Phénomène Aérien Non Expliqué
Un ronron à peine perceptible commençait à se faire entendre. Doucette zieutait les environs entre deux prises de bec avec les délicieux escargots qui flottaient sur la mer de maïs qu’elle arpentait. Son cœur s’excitait autant que ses papilles. Le bruit amplifiait. Se rapprochait. Il était là partout à la fois mais en particulier derrière elle. Doucette délaissa sa becquée pour avant que sa gourmandise ne lui soit fatale. Elle leva sa tête vers les cieux pour y découvrir avec horreur un renard-chat-buse qui fondait sur elle toutes serres-griffes dehors. Il fallait fuir ! Elle tenta de courir mais ses pattes s’étaient enfoncées dans le sol et n’en sortaient pas. La polenta était plus visqueuse que la pire des boues. Doucette mobilisa tous ses efforts pour s’extirper de ce millas alors qu’une gueule pleine de crocs-becs allait l’engloutir. Elle se sentie emportée par la bête comme elle l’était par la terreur.
Du dur… le sol…
Doucette sortit d’un même élan du sommeil et du poulailler. Elle se retourna en sueur pour regarder à l’intérieur mais n’y trouva que Jacqueline en train de ronfler sur la paille. Aucun signe du renard-chat-buse. Elle avait définitivement forcé sur les escargots hier, ça ne lui réussissait jamais. De toutes façons, ça n’existe pas les renards-chats-buses, se rassurait elle. Mais alors, d’où pouvait bien venir le ronronnement ?
Elle remarqua un attroupement de ses semblables dans l’enclos. Pas du genre habituel. Communément, on s’attroupe pour picorer le sol avec entrain. Pas pour rester bec bé la tête en l’air. Doucette se joignit au cercle et à leur geste pour découvrir la source du bruit qui s’était infiltré dans ses songes.
On aurait dit une grosse araignée. Plus grosse que toutes celles qu’elle avait pu voir et bien moins appétissante. Elle était portée par quatre libellules à l’origine du bruit qui, effectivement, quand on y prêtait l’oreille, se rapprochait plus du gros bourdon que du petit ronron. Doucette l’avait deviné tout de suite. Après tout, le renard-chat-buse, ça n’existe pas. La bête tournait sur elle-même lentement en volant. Non bien sûr pas en volant. Voler, Doucette savait très bien ce que c’était, elle y arrivait presque et en était très fière. Voler, c’était être en l’air pour sûr mais surtout aller d’un endroit à l’autre. Ce truc était là. Posé sur l’air. Mais non ! Était-elle bête ? Il n’y avait qu’une explication.
« C’est une jolie toile qu’elle a là. On ne la verrait presque pas, fit Doucette avec l’air expert de ceux qui ont compris ce qui échappe à tous.
— Mais non Doucette, la reprit Pluplume. C’est pas une araignée. Ce truc-là a que quatre pattes. Puis j’ai essayé d’en picorer un bout tantôt. C’est dur comme du bois.
— Tu oublies l’coup où ça t’a foncé dessus et où t’es partie en claquant du bec. Comme une oie folle ! s’esclaffa Poupine qui ne manquait aucune occasion du genre.
— Bha les araignées, ça fait exactement ça, renchérit Doucette. Peut-être qu’elle est à pieds joints et qu’on voit mal d’ici.
— Noooooon, firent les autres en cœur. »
Elles aimaient bien Doucette mais pas son désir irrépressible d’avoir raison.
« Non, Reprit Simone d’un ton calme. Cette bête-là a une serre. Deux ou trois fois on l’a vue ramasser un caillou ou une coquille d’escargot pour le lâcher plus loin. Dans tous les cas, ça a l’air inoffensif.
— Oui, ‘fin c’est aussi ce qu’avait dit la pauv’ Tristie du chat. On se souvient toutes de comment ça a fini cette histoire, » remarqua Poupine.
Le blanc que laissa cette remarque était une opportunité parfaite pour qu’un nouvel intervenant s’introduise dans la conversation. Occasion que n’aurait jamais laissée passer Allan, le coq, qui passait par là. Il arriva donc en roulant du poitrail, fier comme un pou.
« Alors mes cocottes, on jacasse ? lança-t-il à la volière.
— Jackass yourself, fit remarquer Margareth l’oie depuis l’enclos voisin.
— Ta gueule Allan, répondit Poupine qui sentait monter l’envie de lui voler dans les plumes. On discute. Tu veux pas aller voir dans le champ d’à côté si y’a pas une bécasse que t’as pas encore sauté ?
— Rooo. Poupine, murmura Doucette d’un air réprobateur. On dit pas ce genre de choses.
— Surtout que je peux vous aider mes poulettes. Parce que moi je sais ce que c’est que ce truc. »
La curiosité l’emportait sur l’agacement et tout le poulailler était à présent pendu aux lèvres qu’Allan n’avait pas.
« Vous voyez, ça date de mon passage dans l’U.S. air force. J’avais pour mission d’infiltrer un élevage intensif de poulets en plein cœur du Texas. Le genre de truc qui vous marque un coq mes jolies. Des conditions de vie horrible, un rythme insoutenable, la perspective de ne pas voir le lendemain vous hante...
— L’élevage, c’est ça ? demanda Pluplume.
— Bien sûr que non ! La base militaire bien évidement. J’étais officier de liaison, pas coq de terrain. »
Les yeux roulèrent en ola.
« Bien. Où en étais-je ? Ah oui ! La bouffe, dégueulasse... Mais c’est pas de ça que je voulais vous parler. C’est d’un rapport que j’ai pu y apercevoir. Un soir est parvenu sur mon bureau cette étrange histoire. Des formes dans le ciel comme celle que vous voyez. La nuit elle s’allument même comme des vers luisants. Elles rentrent dans les granges et y enlèvent les vaches, parfois même, les humains. On ne sait pas vraiment ce qui se passe mais ceux qui en reviennent sont méconnaissables.
— Sauf que t’as jamais quitté la Franche-Comté crétin, coupa Poupine. « Et tu sais même pas lire. Comme nous toutes.
— Bah tiens, la pancarte là, y'a marqué ‘poulailler’ dessus !
— N’importe quel idiot peut deviner ça... »
La mayonnaise commençait à monter mais l’action fut interrompue lorsque la bête se mit en mouvement. D’un coup, elle fila jusqu’au poulailler et y entra. Un instant plus tard, Jacqueline passa l’entrée dans un torrent de plumes et de cris. Tous les regards étaient fixés sur le dortoir avicole. Leur demeure faisait à présent le bruit d’une grosse ruche alors que l’écho du bourdonnement rebondissait contre les parois. Puis un bruit sourd, comme le bois qui frappe le bois. Et d’un coup la bête ressortit avec, dans son unique serre maintenant bien visible, un œuf qu’elle emportait hors de l’enclos.
« Ha ! Qu’est-ce que je vous avais dit ! brailla Allan avec une voix digne d’un canard vexé sous amphétamines.
— Mon œuf ! criait à son tour Poupine en tentant de voler après la chose sans grand succès. R'viens là saloperie. J’vais t’mettre du plomb dans l’aile, ça s’ra ton chant du cygne ! »
Hélas, c’était peine perdue. La chose était partie de l’enclos pour se poser au sol de l’autre coté. Mais, dieu merci, c’était le fermier qui arrivait ! Il captura la bête au sol et repris l’œuf pour le mettre dans son panier. Ouf, il n’était pas perdu et on ne se demanderait pas qui avait arrêté de pondre. En plus il avait le sac de grain. Puis une voix, non un cri, fendit les airs.
« Michel ! Tu les ponds toi-même ces œufs où bien ? Arrête de faire mumuse avec ton drone et utilise tes mains.»
Bonjour à toi chameau-mout,
Voici une amusante situation que tu nous décris avec gaillardise et humour. J'aurais bien imaginé à la fin l'étrange serre qui lâche un œuf et le casse par maladresse, aussi maladroite qu'inefficace dans l'exécution de bien modestes tâches.
Difficile d'écrire un texte avec l'aide seule d'un correcteur orthographique, bravo à toi pour ce défi que tu as surmonté pour participer à l'Appel à Texte. Puisqu'il te reste encore quelques jours pour apporter des corrections au texte, je t'ai fait un premier relevé orthographique de quelques oublis en insistant notamment sur les dialogues qui sont au cœur de ton récit.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Comme tu as concentré une grosse partie de l'histoire sur les dialogues dans un poulailler, je te conseille de bien soigner la façon dont tu présentes les choses, de façon à donner envie de suivre cette étrange discussion sur l'indescriptible bête volante.
Enfin, pour le coq Allan, il ne m'a pas l'air très malin... Dis donc, j'espère que tu ne t'es pas inspiré.e de moi pour l'imaginer !! :o
hihihi, merci à toi pour cette lecture, et à bientôt si tu as besoin d'aide à nouveau. ^^