outrance et tourner les choses au ridicule, soit la meilleure manière de faire valoir ton opinion... Que je trouve par ailleurs tout à fait valide ! ;)

J'ai clairement dit que c'était mon avis personnel, et en ce qui concerne Pantagruel ou Gargantua, étant donné qu'il s'agit d'une analyse et d'une critique de la société et de la politique de l'époque, si tu prends le texte brut il n'a absolument aucun sens. Il faut le replacer dans son contexte et savoir quelle était la démarche de l'auteur pour qu'il prenne de l'intérêt et que tu comprennes en quoi sa réflexion est intéressante. Sinon tu as juste un rustre qui t'apprend à te torcher le cul...
C'est un exemple parmi d'autres mais oui, personnellement j'aime savoir qui a écrit ce que je lis, dans quel contexte et si possible, avec quel objectif. Ça donne de la profondeur à ce que je lis, je trouve :)

Mais de nouveau, je comprends aussi tout à fait ton point de vue, c'est probablement juste une question de préférence ;)

M'enfin, on s'éloigne un peu du sujet là !
Titre: Re : Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Opercule le 27 Octobre 2021 à 12:50:01
Je crois qu'inconsciemment, je n'aime pas "m'oublier", me rendre complètement transparente pour ensuite prendre la parole en tant que quelqu'un d'autre (je viens de réaliser ça au moment où j'écris). C'est peut-être du pur égoïsme de ma part, ou peut-être lié à un manque de confiance en ma capacité à le faire "bien"[…]
👍 La même, mais je pense que c’est plutôt le côté manque de confiance couplé à un genre de "facilité" ou habitude à écrire de son point de vue. Ce n’est pas forcément bon ou mauvais, mais peut-être qu’on doit apprendre à faire sans.

Je suis d'accord, on lit plein de choses contradictoires et il y a un stade où on est obligé de tracer sa propre route, même en essayant de concilier les contradictions, parfois il y a des choix à faire ; se forger sa propre opinion au final tout en respectant ces points de vue multiples.
👍

Même leur absence est, en réalité, un positionnement / une représentation ou plutôt une absence de représentation qui envoie des messages. Je pense aussi qu'on ne subit pas tous les mêmes choses, qu'on n'a évidemment pas du tout les mêmes vécus et la même expérience concrète des discriminations ; et pourtant, qu'on est tous concernés par ces sujets.
👍 Je ne suis pas sûr pour ce qui est de la fantasy, mais oui si on est dans le monde réel, il y a forcément des choses qu’on passe à la trappe ou qu’on ne traitera pas — et c’est un choix. Mais je dirais que plus un texte est complexe avec des personnages différents, plus il devrait y avoir de personnages qui font partie de minorités (ou populations marginalisées).

Je pense que c'est ça la conclusion de mes exemples en gros : j'ai une première version qui est ce qu'elle est, mais si je retravaillais ce texte, j'essayerais d'être hyper vigilante sur ces aspects.
👍 Je pense que c’est l’une des choses les plus importantes ici : le fait que nous grandissons et qu’avec nous les textes grandissent. Après, ça peut rendre la trame moins solide — comme il est arrivé à Ariane pour Switch ou bien comme tu en as peur, Oba. Mais Je crois qu’il faut juste être ouvert à l’éventualité que notre texte ne sera pas parfait dès le premier jet, niveau lecture critique comme niveau orthographe ou scénario.

 :meeting:

super sujet !
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ari le 27 Octobre 2021 à 12:54:20
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ça peut rendre la trame moins solide — comme il est arrivé à Ariane pour Switch
J'ai pas dit ça  :s
mais c'est pas grave haha ;)
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Opercule le 27 Octobre 2021 à 12:59:12
sorry j’ai lu qu’une seule fois et ce que j’avais compris ; tu disais qu’il fallait le réécrire itou ?

EDIT : Oui, j’ai peut-être surestimé l’effet
si je n'étais pas autant avancée dans le projet, si je commençais, aujourd'hui, à le rédiger avec les connaissances que j'ai et les convictions que j'ai... je pense que je ferais un autre scénario. Il y a des questions que je ne vais pas pouvoir aborder dans l'univers que j'ai construit et ça me manque un peu.
Titre: Re : Ecrire sur la discrimination [fantasy]
Posté par: Ari le 27 Octobre 2021 à 13:06:06
Après je disais aussi :
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j'ai choisi d'aller jusqu'au bout (parce que je n'ai pas perçu de vraie incompatibilité ; parce que mon scénario actuel me permet déjà de balayer énormément de choses dont les + importantes à mes yeux)
En gros, c'est pas que c'est "moins solide", c'est plutôt que je vois que je n'aborde pas absolument tout ; mais j'ai pas l'impression que la structure soit fragile ;) .
Mais c'est pas grave c'est du détail ;)  :-[ .