Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: libertyjoan le 02 Décembre 2010 à 23:35:04
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Voilà un petit texte, juste envie d'avoir vos avis, qu'il soit lu. Alors merci d'avance, et même si ne n'est que pour m'avoir lu.
Je sors du cinéma, Le nom des gens. Mes doigts sont bloqués, je dois les forcer pour qu’ils tapent sur ce clavier. Ma mère, encore. Est-ce qu’un jour ça passera ? Est-ce que les larmes arrêterons de me monter aux yeux ? C’est tellement dur. Pourquoi ai-je eu cette histoire ? Ces parents ? Avec leurs problèmes ?
La France, pourquoi pas eux ? Parler des dépressifs ? Des maniacodépressifs ? Des femmes qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants à cause de leur maladie ?
Ma mère me manque. Pourtant je ne supportais plus de la voir. Elle me faisait si mal, son enveloppe mais plus d’âme. Elle était déjà partie. Le geste à sauver le corps.
Et maintenant je dois encore porter la maladie de mon père. Un cancer probable, des douleurs des pieds à la tête presque 24h sur 24. Je voudrais l’aider mais je sais maintenant que mes épaules sont trop fragiles. Je suis sensée me construire, et même, avoir presque fini de me construire, mais comment faire ?
Les larmes coulent sur mes joues, dehors l’air empestait l’essence. Les voitures courent à leur perte sous ma fenêtre et les nuages gris pleuvent dans ma tête.
Un jour mes peintures parleront d’elle. Son collier, son gros manteau pour la protéger du vent de Noirmoutier. Les escapades du côté d’Albi pour que son soleil chasse ses nuits de peur. Un père alcoolique qui abusait de sa mère… Entre les lignes l’histoire va plus loin mais les lèvres restent closes à ce sujet. Il y a de ces choses que l’on préfère taire même si les évoquer serait salvateur. Alors, j’essaierai de faire le travail pour elle, pour son salut. Que son geste désespéré soit un message que le vent n’aura pas emporté.
J’en plaisante, « c’est ta mère qu’est… », « ma mère est morte » mais sa mer porte encore en elle ses cendres. Elle revit par elle, l’immense qui ne mourra jamais. J’aurais surement dû être là bas plutôt que dans mon nid. Mais la force m’a quitté, je ne peux maintenant que l’imaginer. Son corps qui flotte au dessus de l’eau, emporté par la brise marine, ses bras qui s’accrochent aux tumultes des récifs, ses jambes qui s’enfoncent dans le sable jusqu’à trouver la chaleur du centre de la terre. La scène ne devait pas avoir cette poésie, mon imagination doit bien combler le vide. Mais pas celui laisser par elle. Maman. Un mot si dur pour moi à prononcer, ne serait-ce qu’à chuchoter. Elle nous a quitter, je sais qu’elle repose en paix mais un bout d’âme a du se détacher pour venir me hanter. Il me reste alors un travail à faire pour elle. Je ferai du mieux que je peux mais tu sais que tu m’as laissé les cartes en mains pour arriver à mes fins.
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Est-ce que les larmes arrêterons de me monter aux yeux ?
arrêteront
Elle me faisait si mal, son enveloppe mais plus d’âme.
j'aime bien l'ellipse du verbe
Le geste à sauver le corps.
a sauvé
Les larmes coulent sur mes joues, dehors l’air empestait l’essence.
attention, tu emploies deux temps différents ;)
Les voitures courent à leur perte sous ma fenêtre et les nuages gris pleuvent dans ma tête.
pas convaincue par le rythme/sonorités
Elle nous a quitter
é
J'ai pas trop compris la fin, elle va se suicider ?
Sinon c'est plombant ton histoire ! C'est plutôt bien écrit, je veux dire, la narration coule et tu as un sens du rythme intéressant (tes phrases courtes etc) :) malgré tout, l'histoire ne m'a emballée, il y a bien un peu d'émotion qui se dégage de ce texte, mais c'est assez faible. Sur un sujet aussi sensible (un poil misérabiliste ?) beaucoup de choses ont déjà été dites, c'est dur d'innover. Tu ne t'es pas plantée, c'est même bien fait, mais il manque cette petite étincelle qui en fera un texte qui va au-delà (sans mauvais jeu de mots lol) du texte. Je sais pas si je m'exprime correctement^^
Vouala. A la prochaine !
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Mais pas celui laisser par elle.
laissé, et puis la phrase est moche, alors que le reste coule bien. "Mais pas celui qu'elle a laissé", ça passerait mieux je trouve.
Elle nous a quitter, je sais qu’elle repose en paix mais un bout d’âme a du se détacher pour venir me hanter
quittés, dû
J'ai trouvé le texte touchant. Certains passages font un peu déjà vu -comme dit Zach, "misérabiliste" - par exemple :
La France, pourquoi pas eux ? Parler des dépressifs ? Des maniacodépressifs ?
et le fait que toute la situation familiale soit si noire.
Mais finalement ça passe bien dans le texte. Je l'ai trouvé assez touchant. Mais j'ai pas compris la chute, et je pense que tu pourrais encore l'étoffer, pour lui donner plus de corps, plus d'impact, en développant un peu plus le contexte (qu'on comprenne un peu mieux le narrateur, pour être encore plus touchés par sa détresse). Enfin, c'est qu'un avis :-[
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Merci pour vos deux avis, c'est un peu compliqué de juger moi-même mon texte, je veux dire encore plus que d'habitude parce que c'est autobiographique.
Du coup je ne sais pas réellement si je peux le modifier, peut-être, pour en faire quelque chose...
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C'est touchant, et superbe. Ton texte est fluide et ça se lit sur le bout des doigts. J'aime énormément cette manière d'écrire que tu as, simple et sans accroche. Bravo.
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Merci beaucoup Frankline
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Je sors du cinéma, Le nom des gens.
Gneuh ?
J'ai pas trop compris la fin, non plus. Tu introduis un tu que tu as omis tout le long du récit. Et puis le sens de la dernière phrase n'est pas du tout clair, après tous les détails sur le malheur de la narratrice, ça fait un peu cheveu sur soupe.
Enfin, sur la forme, ça se lit vraiment tout seul et tu as un équilibre des phrases intéressant. J'aimerais bien lire un autre texte de toi avec ce style là, en plus développé.
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Je ne reviens pas sur les fautes (c'est dommage).
Mais j'aime bien le côté décousu. C'est bien rendu.
Bon, attention aussi, trop de pathos tue le pathos.
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Pour la dernière phrase, la narratrice parle à sa mère. En pensées, je pense qu'on peut faire un peu ce que l'on veut...
Je ne crois pas avoir d'autres textes dans ce genre là. C'est à faire. Et merci pour vos avis.
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C'est plutot bien écrit, je reconnais, mais c'est vraiment pas le genre de thème qui m'accroche... :huhu:
Même remarque que les autres sur la dernière phrase et ce passage au tu... il faudrait trouver une façon de signaler ce changement (passage à la ligne, changement de police... peut-être la faire répondre à une première phrase du même style au début de ton texte...
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Ce serait bien de corriger les fautes. ::)
Sinon, moi j'ai pas du tout accroché. :-[Je trouve, comme pehache, que trop de pathos tue le pathos.
Mais en fait ce qui m'a surtout gênée, c'est que c'est totalement décousu, on saute sans cesse d'une chose à une autre sans que tu prennes le temps de nous dire ce qu'il en est. Ca me gêne de te dire ça, surtout si c'est autobiographique.
J'ai bien aimé ce passage-là "Un jour mes peintures parleront d’elle. Son collier, son gros manteau pour la protéger du vent de Noirmoutier. Les escapades du côté d’Albi pour que son soleil chasse ses nuits de peur. ", c'est le seul que j'ai trouvé touchant toutefois.
Tu devrais lire Lambeaux de Charles Juliet.
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Je sors du cinéma, "Le nom des gens". Mes doigts sont bloqués, je dois les forcer pour qu’ils tapent sur ce clavier. Ma mère, encore. Est-ce qu’un jour ça passera ? Est-ce que les larmes arrêteront de me monter aux yeux ? C’est tellement dur. Pourquoi ai-je eu cette histoire ? Ces parents ? Avec leurs problèmes ?
Ils veulent que je parle de La France. Pourquoi pas eux ? Parler des maniacodépressifs ? Des femmes qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants à cause de leur maladie ?
Ma mère me manque. Pourtant je ne supportais plus de la voir. Elle me faisait si mal, son enveloppe mais plus d’âme. Elle était déjà partie. Le geste a sauvé le corps.
Et maintenant je dois encore porter la maladie de mon père. Un cancer probable, des douleurs des pieds à la tête presque 24h sur 24. Je voudrais l’aider mais je sais maintenant que mes épaules sont trop fragiles. Je suis sensée me construire, et même, avoir presque fini de me construire, mais comment faire ?
Les larmes coulent sur mes joues, dehors l’air empestait l’essence. Les voitures courent à leur perte sous ma fenêtre et les nuages gris pleuvent dans ma tête.
Un jour mes peintures parleront d’elle. Son collier, son gros manteau pour la protéger du vent de Noirmoutier. Les escapades du côté d’Albi pour que son soleil chasse ses nuits de peur. Les cauchemars d'un père alcoolique qui abusait de sa mère… Entre les lignes l’histoire va plus loin mais les lèvres restent closes à ce sujet. Il y a de ces choses que l’on préfère taire même si les évoquer serait salvateur. Alors, j’essaierai de faire le travail pour elle, pour son salut. Que son geste désespéré soit un message que le vent n’aura pas emporté.
J’en plaisante parfois, « c’est ta mère qu’est… », « ma mère est morte » mais la mer porte encore en elle ses cendres. Elle revit par elle, l’immense qui ne mourra jamais. J’aurais surement dû être là bas plutôt que dans mon nid lorsque sa poussière à rejoint les vagues. Mais la force m’a quitté, je ne peux maintenant que l’imaginer. Son corps qui flotte au dessus de l’eau, emporté par la brise marine, ses bras qui s’accrochent aux tumultes des récifs, ses jambes qui s’enfoncent dans le sable jusqu’à trouver la chaleur du centre de la terre. La scène ne devait pas avoir cette poésie, mon imagination doit bien combler le vide. Mais pas celui qu'elle a laissé. Maman. Un mot si dur pour moi à prononcer, ne serait-ce qu’à chuchoter. Elle nous a quitté, je sais qu’elle repose en paix mais un bout d’âme a dû se détacher pour venir me hanter. Il me reste alors un travail à faire pour elle. Je ferai du mieux que je peux mais tu sais, maman que tu m’as laissé les cartes en mains pour arriver à mes fins.
C'est tout ce que je peux changé, ce que j'ai la force de changer. Il ne faut pas s'inquiéter parce que c'est autobiographique. En postant ce texte ici je savais que je m'exposerai à des critiques.
Pour le temps qui change c'est parce qu'en rentrant l'air empestait l'essence, ce n'est plus le cas lorsque j'écris.
En tout cas, merci à tous de vos avis, qu'il soient positifs ou plutôt mauvais.
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fais gaffe aux à/a et à la confusion P.P./ infinitif.
Bise et bonnes écritures à venir.
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Merci pehache
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J'avais déjà essayé de lire ce texte, mais quelque chose dans les premiers mots m'avait bloquée - malgré les critiques en général assez positives. Et puis là, ce soir, malgré la fatigue, malgré le fait que j'aie encore un million de trucs à faire (mais bon, j'arrête là la narration de ma vie, tout le monde s'en fout, moi la première), je me suis posée et j'ai fini.
C'était touchant.
Je précise : je dis ça rarement. Ce n'est pas non plus spécialement un compliment, je décrirais ça plutôt comme une réalité qui vaut la peine d'être connue.
Dans cette vérité dure et crue, sèche et rêche, dans ce coeur mis à nu, il y a quelque chose de touchant, qui m'a touchée, presque émouvant. Certainement que les ellipses et le ton plus ou moins décousu contribuent pour beaucoup à cette impression de déséquilibre perpétuel - et pourtant, tout ton édifice, il tient.
Tu sais, on dirait presque un hublot braqué sur la vie d'un inconnu. La tienne, celle d'un autre, imaginaire ou bien réelle, peu importe - tu me donnes le sentiment d'être jetée au beau milieu de l'intimité. Je me sentirais presque voyeuse ou indiscrète, et pourtant, dans ce quasi-malaise, il y a un drôle de confort - puisque tu racontes tout ça, c'est qu'on est plus ou moins bienvenu.
C'était sympa, quoi. Merci d'avoir partagé.
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Merci beaucoup Menthe. C'est ton commentaire qui me touche. Encore merci.
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J'ai aussi trouvé ça assez touchant, peut-être justement parce qu'on ne sait pas tout, parce que ce n'est pas clair et qu'il reste encore un peu de pudeur pour s'empêtrer dans les mots et empêcher qu'on entre trop crûment dans le vif du sujet.
J'ai beaucoup aimé le dernier paragraphe, le tout début fait trop doléances sans fin à mon goût, alors que l'existence est faite de ces contrastes douloureux qui rendent nos peines amères et nos bonheurs précieux.
Au plaisir de te relire.
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Si j'étais une personne extérieure, je dirais surement que le premier paragraphe est un peu lourd mais c'est comme ça que c'est sorti... Merci pour ton commentaire. C'est toujours un peu compliqué de faire lire des choses aussi personnelles mais finalement je suis contente de l'avoir fait.
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Je sors du cinéma, Le nom des gens. Mes doigts sont bloqués, je dois les forcer pour qu’ils tapent sur ce clavier. Ma mère, encore. Est-ce qu’un jour ça passera ? Est-ce que les larmes arrêterons de me monter aux yeux ? C’est tellement dur. Pourquoi ai-je eu cette histoire ? Ces parents ? Avec leurs problèmes ?
La France, pourquoi pas eux ? Parler des dépressifs ? Des maniacodépressifs ? Des femmes qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants à cause de leur maladie ?
Ma mère me manque. Pourtant je ne supportais plus de la voir. Elle me faisait si mal, son enveloppe mais plus d’âme. Elle était déjà partie. Le geste à sauver le corps.
Moi, j'aime ces deux premiers paragraphes comme tu les avais écrits. Je n'aurais pas changé, c'était très bien. J'aime le flou, ne pas tout saisir du premier coup, les mots absents etc.
Les voitures courent à leur perte sous ma fenêtre
J'aime beaucoup
et les nuages gris pleuvent dans ma tête.
J'aime un peu moins, pas de surprise
Son collier, son gros manteau pour la protéger du vent de Noirmoutier.
Ma phrase préférée...
Entre les lignes l’histoire va plus loin mais les lèvres restent closes à ce sujet.
les lèvres restent closes. "à ce sujet" est de trop à mon avis.
mais sa mer porte encore en elle ses cendres.
au lieu de porter, j'aurais utilisé un verbe plus en phase avec l'eau. Et je supprimerais le "en elle".
l’immense
très beau aussi, "l'immense".
En résumé, j'ai préféré la première version qui est plus singulière. Et même, je trouve que tu aurais pu faire encore plus de silences, plus de non-dit.
On sent qu'il y a un certain style chez toi et c'est assez rare pour être remarqué.
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Merci, c'est dingue, j'écris depuis toujours (ou avant que je ne sache écrire, j'imaginais déjà) mais je pensais que ça n'en valait pas la peine. Il m'a fallu du temps pour réussir à faire lire ce que j'écrivais. D'abord à quelques amis puis à d'autres et enfin ici sur ce forum où vous jugez tous, en tant qu'écrivains vous aussi. Et d'avoir toutes ces bonnes critiques ça me fait du bien, ça me fait penser que je peux continuer. Les mauvaises, elles m'aident à avancer en cherchant toujours à faire mieux. Merci vraiment à tous ceux qui m'ont lu.
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C'est clair, il faut un certain cran pour faire lire ce qu'on écrit. Et après les critiques il faut du cran aussi pour continuer à écrire.
Les larmes coulent sur mes joues, dehors l’air empestait l’essence.
J'avais oublié de citer cette phrase, tout à l'heure.
Comme plusieurs lecteurs, le changement de temps m'a choqué à la première lecture. Puis, en lisant tes réponses aux commentaires, je comprends que c'est voulu... et la phrase devient belle.
Je me demande parfois si les lecteurs qui sévissent sur ce site ne sont pas autre chose... des crève-la-faim, peut-être... qui se jettent sur la moindre erreur comme sur des croutons qu'on leur jette.
Tu t'appellerais Cendrars, personne ne se poserait la question! ;)
Comme quoi, nous aussi, en lisant, on se trompe, on apprend et on grandit...
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Salut libertyjoan, bon, j'ai été absent un certain temps, j'ai pas vraiment lu tout ce qu'il s'est dit sur ton texte (beaucoup de choses à ce que je vois) mais je vais te donner mes impressions: Déjà, pour la façon dont du écris, j'aime beaucoup :), c'est fluide, pas surchargé... pour l'histoire, je trouve que tu arrives bien à faire passer tes sentiments à travers tes écrits, même si je trouve qu'on manque d'information à propos de l'histoire... est-ce que ce texte fait partie d'un ensemble ou est-ce que c'est un texte indépendant?
En tout cas, faut pas hésiter à poster ses textes... même si moi j'hésite beaucoup ;D avant je les faisait lire à mon entourage mais les seules commentaires que j'arrivais à tirer c'était: "c'est pas mal" "c'est excellent" "J'aime bien"... 'parfois: "faut que tu revoie tes tournures de phrases"... c'est à se demander si ils avaient lu les textes :o
Bon voila, j'arrête de raconter ma vie, tout ça pour dire qu'on ne peut pas s'améliorer à l'écrit si on se contente de son seul jugement...
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Merci Almeus, ce texte est un texte indépendant. Et maintenant j'ose montrer ce que j'écris. En ce moment j'ai pas vraiment le temps mais ça va revenir.