Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: shaane le 01 Décembre 2010 à 02:59:05
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Bonjour à tous,
Je vous propose le fruit de quelques heures de ma nuit, pendant lesquelles j'aurais dû dormir profondément... Le réveil va être dur!
Je vous souhaite bonne lecture à tous, et attends vos remarques et avis (au fait je ne suis pas pro de l'orthographe)
« Arthur ! » Le son part du fond de ma gorge, un cri rauque, étouffé. Est-il mort, est-il vivant, je ne saurais le dire. Les brancardiers sont passés si vite que j’ai à peine eu le temps d’entrapercevoir son visage maculé de sang, déformé par les cicatrices de la récente bataille. A peine eu le temps de le reconnaître. Ils l’emmènent plus loin, là où je n’ai pas accès.
Je leur dis que je suis sa sœur, que je veux le voir, que je peux aider à le soigner. Les hommes m’ignorent. Ils me rendent responsables de la déroute de leur armée, de l’extermination de notre race.
J’insiste. Je suis repoussée, conduite à bonne distance. Je me bats, me débats. Je veux le voir, je veux pouvoir le sentir, lui tenir la main, et lui dire que tout ira bien. Je voudrais lui dire combien je suis désolée. Désolée de nous avoir embarqués dans une guerre fratricide, désolée de n’avoir pas pu arranger les choses.
Je voudrais le rassurer. Lui dire que nos pertes ne sont pas catastrophiques, que ses hommes ont toujours confiance en lui, et les miens en moi. Lui annoncer que nos hommes ont su dépasser leurs rancoeurs et faire front commun face à l’ennemi. Lui affirmer que tout ira pour le mieux, que nous le reconquérons, pierre par pierre, notre empire.
Mais je ne peux l’atteindre. Mes hommes m’ont désertée. Et les siens me haïssent. Ils m’ont traînée loin, toujours plus loin de lui. Ils m’ont enfermée. Je ne peux voir personne. Je suis une recluse, une exilée parmi mon propre peuple.
L’isolation n’est en rien un soulagement. Chaque instant où il souffre est un moment de douleur intense pour moi. Mes sens sont exacerbés, mes émotions me tourmentent. Je ne peux trouver le repos.
Des fantômes m’apparaissent, à toutes heures du jour et de la nuit. Mon mari, ma fille, mon fils, mais aussi ceux de tous les autres, anonymes ou pas, qui ont souffert mes mésactions. Dans une ultime hallucination, je vois l’image de l’enfant encore dans mon sein se superposer à celle de mon frère, qui hurle sa détresse, qui pleure son royaume en ruine.
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huhu, le titre, c'est par rapport au contexte dans lequel tu l'as écrit, j'imagine ?
son visage maculé de sang, déformé par les cicatrices de la récente bataille.
un peu lourd à la fin, je te conseille de finir ta phrase sur "cicatrices" tout simplement, le reste du texte nous explique que nous sommes dans un contexte de bataille
Ils l’emmènent plus loin, là où je n’ai pas accès.
je chipote, tu pourrais peut-être trouver une autre façon de dire la fin de ta phrase, enfin je bute un peu sur "accès", je trouve que ça ne va pas trop avec le reste du texte
Mes hommes m’ont désertée.
je suis pas sûre de moi mais je pense pas que ça se dise "déserter qqn" donc à voir si tu tiens à le garder ou pas
Chaque instant où il souffre est un moment de douleur intense pour moi.
je trouve ça bizarre de faire un parallèle comme ça entre leur deux souffrances alors qu'elle ne le voit pas, du moins elle ne le voit pas souffrir, je sais pas si tu vois ce que je veux dire
la fin, je la trouve un peu speed quand même, tu nous donnes quelques informations sur le reste de sa famille à la volée, alors qu'on aimerait en savoir plus.
Comme tu l'as écrit cette nuit, c'est peut-être inachevé, enfin je sais pas si tu comptes en faire une suite ou pas. Je pense qu'il en faudrait une, y'a des bases de posé, à toi de les approfondir maintenant. C'est une ébauche. ::)
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beh, j'ai rien à ajouter à Ernya !
Ah si, après un dialogue, même de deux mots, retour à la ligne.
Sinon, si le texte est pas mal écrit, on ne comprend rien au contexte... alors c'est p'tre qu'un début, mais même sic 'est le cas il y a trop d'informations laissées sous silence ou juste survolées pour en faire quelque chose de cohérent.
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J'ai pas trop accroché... Certes, si c'est qu'un début, ça peut se rattraper, il faut voir si la suite étoffe un peu ce début :) Mais même pour cet extrait seul, j'ai trouvé que c'était un peu convenu. La souffrance, la famille déchirée, le contexte de guerre sans plus de précisions... ça laisse une légère impression de déjà vu.
Fais-nous une suite, pour donner plus de corps à ce début ! :)
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Merci pour ces avis. Je vais le retravailler dès que j'aurais dormi un peu...
Je vais me mettre à la suite, et le posterai dès que quelque chose de potable en sera sortit.
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J'ai écrit un bout de suite. Je n'en suis pas tout à fait contente. Je vous laisse le découvrir.
Je ne supporte plus la vue de ces murs. Les jours passent et se ressemblent. Mes gardiens m’opposent un silence ferme. Je sais que mon frère est vivant, je le sens, mais ses blessures sont graves et nul, sauf moi, n’est capable de le soigner correctement.
Ils le savent. Je suis la seule à même de le sauver. Ils ne me font pas confiance. Pour eux, je suis une traîtresse, j’ai failli à mon roi et provoqué la déchéance. Ils sont aveuglés par leur colère, par leur rage. Ils ont peur, également. Peur de moi, la meilleure magicienne que la cité ait connu depuis ma grand-mère Alanna. Peur de mon pouvoir ; peur de ma légitimité.
Si mon frère meurt, ils me devront obéissance. Je suis la seule apte à lui succéder. Mes trois neveux, les fils d’Arthur, ont péris. Mon fils, fou, s’est donné la mort. Des fils de ma sœur, seul a survécu le dernier. Mais Gareth a préféré s’expatrier, fuir vers une contrée où l’on ne connaîtrait pas son nom, ni celui de sa mère, Hannah.
Car les hommes de mon frère m’ont confondu avec elle. Ou plutôt, ma petite sœur s’est souvent amusée à se faire passer pour moi. Aigrie, elle n’a cessé de comploter et est arrivée à ses fins : Arthur est détrôné, et ma couronne, faute de sujet, n’a plus lieu d’être.
C’est elle la renégate, et c’est moi qui suis châtiée. Mais je subis sans me plaindre. J’ai souvent outrepassé mes droits par le passé, souvent abusé de mes pouvoirs. Je ne suis pas ma félonne de sœur, mais je ne suis certainement pas exempte de tout sentiment de culpabilité.
Je repense à ma sœur, à sa vie. A ce qui l’a rendu tellement acariâtre, tellement hargneuse. J’essaye de la comprendre, mais je ne parviens pas à lui pardonner. Certes, elle n’a pas été élevée dans un foyer heureux, où elle était choyée ; certes elle était la prisonnière du meurtrier de son père ; certes son mari n’était qu’un rustaud sans éducation. Je comprends cela, mais je n’excuse pas.
Ses actions sont à mon sens impardonnables. A cause d’elle, des centaines de vies ont été perdues. Les Roses, ces barbares sans éducation, ont envahi notre belle cité, et en ont détruit une bonne partie. Mes disciples ont été exterminées, et mes hommes ont pour la plupart périt. Mon neveu et mon frère se sont engagés dans une guerre interne, qui a épuisé les ressources humaines et matérielles de leur clan.
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Ils me rendent responsables de la déroute de leur armée, de l’extermination de notre race.
responsable (j'ai du mal à voir dans quel contexte ton histoire se situe, l'armée après "Arthur", c'est perturbant x)
mais aussi ceux de tous les autres, anonymes ou pas,
le "ou pas" passe mal dans un texte
Des fils de ma sœur
euh, elle s'étend jusqu'où la fratrie ?
Arthur est détrôné, et ma couronne, faute de sujet, n’a plus lieu d’être.
je n'ai absolument rien compris à la situation mdr
et mes hommes ont pour la plupart périt.
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moui, ça finit comme ça ?! Alors, c'est pas mal écrit mais, en fait, on ne saisit pas bien les enjeux : qui est allié de qui, pourquoi ils sont en guerre... Et ça manque un peu de crédibilité. Si ton héroïne est la plus grande magicienne de tous les temps, pourquoi elle pense comme toi et moi (en mode ouin ouin au lieu de préparer ses sorts). Je pense que ton histoire mériterait d'être développée. Tu as sans doute dans la tête quelque chose de bien construit mais on a du mal à visualiser le contexte, donc c'est difficile d'apprécier une histoire avec si peu d'éléments. Et ce serait bien que tu trouves un titre x) Voilà, décris nous un peu le cadre, le pourquoi et des petites choses comme ça qui donneraient plus de relief à ton histoire. A très vite !
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L’isolation n’est en rien un soulagement.
Isolement?
Sinon je suis un peu d'accord avec ce qui a été dit, c'est à dire que parfois le cheminement est un petit peu dur à suivre, même si dans l'ensemble c'est plutôt sympa.
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Mes hommes m'ont désertée ?
Euh...
Ils étaient combien, à l'intérieur ?
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nul, sauf moi, n’est capable de le soigner correctement.
"correctement" atténue inutilement l'effet de la phrase, s'ils pouvaient le soigner, même avec des séquelles ou pas correctement, elle servirait à rien.
Je ne suis pas ma félonne de sœur, mais je ne suis certainement pas exempte de tout sentiment de culpabilité.
Ca revient à dire, "je suis pas elle, mais j'ai des torts aussi", sauf qu'en l'occurrence vu le personnage décrit j'ai tendance à imaginer que la soeur en question est justement exempte de sentiment de culpabilité.
Ca fait plus explication que suite et fin, dommage. Certes, le fond d'un cachot doit laisser grand loisir à d'interminables pérégrinations intellectuelles mais zut. La lectrice que je suis attendait plus qu'une note explicative de bas de page, même si c'est déjà mieux que rien.
La suite ! :P
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La suite est dans la partie roman feuilleton... désolée j'ai oublié de le préciser...
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On ne comprend pas tout. Il faut relire ou déchiffrer.
Le début me faisait penser à une histoire grecque, ancienne, une histoire de famille tragique. Je me suis dit "elle garde un peu le style, le transpose un peu peut-être, et invente une histoire neuve, pas directement pompée d'un mythe en particulier". J'ai ensuite lu la deuxième partie, confirmant mes remarques et attentes de la première fois, mais avec une goutte de déception en plus.
Ce que tu as écrit est une scène vraiment typique : lis le début de certaines tragédies grecques (comme Les Phéniciennes, c'est du théâtre bien sûr mais on y trouve la présentation du personnage par lui-même, prétexte à poser la situation et donner tous les éléments nécessaires. On n'y comprend rien quand on le lit vite. Mais quand on connait un peu la mythologie grecque, on comprend. La plupart des Grecs anciens comprenaient que parce qu'ils connaissaient ces mythes, non pas parce que c'était clair.
Tu as inventé une histoire, explique-la mieux, et de façon plus fluide, prends-le temps, c'est un roman que tu écris (??).
D'ailleurs, c'est un roman, et tu commences par une action, une scène d'émotion, chose usuelle, moderne et accrocheuse. Tu devrais aussi la rendre plus claire. J'aime les tragédies grecques mais elles étaient faites pour être écoutées, elles sont parfois fatigantes à lire. De ce que j'ai comme conception de la littérature, un roman ne doit pas l'être, je pense que tu devrais faire un effort de clarté ! Mais c'est difficile, moi-même quand j'écris, c'est mon principal point faible, ma principale angoisse et mon principal défaut !
Bref, j'ai hâte de voir la suite de ton histoire et ses modifications !
Bon courage !