Lorsque je saurai saisir
Les derniers sanglots du silence
Lorsque je saurai t'offrir
Ce sourire
Que l'on ne voit
Qu'une fois
Lorsque je saurai cueillir
Des fleurs par les mots évoqués
Lorsque je saurai te dire
Que je ne respire
Qu'à travers toi
Lorsque je saurai sonder le ciel
Ainsi qu'un peuple de nuages
Partir au chant des caravelles
Pour un autre voyage
Lorsque que la Mort, hagarde,
Ne sera plus qu'un rire
Sur la toile jamais finie
De nos souvenirs
Alors tu sauras
Alors ils sauront
Que la foudre frappe
A l'ombre des mots
Que le verbe vrille
Et sème les étoiles
Que le temps d'un frisson
Sur l'oubli de nos voiles
D'un battement de cil
D'une page tournée
Minute lente mais fragile
Enfin - peut-être - enfin
Je serai
Poète.