Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Zephyr le 14 Janvier 2011 à 23:35:21

Titre: Nature morte
Posté par: Zephyr le 14 Janvier 2011 à 23:35:21
Au plus grand désespoir d'ernya ( :mrgreen: ), c'est encore un poème, c'est encore un sonnet, et c'est encore des alexandrins ! Inspiration sans aucun rapport avec ce que vous pourriez imaginer (Vive la Médiévale...) !

Je ne sais pas trop ce que ça vaut (c'est moi ou je me répète ?)...Je ne suis pas sur du vers 12, syntaxiquement parlant.


Nature morte

Sur la palette en bois, les pigments s’entremêlent,
Provoquant des sursauts à l’imagination.
Les teintes et les tons s’ajoutent pêle-mêle,
Du grenat vif au bleu profond et vert passion.

Sur la toile ennemie, des éclats colorés
Combattent la fureur de la blancheur mortelle,
Par la lance écarlate et les larmes dorées,
S’écrasent sans un bruit comme des étincelles.

Sur le visage éteint du peintre sans bonheur,
Face à son dur fardeau, face à sa lourde peine,
S’échappe la rancœur, le vermeil de la haine.

Et quand le jour viendra où il faudra qu’il meure,
Parleront pour toujours ses dernières nuances
Qui voleront enfin dans cette ultime danse.
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Tourniaire le 15 Janvier 2011 à 01:55:42
J'aime bien le 1er paragraphe (c'est strophe le terme correct pour la poésie ?).

Citer
Face son dur fardeau, face à sa lourde peine,
S’échappe la rancœur, le vermeil de la haine.

Il ne manque pas un "à" ?
Titre: Re : Nature morte
Posté par: pehache le 15 Janvier 2011 à 09:33:58
Ben, c'est pas mal du tout,  techniquement parlant et d'un point de vue sonore. (Je ne suis pas un fan de ce type de poème: fond et forme, mais ça, c'est mon problème.)

S’écrasant sans un bruit comme des étincelles.   Pourquoi s'écrasant plutôt que s'écrasent, moins lourd ?



Et quand le jour viendra qu’il faudra qu’il meure,               Soit une"," après viendra, soit c'est agrammatical. Sinon, c'est 11
Et quand le jour viendra ET qu’il faudra qu’il meure,     
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Matt le 17 Janvier 2011 à 08:52:38

Ce texte est bien mené, il y a eu un vrai travail, que ce soit métrique, rythme, forme, sonorités. C'est sûrement un des meilleurs venant de toi, de ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. Quelques points cependant :

Citer
Face son à dur fardeau, face à sa lourde peine,
"Face à son dur fardeau"

Citer
Et quand le jour viendra qu’il faudra qu’il meure,
= 11 + formulation lourde "qu'il faudra qu'il meure"
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Zephyr le 18 Janvier 2011 à 15:04:12
J'ai corrigé les petites fautes que vous m'avez indiqué. Par contre pour la lourdeur du 12ème vers, je pense que je vais totalement reformuler le vers (enfin, je vais essayer de modifier surtout l'hémistiche en cause).

EDIT : J'ai "modifié" avec un "où il faudra qu'il meure", mais je suis encore moins sur pour la syntaxe...

pehache, c'est vrai que "s'écrasent" est beaucoup moins lourd. Mais j'y avait pas du tout pensé.

Merci de vos commentaires !
Titre: Re : Nature morte
Posté par: ernya le 18 Janvier 2011 à 22:31:04
Encore une fois, la forme me convainc pas vraiment.
Par contre, à part quelques vers (v 2, 13 et 14) je trouve que l'ensemble balance bien, enfin que niveau sonore tu te défends bien et ça c'est vachement cool parce que c'est pas évident à faire donc pour ça, bravo !
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Zephyr le 19 Janvier 2011 à 19:48:28
Merci ernya ^^

Pour la forme, je savais tout de suite que ça te plairai pas. Mais disons que je ne vois pas comment j'aurais pu faire la même chose avec une autre forme... Peut-être que je n'ai pas assez de "maturité littéraire"  :mrgreen:

Mais merci pour le compliment. Et les quelques vers qui sont un peu en dessous, je vois pas trop ce que je peux faire... Peut-être plus tard...
Titre: Re : Nature morte
Posté par: pehache le 19 Janvier 2011 à 21:20:43
Et si, maintenant que tu as fourbi tes armes de versificateur, tu passais à la poésie ?
Ce n'est pas une boutade, plutôt un encouragement.
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Zephyr le 20 Janvier 2011 à 22:28:31
C'est vrai, pehache, il serai temps que je passe à la poésie. Tout mes textes "poétiques" sont pour le moment que des histoires, des moments... Mais je ne me sens pas l'envergure de passer à la réelle poésie (même si on peut considérer dans un sens que mes textes sont -presque- de la poésie).
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Gilles le 29 Janvier 2011 à 05:38:17
[…]
Provoquant des sursauts à l’imagination.
[…]
Je ne saisis pas le sens de ce vers ; est-ce l'imagination qui subit des sursauts ?


[…]
Sur la toile ennemie, des éclats colorés
[…]
S’écrasent sans un bruit comme des étincelles.
Pour le lecteur peu habitué au grand style, le sujet semblera très loin du verbe. Je ne sais pas si c'est à cause des contraintes de la métrique et de la rime, mais j'ai assez vite perdu de vue la direction du poème ; est-ce le combat du peintre avec la toile et les couleurs ? Le combat des couleurs contre la toile ? L'art qui épuise l'artiste peu à peu ?

Mon impression (je dis bien « impression », donc elle est personnelle et liée à cette heure-ci où j'ai lu ton poème) est que la forme sonnet traduit mal le thème romantique. Ce n'est pas que la forme du sonnet m'irrite en soi, mais les contorsions nécessaires pour faire entrer le sens dans la forme tuent la fluidité le plus souvent.

Ceci dit, l'idée de l'art du peintre comme lutte (si j'ai bien compris) me plaît beaucoup.
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Zephyr le 29 Janvier 2011 à 07:48:23
Je ne saisis pas le sens de ce vers ; est-ce l'imagination qui subit des sursauts ?

Oui, en gros c'est ça. C'est le mélange des couleurs, les premières transformations qui provoquent les premiers mouvement de notre esprit et notre imagination.

Pour le lecteur peu habitué au grand style, le sujet semblera très loin du verbe. Je ne sais pas si c'est à cause des contraintes de la métrique et de la rime, mais j'ai assez vite perdu de vue la direction du poème ; est-ce le combat du peintre avec la toile et les couleurs ? Le combat des couleurs contre la toile ? L'art qui épuise l'artiste peu à peu ?

Ah ? Pourtant, je trouvais le tout assez compréhensible (enfin, je veux dire par rapport à d'autre de mes poèmes. Et puis, il n'y a qu'un seul sujet dans ma phrase, les "éclats colorés". En tout cas, c'est pas du tout par problème de métrique ou de rime que je l'ai formulé comme ça. Et c'est d'ailleurs le cas pour presque l'ensemble du poème. Il m'est venu plutôt naturellement.
Non, il n'y a pas vraiment de combat entre le peintre et la couleur, le seul ennemi est la toile. Les couleurs ne sont que le moyen qu'à le peintre pour vaincre le "vide", cet espace "blanc". Et en même temps, il à une colère envers tout ce qu'il fait, il ne le supporte pas. Il n'est jamais content du résultat. La haine du tercet précédent pet aussi bien porter su son fardeau que sur lui-même...


Tu n'est pas le premier à me reprocher d'utiliser la forme du sonnet. Mais j'écris comme ça me vient. Et puis, j'ai pris tellement de temps à maîtriser cette forme que maintenant, j"ai du mal à m'en détacher. Mais j'essayerai. Pour le thème, il n'y avait aucune pensée d'un thème romantique... Enfin, pas consciemment.
Comme je l'ai déjà dit, j'ai pas vraiment dans ce problème fait d'énorme contorsions et je trouve le tout quand même fluide (toujours en aillant en tête ce que j'ai pu faire par le passé).

Enfin, comme lutte, c'est un peu ça. Lutte contre la toile, mais aussi contre soi-même, un peu contre les autres. Mais c'est aussi la trace qu'il veut laisser, le seul témoins de ses sentiment de sa "rancœur"...
Titre: Re : Re : Nature morte
Posté par: Gilles le 29 Janvier 2011 à 08:14:41
[…] je trouvais le tout assez compréhensible (enfin, je veux dire par rapport à d'autre de mes poèmes.
Je pense qu'il faut se méfier… Le texte est clair pour l'auteur (normalement) mais pas toujours clair pour le lecteur !

Les couleurs ne sont que le moyen qu'à le peintre pour vaincre le "vide", cet espace "blanc". Et en même temps, il a une colère envers tout ce qu'il fait, il ne le supporte pas.
C'est très intéressant. La victoire contre le « vide », la colère contre soi-même ou contre les matériaux ou contre le monde sont à mon avis des caractères romantiques [pour moi romantique est le contraire de sentimental]. Les peintres classiques travaillaient dans un esprit de correspondance avec le monde, avec les symboles du monde, etc. et ne pensaient pas autant à exprimer leur « personnalité ».

Tu n'est pas le premier à me reprocher d'utiliser la forme du sonnet.
Non, ce n'est pas du tout un reproche, je me suis mal exprimé sans doute.
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Ambriel le 29 Janvier 2011 à 14:53:11
Hey, salut salut ! Je ne m'y connais pas du tout en poésie mais j'ai beaucoup aimé  :) ! Le titre m'avait interpellée donc je suis passée, et j'ai pas été déçue  ^^ J'aime bien les termes que tu as employé, les images... je ne sais pas trop.  ><

Citer
Qui voleront enfin dans cette ultime danse.
Où se joue le hasard ?  :mrgreen:

Voili voilou juste un petit passage pour dire que j'ai aimé  :)
Titre: Re : Nature morte
Posté par: Almeus le 30 Janvier 2011 à 21:51:21
J'aime beaucoup! ça exprime tout à fait ce que je ressent quand je me retrouve devant une feuille blanche,  même si je suis plus crayon que pinceau ;)

le mot 'imagination" me gêne un peu, je trouve le registre trop courant, le mot trop plat (oui c'est un peut bête  ;D)
c'est le seul défaut que je lui ait trouvé (et encore, c'est personnel)