Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => L'antichambre de l'édition => Discussion démarrée par: Ange Fetochris le 23 Juillet 2021 à 13:35:00

Titre: Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 23 Juillet 2021 à 13:35:00
J'ecris depuis des années et j'ai de nombreux manuscrits presque terminés. Là je me tâte à créer, ma propre maison d'édition pour m'éditer parce que j'aimerai vivre de ma passion. Lorque que je vois les pourcentages de droit d'auteur de maison d'édition qui généralement correspondent à une rente avoisinant 85 centimes par livre pour l'écrivain, je me demande si ce n'est pas plus intéressant de créer sa propre boite d'édition, soit sous forme de société soit sous forme d'association. D'autant que les chiffres me semblent largement en faveur des éditeurs (les petits éditeurs independants fleurissent (ce qui tendrait à prouver qu'ils s'en sortent financièrement) tandis que les auteurs qui parviennent à vivre uniquement de la vente de leurs livres representent un pourcentage très faible par rapport au nombre d'auteurs édités. Sutout que les éditeurs prennent un risque financier limité vu que généralement pour un roman d'un nouvel auteur, ils tirent aux alentour de 1000 exemplaires (rien à voir en terme d'investissemnt comparé aux autres industries de loisir comme la TV le cinéma ou les jeux vidéo par exemples, en parlant des studios indés bien sûr) Donc la question se pose à mes yeux. D'autant plus qu'en étant à la fois son propre auteur et éditeur, on peut se faire des contrats aux petits ognons (genre 10 % de droit d'auteurs et ne pas y inclure les versions numeriques qui raporte 70 % du prix du livre à son auteur par exemple). L"idée ce serait d'avoire une société ou une association déficitaire pour ne pas avoir à payer d'impôts surbles société, mais par contre me permettant de toucher bien d'avantage de droits d'auteur. Qu'en pensez-vous ?  (en sachant que je sais créer un site web de qualité, unebillustration de couverture, que je maîtrise à peu près les reseaux sociaux et que je connais 1 distributeur).
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Miromensil le 23 Juillet 2021 à 14:01:14
Quid si personne n'achète tes livres ?
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Krapoutchniek le 23 Juillet 2021 à 14:14:27
Citer
les petits éditeurs independants fleurissent (ce qui tendrait à prouver qu'ils s'en sortent financièrement)

Et combien prospèrent ou même survivent ? Il ne faut pas oublier le budget pub qui doit être colossal si tu veux te faire connaître. Et ne pas oublier non plus que les maisons d'édition ont un comité de lecture qui sélectionne les meilleurs manuscrits. S'auto-éditer permet certes d'être sélectionné à tous les coups mais sans aucun recul.

J'en pense donc qu'à moins d'avoir des connaissances pointues en édition, tout un carnet de contacts et un budget conséquent, il vaut mieux passer par la filière classique (ou l'auto-édition style wattpad — j'ai bien dit "style", je ne connais pas plus que ça cette plateforme — même si personne n'achète au moins tu ne débourses (quasi) rien).
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Earth son le 23 Juillet 2021 à 14:53:45
Hello Ange,

Je plussoie mes petits camarades.
Publier c'est une chose, vendre c'en est une autre.

Avec ton histoire de site web, ça me fait penser à un client de mon mari (qui est dans l'info, le web) : il a un site web top depuis quelques mois mais rame pour trouver des clients.
Si t'as pas de référenceur, de budget comm et tes entrées pour vendre, ben ça va faire pschitt.

Bonne chance.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 24 Juillet 2021 à 00:21:06
Je pense que ma question soulève un vrai sujet qui mérite des remarques construcrivesl, et pas des jugements à l'emporte-pièce (j'ai créé une star-up il y a 15 ans alors je crois que je sais l'importance du referencement, du marketing et comment ca marche, merci bien).
Pour en revenir à mon propos, voici quelques chiffres tirés d'une vaste étude qui date un peu certes (2013) mais vu la courbe des 30 dernières années ça n'a pas dû s'améliorer  :  101600 érivains etaient déclaré à l'AGESSA en 2013, dont seulement 5900 affiliés (pour pouvoir être affilié à l'AGESSA, il fallait pouvoir déclarer 8649€ de paiement de droit d'auteur en 2013 de memoire c'est à peu près la même somme aujourd'hui). Le revenu médian chez les affiliés était de 15539€ en 2013 ce qui veut dire que 2950 auteurs touchaient entre 8649€ et un peu plus que le smic. Soit en moyenne moins que tous les travailleurs non diplômés, moins qu'une caissière de supermarché aux 35 heures (je n'ai rien contre les vendeuses de supermarché mais j'estime qu'écrire un livre capable de se faire éditer devrait être davantage rémunéré qu'un travail de caissière). Donc en france en 2013 seul environ 3000 auteurs gagnaient davantage qu'un smicard sur 101000 auteurs. Des auteurs qui font vivre les sociétés d'éditions qui les éditent et qui je pense rémunèrent leur personnel au SMIC voir beaucoup plus pour certains salariés chez des editeurs importants. Bref, tout ça pour rappeler que la question de passer par un éditeurs se pose très sérieusement pour un auteur, s'il veut pouvoit un jour vivre de son métier.
Maintenant pour vous parler de mon experience personnelle, je connais 3 éditeurs dont 1 à la retraite, donc je sais grosso modo en quoi consiste le métier. L'un de ces 3 éditeurs a d'abord été auteur et il touchait 86 centimes d'€ par livre et ne s'en sortait pas, il a fini par racheter son stock à son éditeur et par monter avec sa femme une maison d'édition sous forme de SARL et depuis il sort 1 titre par an et cela permet de faire vivre son foyer tout à fait correctement. Cependant, il était sur un marché de niche, ce qui l'a sans doute beaucoup aidé niveau marketing et aussi auprès des libraires.
Peronnellement, j'aimerai recueillir sur ce forum un ou plusieurs témoignages un peu similaires, mais qui concernerait des marchés plus généraliste (comme la littérature adulte ou jeunesse). Voilà, tout témoignage ou avis constructif seront les bienvenus  :)
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Aléa le 24 Juillet 2021 à 01:19:25
Alors si t'as vraiment besoin d'un avis "précis", j'ai étudié et bossé dans l'édition pendant plusieurs années, plutôt des grosses maisons mais énormément discuté avec des gens travaillant dans des petits et micro structures + eu des datas là-dessus


bah, je te déconseille plutôt de faire ça


Tu as regardé les stats du statut de vie des écrivain‧es ok c'est une chose, je t'invite aussi à chercher les stats des maisons d'éditions (la majorité des maisons, qui publie moins de 10 livres par an avec des tirages inférieur à 1000 livres, et leur durée de vie, surtout, qui est de moins de 5 ans pour la majorité du panorama de l'édition)

Disons qu'éditeur c'est un métier déjà
Sur le prix du livre 20% va à l'éditeur (mais en réalité, il va se faire une marge qui va plus de l'ordre de 5%, puisqu'il faut payer les impots, les employés/soi-même, les loyers etc)

Ce qu'il faut surtout que tu demandes c'est : est-ce que tu as des compétences de graphisme (pour la couverture) ? Si non, il te faudra un budget et étudier de combien est ce budget, si oui, c'est du temps passé dessus qui n'est ni du temps de boulot d'éditeur, ni d'écrivain. Est-ce que tu as des compétences de maquettiste ? Un belle mise en page c'est important et c'est un métier également. Même remarque, beaucoup de temps pour acquérir ces compétences, éventuellement payer des logiciel pour le faire, ou de l'argent pour payer quelqu'un.

La diffusion. Le référencement sur des sites comme Fnac et Amazon ça suffit pas, tu t'en doutes, faire uniquement de la prospection auprès des libraires, c'est long (et si ta maison d'édition n'existe que pour publier tes propres livres, tu risques de te heurter à une forme de méfiance de la part des libraires ; en effet, le métier d'éditeur a plutôt une vocation de partager les autres et faire découvrir des textes qu'on a envie de défendre, ça fait aussi partie des spécificités de ce milieu, tout comme parler de "boite" d'édition pourra te discalifier dans le milieu qui valorise une culture de secteur, du monde du livre, assez fort et très attaché à sa chaine de production). La distribution, pareil, poste de dépense tout comme le stockage éventuel des livres qui peut vite devenir un enfer de carton si tu le fais chez toi (et au garage, risqué, des mauvaises conditions pouvant abîmer les livres). Tu peux également payer des diffuseurs-distributeur, mais il faut avant tout les convaincre qu'ils ont quelque chose à gagner là-dedans. J'oublie la promo au passage, bien sûr. Et la marge librairie qui va etre de 30% du prix

L'impression, 20% en moyenne de ton prix du livre, beaucoup de question puisqu'en fait le nombre de livre que tu vas imprimer dans les meilleurs cas tu espères en vendre 80%, donc il faut prendre ça en compte, sachant que ton seuil de bascule de rentabilité, de combien tu penses pouvoir en vendre c'est le nerf de la guerre et le pari, et que plus tu en imprimes moins le prix de revient brut sur l'impression coute cher.

Bref voilà grosso modo tous les postes de dépense et de compétence que tu vas devoir maitriser, ça fait un investissement financier vraiment vraiment conséquent pour un retour qui à mon avis sera de bien moins de 80cent par livre au début, bref ça s'amorti sur des années quoi.
Comme tu dis ton ami s'en sort certainement parce qu'il est sur une niche très précise, ça peut être une clé. En tout cas les petites maisons d'édition dans le panorama ont du mal à survivre surtout sur les domaines les plus généralistes où y'a le plus de présence et l'approche start-up est encore assez peu compatible avec le modèle actuel, ou alors misé sur de nouveaux concepts mais juste pour vendre ton livre ça me semble assez limité et limitant, il faudrait voir plus loin et plus en terme d'éditeur avec une ligne éditorial et des idées particulières de médiums et de littérature à partager


bon courage en tout cas, chaque cas d'auteurice ou de maison d'édition est particulier
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ari le 24 Juillet 2021 à 08:22:24
Bonjour,

Il y a sûrement qqch qui m'échappe car personne d'autre n'a eu besoin de poser la question :-[ :
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je me demande si ce n'est pas plus intéressant de créer sa propre boite d'édition, soit sous forme de société soit sous forme d'association.
Quelle est la différence (s'il y en a une) avec l'auto-édition ? Si ta maison d'édition ne publie que tes livres... '-' est-ce juste un choix de mots, parce que le terme "auto-édition" est souvent mal reçu ? (mais j'ai l'impression que le même concept, qui emploierait d'autres mots, serait tout aussi déprécié, voire davantage, comme s'il manquait de franchise ou de transparence...).
Il y a peut-être un truc évident qui m'échappe '-' désolée.  :-[
Concernant les stats de "rentabilité" des auteurs en auto-édition, je ne les connais pas mais j'ai l'impression en discutant à droite et à gauche que c'est pire que les auteurs publiés en ME...

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les petits éditeurs independants fleurissent (ce qui tendrait à prouver qu'ils s'en sortent financièrement)
Outch, je pense que c'est une déduction vraiment rapide...
Un éditeur avec qui j'avais discuté (et pourtant, d'une ME très connue) expliquait qu'il avait mis des années avant de pouvoir se dégager un salaire ; sa principale collaboratrice est encore bénévole ; il ne peut employer des correcteurs / maquettistes / traducteurs qu'en free-lance il me semble (j'en suis sûre au moins concernant les correcteurs). Ce n'est pas l'image que tu sembles peindre, de salariés payés au smic voire +... (leur salaire est peut-être + important que le smic mais en cumulant les contrats dans plusieurs ME ou autres jobs). Lui-même tire la majorité de ses revenus d'autres activités que l'édition. Et pourtant, on est dans le cas de figure d'une ME qui marche très bien !
Les personnes que tu connais, s'ils se définissent en tant qu'éditeurs, font forcément partie de ceux pour qui ça a marché suffisamment pour rester professionnels dans ce milieu... ça veut dire que tu peux tenter l'aventure, bien sûr ; mais la manière dont tu le présentes dans tes messages donne l'impression (peut-être à tord, j'en conviens) que tu n'as pas en tête toutes les situations où la ME ne survit pas... ça semble un peu "magique" : il suffit de créer sa boîte et on garde le + gros des pourcentages.

Je plussoie les conseils de Ben.G sur l'idée qu'une ME s'inscrit mieux dans l'état d'esprit actuel de l'édition (surtout des petites maisons d'édition) si elle propose une certaine ligne éditoriale, si elle souhaite défendre ses livres en faveur d'un certain paysage littéraire, plutôt qu'afficher un but purement (auto-)commercial. Je ne sais pas de quoi parlent tes livres, donc peut-être qu'une certaine couleur se démarque déjà :) . Mais quitte à vouloir créer une ME, pourquoi s'arrêter à ses propres livres ?
Parmi tous les professionnels listés par Ben.G, c'est peut-être une évidence mais je pense qu'un vrai travail de relecture / conseils / avis extérieur sur tes livres est également très important (au-delà de la correction technique pure et simple, déjà nécessaire)...

Bon courage pour tes questionnements et recherches !

Edit :
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je n'ai rien contre les vendeuses de supermarché mais j'estime qu'écrire un livre capable de se faire éditer devrait être davantage rémunéré qu'un travail de caissière
Même en essayant d'endosser des façons différentes de voir le monde, je crois que sur à peu près toutes les échelles de valeurs possibles, je ne suis pas d'accord avec cette phrase >< . Tant pis, ce n'est pas le sujet...
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Basic le 24 Juillet 2021 à 08:43:40
En passant, je me demande si vous parlez tous de la même chose.
En passant encore, il y a une différence entre vendre des livres et vendre de la littérature, entre faire de l'argent et faire œuvre d'édition, d'écriture...
Bref, c'était en passant.
B
Titre: Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Krapoutchniek le 24 Juillet 2021 à 10:55:33
Je pense que ma question soulève un vrai sujet qui mérite des remarques construcrivesl, et pas des jugements à l'emporte-pièce

Bah demande pas notre avis alors ?
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 24 Juillet 2021 à 11:38:23
Ben G et Arriane, merci pour vos retours.
Pour commencer à répondre d'abord à Ariane, je n'ai pas dit que je ne souhaitais que m'éditer à titre personnel, je serai heureux d'éditer d'autres auteurs à l'occasion, mais j'avoue que pour l'instant je n'en ai pas lus qui tiennent la route, après, j'ai peu prospecté de ce côté là, mais si vous en connaissez qui cherchent un éditeur, je me ferais un plaisir de les lire  :)
Si je monte ma maison d'édition, ce sera avec ma femme et j'aurai dès le départ 1 roman de littérature contemporaine, 1 roman heroic fantasy, et 4 romans formant le début d'une série (ma femme écrit les romans jeunesse que je lui corrige et j'écris les autres). Cela nous permettra de nous consacrer uniquement sur la distribution et le marketing la première année (tous en cherchant aussi des auteurs) Bien sûr, nous avons déjà un panel d'une vingtaine de bêtas lecteurs que nous connaissons, auxquels s'ajoutent des clubs de lecture de médiathèque.
L'idée ce serait de faire une maison d'édition hybride qui permettent aux auteurs d'être rémunérés plus correctement, avec des contrats davantage en leur faveur (nous ne demanderions pas de contrat de cession de droits à l'internationnal au début, et pas forcément de droits sur les versions numériques par exemple). Et contrairement à de nombreux éditeurs, nous rechecherons plutôt des séries, surtout en jeunesse et fantasy plutôt que des romans uniques.
Pour répondre à Ben G, en ce qui concerne le graphisme et la mise en page, on maîtrise sans souci.
La correction c'est mon domaine, aidé d'une amie correctrice, nous atteignons un niveau de correction à peu près équivalent aux standards des grandes maisons d'édition ( je lis beaucoup de roman jeunesse à ma fille de 7 ans et il m'arrive souvent d'y déceler des fautes d'hortographes et encore plus souvent des phrases mal construites).
On sait faire un dossier de presse et j'ai des bases en marketing, par contre je ne connais pas de professionnels spécialisés dans le marketing orienté littérature (si vous avez des plans, ils sont les bienvenus).
Après, comme nous sommes en ile-de-france, nous comptons nous occuper nous même de la distribution dans cette régions. Pour le reste de la france, nous comptons passer par un distributeur.
Dans un premier temps, l'idée c'est que notre maison d'édition nous permette de vivre de nos droits d'auteurs sans qu'elle ne fasse de bénéfices. Voilà pour les précisions.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Alan Tréard le 24 Juillet 2021 à 13:00:19
Bonjour Ange Fetochris,


Déjà, je me permets de souligner que les différentes interventions dont tu as profité pour répondre à ta question étaient de qualité, valorisantes, des conseils qui t'orientent parfaitement dans ce vaste monde qu'est l'économie du livre. Si j'interviens moi-même, donc, c'est pour ajouter certaines réponses au panel de réponses qui t'ont déjà été apportées dans l'espoir que tu trouves de quoi satisfaire ta si grande curiosité pour les métiers d'écriture. ^^


D'abord, sache que le problème de l'édition aujourd'hui, ce n'est pas le « marketing » mais c'est la librairie. Il y a une réelle déconnexion entre libraires et éditeurs depuis l'évolution des pratiques d'édition avec des maisons qui ont des sites web et catalogues sophistiqués, une vraie connaissance du monde numérique ou des réseaux sociaux, une grande capacité d'adaptation démontrée au quotidien face à des libraires qui aspirent à un autre monde.

Ainsi les librairies ne suivent-elles pas cette révolution numérique, et cette rupture entre éditeurs et libraires a créé une grosse dégradation de la prescription/diffusion des œuvres (à cause d'un manque d'entente et de conciliation). Les libraires depuis peu innovent et avancent jour après jour vers de nouvelles pratiques qui permettent peu à peu de recoller les morceaux, de recréer du lien entre les différents métiers, or ça prend du temps.

Bien sûr, tu l'auras compris, la solution au problème n'est pas un monopôle trompeur du nom d'Amazon maquillant mensongèrement la dégradation de la prescription/diffusion du livre.


Citer
Donc en france en 2013 seul environ 3000 auteurs gagnaient davantage qu'un smicard sur 101000 auteurs. Des auteurs qui font vivre les sociétés d'éditions qui les éditent et qui je pense rémunèrent leur personnel au SMIC voir beaucoup plus pour certains salariés chez des editeurs importants. Bref, tout ça pour rappeler que la question de passer par un éditeurs se pose très sérieusement pour un auteur, s'il veut pouvoit un jour vivre de son métier.

Ce que tu dis est tout à fait inexact : il n'existe pas à Paris de maison d'édition exemplaire... et les plus grosses des maisons d'édition sont obligées de racheter les catalogues des autres pour essayer de survivre à la détérioration de la qualité des livres. Si l'on trouve tant de rachats absurdes et injustifiables dans le contexte du livre, c'est bien parce que les éditeurs vont mal ! Plus tard, le marché de l'édition devrait redevenir plus attractif (avec une véritable amélioration des conditions de vie des auteurs/éditeurs/libraires) si la situation continue à s'améliorer peu à peu, mais pas avant de meilleurs progrès chez tous les acteurs du livre (y compris les libraires et les auteurs).


Citer
Pour commencer à répondre d'abord à Ariane, je n'ai pas dit que je ne souhaitais que m'éditer à titre personnel, je serai heureux d'éditer d'autres auteurs à l'occasion, mais j'avoue que pour l'instant je n'en ai pas lus qui tiennent la route, après, j'ai peu prospecté de ce côté là, mais si vous en connaissez qui cherchent un éditeur, je me ferais un plaisir de les lire

À ma connaissance, ce n'est pas le pourcentage qui décide une jeune autrice ou un jeune auteur à signer avec un éditeur, mais plutôt la richesse de son catalogue et sa véritable connaissance des domaines sollicités (moral ou éducatif pour la jeunesse, mode pour la romance, scientifique pour la science-fiction, légal pour le polar, etc.).

Un bon écrivain ne veut pas d'un éditeur qui connaisse les business plans des start-up du numérique, un bon écrivain préfère largement un éditeur qui est pleinement intégré dans le genre de littérature qu'il affectionne, quitte à gagner moins d'argent qu'ailleurs.


 
Citer
On sait faire un dossier de presse et j'ai des bases en marketing, par contre je ne connais pas de professionnels spécialisés dans le marketing orienté littérature (si vous avez des plans, ils sont les bienvenus).

Tout simplement parce qu'en littérature il n'existe pas de « marketing publicitaire » mais des attachés de presse (https://www.cidj.com/metiers/attache-attachee-de-presse).

Certains font la confusion entre presse et communication publicitaire, ceux-là ne trouvent jamais leur place en littérature malheureusement (c'est une sorte de fatalité intrinsèque au milieu).

Je te conseille donc de rechercher des pigistes ou des journalistes doués qui voudraient, comme toi, travailler pour les autres plutôt que pour eux-mêmes. L'un de ceux-là accepterait sûrement de se spécialiser dans les domaines que tu affectionnes, rejoignant ton équipe en devenant attaché de presse, dans l'idée de faire vivre la littérature d'auteurs créatifs. Tu devrais, si ton plan fonctionne à merveille, les payer mieux que ce qu'ils ne reçoivent eux-mêmes de leurs piges, et ils connaîtront suffisamment le milieu de la presse pour faire parfaitement le travail pour lequel tu les payeras.


Bien sûr, comme tout conseil, il t'appartient de décider de ce qu'il est bon ou non de faire pour toi-même.

Sur ce je te souhaite un agréable week-end et espère que nos premières réponses suffiront à te satisfaire, voire mieux, à t'apaiser. :)
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 24 Juillet 2021 à 14:52:11
Bonjour Alan, merci d'avoir pris le temps de me répondre : )
J'ai trouvé intéressant ton point de vue sur la déconnection entre les éditeurs et les libraires, même si tu restes assez flou sur ce qui coince véritablement. En tout cas, c'était dans cette optique que je me disais que nous devions nous occuper nous même de la distribution de nos livres en île-de-France, afin de tisser des liens avec les libraires en les rencontrant directement et en prenant le temps d'expliquer notre démarche éditoriale et aussi auprès des auteurs et des écoles (nous comptons avec ma femme aller dans les écoles pour sensibiliser les élèves à tous les bienfaits de la lecture).
Je pense aussi que les libraires sont assez intéressés par les petits éditeurs indépendants (s'ils peuvent leur garantir un minimum de publications par an). En effet, il me semble que les acheteurs qui viennent dans ses librairies plutôt que de commander sur amazon, aiment que les libraires les conseillent et leur fassent découvrir des nouveautés peu connues. Pour être caricatural, si c'est pour acheter le dernier best-seller autant le faire sur amazon.

Pour l'attaché de presse, oui ça me parait logique maintenant que tu en parles  ;D

Par contre, lorsque tu dis qu'un auteur se fiche du pourcentage que l'éditeur lui reverse, comme de la cession de ses droits à l'international sans contre partie ou de pouvoir conserver ses droits sur les oeuvres numériques, franchement à moins que tes auteurs soient des oies blanches, ça m'étonnerait. Mais si des auteurs lisent ce post leurs avis sont les bienvenus ! Car se sont les premiers concernés !
Après si tu veux dire qu'un auteur pourra préférer choisir de toucher 6 % de droits d'auteurs avec un éditeur qui semble vraiment croire en lui et en une collaboration durable et qui paraît prêt à tout mettre en oeuvre pour faire connaître et reconnaître son talent d'auteur, plutôt que de toucher 8 % avec un éditeur qui a l'air moins concerné, là je suis tout à fait d'accord. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle en jeunesse je privilégierai les séries au roman solo. Quel meilleur moyen de prouver à un auteur que l'on croit réellement à son potentiel et que l'on est prêt à l'accompagner sur le long terme. Malheureusement, c'est assez rare que de jeunes auteurs, n'ayant encore aucune publication à leur actif, aient le choix entre plusieurs éditeurs.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Alan Tréard le 24 Juillet 2021 à 16:26:40
Re-Bonjour Ange Fetochris,


Il me semble que tu vois à peu près de quoi on parle en général, je ne m'inquiète donc pas sur le fait que tu traceras ton propre chemin, personnellement. Je te souhaite bonne chance dans tes nouvelles démarches et publications.

Pour la rupture libraires/éditeurs, il me semble qu'elle est plus complexe qu'elle en a l'air (n'est pas juste une question de bénéfices/risques, mais plutôt un vrai écart entre deux conceptions du livre très différentes l'une de l'autre), ce qui explique que j'aurais du mal à mieux préciser mon constat à ce propos en peu de mots spontanément.

Pourtant, la littérature est le domaine idéal pour mener un débat de fond, affronter des problèmes logiques ou théoriques, chercher des points d'entente ou d'accord lorsqu'il y a par ailleurs quelques désaccords. Autrement dit, il me semble que les librairies sont tout à fait disposées à rencontrer de jeunes éditeurs pleins d'ambition, curieux et créatifs, des librairies ouvertes à la nouveauté, heureuses de découvrir des catalogues hors du commun aux idées renouvelées. ^^


En ce qui concerne le pourcentage : oui, c'est bien la deuxième hypothèse qui est en question, celle où un écrivain aspire plus facilement à se tourner vers un éditeur qui croit en lui.

Aussi, suite à la première publication de jeunes écrivains, se pose naturellement la question du renouvellement du contrat d'exploitation... un renouvellement temporaire qui fait respirer pleinement cette précieuse relation auteur-éditeur à laquelle tout le monde aspire tant. :)


Voici, voilà pour le peu de choses que je pouvais apporter pour nourrir la discussion. Je serais curieux moi aussi de suivre ce fil de discussions pour découvrir les interventions des membres toutes plus inattendues et constructives les unes que les autres.

À bientôt.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 25 Juillet 2021 à 15:48:22
Merci pour cet échange de points de vue enrichissant Alan  !  C'était un plaisir.
J'espère que d'autres personnes du forum viendront y participer.
Belle journée.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Rémi le 25 Juillet 2021 à 22:48:51
Comme le disait Ben.G, les coûts sont multiples, et si on décompose le prix de vente d'un livre, on a (n'hésitez pas si j'oublie quelque chose) :

1) Relecture / correction
2) Conception Couverture et 4e
3) Maquette
(ces coûts ci-dessus ne dépendent pas de la quantité vendue ni fabriquée)
4) Fabrication : 20% à 30 % (dépend du nombre, comme dit Ben, mieux vaut provisionner aussi les exemplaires invendus)
5) Logistique (stockage et acheminement au point de vente)
6a) Vente en librairie (le libraire, il bosse)
ou 6b) Vente à distance (donc temps d'emballage et frais de port à déduire, ils sont toujours gratuits sinon je vais chez mon libraire !)
7) Rénumération auteur
8) TVA à 5,5%
9) Rémunération éditeur

Pour les points 1, 2 et 3, que tu fasses toi-même ou que tu fasses faire, ça ne change rien au fait que tu vas payer quelqu'un (ou toi) pour faire le boulot. Si tu réussis à faire le boulot en deux semaines 70 heures, ça coûte un demi salaire (chargé...) soit environ 1000 euros minimum.

Prenons le cas d'un livre de poche tiré à 1000 exemplaires et vendu 10€.

1+2+3 = 1€ par bouquin (10%)
4 = 2 € (20%)
5 = 1€ mini par bouquin (si tu fais la tournée des librairies, ça prend du temps, si tu payes qqn, j'imagine mal qu'il fourgue suffisamment de bouquins pour prendre moins que 1€...) (10%)
6a libraire = 30%
6b distance = 10%
7 = 8%
8 = 5,5%
9 = il reste un peu moins de 20% pour l'éditeur

Heu... 20% de 1000 bouquins x 10€ = 2000 euros ; si un éditeur qui bosse seul sort dix bouquins par an et réussit à en vendre 1000 de chaque, alors il est déjà très limite pour gagner sa vie (avec un comité de lecture bénévole).

À noter que l'auteur, lorsqu'il a fini d'écrire, il a fini de bosser (hormis quelques dédicaces éventuellement). L'éditeur, lui, il bosse à plein temps !
Si le bouquin marche pas, l'auteur ne gagne rien, alors que l'éditeur s'assied sur 1+2+3+4 (perte possible entre 2000 et 3000 euros).
Si le bouquin marche moyen (la moitié de la fabrication vendue), l'auteur gagne quelques centaines d'euros, l'éditeur paye ses frais et ne gagne rien.
Si le bouquin marche bien, notre éditeur gagne sa vie.

Alors bien sûr, si on en vend non pas 1000 mais 10 000 bouquins par titre... là oui l'éditeur se fait des sous (et l'auteur aussi !) Mais pour arriver à 10 000, faut déjà sortir un putain de bon bouquin dans une collection connue et reconnue.

Conclusion : pour qu'un auteur gagne correctement sa vie, il doit écrire des super bouquins  :)
Pour qu'un éditeur gagne correctement sa vie, il doit assurer dans son boulot et trouver des auteurs qui sortent des super bouquins ^^

Sinon, si on parle de taux horaire :

Pas mal de très bons bouquins ont été écrits en un ou deux mois (Vian, Kerouac...) ; les auteurs qui écrivent vite et bien peuvent gagner très correctement leur vie (et une poignée sont très riches), sinon, les auteurs ont des revenus assez faibles et d'autres boulots en plus.

Le monde de l'industrie de l'impression regorge de Smicards, et comme Ariane, je suis pas sûr qu'ils ne méritent pas un salaire plus élevé.

Les relecteurs, les graphistes qui font les couv' et les maquettistes ne roulent pas sur l'or... souvent, ils ont aussi plusieurs métiers.

Pour qu'un libraire gagne correctement sa vie, à 3€ par bouquin, il faut en vendre combien par mois et donc par jour (sachant qu'il a un loyer et d'autres charges que son salaire...) ?

Pour info, j'ai publié, depuis 2019, 2 polars adultes et 2 polars jeunesse, tous écrits en un mois, en plus du boulot (faut rajouter le temps des relectures et corrections). Je suis vachement reconnaissant envers mon éditeur qui se démène pour les faire connaitre, les défendre, les présenter en librairie... C'est de l'édition régionale (collection Polars en Nord), ça marche pas mal, mais personne ne roule sur l'or ^^ Les bouquins sont chouettes (encore merci à tous les relecteurs du forum qui m'ont aidé  :calin:), mais je crie pas au scandale de pas en vendre des dizaines de millier... Donc, c'est un loisir qui me rapporte un peu, sans plus.

Bref, je le redis, pour vivre de sa plume, il faut écrire beaucoup et bien (spéciale dédicace à une certaine membre du forum qui se reconnaîtra si elle passe par ici ^^).

Ah oui, y a aussi quelques auteurs autopubliés qui font à bloc de salons et qui vendent en direct (mais là, c'est tour de France toute l'année) ; une bonne séance de dédicace, tu peux vendre 40 bouquins sur une demi-journée (mais tu peux aussi faire 4 ou 5...). J'ai signé 32 bouquins mercredi matin, avec mon éditeur, donc pas en direct, j'ai gagné 25 balles  :D mais il était content.

Du coup, tu écris :
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J'ecris depuis des années et j'ai de nombreux manuscrits presque terminés.
Pour moi, la vraie question est : penses-tu que les lecteurs vont s'arracher tes romans ?
Si plusieurs ME sont prêtes à t'éditer, si elles se battent pour avoir tes manuscrits, alors oui, tu peux te dire que t'as une chance en les éditant toi-même.

N'hésite-pas à poster en section "textes longs" pour avoir des retours de lecteurs d'ici ;)

Bonne chance dans tous les cas !

A+
Rémi
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ari le 25 Juillet 2021 à 23:13:52
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je serai heureux d'éditer d'autres auteurs à l'occasion, mais j'avoue que pour l'instant je n'en ai pas lus qui tiennent la route, après, j'ai peu prospecté de ce côté là, mais si vous en connaissez qui cherchent un éditeur, je me ferais un plaisir de les lire
Je suis perplexe devant tes formulations '-' décidément, on ne se comprend peut-être pas très bien. Bien sûr qu'il y a de bons auteurs qui cherchent des éditeurs... par contre, probablement qu'ils s'adressent d'abord à des ME (re)connues. Si c'est ton souhait de publier d'autres personnes et non uniquement toi et ta compagne, il faut proposer quelque chose qui intéresse lesdits auteurs. Personnellement, je ne pense pas que la question du pourcentage soit unique ou suffisante (elle ne l'est clairement pas pour moi ou pour les amis avec qui je communique le +). Il y a aussi (comme évoqué + haut à plusieurs reprises) la ligne éditoriale qui joue beaucoup, les valeurs défendues par la ME, le potentiel de diffusion / reconnaissance dans le monde littéraire ou auprès d'un plus grand public...
J'ai l'impression que pour être éditeur (pour éditer d'autres personnes, je veux dire, et pas uniquement ses propres livres), il faut vraiment le vouloir et y croire ; dire qu'après un rapide balayage on n'a trouvé personne de convaincant, ça me trouble un peu. '-'

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J'ecris depuis des années et j'ai de nombreux manuscrits presque terminés.
Pour moi, la vraie question est : penses-tu que les lecteurs vont s'arracher tes romans ?
Si plusieurs ME sont prêtes à t'éditer, si elles se battent pour avoir tes manuscrits, alors oui, tu peux te dire que t'as une chance en les éditant toi-même.
Je suis assez d'accord avec Rémi. Et aussi (/surtout ?) : pourquoi "presque" terminés ? '-'
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Earth son le 26 Juillet 2021 à 07:09:32
Bonjour Ange,

Je ne vais peut-être pas dire quelque chose de pertinent (ça m’arrive souvent) mais je m’exprime quand même.
Je dois avouer, en fait, ne pas comprendre le fond de ta question car, il est quasiment toujours plus rentable de faire quelque chose soit même plutôt que de le faire faire par un professionnel (valable pour tout : sa vidange, sa salle de bains, ses espaces verts, son site web...). Le problème de faire soit même est d’avoir le temps et surtout les compétences.
Donc si tu penses avoir les deux et que tu es persuadé d’avoir un volume de ventes suffisant pour être pérenne, bah vas-y, mais ce n’est pas pour rien que les auteurs passent par des maisons d’édition.

Sinon, pour ta phrase
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les petits éditeurs independants fleurissent (ce qui tendrait à prouver qu'ils s'en sortent financièrement)
Ce n’est pas une preuve de réussite. On peut ouvrir sa boite facilement et fermer deux ans plus tard, faute de résultats suffisants.

En tout cas, bonne chance à toi.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 26 Juillet 2021 à 16:08:44
Merci de ton retour Rémi,
Alors en ce qui concerne les frais, je voyais bien ça comme ça, mais c'est sympa d'avoir fait ce petit récapitulatif, ça pourra d'ailleurs servir à d'autres personnes je pense.
Par contre, j'ajouterai qu'il y a un sans doute quelques frais supplémentaires, du genre frais de création de la société et frais de comptabilité. Par contre un certain nombre de frais sont déductibles et amortissables dans ta comptabilité, quand à la TVA tu la récupères (bien sûr il faut tout de même avoir une trésorerie suffisante).

En revenche, lorsque tu dis que beaucoup d'écrivains écrivent 1 livre en 1 mois ou 2, si c'est corrections comprises je n'y crois pas du tout.
D'ailleurs les exemples d'écrivains que tu donnes sont anciens et concernent des écrivains à la fois très connus (leurs éditeurs devait sûrement passer bc de temps en corrections) et plutôt particuliers.
A l"inverse, je pourrai mentionner Tolkien à qui il a fallut 12 ans pour écrire la trilogie du Seigneur des anneaux et plus proche de nous, George R R Martin qui a mis 15 ans à écrire les 5 premiers romans du cycle du Trône de fer.
Personellement, pour un premier livre (corrections comprises) je pense qu'en moyenne un auteur passe entre 1 à 2 années dessus. Mais ce n'est que mon avis, je n'ai lu aucunes statistiques à ce sujet. Si quelqu'un en a ou si des écrivains qui lisent se post veulent nous donner le temps qu'écrire et corriger leur prend, ce serait intéressant.
Autrement, si tu as mis des textes à toi sur le forum, je serai ravi d'en lire  : )
En ce qui me concerne, j'ai juste mis le premier chapitre de mon livre contemporain dans la rubrique textes cout, de mémoire. Et là je suis en vacances mais à partir de la fin août, je mettrai la suite avec plaisir  : )
Merci encore de ton intervention et bonne journée !



Ariane, en ce qui concerne la question du poucentage, je me suis plus étendu là-dessus dans ma première réponse à Alain Tréar.

Pour ce qui concerne ton étonnement sur le fait, que je n'ai jusqu'ici lu que quelques textes que des auteurs m'ont proposé de lire, sans prospecter davantage, c'est tout simplement parce que pour l'instant je ne suis pas éditeur, je pèse le pour et le contre, avant de me décider dans le courant de l'année qui vient. Donc pour l'instant je ne vais pas passer mes journées à lire des textes, alors que je ne serai peut-être jamais éditeur.

En ce qui concerne ta dernière questions, c'est drôle parce qu'elle ne permet que des mauvaises reponses :  si je te dis, bien sûr je pense que mes livres sont géniaux et qu'ils vont cartonner, je passerai forcément pour un vantard de première sans aucune légitimité et je ne doute pas des réactions de certains, à n'en pas douter ça va saigner  :D. Et si je dis que je ne sais pas, qu'on ne peut être sûr de rien, surtout dans ce domaine, on  va me dire que je n'ai pas la conviction nécessaire pour arriver quelque part. Je pense donc que tu te trompes de question ou au minimum de formulation, si tu veux en savoir davantage sur moi.





Earth Son, merci de ta contribution pleine de bon sens, c'était un plaisir de te lire   ;)






Modé : messages regroupés, merci d'éviter les doubles posts.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Aléa le 26 Juillet 2021 à 17:19:36
Vu tes réponses t'as l'air déjà convaincu du fait que tu veux le faire donc je comprends pas ce que tu recherches en demandant ici  :???:



Et merci d'éviter les doubles postes, pour une question de lisibilité des sujets 1 message = 1 personne, tu peux répondre à plusieurs personnes en un seul message.
Titre: Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ari le 26 Juillet 2021 à 18:43:35
En ce qui concerne ta dernière questions, c'est drôle parce qu'elle ne permet que des mauvaises reponses :  si je te dis, bien sûr je pense que mes livres sont géniaux et qu'ils vont cartonner, je passerai forcément pour un vantard de première sans aucune légitimité et je ne doute pas des réactions de certains, à n'en pas douter ça va saigner  :D. Et si je dis que je ne sais pas, qu'on ne peut être sûr de rien, surtout dans ce domaine, on  va me dire que je n'ai pas la conviction nécessaire pour arriver quelque part. Je pense donc que tu te trompes de question ou au minimum de formulation, si tu veux en savoir davantage sur moi.
??
Ma dernière question, c'était pourquoi tu dis que tes livres sont "presque" terminés et non terminés ? Mais si tu n'as pas envie de répondre, aucun souci, c'était juste histoire de rebondir.
Sinon, juste avant, je disais juste que j'étais d'accord avec Rémi sur le fait que finalement ça allait surtout se jouer sur la qualité des livres en question. Mais il n'y avait pas de question ouverte à ce moment-là.
Bref. Comme Ben.G j'ai l'impression que tu es déjà convaincu ; et que les réponses des personnes qui ne te soutiennent pas dans ta démarche ne t'apportent finalement pas grand chose...
Bon courage pour la suite.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Rémi le 26 Juillet 2021 à 22:54:28
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Par contre un certain nombre de frais sont déductibles et amortissables dans ta comptabilité, quand à la TVA tu la récupères (bien sûr il faut tout de même avoir une trésorerie suffisante).
Déductibles ? ce que tu payes, ben tu le payes, hein !
Amortissable : les investissements sont amortissables sur plusieurs années (achat ordi par exemple), mais ils ne font pas partie de la liste que j'évoquais
Quant à la TVA, on récupère la TVA qu'on a décaissé sur nos achats, si on a encaissé plus de TVA par nos vente (si c'est pas le cas, c'est que l'entreprise est morte  :mrgreen:).

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En revenche, lorsque tu dis que beaucoup d'écrivains écrivent 1 livre en 1 mois ou 2, si c'est corrections comprises je n'y crois pas du tout.
j'ai pas dit "beaucoup d'écrivains", je parlais de temps d'écriture pour revenir à ton concept de rentabilité et de comparaison au SMIC ;)
Et sinon, faut pas confondre durée et charge de travail. Si on veut s'amuser à calculer le taux horaire de l'écrivain, il faut mesurer le temps passé à écrire, pas les mois qui s'écoulent. Mais bref, c'était de la blague, hein !
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Personellement, pour un premier livre (corrections comprises) je pense qu'en moyenne un auteur passe entre 1 à 2 années dessus.
1 an = 1500 heures de boulot, quand on est aux 35h ^^

Ce que je voulais dire, c'est que les éditeurs, les maquettistes, les libraires... ils bossent à plein temps pour gagner leur croute et que les écrivains qui voudraient des gros pourcentages, ben souvent ils ont pas le même investissement dans leur "travail", genre 7h par jour tous les jours... (Encore une fois, je précise que pour moi l'écriture n'est pas un boulot mais un loisir)

Bref, bonne écriture ! Ce qui compte, c'est de sortir des bons bouquins !
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ange Fetochris le 27 Juillet 2021 à 14:34:44
Hello a tous   :D
Alors désolé pour ceux qui pensent que j'ai déjà pris ma décision et bien, ce n'est pas le cas, je suis du genre à ne pas me lancer à la légère.

Rémi pour les dépenses, ce que je voulais dire c'est qu'il faut les sotir de ta trésorerie, mais ensuite tu les défalques de tes bénéfices (donc pas d'impôts ni de charges dessus, si tu fais appelle à des freelances ou des droits d'auteurs, et si c'est moi qui touche ces salaires de graphistes et d'auteur c'est intéressant tu comprends).
Après on est bien d'accord que ce qui compte au départ c'est la qualité des livres que l'on édite !
Sinon tu expliquais que tu étais écrivain, mais tu ne m'as pas donné 1 lien vers l'un de tes textes sur ce forum, c'est dommage je trouve.

Allez bonne journée à tous et encore merci pout vos remarques :)
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Angarth le 22 Août 2021 à 00:25:44
A en juger par tes extraits, déjà je ne dirais pas de ton style qu'il est aussi coulant, précis, professionnel que celui de 99+% des livres publiés par des maisons d'édition. Un peu plus tôt j'ai feuilleté un titre de chez Actes Sud, je considère qu'il était mieux écrit, plus emportant, et un autre de fantasy, pareil.

Je n'ai pas vu de rarissime qualité évidente qui me ferait dire "ce mec aurait de bonnes chances s'il contactait une maison d'édition", du coup je ne dirais pas non plus "ça vaut le coup de parier gros sur le projet qu'il envisage".
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Angarth le 24 Août 2021 à 15:31:01
Comme j'avais juste le temps de passer, je finis mon message. A lire certains, on en arriverait presque à croire, qu'il y a une justice pratiquement idéale dans la chaîne du livre. Non, mais ce n'est pas le cas hein. Ce n'est pas parce qu'il y a d'autres gens qui galèrent, que la situation des auteurs est normale. Ce n'est pas parce que des petites maisons d'édition galèrent (plus ou moins) aussi, vous traitent bien en ce qui les concerne et au vu de leurs moyens, que chez des maisons plus à l'aise, qui ont les moyens pour, avec X et Y qui font pas mal de bénéfices sur les livres (vos livres), vous êtes payés équitablement. C'est une grande partie du problème : dans la plupart des cas où tu pourrais aussi, où tu pourrais enfin, si tout le monde y mettait du sien, jouir d'un salaire correct, ben ce sera non, parce que c'est "toi après", et "c'est moi qui décide, et quand on décide si tranquillement pour les autres bah euh..."

C'est un peu facile de traiter les artistes comme des êtres dispensables, "oh mais écrire c'est un loisir", "ben ils ont qu'à faire autre chose", lorsque sans eux tous ces milliers de gens seraient au chômage, qu'il y aurait peu de culture, ou des mines d'or en moins si on parle d'autres arts.

Pourtant, on a vu récemment les auteurs/artistes alerter sur leur précarité, et réclamer une rémunération plus équitable. Ce n'est pas juste un caprice, hein. Qu'est-ce qu'un charmant monsieur a répondu? Que ce sont les maisons d'édition qui prennent "tous" les risques. C'est vrai que les gens qui font ce qu'ils font de mieux pour essayer d'y arriver, survivre, doivent bosser beaucoup plus car ils sont sous-payés, doivent rester dans un boulot précaire à côté façon caissière, mettre leur vie sociale en mode minimum, les grandes victimes et suicidés ici et là, ils ne connaissent pas le risque, eux, alors de quoi ils se plaignent?


Concernant les stats de "rentabilité" des auteurs en auto-édition, je ne les connais pas mais j'ai l'impression en discutant à droite et à gauche que c'est pire que les auteurs publiés en ME...
Il y a peu, j'ai lu une étude comparative avec un bon échantillon. Il en sortait que de façon générale, et tout considéré, les écrivains auto-édités gagnaient plus (pas beaucoup plus, mais plus). Bon je ne sais pas, ça compte peut-être plutôt des gens qui n'auront pas très vite été contraints d'abandonner. Mais il ne faut pas oublier non plus que sur les produits auto-édités, beaucoup ne sont juste pas follement bien écrits, pas follement pro, ont une narration qui va un peu nulle part, etc. Alors oui, même si c'est plus une solution provisoire (il faudra bien que d'autres te publient pour éviter l'oubli, ou que quelqu'un d'autre participe à la promo si tu veux écrire plus), si t'es vraiment capable de créer un bon livre, d'attirer les lecteurs, que tu peux faire des choses toi-même (mise en page, relecture), l'auto-édition est clairement un choix qu'il faut envisager. Pour le problème "difficile d'être pris au sérieux", on peut toujours trouver un entre-deux, comme placer des textes sur des concours ou magazines de qualités.

Ah oui, et il y a des auteurs qui quittent leurs maisons d'édition pour l'auto-édition, parce qu'ils estiment qu'on ne veut pas les payer équitablement, et qu'au bout d'un moment c'est juste inacceptable. Si ça ne fait pas réfléchir...
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Loïc le 24 Août 2021 à 15:59:13
Enfin si les auteurs/trices gagnent pas bien leur vie, c'est aussi et surtout qu'ils vendent pas assez, hein.

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Ah oui, et il y a des auteurs qui quittent leurs maisons d'édition pour l'auto-édition, parce qu'ils estiment qu'on ne veut pas les payer équitablement, et qu'au bout d'un moment c'est juste inacceptable. Si ça ne fait pas réfléchir...

Ou plutôt que, s'étant fait leur réseau grâce au boulot du reste de la chaine du livre, ils peuvent se permettre de la court-circuiter.
;)

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C'est un peu facile de traiter les artistes comme des êtres dispensables, "oh mais écrire c'est un loisir", "ben ils ont qu'à faire autre chose", lorsque sans eux tous ces milliers de gens seraient au chômage, qu'il y aurait peu de culture, ou des mines d'or en moins si on parle d'autres arts.

Non, t'as pas besoin d'être écrivain professionnel pour faire de l'art correct. Je dirais même que c'est plutôt l'inverse, et que les écrivains français qui vivent de leur art, aka ceux qui sortent un livre par an, c'est sans doute pas les meilleurs. Soit c'est de l'art, soit c'est un produit que tu vends comme des patates, comme le disait un fil y a pas si longtemps, mais tu peux pas avoir les deux (même si les patates c'est très bon, par ailleurs).
Des livres, de toute façon il y en a trop. On peut diviser par 1000 le nombre de bouquins publiés chaque année, ça changera pas la face du monde et ça permettra ptet à tout le monde de faire du boulot correct.
Titre: Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Angarth le 24 Août 2021 à 17:05:07
Enfin si les auteurs/trices gagnent pas bien leur vie, c'est aussi et surtout qu'ils vendent pas assez, hein.
Bien sûr, le problème va plus loin, et au passage on peut trouver normal qu'il ne soit pas facile de (presque) vivre de son art. Seulement, le système ne fait rien pour aider, bien au contraire, et beaucoup de maisons d'éditions enfoncent le clou aussi. Des petits +, peuvent faire une grosse différence, en aider une bonne partie à émerger un peu de cette précarité. Mais se borner à : "c'est surtout qu'ils ne vendent pas assez", pour moi ça revient à dire "tout est normal", "c'est comme ça", "laissons-les donc se débrouiller". Ca m'étonne de lire ça sur un forum d'écriture.


Ou plutôt que, s'étant fait leur réseau grâce au boulot du reste de la chaine du livre, ils peuvent se permettre de la court-circuiter.
;)
Alors je te donne mon interprétation de cette phrase : les écrivains qui estiment ne pas être rémunérés équitablement, ils prétendent cela mais ce n'est pas pour du vrai, par contre toi, tu sais ce qu'il en est réellement, ils ne sont pas mécontents.


Non, t'as pas besoin d'être écrivain professionnel pour faire de l'art correct. Je dirais même que c'est plutôt l'inverse, et que les écrivains français qui vivent de leur art, aka ceux qui sortent un livre par an, c'est sans doute pas les meilleurs. Soit c'est de l'art, soit c'est un produit que tu vends comme des patates, comme le disait un fil y a pas si longtemps, mais tu peux pas avoir les deux (même si les patates c'est très bon, par ailleurs).
Je n'ai jamais prétendu qu'il y avait besoin de vivre de son art, pour faire de l'art correct. Cela dit, en vivre n'empêche pas de faire de l'art véritable, et dans l'absolu, ça peut aider, grandement oui, de ne pas devoir faire caissier à côté, et de ne pas être dans la précarité. Je ne dis pas que ça se voit beaucoup sur le terrain, je crois aussi que beaucoup d'écrivains "pro" pensent plus quantité que qualité, et ce n'est pas illogique : ceux qui s'en sortent sont souvent ceux qui sont capables de produire énormément, et de ne pas s'attarder plus que cela sur le détail.

Enfin un livre par an, c'est plus que faisable de présenter une oeuvre polie, tu sors une page par jour, t'as ton livre de 250 pages. Celui qui ne peut pas vivre que de l'écriture, et sort un livre au bout de plusieurs années, il n'y passe pas forcément plus de temps.


Des livres, de toute façon il y en a trop. On peut diviser par 1000 le nombre de bouquins publiés chaque année, ça changera pas la face du monde et ça permettra ptet à tout le monde de faire du boulot correct.
Bah là on est d'accord, et c'est une partie du problème, on a eu de plus en plus de livres pour de moins en moins d'impressions.
Titre: Re : Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Loïc le 24 Août 2021 à 17:18:13
Enfin si les auteurs/trices gagnent pas bien leur vie, c'est aussi et surtout qu'ils vendent pas assez, hein.
Bien sûr, le problème va plus loin, et au passage on peut trouver normal qu'il ne soit pas facile de (presque) vivre de son art. Seulement, le système ne fait rien pour aider, bien au contraire, et beaucoup de maisons d'éditions enfoncent le clou aussi. Des petits +, peuvent faire une grosse différence, en aider une bonne partie à émerger un peu de cette précarité. Mais se borner à : "c'est surtout qu'ils ne vendent pas assez", pour moi ça revient à dire "tout est normal", "c'est comme ça", "laissons-les donc se débrouiller". Ca m'étonne de lire ça sur un forum d'écriture.
[/quote]

Bah, tu as de vraies solutions, du coup ? à part filer 2000€ annuels pour chaque 500 exemplaires vendus ?

Ou plutôt que, s'étant fait leur réseau grâce au boulot du reste de la chaine du livre, ils peuvent se permettre de la court-circuiter.
;)
Alors je te donne mon interprétation de cette phrase : les écrivains qui estiment ne pas être rémunérés équitablement, ils prétendent cela mais ce n'est pas pour du vrai, par contre toi, tu sais ce qu'il en est réellement, ils ne sont pas mécontents.

C'est une façon de voir. Je pense plutôt qu'on dit la même chose, mais d'une perspective différente. S'ils court-circuitent, c'est sans doute qu'ils sont mécontents de ce qu'ils gagnent, mais ceux dont on parle, encore une fois, en ont bien profité avant. Après tout, pourquoi pas hein, je ne dis pas qu'il doit y avoir un attachement spécifique avec un éditeur, tout dépend de comment on voit son bouquin, sa relation avec l'éditeur, la littérature en général.
Mais reste, qu'ils ne peuvent faire ça que parce qu'ils ont déjà acquis une notoriété sans vraiment bosser pour.

Non, t'as pas besoin d'être écrivain professionnel pour faire de l'art correct. Je dirais même que c'est plutôt l'inverse, et que les écrivains français qui vivent de leur art, aka ceux qui sortent un livre par an, c'est sans doute pas les meilleurs. Soit c'est de l'art, soit c'est un produit que tu vends comme des patates, comme le disait un fil y a pas si longtemps, mais tu peux pas avoir les deux (même si les patates c'est très bon, par ailleurs).
Je n'ai jamais prétendu qu'il y avait besoin de vivre de son art, pour faire de l'art correct. Cela dit, en vivre n'empêche pas de faire de l'art véritable, et dans l'absolu, ça peut aider, grandement oui, de ne pas devoir faire caissier à côté, et de ne pas être dans la précarité. Je ne dis pas que c'est ce qui se passe sur le terrain, je crois aussi que beaucoup d'écrivains "pro" pensent plus quantité que qualité, et ce n'est pas illogique : ceux qui s'en sortent sont souvent ceux qui sont capables de produire énormément, et de ne pas s'attarder plus que cela sur le détail.

Enfin un livre par an, c'est plus que faisable de présenter une oeuvre polie, tu sors une page par jour, t'as ton livre de 250 pages. Celui qui ne peut pas vivre que de l'écriture, et sort un livre au bout de plusieurs années, il n'y passe pas forcément plus de temps.

250 jours, en estimant qu'on ne bosse que cinq jours par semaines, ça fait déjà 50 semaines, il n'en reste plus que deux pour le travail éditorial, l'impression, la diffusion. Ça fait court :p
Même à 5 pages par jours, ça fait déjà 10 semaines de taf (soit deux mois et demi), faut espérer que l'éditeur derrière attende vraiment le roman et soit efficace :D
Mais du coup oui, ce que tu veux c'est plus de quantité et moins de qualité. Well, pas vraiment ma vision des choses. La littérature formatée de Levy et Musso, je pense que je peux m'en passer.
Par ailleurs, la solution c'est pas "écrivain bien payé ou précaire", hein, tu peux avoir un boulot stable et payé correctement à côté.

Des livres, de toute façon il y en a trop. On peut diviser par 1000 le nombre de bouquins publiés chaque année, ça changera pas la face du monde et ça permettra ptet à tout le monde de faire du boulot correct.
Bah là on est d'accord, et c'est une partie du problème, on a eu de plus en plus de livres pour de moins en moins d'impressions.

Moins en moins de lecteurs/lectrices, surtout.
Et du coup, ce serait limiter la publication à quelques élu-es, bien payé-es pour ça. Les autres iraient se faire voir, c'est l'idée, non ?
Titre: Re : Re : Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Angarth le 24 Août 2021 à 19:38:11
Bah, tu as de vraies solutions, du coup ? à part filer 2000€ annuels pour chaque 500 exemplaires vendus ?
Bah tu as suivi l'actualité, entendu les revendications (dont un taux de rémunération minimal de 10%), entendu parler d'un certain rapport Racine? Qu'il n'y ait pas de solution qui puisse sauver l'Humanité entière, que tout le monde ne puisse s'accorder sur tout, ne signifie pas qu'il n'y a rien à faire d'intelligent pour améliorer la situation, ni que les choses doivent rester comme ça.


250 jours, en estimant qu'on ne bosse que cinq jours par semaines, ça fait déjà 50 semaines, il n'en reste plus que deux pour le travail éditorial, l'impression, la diffusion. Ça fait court :p
Même à 5 pages par jours, ça fait déjà 10 semaines de taf (soit deux mois et demi), faut espérer que l'éditeur derrière attende vraiment le roman et soit efficace :D
Mais du coup oui, ce que tu veux c'est plus de quantité et moins de qualité. Well, pas vraiment ma vision des choses. La littérature formatée de Levy et Musso, je pense que je peux m'en passer.
Non, je parle juste du temps pour écrire le livre, côté auteur. Sachant qu'il peut faire autre chose, mais je prends le cas où il ne fait quasiment qu'écrire. Enfin, logiquement t'attends pas que le livre soit fabriqué et tout, pour passer à la suite. Donc non, je ne veux pas plus de quantité. De nombreux auteurs ont produit 250 pages de qualité, à pas mal de reprises en l'espace d'un an. Certains "grands" ont fait un très bon livre en quelques mois quand c'était nécessaire. Il y en a qui ont sorti 200, 250 pages de fiction en prose poétique dans l'année, en étant pas mal occupé ou sans écrire que cela. Je ne dis pas que c'est facile, et encore moins qu'on devrait essayer de tenir le rythme sur 40 ans, mais 250 pages de qualité en un an ça n'a rien de mission impossible.


Par ailleurs, la solution c'est pas "écrivain bien payé ou précaire", hein, tu peux avoir un boulot stable et payé correctement à côté.
Ouais, enfin si tu as un boulot à temps plein, assez prenant, éventuellement un temps de trajet pas hyper court, une famille, un brin d'autres centres d'intérêt, au bout d'un moment tu vas pas écrire grand-chose. C'est pour ça que souvent, c'est plutôt boulot à temps partiel au smic horaire.


Et du coup, ce serait limiter la publication à quelques élu-es, bien payé-es pour ça. Les autres iraient se faire voir, c'est l'idée, non ?
Encore une fois, avant on publiait moins de livres pour davantage d'impressions, je n'ai pas le sentiment que beaucoup se disent "c'est mieux maintenant", et oui, j'estime que c'était plus enviable. Au moins, ceux qui sont publiés se font une part plus respectable, ceux qui ne le sont pas ont moins de raison de s'entêter "cette maison d'édition m'a dit oui, faut continuer on y croit", pour au final ne jamais faire que se taper des miettes.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Loïc le 24 Août 2021 à 20:08:02
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Bah tu as suivi l'actualité, entendu les revendications (dont un taux de rémunération minimal de 10%), entendu parler d'un certain rapport Racine? Qu'il n'y ait pas de solution qui puisse sauver l'Humanité entière, que tout le monde ne puisse s'accorder sur tout, ne signifie pas qu'il n'y a rien à faire d'intelligent pour améliorer la situation, ni que les choses doivent rester comme ça.

Clair qu'un taux à 10% va sauver des auteurs à 5000 ventes :D

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Non, je parle juste du temps pour écrire le livre, côté auteur. Sachant qu'il peut faire autre chose, mais je prends le cas où il ne fait quasiment qu'écrire. Enfin, logiquement t'attends pas que le livre soit fabriqué et tout, pour passer à la suite. Donc non, je ne veux pas plus de quantité. De nombreux auteurs ont produit 250 pages de qualité, à pas mal de reprises en l'espace d'un an. Certains "grands" ont fait un très bon livre en quelques mois quand c'était nécessaire. Il y en a qui ont sorti 200, 250 pages de fiction en prose poétique dans l'année, en étant pas mal occupé ou sans écrire que cela. Je ne dis pas que c'est facile, et encore moins qu'on devrait essayer de tenir le rythme sur 40 ans, mais 250 pages de qualité en un an ça n'a rien de mission impossible.

Ah bah si. C'est un livre publié par an et qui fait au moins 10 000 ventes (pour un grand format à 20€, avec une part auteur à 10%). Donc en un an il faut : le roman écrit, corrigé, envoyé, corrigé, publié, vendu.
Et si, si tu veux que ce soit un taf, c'est pour 40 ans. En un an, c'est possible, je dis pas le contraire. Mais encore une fois, pour avoir un revenu de l'écriture, faut faire ça tous les ans.

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Ouais, enfin si tu as un boulot à temps plein, assez prenant, éventuellement un temps de trajet pas hyper court, une famille, un brin d'autres centres d'intérêt, au bout d'un moment tu vas pas écrire grand-chose. C'est pour ça que souvent, c'est plutôt boulot à temps partiel au smic horaire.

Ah oui pardon, on doit aux auteurs pas de temps de trajet, une vie familiale, toussa.
Non mais à un moment c'est un choix, hein. Personne t'oblige à sortir un livre par an (ou même tous les deux ans), et les derniers romanciers que j'ai lus et que j'ai vraiment aimés, ils avaient plutôt l'écriture rare. Sans doute rapport au fait de bosser leur texte et pas d'en sortir à la pelle.

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Encore une fois, avant on publiait moins de livres pour davantage d'impressions, je n'ai pas le sentiment que beaucoup se disent "c'est mieux maintenant", et oui, j'estime que c'était plus enviable. Au moins, ceux qui sont publiés se font une part plus respectable, ceux qui ne le sont pas ont moins de raison de s'entêter "cette maison d'édition m'a dit oui, faut continuer on y croit", pour au final ne jamais faire que se taper des miettes.

Ouais, désolé si ce modèle productiviste, monobloc et sans diversité me convient pas. Après si tu préfères Marc Lévy à Alain Damasio ou Jean-Philippe Jaworski, well, effectivement, let's agree to disagree.
Perso je préfère toujours la diversité au monopole de quelques auteurs approuvés parce qu'ils font une littérature commerciale. Mais après tout, t'as le droit d'être fan de la grande distribution.
(Spoiler : ça fonctionne pas mieux pour les producteurs).

Je suis pour un revenu de base. Pour le reste, non, je vois pas sur quel critère certains auteurs devraient avoir droit à un salaire et pas d'autre. À ce moment-là, je veux bien être rémunéré pour tous mes commentaires sur ce forum.
Titre: Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Angarth le 24 Août 2021 à 20:41:45
Clair qu'un taux à 10% va sauver des auteurs à 5000 ventes :D
Donc ce que tu dis, c'est autant rester dans une situation injuste/m*rdique, sous prétexte qu'on ne peut pas sauver tout le monde. C'était vain de se battre pour 5 semaines de congés payés, de toute façon les autres semaines il faut piocher.


Ah bah si. C'est un livre publié par an et qui fait au moins 10 000 ventes (pour un grand format à 20€, avec une part auteur à 10%). Donc en un an il faut : le roman écrit, corrigé, envoyé, corrigé, publié, vendu.
Et si, si tu veux que ce soit un taf, c'est pour 40 ans. En un an, c'est possible, je dis pas le contraire. Mais encore une fois, pour avoir un revenu de l'écriture, faut faire ça tous les ans.
Ecrire et corriger (on parle déjà de sa propre correction avant envoi), ça va un peu ensemble en ce qui me concerne. Parce qu'écrire un brouillon en un an, ça tout le monde peut le faire hein. Je réitère : le temps que ton livre soit fabriqué, logiquement ton petit écrivain est passé à autre chose.

Je rappelle qu'un auteur peut continuer de gagner de l'argent sur ses livres déjà écrits (quand tu vends 10000 exemplaires, c'est ce qui arrive souvent). Prétendre qu'inévitablement, tu seras obligé de produire autant après 40 ans, ça n'a juste aucun sens.


Ah oui pardon, on doit aux auteurs pas de temps de trajet, une vie familiale, toussa.
J'espère que tu n'es pas de mauvaise foi, personne n'a prétendu qu'on devait aux auteurs tout et n'importe quoi.


Non mais à un moment c'est un choix, hein. Personne t'oblige à sortir un livre par an (ou même tous les deux ans), et les derniers romanciers que j'ai lus et que j'ai vraiment aimés, ils avaient plutôt l'écriture rare. Sans doute rapport au fait de bosser leur texte et pas d'en sortir à la pelle.
Etre capable de sortir 250 pages en une année, ce n'est pas en sortir à la pelle, et je réitère que niveau qualité c'est faisable et démontré. Ce n'est pas parce que récemment tu as plutôt aimé des écrivains ayant l'écriture rare, que ça annule cette vérité. Certains essayent d'écrire 10 pages par jour, ça oui, c'est en sortir à la pelle.


Ouais, désolé si ce modèle productiviste, monobloc et sans diversité me convient pas. Après si tu préfères Marc Lévy à Alain Damasio ou Jean-Philippe Jaworski, well, effectivement, let's agree to disagree.
Perso je préfère toujours la diversité au monopole de quelques auteurs approuvés parce qu'ils font une littérature commerciale. Mais après tout, t'as le droit d'être fan de la grande distribution.
(Spoiler : ça fonctionne pas mieux pour les producteurs).
Parce que quand il y avait juste deux fois moins de titres publiés, il n'y avait pas de diversité, et il n'y avait que de la littérature commerciale, nulle, sérieusement la littérature d'aujourd'hui propose mieux, t'as pas l'impression que c'est l'inverse? Qu'est-ce qui te permet de dire ça? Mais je ne lis pas du Marc Levy, et Marc Levy fait des ventes folles dans notre monde actuel, qui selon toi semble seul à autoriser quelque diversité supérieure.


Je suis pour un revenu de base. Pour le reste, non, je vois pas sur quel critère certains auteurs devraient avoir droit à un salaire et pas d'autre. À ce moment-là, je veux bien être rémunéré pour tous mes commentaires sur ce forum.
Du coup, tu ne vois pas pourquoi tous les gens qui ne parviennent pas à être publiés, n'obtiennent pas un salaire, quand ceux qui parviennent à être publiés, en ont un. A ce moment-là, la Terre entière veut bien s'écrier qu'elle écrit.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Ari le 24 Août 2021 à 21:30:05
Hello
J'avais juste envie de rebondir sur le rythme d'écriture :

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Ecrire et corriger (on parle déjà de sa propre correction avant envoi), ça va un peu ensemble en ce qui me concerne. Parce qu'écrire un brouillon en un an, ça tout le monde peut le faire hein. Je réitère : le temps que ton livre soit fabriqué, logiquement ton petit écrivain est passé à autre chose.
Il y a classiquement 3 allers-retours entre le correcteur et l'écrivain (souvent, médiés par la maison d'édition). Je pense que certains éditeurs proposent aussi leur propre travail sur le texte (je ne sais pas trop si c'est courant de le faire avant ou après les corrections, ou si ça se fait parfois en même temps), par exemple modifier la fin, mettre davantage l'accent sur tel passage, modifier tel aspect, etc. A cela s'ajoutent d'éventuelles interview, interventions dans des conférences (même pour une simple nouvelle ou un livre qui ne fait pas beaucoup de ventes, tu peux en avoir plusieurs) ou dédicaces ou autres. Donc non, le livre ne s'endort pas au moment où il est accepté.

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Etre capable de sortir 250 pages en une année, ce n'est pas en sortir à la pelle, et je réitère que niveau qualité c'est faisable et démontré. Ce n'est pas parce que récemment tu as plutôt aimé des écrivains ayant l'écriture rare, que ça annule cette vérité. Certains essayent d'écrire 10 pages par jour, ça oui, c'est en sortir à la pelle.
J'ai toujours entendu la fréquence de un bouquin par an être considérée comme un rythme très rapide d'écriture, et mon impression se confirme au fil des années et de la pratique. Le renouvellement des idées, sans qu'il puisse être comptabilisé en heures, exige aussi du temps (si on cite tel écrivain qui a rédigé tel premier jet en deux mois, ça n'est pas pareil pour moi que d'imaginer un rythme régulier d'un livre tous les deux mois...). Les réflexions, essais, changements d'avis, corrections, documentation...

Tout ça pour dire que comme Loïc, un livre par an, ça me semble un rythme de dingue pour faire du travail de qualité. Je ne doute pas qu'il existe des exceptions à la règle ; ce que je voulais dire surtout, c'est que si on considère ce rythme comme une "norme" pour le travail d'auteur, ça me fait effectivement penser à qqch de quantitatif et commercial.
Titre: Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Alan Tréard le 24 Août 2021 à 21:57:23
Bonjour Angarth,


Ton intervention un peu sèche et vivace m'oblige à réagir sur certains points que j'avais abordés pendant cette discussion à ce sujet :

Comme j'avais juste le temps de passer, je finis mon message. A lire certains, on en arriverait presque à croire, qu'il y a une justice pratiquement idéale dans la chaîne du livre. Non, mais ce n'est pas le cas hein. Ce n'est pas parce qu'il y a d'autres gens qui galèrent, que la situation des auteurs est normale. Ce n'est pas parce que des petites maisons d'édition galèrent (plus ou moins) aussi, vous traitent bien en ce qui les concerne et au vu de leurs moyens, que chez des maisons plus à l'aise, qui ont les moyens pour, avec X et Y qui font pas mal de bénéfices sur les livres (vos livres), vous êtes payés équitablement. C'est une grande partie du problème : dans la plupart des cas où tu pourrais aussi, où tu pourrais enfin, si tout le monde y mettait du sien, jouir d'un salaire correct, ben ce sera non, parce que c'est "toi après", et "c'est moi qui décide, et quand on décide si tranquillement pour les autres bah euh..."

Ce que tu dis est faux dans le sens où c'est toute la chaîne du livre qui s'est affaiblie pendant ces vingt dernières années. C'est bien les librairies les premières qui ont le plus souffert des évolutions des pratiques, et donc tous les acteurs du livre se sont trouvés acculés à ces difficultés (chacune & chacun s'en sort comme il peut : auteurs, éditeurs, libraires).

Si l'on pourrait croire qu'il y a des grands gagnants qui auraient profité de la situation pour s'enrichir démesurément, la situation est bien plus compliquée qu'il n'y paraît et les quelques maisons d'édition qui risquent de s'en sortir sont comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, en quelque sorte.

Ce n'est pas les quelques « gros » éditeurs qui vont pouvoir gérer toute la production de la chaîne du livre (ils n'ont pas le temps de lire chaque écrit de chaque aspirant-auteur). La question de l'édition indépendante est donc inévitable.


C'est un peu facile de traiter les artistes comme des êtres dispensables, "oh mais écrire c'est un loisir", "ben ils ont qu'à faire autre chose", lorsque sans eux tous ces milliers de gens seraient au chômage, qu'il y aurait peu de culture, ou des mines d'or en moins si on parle d'autres arts.

C'est aux autrices & auteurs de convaincre le lectorat que l'écriture est bien plus qu'un simple divertissement. :)

Ce n'est pas aux éditeurs de convaincre les gens de ce genre de choses, à mon avis.


Pourtant, on a vu récemment les auteurs/artistes alerter sur leur précarité, et réclamer une rémunération plus équitable. Ce n'est pas juste un caprice, hein. Qu'est-ce qu'un charmant monsieur a répondu? Que ce sont les maisons d'édition qui prennent "tous" les risques. C'est vrai que les gens qui font ce qu'ils font de mieux pour essayer d'y arriver, survivre, doivent bosser beaucoup plus car ils sont sous-payés, doivent rester dans un boulot précaire à côté façon caissière, mettre leur vie sociale en mode minimum, les grandes victimes et suicidés ici et là, ils ne connaissent pas le risque, eux, alors de quoi ils se plaignent?

Tu as raison de remarquer que les autrices & auteurs prennent de très grands risques en confiant leur manuscrit à une maison d'édition.

Ils prennent même de très, très grands risques, je te suis reconnaissant de le faire remarquer. ^^

C'est la raison pour laquelle les syndicats d'auteurs, la Justice et les différentes institutions ont joué leur rôle en rappelant que le droit d'auteur est fondamental, qu'il doit être au cœur de la valorisation de la propriété intellectuelle.

D'ailleurs je suis reconnaissant envers tout parti politique ou syndicat de rappeler la nécessité de baser les échanges commerciaux littéraires sur le rigoureux respect du droit d'auteur, cela valorise grandement celles & ceux qui défendent ce droit avec solidarité et conscience des risques que prennent les autrices & auteurs au quotidien.


Voici pour des précisions qui me paraissaient essentielles ; pour le reste, je n'ai pas nécessairement d'opinion à apporter sur les détails de la publication, et j'ai toujours suivi ce genre discussion avec grand intérêt.

En espérant, ma foi, que les échanges restent cordiaux, que les désaccords s'expriment dans un cadre équitable.
Titre: Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Angarth le 24 Août 2021 à 22:43:46
Il y a classiquement 3 allers-retours entre le correcteur et l'écrivain (souvent, médiés par la maison d'édition). Je pense que certains éditeurs proposent aussi leur propre travail sur le texte (je ne sais pas trop si c'est courant de le faire avant ou après les corrections, ou si ça se fait parfois en même temps), par exemple modifier la fin, mettre davantage l'accent sur tel passage, modifier tel aspect, etc. A cela s'ajoutent d'éventuelles interview, interventions dans des conférences (même pour une simple nouvelle ou un livre qui ne fait pas beaucoup de ventes, tu peux en avoir plusieurs) ou dédicaces ou autres. Donc non, le livre ne s'endort pas au moment où il est accepté.
Comme dit précédemment, je prends le cas où l'auteur passe le plus clair de son temps de travail à écrire, bien sûr que le livre ne s'endort pas quand il est accepté, mais le plus gros côté auteur est fait. Enfin, des corrections genres fautes de français, pas mal d'auteurs en font très peu de façon naturelle, alors avec un correcteur automatique (certes faillible), n'en parlons pas. Après si vous voulez dire, allez, un mois ou deux de plus, pourquoi pas hein, mais en un an c'est très faisable et tu as plein d'exemples sur plusieurs années de suite. Sans prendre mes auteurs préférés, Balzac : 88 titres en 21 ou 22 ans, qu'on n'aime ou pas on ne va pas dire qu'il n'y a pas mis de qualité.

Des exemples plus humains, y en a des tas.


J'ai toujours entendu la fréquence de un bouquin par an être considérée comme un rythme très rapide d'écriture, et mon impression se confirme au fil des années et de la pratique. Le renouvellement des idées, sans qu'il puisse être comptabilisé en heures, exige aussi du temps (si on cite tel écrivain qui a rédigé tel premier jet en deux mois, ça n'est pas pareil pour moi que d'imaginer un rythme régulier d'un livre tous les deux mois...). Les réflexions, essais, changements d'avis, corrections, documentation...

Tout ça pour dire que comme Loïc, un livre par an, ça me semble un rythme de dingue pour faire du travail de qualité. Je ne doute pas qu'il existe des exceptions à la règle ; ce que je voulais dire surtout, c'est que si on considère ce rythme comme une "norme" pour le travail d'auteur, ça me fait effectivement penser à qqch de quantitatif et commercial.
Un livre, ça ne veut pas dire grand-chose : il y a des genres, des gens habitués aux pavés de 500 pages, qui pensent direct à ce genre de volume, donc ça ne peut déjà pas être étrange que ce discours existe. Si quelqu'un prétend que c'est malade sur du 100/200 pages, en ce qui me concerne c'est abusé. Et pas un rythme de dingue 250 dans l'absolu, mais évidemment que ce sera plus ou moins facile selon l'auteur, je ne le nie pas. Quel que soit son fonctionnement, en général c'est quand même dans son intérêt et dans sa quête, d'allier la qualité à une certaine dose de productivité.


Alan Tréard : A la base, je n'écrivais à personne en particulier, sur un sujet qui ne donne pas forcément envie de prendre des gants, et si j'ai répondu de manière sèche et vivace, je peux aussi voir à la fin si on m'a répondu autrement. Comme beaucoup d'autres, je suis d'accord pour dire que toute la chaîne du livre s'est affaiblie, pas pour dire que les rémunérations ou dégâts sont près d'être équitablement répartis.

"C'est aux autrices & auteurs de convaincre le lectorat que l'écriture est bien plus qu'un simple divertissement. :)"
Du coup, on est en train de dire que c'est déjà difficile d'en tirer certain profit, et il faudrait encore passer une partie appréciable de son temps à convaincre les lecteurs. Bon c'est envisageable, mais que ça apporte au final plus de positif que de difficultés supplémentaires, ça reste à voir.
Titre: Re : Re : Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Alan Tréard le 24 Août 2021 à 23:05:39
"C'est aux autrices & auteurs de convaincre le lectorat que l'écriture est bien plus qu'un simple divertissement. :)"
Du coup, on est en train de dire que c'est déjà difficile d'en tirer certain profit, et il faudrait encore passer une partie appréciable de son temps à convaincre les lecteurs. Bon c'est envisageable, mais que ça apporte au final plus de positif que de difficultés supplémentaires, ça reste à voir.

Hé bien, je dirais que c'est un métier à part entière, le métier d'auteur.

À mon humble avis, bien sûr. Je ne suis pas choqué que chacune & chacun puisse vouloir faire progresser la création littéraire vers autre chose, ça reste à réinventer, il me semble.
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Claire Rapha le 03 Septembre 2021 à 21:12:56
Bonjour,

Créer une maison d'édition n'est pas forcément difficile, la mise de fond nécessaire est modique surtout si on s'installe à son propre domicile. On peut même réduire drastiquement les coûts en passant par BOD (impression à la demande) afin de ne pas avoir à financer l'impression et le stock. Mais dégager un bénéfice permettant de se payer est une autre paire de manche. De nombreux éditeurs sont au départ bénévoles. Trouver des lecteurs à des livres publiés par des inconnus est difficile. Cela suppose un investissement (envoi de services de presse), du temps (relance des journalistes, des blogueurs, des influenceurs, construction d'un réseau relationnel), cela implique aussi de participer à des salons littéraires et donc de financer des déplacements. De nombreuses maisons d'édition consacrent autant de temps au travail de commercialisation qu'au travail éditorial (sélection des manuscrits et préparation des copies).

Ceux qui réussissent à créer et faire durer leur maison d'édition ont une ligne éditoriale généralement très identifiable au départ. Ils sont sur un créneau. Ils développent ainsi une image de marque dans un secteur déterminé. Je ne pense pas qu'on puisse créer une structure viable qui dès le départ ferait de la littérature générale, de la fantaisy et de la jeunesse.



Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Basic le 04 Septembre 2021 à 07:36:25
Bonjour,
un petit mot là-dessus, ou la coupe est-elle pleine ?
Imaginons que nous soyons deux ou trois cent à fréquenter ce forum, bon... sur le lot... comptez vous... trés peu de publiés ? 10, 15... et combien d'entre nous avec une manne suffisante pour en vivre... 1, 0,5   2...
Bref. vendre des livres.
Vivre de l'écriture.
Déjà, il y a une différence entre les deux: atelier d'écriture, participation à des événements ( exemple dans la poésie, ça c'est pas trop le truc qui fait du fric mais... si tu te débrouilles bien et que tu participes à des printemps de la poésié, semaine de la poésie, classe artistique... bon, ça peut s'arranger un peu mais tu ne fais pas fortune. Tu vends quasiment rien mais tu animes des trucs qui t'apportent un peu de sous)
Bref...
Dans tout ce fil, ça a causé pas mal d'argent mais pour tous les gens qui se "consolent" sur le forum (moi le premier), l'édition est une zone inatteignable, une terra incognita. Nous sommes plus habitués à recevoir des lettres de refus ( là c'est pareil, combien d'éditeurs prennent ils la peine de répondre à nos courriers ? Même des lettres types sans prise de responsabilité  ni critique). Souvent, on me dit que les types n'ont pas le temps, qu'ils sont débordés... Non. Les régles de courtoisie ne serait-ce qu'avec une partie de leur clientèle, me semble la base.
Alors, le sujet de l'édition nous est-il interdit ?
Non, je ne crois pas. Le sujet ne serait-il pas de faire bouger la ligne, d'envisager justement cette mutation de la chaine du livre, de proposer, d'observer, d'enquêter sur les alternatives à la seule marchandisation de l'objet livre.
Ce sujet n'est jamais terminé.
Il nous touche là où ça fait mal. Perso c'est juste derrière l'oreille, et vous ?
Basic
Titre: Re : Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?
Posté par: Basic le 04 Septembre 2021 à 10:19:22
Re bonjour,
après réflexion mon message précédent est certainement hors sujet. Angefetocris n'avait pas créé ce fil pour ça. Mes excuses donc.
B