Un tout petit texte pour commencer: voici un essai pour le prologue de mon futur roman, fait il y a quelque mois:
La pleine lune montrait à nouveaux sa face blanche, éclairant la terre d'une pâle lumière se reflétant sur le brouillard, formant des figures éparses jalonnant le sol. Une nuit pour les loups dirait-on; tout le monde ici les redoutaient, ils avaient menés pendant la dernière guerre leur propre carnage cher les populations paysannes de tout le royaume.
Les grands arbres de la forêt d'Alken, qui pendant le jour montraient toute leur splendeur, offraient la nuit un tout autre visage; devenant créatures sournoises et malveillantes, couvrant les sous bois de leurs ombres effrayantes.
Les esprits obscures semblaient dominer ce monde somnolent, imprégné de croyances mystiques, contes et noires légendes, évoquant quelque monstre dévorant les enfants et les faibles, terrorisant ceux qui osaient les défier...
Mais cette nuit là, deux hommes se rencontrèrent au travers d'un sentier tortueux.
L'un était à cheval, haute silhouette démoniaque qui n'avait de familier que le battement de sabots sur le sol et le tintement d'une cotte de maille.
L'autre silhouette marchait le dos vouté, le visage dans l'ombre et le corps appuyé sur un grand bâton.
Les deux silhouettes s'arrêtèrent l'une en face de l'autre et se saluèrent mutuellement.
L'homme à pied tendit au cavalier un petit objet qui émit une lueur vive en passant sous un rai de lumière.
Il lui demanda d'une voix forte mais chevrotante:
_As-tu transmis mes instructions à tes hommes?
_Tous tes ordres ont été transmis et seront suivit à la lettre, tu as ma parole.
_Alors il faut agir au plus vite, le grand Kerolth ne pourra pas attendre bien longtemps car tôt ou tard, sa fureur se réveillera et alors nous regretterons d'avoir un jour fait partie de l'espèce humaine!
Le cheval s'emporta à la menace proférée par le vieillard, le cavalier émit un petit rire nerveux. Il répondit avec moins d'assurance:
_Cela n'arrivera pas, nous remplirons notre mission et nous aurons plus rien à craindre de lui...
_Ne parle pas comme ça! le coupa le vieillard avec colère, nous avons toujours quelque chose à craindre de Kerolth, et félicite toi qu'il ne soit pas en pleine possession de ses pouvoirs car il t'aurait depuis longtemps puni pour tes injures. Il est très dangereux de parler du grand Kerolth, les vents bien souvent portent les mots...
Un léger frémissement sembla parcourir la forêt toute entière, une brise légère, comme un signal qui se dispersa en ne laissant derrière qu'un silence de mort.
Le vieil homme leva lentement la tête qui fut alors éclairée par un rayon de lumière révélant son visage ridé et meurtri.
Sa bouche était cachée sous une longue barbe grisonnante qui semblait ne pas avoir été rasé pendant cent ans.
Ses pupilles se dilatèrent, et ses yeux, enfoncés dans deux profondes cavités balayèrent machinalement la cime des arbres.
_... dans de mauvaises oreilles.
Il avait fini sa phrase d'une voix presque inaudible.
Le cavalier, lentement, vint se placer à ses côtés, et leva la tête dans la même direction, la frayeur se devinait dans ses yeux:
_Les arbres...
Voila, je n'ai pas vraiment continué pour l'instant, juste un entrainement.