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Une maison, et un parterre de fleurs jaunes en avril. Je passe à côté en me rendant à la gare. Le casque sur les oreilles, je n’entendais pas les cris : juste la musique. Cette après-midi, j’ai posé mon baladeur sur le comptoir d’une bibliothèque, où on me l’a volé. Alors je rentre chez moi en passant à côté des jonquilles, il y a une pancarte qui prend racine dans leur vert : « Cette maison est un asile de fou. » Un hululement humain provient d’une des fenêtres, il plane jusqu’au jardin et se diffuse dans la rue de village. Pour moins écouter ce qui ressemble à une plainte, j’enfile le Sony® et je marche plus vite. Je disparais des jonquilles.
En face, sur le trottoir, une jeune fille demande à sa mère : « Maman, le monsieur a des écouteurs mais ils ne sont reliés à rien ! » Elle pense : Il est où son téléphone ?, et elle en voudrait un. Sa maman, qui craint que sa fille ne se jette sur la route, resserre sa petite main dans sa grosse. Tout est à elle, et elle doit veiller sur sa progéniture, comme sa chair. A cause de toute cette veille, pourtant, elle oublie de répondre à son enfant qui accueille le silence comme un chagrin. Ses cheveux blonds appellent ces fleurs, au pied desquelles deux bouts de bois semblent dressés à imiter un arbre. Dans quelques années, elle apprendra que ces planches isolent une inscription, et elle comprendra quel genre d’oiseau hulule en pleine journée. S’ils ne déménagent pas avant.
En passant, face au trottoir, il n’y a plus personne. Qu’un grand cri.