Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes mi-longs => Discussion démarrée par: frenchwine le 04 Août 2021 à 19:51:59

Titre: Ne me croyez pas mort, je suis plein d'énergie
Posté par: frenchwine le 04 Août 2021 à 19:51:59
Un truc que je voulais bosser, non pas le style, mais en faire une plus longue histoire, à vrai dire je ne sais pas, j'ai comme l'impression qu'il se suffit en lui-même.

 C’est un tout petit parc, trois immeubles l'entourent et un parking qui  clôt, celui des résidents. Des rez-de-chaussée-jardin entourés de  cyprès, et des  appartements avec de grandes terrasses, les arbres  montent assez haut pour ne voir que les cimes, pas de rue tout en bas et  pas de vis-à-vis, juste des espaces verts quelques bancs çà et là pour  ceux qui se promènent, des chemins empierrés serpentent entre les  troncs, c'est là que j’ai fait tache et je suis toujours là.

Mon dernier souvenir, j'étais sur ma terrasse un verre dans la main, le téléphone dans l'autre.
Une  mauvaise soirée déjà dans l’ascenseur, des voisins de palier  reprochaient la musique que je mettais trop fort sans soucis des  horaires, mes heures de décalage quand je rentrais chez moi, le jour ou  bien la nuit sans respect du voisin, ne pas les saluer ou venir  s’excuser juste par civilité, je suis rentré chez moi et j'ai claqué la  porte en mettant un CD.
Et puis il y a cette fille, que j’ai au bout  du fil, ce n'est pas la première sûrement pas la dernière qui ne  comprenait rien aux besoins de l'usage. Elle n'avait plus envie de  servir à ma guise, avait enfin compris le respect qu’elle m'inspire, mes  seules envies d’humeur ne lui convenaient plus.
J’étais dans une  rage folle quand elle a raccroché, il était bien trop tard pour pouvoir  dormir seul, j’ai vidé mon alcool j’allais poser mon verre et je me suis  penché, je crois que j’ai glissé.
Quelle drôle de sensation tous ces  gens qui regardent, je vois un corps meurtri je crois que c'est le  mien, on le couvre d'un drap je suis juste au-dessus. Au bout d'un  certain temps, des gens en blouse blanche emportent la chose meurtrie,  je tente de les  suivre, je n'y arrive pas, je me sens enchaîné à  l'endroit de la chute, je regarde en haut, je regarde en bas, un relent  de croyance pour le ciel et l'enfer, je ne vois aucunes portes, je reste  là à attendre, aucunes sensations aucun mal ni envie, je n'ai pas de  besoins, tout le monde est parti, il n'y a plus rien à voir. Quelqu’un  revient enfin, un seau une serpillière, les traces que j'ai laissées  disparaissent du chemin il ne reste que de l'eau, je regarde dans la  flaque une toute petite lueur, un reflet d'étincelle, je suis devenu ça,  si je pouvais pleurer, mais je n'ai pas de larmes et tout ce qui va  autour, je tente de m'éloigner, c'est toujours impossible, je reste  autour de moi, je suis un condamné enchaîné ou je suis et si rien ne se  passe, l'éternité devient autre chose qu'un mot.
L’arrosage se  déclenche, comme toutes les nuits d'ailleurs, tout le parc s'arrose, je  m'étais fait surprendre plusieurs fois quand je rentrais  très tard, mais là c'est autre chose je n’ai que ça à faire, regarder  les gouttelettes qui tombent sur le sol. Ma flaque n'existe plus, et  pourtant on dirait que je peux m’éloigner, je m'avance plus loin sans  doute un mot impropre, vers l'immeuble le plus proche, quelquefois je me  bute, je commence à  comprendre en faisant des essais, je ne peux  cheminer qu’en suivant les endroits qui sont les plus humides. J'arrive  ainsi devant la porte de l'immeuble, tout est sec derrière, je suis  bloqué devant, je rebrousse chemin, ma fuite me semble vaine, les  lampadaires reflètent les endroits de ma voie, mon aire de déplacement  se limite à de l'eau. Je monte vers la lumière pour prendre de la  hauteur, tout le mat est humide je suis juste arrivé tout près d'un  éclairage protégé par une cloche, je pénètre dedans, je suis dessous  l'ampoule on dirait un tunnel, je rentre dans un flot, je suis dans le  courant, je deviens énergie, j'avance à toute vitesse, là je suis à  l’entrée, on dirait les sonnettes, ici les caméras, là des prises de  courant, je suis dans les apparts, je peux aller partout tant que je  suis le flot. Si ça peut m’occuper j'ai du temps devant moi, et si rien  ne se passe, je ne me voyais pas juste après mon trépas, si la mort est  ainsi à devenir voyeur, Je regarde des gens à travers une prise, tous  les points électriques me servent de serrure, la plupart sous les draps,  d'autres devant la télé, certains poussent des cris je reconnais les  bruits des gestes de l'amour, toutes ces vies différentes, à cette heure  de la nuit, je ne connais personne, ici ils se chamaillent, plus loin  elle est au lit, lui sur le canapé à regarder un match, là je suis chez  des vieux, chacun dans une chambre, il est en train de ronfler elle se  bouche les oreilles et regarde en pleurant les pages d'un album, mon  trépas va être long avec ces horizons.
D’un seul coup ça me tire, je  reviens en arrière, je suis dans le courant je reviens sur ma flaque  l'arrosage s'arrête je n'ai plus de passage je suis au point de chute à  hanter mon trépas.
C'est ainsi tous les jours, c'est ainsi toutes  les nuits, quand le temps est humide j'ai droit à un peu plus de sorties  électriques, ça dure depuis des mois peut-être des années, mais j'ai  perdu le fil à compter les journées et les nuits de voyage. Regarder par  les trous, par les fils d'énergie, les gens venir, partir, tous ceux  qui vivent ici, je découvre des vies que je ne connaissais, certains que  j'ai croisé dans une vie antérieure, et d'autres qui arrivent tout  autour de ma mort.
Je n’ai plus à rien à faire, j’ai fini de penser à  mon utilité, il me reste le temps de pénétrer ces vies, d’apprendre à  les connaître et de considérer, du temps de mon solide que j’avais  dédaigné, des pleins de sentiments, des gens qui s’apprécient, des gens  qui s’accompagnent pour supporter leur vie, j’ai fini égoïste j’apprends  à me changer, je ne peux plus faire mal, autant s’intéresser.
Je  n’ai rien à donner, je n’ai plus les moyens devenu étincelle j’ai  découvert des vies, je me suis attaché à pouvoir les aider, comme chez  ce jeune couple, lui devant la télé devant les matchs de foot, elle au  lit l’attendant, j’ai coupé le courant plusieurs fois certains soirs,  ils se sont retrouvés, se cherchant dans le noir, je me suis retiré  quand ils se sont aimés.
Il y avait aussi ces deux personnes âgées,  murées dans le silence, ils ne se parlaient plus, j’ai remonté les fils  des chargeurs téléphone, envoyé quelques mots comme s'ils venaient de  l’autre, ils n'ont jamais compris de qui venaient les phrases, ils se  sont mis à rire, la glace était brisée.
J'ai le gentil souvenir d'un  vieux monsieur sans âge, il s'était isolé du reste de sa famille,  n'osant leur avouer ses ennuis pécuniaires, on allait le virer pour  défauts de paiements. J'ai fouillé ses dossiers en remontant le fil,  envoyé des copies comme une petite erreur. Ils ont tous appelé et se  sont déplacés, ils venaient de comprendre sa fierté mal placée, ils ont  tous proposé de loger l'indigent, ça c'est fini en larmes, je ne savais  plus faire.
J'ai bien aimé cette fille, au moins elle a su faire, un  peu avec mon aide, je n'en suis pas peu fier comme un vieux souvenir  d'un passé peu glorieux.
Certains soirs elle partait, revenait au  matin les yeux plein de fatigue d'une nuit agitée, je n'avais rien à  faire elle avait l'air heureuse, ce que je supposais. J'ai compris un  peu tard quand un jour par hasard, elle éclate en sanglots en regardant  son smartphone. Je ne pouvais rien lire, je ne saisissais pas ce qu'elle  cherchait à voir, il fallait qu'elle le charge pour que je puisse voir,  mais là j'ai un problème, c'est une charge magnétique et je ne peux rien  faire pour entrer sans un fil. Quand elle le pose sur socle, je coupe  le courant, trois ou quatre fois de suite, j’espérai qu'elle le fasse  avec un câble normal qu'elle en possède encore. En ouvrant un tiroir,  elle en sort un chargeur, je deviens son intime et je me mets à lire, et  là je comprends tout. Pas mal de temps plus tôt j'avais le même  langage, un SMS bref pour dire que je suis là et qu’elle peut arriver,  rien de plus en retour, même pas un mot gentil, je sais comment agir  avec ce personnage, je l'avais côtoyé, je sais quoi lui répondre et  j'efface son message. A chaque fois qu’il appelle, je clos la sonnerie, à  chaque fois qu'il écrit, je supprime le mot, je prends sur mon état les  abonnés absents. Elle était sous la douche quand il sonne à la porte d'en bas, elle  ne peut donner suite. Il est resté un temps, soit il tente d'appeler,  j'ai fait ce qu'il fallait, soit il tente le code de son appartement et  je fais la même chose, mais je suis bien conscient que je ne peux pas  rester, je n’avais pas prévu qu’il vienne la voir chez elle, du temps de  mon vivant je ne l’aurais pas fait, serait-il mieux que moi ?
Elle  sort pour se sécher, je remets tout en place, elle lui ouvre la porte,  il lui demande pardon, elle se met à pleurer, il la prend dans ses bras,  dehors le temps est sec, il est temps de partir.
Une des dernières  fois que je suis repassé, ils étaient enlacés tous les deux dans son  lit, je crois qu’il vit ici jusqu’à une prochaine fois, la vie est un  courant qui ne s'arrête pas.
Depuis j'ai aperçu, mais je ne crois en  rien, une porte tout en haut, un passage tout en bas, je suis bien au  milieu, j'adore le purgatoire.                                                     
Titre: Re : Ne me croyez pas mort, je suis plein d'énergie
Posté par: Delnatja le 09 Août 2021 à 11:27:07
Bonjour frenchwine, j'ai bien aimé ce texte et je pense qu'il se suffit à lui même.
Il manque juste, à mon avis, quelques points et virgules pour le rendre plus fluide.
J'ai aussi noté quelques points qui me chagrine.
Je pense qu'il vaudrait mieux mettre Smartphone que Phone.
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surprendre plusieurs fois antérieures quand je rentrais 
Je pense que Antérieures n'est pas utile.
Citer
je sais quoi lui répondre et  j'efface mon message
Je pense qu'il s'agit de Son message, ou alors je comprend mal.
Citer
Elle était sous la douche quand la porte a sonné
Je ne connais aucune porte qui Sonnent, par contre je propose: Elle était sous la douche quand il a sonné à la porte.
J'espère t'avoir aidé.
Bonne journée.
Titre: Re : Ne me croyez pas mort, je suis plein d'énergie
Posté par: frenchwine le 09 Août 2021 à 13:31:00
Merci d'avoir été punie, et d'avoir lu le texte ^^ en plus tu as raison sur presque tous les points.
Pour la ponctuation ^^ j'ai un sacré problème, ce n'est pas au hasard, mais j'ai beau m'y pencher je n'y arrive pas forcémment.
Les mots à corriger, je m'y mets ^^.
Effectivement pour la porte, j'ai eu le raccourci un peu lourd, si ça pouvait exister ^^ je m'en achèterai une.
Là ou tu n'as pas raison ^^ je suis un mauvais joueur ^^ mais je ne sais pas quoi dire ^^.