comme mues de l'intérieur.Je trouve la formule "comme + adjectif" vue et revue, je suis souvent un peu réticente ; ici je ne suis pas sûre qu'elle soit vraiment la meilleure : l'intérieur d'une ombre, qu'est-ce que c'est ? pourquoi "comme" mues ? en fait ce sont des ombres qui se meuvent, pourquoi ce serait "comme" et pourquoi ce serait de l'intérieur ?
Par intermittence on y apercevrait une forme humaine, fugace comme un reflet ; Tonia, l'habitante du dôme de verre.C'est un point-virgule non académique >:D .
Tonia, elle danse parce qu'il faut danser même sans oublier ; rumba perdue d'avance – quoiqu'il arrive, à la fin, ce sont les ombres qui la dévorent poings et pieds liés.J'aime bien la première occurrence de "rumba", que j'ai prise comme une métaphore, je ne pensais pas qu'elle dansait réellement des pas de rumba mais plutôt qu'elle dansait quelque chose d'abstrait (la rumba aurait donc été plutôt de l'ordre d'une expression, une image apposée sur cette danse).
Parfois, les spectres obscurs font un faux-pas et un rai de lumière traverse l'ampoule. C'est là que l'on peut apercevoir Tonia, qui ne nous aperçoit pas parce qu'elle ne connaît que le sombre – comment reconnaître ce qu'elle ne connaît pas ? Tonia ne voit en nous qu'un phosphène, une anomalie fugace. Parfois les spectres obscurs font un faux-pas et Tonia pourrait libérer sa main droite, délier ses pieds, se saisir du sabre collé à sa hanche puis de la hallebarde appuyée tout contre son épaule. Tonia pourrait mais l'ombre gagne, l'ombre poursuit son mouvement, l'ombre terrasse Tonia de sa rumba perpétuelle. Ces jours-là, Tonia mène la danse pour un contretemps et transforme la rumba, spinne, tangue, sort de l'axe... jusqu'à l'abrazo qui l'enferme dans la peine ombre.
Les phosphènes se succèdent à la cadence des errances spectrales et Tonia s'interroge, se pique de curiosité. Tonia spinne seule à ses minutes perdues maintenant, quand l'ombre la manque après l'avoir envoyée valser. L'intérieur de l'ampoule se fait plus vaste et le noir moins nuit, les contours eigengrau. Les phosphores pétillent à la surface et chatoient, varient, feux d'artificent. Tonia découvre la notion de couleurs et pressent un monde au-delà des ténèbres où elle s'oublie.J'aime bien tout ça :) .
Un abrazo l'annihile.J'ai du mal à comprendre l'image. Un abrazo de la part des ombres ?
Les ombres ritournelles reprennent leurs droits sur le cœur et l'ampoule et Tonia. C'est la rumba permanente, celle qui n'aurait jamais dû cesser. Tonia le sait, renonce et rentre en rythme. Tonia oublie. On ne peut qu'oublier ou danser au milieu des brumes. Jusqu'à oublier qu'on danse – dans un globe de verre rempli d'ombres qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent. Jusqu'à tuer le souvenir des phosphores qui pétillent et chatoient, varient, feux d'artificent. Jusqu'à fermer les yeux pour s'oublier.Comme dit plus haut : je trouve que les répétitions marchent plus ou moins bien. Ici, je trouve qu'un nouveau terme à la place de "s'oublier" aurait eu plus d'impact.
C'est un globe de verre rempli d'ombres qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent, comme mues de l'intérieur. Par intermittence on y apercevrait une forme humaine, fugace comme un reflet ; Tonia, l'habitante du dôme de verre.Ah, oui, j'ai oublié de le dire à la première occurrence, mais pour moi globe et dôme ce n'est pas du tout la même chose et cela transforme l'image visuelle que j'essaye de me construire. Je ne sais pas pourquoi tu changes en cours de route, surtout que tu n'hésites pas à répéter tout plein d'autres mots.
C'est un globe de verre rempli d'ombres qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent, comme mues de l'intérieur. Par intermittence on y apercevrait une forme humaine, fugace comme un reflet ; Tonia, l'habitante du dôme de verre. Tonia qui se souvient que les phosphènes d'hier. Tonia qui recouvre la. Tonia qui frôle subrepticement le sabre collé à sa. Hanche. Les étincelles d'hier allument des bribes de souvenirs qui ravivent les pensées délabrées de Tonia. Elle sait qu'elle a su qu'elle savait et elle se désaxe insidieusement. Volontairement.J'aime bien :) .
lorsque les spectres sombres la dévorent en abrazzos.Ici tu as mis deux z à abrazzos, ailleurs tu n'en mettais qu'un.
Les abrazzos sont forts et ténébreux, les phosphènes trop furtifs.Encore deux z ; et il y a une double espace avant "ténébreux".
Empire de ténèbres suspendus,suspendues
à intervalses régulières...J'aime bien :)
Parce qu'assez d'années passées ou trop de phosphores ou peut-être pas assez ou autre chose encoreDouble espace avant "passées"
La corde à ses poignets tranchée sur le fil du sabre puis la garde dans sa main, ses pieds libérés au milieu d'une dérobade en désaxement parfait. Tonia tonitrue debout sabre et hallebarde en incendie, elle taillade les ombres, lacère, hache, tranche, fauche, piétine. Et fend l'ampoule.J'aime bien :) le rythme et les changements de langage, ça fonctionne pour moi.
Alors elle tambourine martèle et tape, tape tape tape jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien que ses mains ensanglantées son visage griffé, marqué de centaines de scories de verre qui la défigurent mais elle s'en balance au rythme des fragments d'ombre et de verre qui tanguent lentement et se déposent en volutes à ses pieds.
Et elle spinne pour elle-même dans un monde en couleurs au-dehors de l'ampoule.J'aime bien cette phrase, mais j'ai du mal à comprendre vraiment comment elle s'intègre avec le reste du texte. J'y vois un sentiment de délivrance et le fait de profiter, de faire ses choix. Mais juste après la peur revient. J'ai l'impression que cette phrase aurait pu être un peu plus isolée, que le moment d'exception ressorte. Mais je ne suis pas sûre, c'est peut-être aussi très bien comme ça.
les éclats qui photophorent à la lumière du jour.<3
Miette par miette, elle hérisse son manteau d'ombre de verre brisé.<3
Les choses les plus belles sont faites de monstruosités fracturées.<3
Nous tentons de lui parler, mais Tonia se dérobe ; elle ne nous connaît pas. Elle slalome entre nous et chaloupe, les restes d'ampoules dressés nous obligent à tenir la distance. C'est à elle de nous appréhender, à nous de l'apprivoiser – peut-être.:coeur:
Peut-être.
Peut-être qu'un jour Tonia nous aimera assez pour nous entr'ouvrir son manteau d'enfer et de fracas.
C'est un globe de verre rempli d'ombres qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent,J'aime bien cette entrée en matière, et ces deux "et".
Tonia qui sait, qui sait le poids des ombres et la pesanteur de l'air vicié inlassablement inspiré expiré – le même, toujours.Je suis pas super fan de la répétition "qui sait" telle quelle. Si je devais la garder, je verrais plus ça : "qui sait le poids des ombres, qui sait la pesanteur de l'air (...)". Mais ce n'est qu'une proposition ;)
qu'elles lui tordent les poignets, qu'elles lui tordent les chevilles, même si les ombres sont tellement lourdes que, parfois, elles lui tordent le cou.Je sais pas trop pourquoi, mais les chevilles tordues ça m'a fait un peu étrange comme image. J'imagine bien une force qui tord les poignets ou le cou, mais les chevilles, moins.
l'ombre terrasse Tonia de sa rumba perpétuelle.Je suis pas fan du mot rumba en fait. Alors tu l'utilises beaucoup par la suite, donc je te vois pas trop le changer, mais il m'a plus sorti du texte que les autres mots un peu particuliers comme "abrazo" et "eigengrau".
Nous n'y aurions sans doute jamais cru mais un jour – un jour Tonia a osé. Parce qu'assez d'années passées ou trop de phosphores ou peut-être pas assez ou autre chose encore ; on ne sait jamais vraiment pourquoi un jour, on ose.(il y a un espace en trop entre années et passées, sauf si c'est voulu)
avant de se décider à tisser entre elles toutes les parts sombres en un long manteau qui la rend invisible lorsqu'elle s'en recouvre.:coeur:
Miette par miette, elle hérisse son manteau d'ombre de verre brisé.(se référer à la réaction précédente)
Les choses les plus belles sont faites de monstruosités fracturées.Alors là par contre je suis un peu plus perplexe. Je comprends ce que tu veux dire par là, mais ça me fait un peu l'effet d'une phrase lâchée comme ça, sans trop réfléchir à ce que tu veux vraiment dire par là (ce qui n'est pas forcément le cas, hein). Ça sonne comme une belle phrase qu'on écrit comme ça, mais ça résonne pas trop (ou pas assez) avec le reste du texte, à mon sens.
qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent,pas fan du double "et" mais je vois l'idée de faire tourbillonner tout ça :)
c'est danser quand même mêmetite virgule entre les "même" ?
l'ombre terrasse Tonia de sa rumba perpétuelle.:coeur:
Les ombres ritournelles reprennent leurs droits sur le cœur et l'ampoule et Tonia.là, les deux "et" fonctionnent mieux, je trouve
Elle se souvient dur comme fer du sabre à sa hanche et de la hallebarde à son épaule ; elle ne les a jamais vues, mais elle les a caressées comme deux espoirs alors elle sait que même quand tout est aveugle, elles existent quelque part.cool aussi, ça :)
les restes d'ampoules dressés nous obligent à tenir la distance."tenir la distance", pour moi c'est une expression qui veut dire "réussir à faire des efforts suffisamment longtemps" :/
Avis global : j'ai vraiment beaucoup aimé :coeur: .Merci :-[
Je pinaille quand même pour les détails, comme à notre habitude :-[ :Le contraire m'aurait déçue :mrgreen:
Je trouve la formule "comme + adjectif" vue et revue, je suis souvent un peu réticente ; ici je ne suis pas sûre qu'elle soit vraiment la meilleure : l'intérieur d'une ombre, qu'est-ce que c'est ? pourquoi "comme" mues ? en fait ce sont des ombres qui se meuvent, pourquoi ce serait "comme" et pourquoi ce serait de l'intérieur ?Hum... Je voulais dire que le mouvement des ombres semble être provoqué par un phénomène qui se passe à l'intérieur de l'ampoule (et en effet, j'explique après qu'une danse se passe à l'intérieur de l'ampoule)
C'est un point-virgule non académique >:D .Si ! C'est un point-virgule académique, il y a un lien logique entre les deux phrases ! :P Ceci étant, les deux points auraient bien fonctionné aussi. Mais j'avais envie d'un point-virgule :-[
Je me suis demandé pourquoi pas utiliser deux-points.
Sinon, sur l'ensemble du texte, je trouve des atypies de ponctuation très fluides :) ça fonctionne bien pour moi.
J'aime bien la première occurrence de "rumba", que j'ai prise comme une métaphore, je ne pensais pas qu'elle dansait réellement des pas de rumba mais plutôt qu'elle dansait quelque chose d'abstrait (la rumba aurait donc été plutôt de l'ordre d'une expression, une image apposée sur cette danse).Bon, vu que "rumba" faisait tiquer Zag et qu'en plus j'utilise pas mal le mot "abrazo" qui se rapporte au tango (j'ai uniformisé l'orthographe d'ailleurs, merci !), j'ai changé "rumba" par "tango". De mon point de vue, elle danse effectivement une danse particulière qui lui est imposée par les ombres (c'est ce que je dis dans le 1er paragraphe, je verrai si ça gêne d'autres lecteurs), mais le texte est construit de telle manière qu'on puisse prendre les choses au sens propre comme au figuré (normalement, si j'ai bien fait mon taf... :-[). Pour les répétitions, oui, on peut les voir comme la répétition de sa vie ou comme la répétition d'un schéma, mais je les ai aussi surtout utilisées pour essayer de rendre l'effet d'étouffement.
Dans cette idée, dès la deuxième occurrence, j'ai eu l'impression d'une répétition maladroite... Les autres occurrences ne m'ont pas convaincue, ou en tout cas, j'ai trouvé qu'il y en avait trop, qu'il y aurait pu y avoir d'autres images. Je vois bien que les répétitions sont volontaires dans ce texte pour traduire la répétition de sa vie ; mais je trouve que certaines fonctionnent plus ou moins bien.
Mais peut-être qu'en fait, elle danse vraiment la rumba ? Dans ce cas je pense que je l'aurais dit + explicitement et en racontant un peu les mouvements de cette danse plutôt qu'un mot seul.
Tonia pourrait mais l'ombre gagne, l'ombre poursuit son mouvement, l'ombre terrasse Tonia de son tango perpétuel. Ces jours-là, Tonia mène la danse pour un contretemps et la transforme, spinne, vrille, sort de l'axe... jusqu'à l'abrazo qui l'enferme dans la peine ombre.
J'aime bien tout ça :) .Cool ! :)
J'ai du mal à comprendre l'image. Un abrazo de la part des ombres ?C'est ça. En fait à ce moment on pourrait croire qu'elle va se libérer de tout ça (elle se rappelle qu'elle avait pressenti un monde de l'autre côté de l'ampoule, elle effleure ses armes etc.) sauf qu'au dernier moment l'ombre la reprend en abrazo et la renferme. Oui, l'ombre c'est vraiment son cavalier, c'est l'ombre qui la fait danser et qui guide ses pas - et qui l'empêche de réfléchir et de se libérer.
Comme dit plus haut : je trouve que les répétitions marchent plus ou moins bien. Ici, je trouve qu'un nouveau terme à la place de "s'oublier" aurait eu plus d'impact.Yep, c'était vraiment trop. J'ai changé :
Les ombres ritournelles reprennent leurs droits sur le cœur et l'ampoule et Tonia. C'est le tango permanent, celui qui n'aurait jamais dû cesser. Tonia le sait, renonce et rentre en rythme dans le décor. On ne peut qu'oublier ou danser au milieu des brumes. Jusqu'à perdre de vue qu'on danse – dans un globe de verre rempli d'ombres qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent. Jusqu'à tuer le souvenir des phosphores qui pétillent et chatoient, varient, feux d'artificent. Jusqu'à fermer les yeux pour s'omettre.
Ah, oui, j'ai oublié de le dire à la première occurrence, mais pour moi globe et dôme ce n'est pas du tout la même chose et cela transforme l'image visuelle que j'essaye de me construire. Je ne sais pas pourquoi tu changes en cours de route, surtout que tu n'hésites pas à répéter tout plein d'autres mots.Parce que je vois la nuance mais que je ne la trouve pas importante pour la compréhension du texte :-[ je verrai si ça gêne d'autres personnes !
J'aime bien :) .Cool ! :)
J'aime bien :) le rythme et les changements de langage, ça fonctionne pour moi.Cool ! :)
J'aime bien cette phrase, mais j'ai du mal à comprendre vraiment comment elle s'intègre avec le reste du texte. J'y vois un sentiment de délivrance et le fait de profiter, de faire ses choix. Mais juste après la peur revient. J'ai l'impression que cette phrase aurait pu être un peu plus isolée, que le moment d'exception ressorte. Mais je ne suis pas sûre, c'est peut-être aussi très bien comme ça.Hum... Si, c'est vraiment là, le moment où elle se libère des ombres et de l'ampoule. Ce qui se passe après n'a plus rien à voir avec avant, elle ne sera plus jamais prisonnière des ombres et de l'ampoule puisqu'elle les a détruites. Après effectivement, j'aurais pu mettre cette phrase plus en relief, comme je le fais avec d'autres phrases dans la suite du texte... J'y réfléchis !
J'aime bien cette entrée en matière, et ces deux "et".cool ! :)
Je suis pas super fan de la répétition "qui sait" telle quelle. Si je devais la garder, je verrais plus ça : "qui sait le poids des ombres, qui sait la pesanteur de l'air (...)". Mais ce n'est qu'une proposition ;)j'ai viré le 2e "qui" ;)
Je sais pas trop pourquoi, mais les chevilles tordues ça m'a fait un peu étrange comme image. J'imagine bien une force qui tord les poignets ou le cou, mais les chevilles, moins.J'imagine les ombres tellement lourdes par moments que toutes les articulations de Tonia flanchent, même ses chevilles. Je verrai si j'ai d'autres réticences à ce sujet !
Je suis pas fan du mot rumba en fait. Alors tu l'utilises beaucoup par la suite, donc je te vois pas trop le changer, mais il m'a plus sorti du texte que les autres mots un peu particuliers comme "abrazo" et "eigengrau".J'ai changé la "rumba" en "tango" (et ça allait mieux avec les abrazos)
(il y a un espace en trop entre années et passées, sauf si c'est voulu)L'espace n'était pas voulue, là ! Pour le coup, l'absence d'explication était voulue (il y a une paresse narrative ailleurs, mais on en reparle :mrgreen:). Je pensais que le fait que je dise "peut-être parce que ceci ou cela ou pas du tout en fait" faisait passer le message qu'en fait peu importe l'explication, l'important était que le déclic arrive (et j'espérais du coup effectivement toucher à quelque chose de plus "universel" que la simple expérience de Tonia)
Je trouve ça dommage que tu ne donne pas d'explication. Ça donne un peu l'impression d'une paresse narrative. Alors j'imagine que c'est parce qu'il y a un parallèle à faire avec ce texte, on en reparlera.
Alors là par contre je suis un peu plus perplexe. Je comprends ce que tu veux dire par là, mais ça me fait un peu l'effet d'une phrase lâchée comme ça, sans trop réfléchir à ce que tu veux vraiment dire par là (ce qui n'est pas forcément le cas, hein). Ça sonne comme une belle phrase qu'on écrit comme ça, mais ça résonne pas trop (ou pas assez) avec le reste du texte, à mon sens.Ouais, effectivement, là, y a eu paresse narrative :mrgreen: (j'avais fait quelques phrases pour expliquer que les cicatrices de Tonia lui donnaient une beauté particulière etc etc et j'ai trouvé ça trop bateau... du coup j'ai juste laissé la phrase qui concluait tout ça en me disant "boarf, le lecteur comprendra". Mais apparemment ça marche pas :mrgreen:
Un rai de soleil s'emprisonne dans les balafres rougies qui maculent sa peau nue et les restes de rage égrenés dans ses cheveux. Sertie dans son vêtement tissé des noirceurs d'hier, Tonia nous rappelle que les choses les plus belles sont faites de monstruosités fracturées.
La langue est très jolie, on sent bien les mouvements de Tonia, et l'emprise des ténèbres sur elle : ça marche. Sur le style j'émettrai tout de même une réserve, je trouve que ça se répète un peu trop. Que quelques termes reviennent au fil du texte, comme abrazo ou rumba ça ne me dérange pas, mais je trouve qu'il y en a un peu trop. Peut-être que c'est pour rendre compte d'une monotonie, mais je suis pas certain que ce soit l'axe majeur du texte (on ressent plus l'emprise totale et étouffante des ténèbres).J'ai modifié certaines répétitions. Ce n'est pas tant la monotonie que l'impossibilité d'en sortir que je voulais exprimer
Je ne pense pas me tromper en disant que tu veux faire un parallèle avec ce texte, mais je n'arrive pas très bien à mettre le doigt dessus, en fait. Si je récapitule, je vois une femme enfermée dans une situation étouffante (le mot est assez faible), qui contraint et dirige le moindre de ses mouvements. Les autres sont spectateurs, et ne font rien (ou ne peuvent rien faire) pour lui venir en aide. Elle finit par s'en sortir, au prix d'une lutte douloureuse (le mot est là aussi un peu faible...), et se ferme au monde en même temps qu'elle se protège.Oui, j'ai écrit le texte surtout pour essayer des faire naître des émotions chez le lecteur, tout en essayant de m'affranchir d'une histoire trop "vraie et singulière". D'où la métaphore. Je pourrais dire ce que le texte évoque pour moi, mais je n'ai pas envie que "ma version de l'histoire" prime. Tu parles de mots trop faibles pour décrire ce que tu as ressenti du texte et je trouve ça chouette, ça veut dire (mais je me trompe peut-être) que j'ai réussi à évoquer des choses qui dépassent les mots et si c'est effectivement ça, c'est un super compliment :-[
Je dirais que ça décrit beaucoup de situations diverses, mais ça reste assez flou. J'imagine que c'est voulu, ça expliquerai cette non explication du "déclic" de Tonia, pour garder en généralité. En tout cas, tout ça aussi ça fonctionne si c'est ce que tu veux faire.
c'est quand même une lecture bien particulière.et du coup, quand c'est particulier, c'est cool, c'est pas cool ou c'est neutre ? :mrgreen:
pas fan du double "et" mais je vois l'idée de faire tourbillonner tout ça :):) a priori, ça marche chez d'autres lecteurs et j'aimais bien ce double "et", du coup je garde :-[
tite virgule entre les "même" ?j'ai testé plusieurs fois avec et sans et je trouve l'emballement à ce moment-là plus fort sans virgule
Y a un super rythme dans ce premier paragraphe.cool ! :)
"tenir la distance", pour moi c'est une expression qui veut dire "réussir à faire des efforts suffisamment longtemps" :/effectivement, j'en ai bien conscience. J'ai voulu prendre le risque de mettre cette expression en espérant que le lecteur réussisse à la voir au sens premier (tenir la distance entre eux et Tonia) parce que je trouvais la répétition "nous obligent à nous tenir à distance" pas très jolie... mais j'y réfléchis !
C'est un globe de verre rempli d'ombres qui s'agitent et tourbillonnent et virevoltent, comme mues de l'intérieur. Par intermittence on y apercevrait une forme humaine, fugace comme un reflet ; Tonia, l'habitante du dôme de verre. Tonia qui sait, qui sait le poids des ombres et la pesanteur de l'air vicié inlassablement inspiré expiré – le même, toujours. Tonia qui danse, qui danse, danse pour oublier au milieu des ombres qui la font tournoyer. Elle danse parce que danser, même sans lumière même sans le voir, c'est danser quand même même si les ombres sont tellement lourdes qu'elles lui tordent les poignets, qu'elles lui tordent les chevilles, même si les ombres sont tellement lourdes que, parfois, elles lui tordent le cou.woh ce début ! c'est tout en rythme, images... Frisson. J'aime beaucoup beaucoup.
Tonia, elle danse parce qu'il faut danser même sans oublier ; rumba perdue d'avance – quoiqu'il arrive, à la fin, ce sont les ombres qui la dévorent poings et pieds liés.
dans la peine ombre.joli
Tonia fomente contre les ombres une bataillehmmm je l'entends dans l'autre sens plutôt : "Tonia fomente une bataille contre les ombres" ?
À imaginer que l'on pourrait, on ne laisse passer que le temps.j'ai l'impression que la seconde partie "on ne laisse passer que le temps." amène l'idée de façon légèrement indirecte et n'a pas tout à fait l'intensité que j’attendais. Je sais pas si y a moyen de trouver une formule plus percutante...
à intervalses régulières...:coeur:
J'imagine les ombres tellement lourdes par moments que toutes les articulations de Tonia flanchent, même ses chevilles. Je verrai si j'ai d'autres réticences à ce sujet !En fait, c'est peut-être que je vois pas les ombres comme une force inanimée (genre la gravité), mais plus comme un truc doué de mouvement, d'un certaine conscience, que j'imagine vouloir briser Tonia, et donc les genoux plus que les chevilles par exemple, ça rentre plus dans cette idée.
J'ai changé la "rumba" en "tango" (et ça allait mieux avec les abrazos)Ça me va bien ! :)
Ouais, effectivement, là, y a eu paresse narrative :mrgreen: (j'avais fait quelques phrases pour expliquer que les cicatrices de Tonia lui donnaient une beauté particulière etc etc et j'ai trouvé ça trop bateau... du coup j'ai juste laissé la phrase qui concluait tout ça en me disant "boarf, le lecteur comprendra". Mais apparemment ça marche pas :mrgreen:Bah en fait, c'était un peu avec la phrase en elle-même que j'avais un problème. Le "les choses les PLUS belles" surtout.
Du coup j'ai changé en ça :CiterUn rai de soleil s'emprisonne dans les balafres rougies qui maculent sa peau nue et les restes de rage égrenés dans ses cheveux. Sertie dans son vêtement tissé des noirceurs d'hier, Tonia nous rappelle que les choses les plus belles sont faites de monstruosités fracturées.
Oui, j'ai écrit le texte surtout pour essayer des faire naître des émotions chez le lecteur, tout en essayant de m'affranchir d'une histoire trop "vraie et singulière". D'où la métaphore. Je pourrais dire ce que le texte évoque pour moi, mais je n'ai pas envie que "ma version de l'histoire" prime. Tu parles de mots trop faibles pour décrire ce que tu as ressenti du texte et je trouve ça chouette, ça veut dire (mais je me trompe peut-être) que j'ai réussi à évoquer des choses qui dépassent les mots et si c'est effectivement ça, c'est un super compliment :-[Ouais, ça fonctionne bien du coup !
et du coup, quand c'est particulier, c'est cool, c'est pas cool ou c'est neutre ? :mrgreen:C'est cool ! On s'en souvient de ce texte :)
hmmm je l'entends dans l'autre sens plutôt : "Tonia fomente une bataille contre les ombres" ?Je l'avais mis dans ce sens là au départ et puis j'ai changé parce que je préférais l'inversion (ça permet de mettre "contre les ombres" en relief et, de mon point de vue, ce qui importe pour Tonia c'est qu'elle dessine un plan contre les ombres, le contenu du plan (la bataille) importe moins... )
j'ai l'impression que la seconde partie "on ne laisse passer que le temps." amène l'idée de façon légèrement indirecte et n'a pas tout à fait l'intensité que j’attendais. Je sais pas si y a moyen de trouver une formule plus percutante...J'ai changé par
À imaginer que l'on pourrait, on ruine le temps
Pis j'ai un peu eu l'impression de lire un texte dans une langue étrangère mais sans jamais avoir le sentiment de buter et de pas comprendre, et du coup, c'était une expérience de lecture très dans le ventre (je suis pas sûre d'être compréhensible, désolée... ><)Ca parlait à autre chose qu'à ton intellect ?
(Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais dans les métaphores ça m'a fait penser à mon texte d'il y a longtemps : Toi, moi et mes dragons de soie noire (pas dans le style ; le tien est bien meilleur). Il y a les ombres noires qui représentent l'univers maltraitant / les traumas, et mêmes les épines de verre brisé à la fin.)Ah oui, maintenant que tu en parles, je me souviens avoir aimé ce texte ! :) :) (ne dénigre pas le style de ton texte, il était très bien !). Je ne me rappelle plus des épines de verre brisé par contre, je me souviens de dragons de soie noire et de valises dans lesquelles ils ne voulaient pas toujours rentrer.
J'aime bien cette fin avec la personne encore meurtrie et sur la défensive, l'air de rien en terme d'empathie et de pas en direction de l'autre, je trouve que c'est un texte très puissant (car il met en lumière aussi les réactions de défense extrême et les choses qui peuvent persister après avoir vécu tant de trauma ; c'est pas juste l'empathie sur ce qui se passe au moment des violences).C'est marrant (enfin "marrant", on se comprend^^) parce Milla et toi vous percevez ce manteau d'ombres et de verre brisé comme quelque chose qu'elle subit, comme un espèce de "truc qui lui reste" alors que dans ma tête, ce manteau est en fait quelque chose de très positif (c'est elle qui choisit ce qu'elle fait des ombres et du verre et qui les forge selon sa volonté. Elle aurait très bien pu laisser tout ces débris par terre et s'en aller). Du coup ça me fait réfléchir aux autres sens que l'on peut trouver à cette histoire et voir cette fin sous une autre perspective. C'est cool ! :)
Bah en fait, c'était un peu avec la phrase en elle-même que j'avais un problème. Le "les choses les PLUS belles" surtout.Ah oui, du coup je vois bien et je suis d'accord. L'aphorisme est trop forcé. J'ai changé en
Sertie dans son vêtement tissé des noirceurs d'hier, Tonia luit de la beauté dérangeante des monstruosités fracturées.Mais ça évoluera encore, sûrement...
C'est marrant (enfin "marrant", on se comprend^^) parce Milla et toi vous percevez ce manteau d'ombres et de verre brisé comme quelque chose qu'elle subit, comme un espèce de "truc qui lui reste" alors que dans ma tête, ce manteau est en fait quelque chose de très positif (c'est elle qui choisit ce qu'elle fait des ombres et du verre et qui les forge selon sa volonté. Elle aurait très bien pu laisser tout ces débris par terre et s'en aller). Du coup ça me fait réfléchir aux autres sens que l'on peut trouver à cette histoire et voir cette fin sous une autre perspective. C'est cool ! :)Je pense que parfois, on subit de choisir de prendre certaines postures face au monde... :-[ (ici je perçois une vision du monde comme qqch de dangereux en permanence, un côté un peu guerrier et en même temps très fuyant et méfiant, dans le personnage qu'elle devient avec ce nouveau manteau).
bien vu, ça me paraît beaucoup mieux ! :coeur:j'ai l'impression que la seconde partie "on ne laisse passer que le temps." amène l'idée de façon légèrement indirecte et n'a pas tout à fait l'intensité que j’attendais. Je sais pas si y a moyen de trouver une formule plus percutante...J'ai changé parCiterÀ imaginer que l'on pourrait, on ruine le temps
oui, sans doute ! ça passe par des sensations plus directesPis j'ai un peu eu l'impression de lire un texte dans une langue étrangère mais sans jamais avoir le sentiment de buter et de pas comprendre, et du coup, c'était une expérience de lecture très dans le ventre (je suis pas sûre d'être compréhensible, désolée... ><)Ca parlait à autre chose qu'à ton intellect ?