Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Delnatja le 05 Avril 2021 à 09:04:30
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Bonjour, un petit texte écrit pour une rédaction en classe de 3éme puis re écrit en 2006.
Il fut réveillé par un bruit.
Au dehors, par la fenêtre, il pouvait voir briller la lune.
Elle était si belle, sereine, reposante et apaisante.
Il y eu quelques mots aboyés dans l’escalier et des coups de poing sur une porte.
Il commença à comprendre ce qu’il se passait, il avait entendu dire par des adultes que des personnes étaient emportées par des soldats allemands qui venaient les chercher pour les emmener quelque part.
Apparemment, ce « quelque part », ne devait pas être un endroit agréable car les gens qui en parlaient étaient tristes en l’évoquant.
La porte s’ouvrit, les soldats entrèrent dans l’appartement du dessous.
Il y eu de nouveau quelques ordres aboyés, puis, le silence se fit.
Un silence qui pouvait être rompu à chaque instant par n’importe quel bruit, machinalement il suspendit sa respiration, il pouvait sentir le danger rôder au-dessous de lui, ramper sous son lit.
Il remonta les couvertures, il sentait un drame se dérouler sous sa chambre, il ne pouvait rien faire, ni comprendre pourquoi cela arrivait.
Il avait peur maintenant, ils étaient si proche de lui que rien ne les empêcherait de monter un étage et de le prendre aussi.
Puis il y eut des bruits de pas, les soldats ressortirent de l’appartement, il les entendit descendre les escaliers en faisant du bruit.
Puis le silence revint, de nouveau les bruits familiers se refirent entendre, comme si la maison respirait à nouveau.
Un bruit de sanglot attira son attention, une aiguille lui transperça le cœur, quelqu’un pleurait sous sa chambre.
Une larme coula doucement sur sa joue et étincela comme une étoile.
Par la fenêtre il voyait la lune, elle était toujours là, aussi belle, reposante et apaisante.
Michèle. 1977/2006
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Merci pour ton texte qui parle des juifs qui étaient emportés.
Je trouve, cela n'engage que moi, que certaine image sont étranges :
"(...)il pouvait sentir la peur roder au-dessous de lui, ramper sous son lit"
Pourquoi roder au dessous de lui et ramper sous son lit? La peur c'est un état. On ne peut pas avoir peur d'avoir peur, du moins pas dans cette situation.
Je dirais plutôt que tu veux exprimer un danger.
Ton texte est fait de phrase courte qui se suivent comme une poésie.
Attend de lire des autres avis. Ce que je dis n'engage que moi, c'est un jugement de gout et non de qualité de ton texte.
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Bonjour,
Le thème est profond et le texte bien amené. J'aurais la même réserve que Cendres. Je saisis pas trop le passage qu'elle a cité. Cela m'est pas doux à l'ouie et pas cohérent. C'est dommage parce que l'idée est belle. Peut être parler de peur qui suintent à travers les pores de sa peau, trouver une image belle et "crédible", même si l'écriture reste de la magie.
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Merci pour vos remarques.
Vous avez tout à fait raison, j'ai remplacé "la peur" par "le danger".
Peut être même que je pourrais trouver un mot plus fort que "danger" mais pour l'instant je n'en vois aucun.
Bonne journée.
Michèle
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@Delnatja
Ton texte me touche parce que c'est un sujet qui me tient à coeur, d'autant plus qu'il est très bien écrit, sobre et tout à fait plausible pour un enfant, même si on ne découvre son âge qu'à la fin.
Justement, mon avis, tout à fait personnel, est que la chute,
"Elle lui susurra au creux de son être…
« Rendors toi, n’ai plus peur, je serais toujours là, tu n’as que sept ans et la vie devant toi »."
est un peu superflue. J’aurais préféré que cela s'arrête à :
"Par la fenêtre il voyait la lune, elle était toujours là, aussi belle, reposante et apaisante."
C'est mon avis, à prendre cum grano salis,
licorne
P.S. Une petite remarque.
"rien ne les empêcheraient" même s'il est question de plusieurs personnes, le sujet ici est quand-même"rien" et donc, à mon avis il faudrait "les empêcherait"
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Bonjour licorne, merci pour ton commentaire, j'ai faite la correction pour "empêcherait".
Pour la fin, je pense que si j'étais à sa place, j'aimerais que quelqu'un ou quelque chose me rassure, disons que ça va mieux en le disant, mais je comprend ton point de vue.
Bonne soirée.
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Hello Delnatja,
Merci pour ce beau texte, qui présente un sujet sensible d un point de vue original.
Pas grand chose à ajouter après les commentaires qui ont déjà été faits.
Juste une chose, j aurais imaginé le petit garçon apeuré quand il entend les bruits dans l escalier. Rien ne l empêche a priori d être la cible des soldats, si?
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Très joli texte exprimé sobrement pour un sujet fort.
Je retiens l'expression "quelques mots aboyés"
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Bonjour, permettez moi tout d'abord d'être agréablement surprise par le regain d’intérêt pour ce texte, que je croyais enfouis dans les limbes électroniques d'un serveur informatique. ;D
Merci Feather pour ton commentaire.
Merci également Aponiwa pour les tiens.
Rien ne l empêche a priori d être la cible des soldats, si?
Pour moi, ce petit garçon ne sachant pas ce qu'il se passe, surtout au début, n'a pas de raisons d'avoir peur, c'est lorsqu’il se souvient de ce qu'il a entendu sur les personnes qui sont emmenés par les soldats allemands qu'il comprend qu'ils pourraient monter pour le prendre aussi, même si il n'a aucune idée du pourquoi, d'ailleurs l'histoire ne parle pas de sa religion. Peut être que si il avait fait une grosse bêtise, il aurait pu avoir peur au sortir de son sommeil.
Bonne journée.
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Bonsoir Licorne, j'ai pris un peu de temps pour répondre afin d'y réfléchir.
"Elle lui susurra au creux de son être…
« Rendors toi, n’ai plus peur, je serais toujours là, tu n’as que sept ans et la vie devant toi »."
Je peu comprendre que cette phrase puisse te chagriner, mais je préfère la garder.
Cette phrase fait un peu tâche car je me suis aperçue qu'elle serait difficilement dite par un enfant de 7 ans. En fait, cette phrase susurrée par la lune aurait pu être dite par son doudou ou autre, c'est pour lui une sorte de béquille afin de calmer sa peur et de se rassurer, à cet âge on se raccroche à n'importe quoi, y compris à s'inventer un ami imaginaire.
Il se trouve que finalement ces mots sont les miens, inconsciemment je me suis servie de la lune pour rassurer ce petit garçon.
J'espère que ma réponse te convient.
Bonne soirée.
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Bonsoir Delnatja,
J'ai adoré ton texte.
Sauf erreur de ma part, il y a une coquille sur roder (il ne manque pas un accent circonflexe ?).
Je trouve ce texte très beau et mon passage préféré est :
Un silence qui pouvait être rompu à chaque instant par n’importe quel bruit, machinalement il suspendit sa respiration, il pouvait sentir le danger roder au-dessous de lui, ramper sous son lit.
J'espère que tu ne vas pas me fâcher, mais je suis d'accord avec @licorne (même si je comprends tes arguments).
Une larme coula doucement sur sa joue et étincela comme une étoile.
Par la fenêtre il voyait la lune, elle était toujours là, aussi belle, reposante et apaisante.
Elle lui susurra au creux de son être…
« Rendors toi, n’ai plus peur, je serais toujours là, tu n’as que sept ans et la vie devant toi ».
La fin de ton texte serait plus profonde si tu le terminais à "Par la fenêtre il voyait la lune, elle était toujours là, aussi belle, reposante et apaisante."
Mais ce n'est que mon avis.
Cela reste un très bon moment de lecture même si le sujet est très dur.
Merci pour ton texte.
Theo
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Bonjour, Theo_Kingsley, merci pour ton commentaire.
J'ai faite la modif sur "rôder", puisqu'il y a une coalition internationale contre la dernière phrase ;D, j'ai décidée de la supprimer. Par contre je vais réfléchir à la remplacer, ou pas.
Bonne journée.