Ah oui ! Je l'ai changé. Il est toujours mieux, après s'il est vraiment bien je ne sais pas :-¬?. C'était donc pour répondre à un défi de Rain : Ambriel, je te défi d'écrire un texte dans lequel, un matin, soudainement, le soleil se lève à l'ouest. Comme ça la couleur est annoncée dès le début :mrgreen:, de toute façon j'ai pas essayé de suspenser. Rain, défi relevé ou pas ?
EDIT : modifié !
Venez, allons, venez ! Approchez. Regardez ce rocher. Vous ne le trouvez pas étrange ? Oui, tout à fait, on dirait un dos humain. On l’appelle la pierre de la Vahara. C’est une vieille légende.
On raconte qu’il y a bien longtemps, une tribu nomade, la tribu de Vé, marchait sans cesse vers le Soleil levant. D’après leurs croyances, le Soleil était le bienfaiteur de toute chose sur Terre, et le but de tout être sensé était de rejoindre le lieu de sa renaissance quotidienne. C’était pour eux le seul moyen de s’accomplir soi-même.
Seulement, un jour, le Soleil se leva à l’ouest.
C’était par un beau matin d’hiver, de ceux où le givre recouvre tout d’une mince pellicule scintillante. Une fillette était sortie du sommeil peu avant l’aube afin de voir l’astre se lever. C’était la Vahara, la Guide. Elle indiquait le chemin à suivre, chaque matin, à la tribu. Elle était considérée comme la fille du Soleil, et quiconque levait la main sur elle était puni de mort, sans compter que l’âme du criminel gèlerait dans des ténèbres éternelles. Tous lui faisaient entièrement confiance.
Elle quitta sa tente, nue comme le voulait la tradition, le corps couvert de peintures rituelles et le crâne rasé. Elle s’assit dans le cercle de pierres, face à ce qu’elle savait être la direction du Soleil levant, et ferma les yeux. Elle pressentait que quelque chose n’allait pas. Un malaise flottait dans l’air et la chaleur se faisait attendre.
Enfin, les rayons effleurèrent son dos. La Vahara fronça les sourcils. S’était-elle trompée ? Une douleur sourde commençait à envahir son ventre. Le Soleil, loin de la réchauffer doucement, la brûlait. Elle ouvrit les yeux et se retourna.
L’astre, plus petit et rouge sang, semblait la regarder d’un air menaçant. La Vahara se releva, les jambes tremblantes, et s’obligea à regarder le traître Soleil en face. Ses yeux bouillaient et se brouillaient. N’y tenant plus, elle les referma et poussa un bref cri : ses jambes ne la soutenaient plus. Elle tomba à genoux et se recroquevilla, la tête enfouie dans la terre et les bras serrés contre elle. Les rayons continuaient leur brûlure. La fillette haletait. Sa respiration se faisait de plus en plus difficile.
Un membre de la tribu, éveillé par le cri, sortit précipitamment de sa couche et rejoignit la Guide. Celle-ci était recroquevillée au sol, dans son cercle de pierres. Il approcha la main de son dos et la retira brusquement : il était dur comme de la roche et semblait embrasé. Puis il leva le regard et fut ébloui par la lueur agressive. Ecarquillant les yeux, l’homme s’empressa de réveiller la tribu.
Tous restèrent sans voix devant l’infâme trahison du Soleil. L’homme désigna alors la Vahara, qui était à présent complètement transformée en pierre. Les guerriers les plus impassibles versèrent des larmes sur l’horrible fin de la fillette.
L’homme qui avait éveillé tout le monde prit alors la parole :
« Nous ne pouvons pas laisser cet ignoble crime impuni. Le Soleil était jadis notre père, notre guide. Il nous a trahi, il a assassiné notre Vahara. Nous allons continuer à marcher vers lui, mais quand nous le rejoindrons, nous le détruirons ! »
Il fut acclamé. Les visages baignés de larmes étaient déformés par la colère. Même les tout-petits criaient vengeance. Il se tourna vers le Soleil rouge et se mit à hurler :
« Tu entends, traître ! Nous allons te détruire ! »
Tous se mirent à crier des imprécations au Soleil.
L’homme se nommait N’Karh. Il devint le chef de la communauté, et les guida vers l’ouest pendant des années. Le Soleil levant eut beau reprendre sa place à l’est, la tribu de Vé, aveuglée, continua de marcher vers l’ouest. Certains lucides abandonnèrent tant qu'il en était encore temps. Les autres périrent de fatigue. Seul demeura N’Karh. Quand la Mort vint le chercher, on raconte qu’il la repoussa et continua sa course folle, pourrissant et dégageant une odeur de charogne.
Si par hasard vous croisez un squelette en route vers le soleil couchant, vous saurez que c’est N’Karh qui poursuit sa chimère.