Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: HELLIAN le 30 Mai 2021 à 11:42:30
-
Les sentiers de Crozon
C’est là-bas que la mer sur parchemin d’écume
Délivre son poème infiniment écrit
Depuis le premier souffle, en césures de brume,
Piaillements d’oiseaux sous lourds nuages gris.
Sur la grève elle roule en longues pages blanches,
Dans les baies sans pitié, d’effroyables pensées
Ressassées en cantique aux pardons du dimanche,
Pour hommage farouche aux marins trépassés.
Quand parfois le marcheur prend le temps d'une halte,
Laissant loin son esprit chevaucher les vents d'ouest,
Dans la lande il entend un peuple qui s'exalte
Tandis que le ciel pleure en silence sur Brest.
Puis, foulant la légende, il reprend son chemin,
Glanant comme épis mûrs les vestiges du jour.
S'effiloche aux granits un vieux soleil carmin
Sous la nuit qui mendie en haillons de velours.
-
owmerde HELLIAN je suis incapable de lire, mais pour une raison autre que l'habituelle !!!
c'est tellement la base pour moi, la pointe de Crozon,, je suis tout émoustillé de t'imaginer de là-bas ou ayant passé le lieu...
GR34 pour le seul mot pioché, le marcheur de ta strophe 3
:3
je reviendrai !
edit : hmm nan, ou alors plus tard avec du recul ; là j'suis trop émotivement impliqué pour être rationnel sur ton écrit
biz
-
Ne t'inquiète pas, mon cher Don Quote, ta réaction me va droit au cœur dans la mesure où elle témoigne de ton émotion.. Tel est pour moi le plus beau des compliments, ce partage par la poésie d'un ressenti sans pareil fasse à un lieu d'une toute-puissante beauté.
-
Joli poème, classique
Sur un endroit, magique !
J'ai un petit souci sur le 4ème vers de la première strophe, obligé d'accentuer le e de piaillements pour conserver les pieds, mais ça le fait quand même...
... surtout que je vis dans le sud ;)
-
Joli :)
-
Bravo et merci pour la balade que tu sais rendre bretonne
J'aime bien le rythme à la lecture
Très joli ce parchemin d'écume.
-
Merci, ce texte évoque beaucoup d'images de nature et d'hommes. Un beau texte.
-
jihel
Merci de ton passage et de ton appréciation.
Aurais-tu l'obligeance de me faire savoir ce que ton environnement méridional vient faire dans l'affaire ? Existerait-il une spécificité de l'alexandrin à Toulouse ou à Marseille ?
Fried,
Fidèle lecteur !
J'attends d'une plume ferme l'une ou l'autre de tes belles photos.
rigolote
Sympa !
JFH
Aucune célébration ne sera jamais à la mesure de la beauté de ce lieu.
-
quand j'étais Breton, il y a bien longtemps, je disais piail'ments
maintenant que je suis Catalan, je dis pi-ai-lle-ments
et vu que tu parlais de la Bretagne...
mais à la réflexion, ça le fait sans souci
-
Salut Hellian,
Un joli poème classique, de bien beaux alexandrins.
Du coup, un commentaire sur la forme classique d'abord :
Chouette première strophe.
C’est là-bas que la mer sur parchemin d’écume
Délivre son poème infiniment écrit
Depuis le premier souffle, en césures de brume,
Piaillements d’oiseaux et lourds nuages gris.
je rejoins jihel, le pi-ai-lle-ment peu être lu sans diérèse en pia-ille-ment
(et donc la lecture est un peu artificielle, pour moi en quatre syllabes)
Mais ça c'est pas forcément un problème, chacun sa lecture.
Par contre, la liaison oiseaux zé me donne un zozé qui me plait moyen.
J'ai bien la deuxième strophe, tu files la métaphore du parchemin, c'est cool.
Quand parfois le marcheur s'abandonne à la halte,
"la halte" fait suivre deux "a", petit hiatus pas très gênant mais bon, je signale au cas où tu voudrais faire encore mieux ;)
J'aime bien la rime riche "halte" / "exalte"
Glanant comme épis mûrs les vestiges du jour ;
mon vers préféré.
(par contre, j'aurais mis un point pour rendre l'inversion verbe/sujet plus facile à comprendre au vers suivant)
Et ensuite, un commentaire plus global :
La métaphore classique du parchemin, de la nature qui écrit des vers fonctionne bien.
C'est chouette que suive la balade plus terre à terre du marcheur, avec de belles images.
Merci pour la lecture !
Rémi
-
Rémi
D'abord, un grand merci pour tes observations pertinentes.
La poésie présente cette parenté avec la peinture, à moins que ce ne soit tout simplement le propre de l'activité artistique, de n'être jamais achevée. Oserais-je une comparaison avec la mathématique fractale : l'approche que l'on peut faire d'un littoral est infini et tu montres ici que le littoral poétique et riche d'une infinité d'anfractuosités à découvrir.
Le problème devient alors celui de la limite au-delà de laquelle la retouche améliore ou dégrade.
Ici, tes remarques me plongent dans un abîme de perplexité duquel il me faut pourtant remonter :
« Piaillement » ? Diérèse ou synérèse, à moins que l'on ne change carrément le mot. Mais alors la sonorité du verre s'en trouve totalement modifiée, c'est donc tout le vers qu'il faut revoir…
« Oiseaux et… » ? Je réfléchis !
« À la halte » le hiatus me paraissait disparaître avec le « H » aspiré qui vaut consonnes, mais là aussi je réfléchis.
« Un. point au lieu d"un point virgule » tu as totalement raison !
Encore merci.
Ajout:
Eh bien voilà deux ou trois petits coups de pinceau qui, je l'espère, donneront au tableau un aspect mieux fini.