Hier matin, alors que je marchais sur le quai numéro 5 pour aller prendre mon train, je dépassais un homme. Je croisais son regard et continuais mon chemin. Mais alors, je senti qu'il ne me quittait pas des yeux et ce jusqu'à ce que je rentre dans ma voiture. Comme il faisait une de ces chaleurs lourdes d'été je ressortis prendre quelques bouffées d'air et quelle ne fut ma surprise lorsque j'aperçus cet homme sur le quai à 2 mètres de moi et qui me fixait. Son regard me gênait quelque peu mais je me comportai comme si je fus seule. Je pris mon éventail pour me rafraichir. Puis comme le train allait bientôt sonner le départ, je remontais et regagnais ma place. Je sentis à nouveau ses yeux qui m'épiaient.
Le train démarra et il vint s'assoir dans le compartiment face au mien. Sa fascination pour moi ne me dérangeait pas mais je savais que le moindre sourire que je lui accorderais serait une incitation, pour lui, à venir dans ma cabine. Ne m'avait-il pas suivi jusqu'ici un peu plus tôt ? Je me refusais donc à lui en céder un. Le train continuait sa course. Au fur et à mesure que le voyage avançait, le flux de voyageurs qui montaient et descendaient à chaque nouvelle gare rendait le train vivant. Et il ne cessait ses regards obsessionnels que pour fermer les yeux quelques minutes de temps à autres. Je ne sais si alors il dormait ou pensait. Je décidais finalement de cesser de penser à lui et de profiter de la fin de mon voyage dont il ne me restait déjà plus qu'une heure. Arrivée à Brouay, une petite ville de Normandie je pris un taxi et rejoignais la maison de ma sœur. L'épisode était sorti de ma tête.