Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Dot Quote le 28 Février 2021 à 22:37:39

Titre: oh bah il bouge plus
Posté par: Dot Quote le 28 Février 2021 à 22:37:39
heu bon... j'hésite à dire de quoi ; c'est un peu lexicalement inspiré par les airs du Gollum d'Andy Serkis, pour le côté taré dans sa tête ; pis pour le final je sais pas trop ce que ça vaut, j'suis trop nul pour teaser la compréhension quand l'un de mes textes a un sens...

/!\ Violent /!\

oh bah il bouge plus
#délirium #thriller #fiction #switch-ending

IL A BOUGÉ PUTAIN TABASSE-LE ENCORE UNE FOIS ! putain de bordel de merde on fout quoi là mec ! tu te rends pas compte putain meerde aaaaah ! SAVATE, SAVATE ! Mais putain comme ça bim ! P'tain, il... Ça y est. Il ne bouge plus.

Bon. On fait quoi maintenant ?

Cacher le corps. On va... Pas de panique. Il suffit juste de trouver un moyen serein de digérer la soupe. Bleurg, du sang partout, cette crasse humaine qu'est bien sensée rester dans sa tuyauterie, mais là, non. J'ai encore la sensation d'une tempe écrasée par mon poing endolori. D'une mâchoire qui se décroche. D'une dent qui pète. Une langue gonflée affiche un oedème. Des yeux perlent de crasse, de sueur, et enfin de larmes sales, injectées. Il y a un regard vide. Il est mort. Je ne suis que l'instrument du destin, doivent se dire les gens qui comment moi, se retrouvent avec la responsabilité d'un cadavre.

MAIS PUTAIN qu'est-ce qui t'a PRIS DE FAIRE ÇA ? Chut ! Chut, tout va bien, il n'y a pas de problème, ce n'est pas grave, il suffit de, de, de ; prendre les choses comme il faut. T'as pas hésité à y aller franchement, on va assumer. Traîner le corps. Ou plutôt le faire dégringoler du lit. Ne pas envisager le téléphone sinon pour le débrancher. Des boites sur la table. Des trucs qu'on prescrit. Je me sers un anxiolytique, ça va m'aider. Encore un petit ? Allez, pour le même prix ça vaut le coup. Respirer. Se calmer. PUTAIN ! Non ! Non non... Ça va, t'inquiète pas. Une petite sueur froide. Un truc qui vient te prendre par les tripes pour t'emmener au fond. Tu es pâle, moi aussi, on lui a trop frôlé la mort. T'es sûr qu'il bougera plus ? Vraiment ? Une tarte ? Ne sois pas ridicule ses yeux vont rouler comme des billes. T'façon il vaut mieux, maintenant, qu'il soit mort ; pour toi et moi. Heu... Ses fringues ? Ses chaussures ? Ça va pas passer dans le broyeur, enfin disons... que c'est mieux s'il se baigne naturel. On cramera le reste. Ou on le submerge ? Vite, une décision, on n'a pas le temps mec. Les morts se réveillent toujours, il faut que le notre le fasse après nous. Bien après. Bien après.

Les sirènes ne vont pas tarder. Sûr ? Oui ? Non ? Je ne sais plus je suis confus, qui aurait pu ? Appeler les girophares. Appeler de l'aide.

Les souvenirs s'embrouillent. Une petite lutte de rien du tout, une décision radicale. Et me voilà avec l'âme salie. Les mains ensanglantées. Le ventre vomitif. Crise de folie, dira-t-on de la pauvre victime. Elle ne savait plus ce qu'elle faisait et devenait dangereuse pour tout le monde. Il n'y avait rien d'autre à faire dans cette urgence. Le destin nous a tous emporté.

Je me sers sur la table de chevet. Un petit dernier pour la route, avec un demi-verre d'eau.

IL A BOUGÉ PUTAIN !

On fait quoi BORDEL, vas-y on peut plus revenir en arrière ! Si ! Si ! On peut. Il sera indulgent. On a pas vraiment fait exprès, c'est sa faute à lui. Il faut le sauver ! Si ce n'est par bienveillance, ne serait-ce que pour notre salut. Prends-le vas-y on va aux urgences, on l'amène là-bas, on le dépose, et on se dénonce. Toi et moi ils vont nous voir arriver complètement hallucinés, c'est bête pour nous mais autant assumer. On s'en sortira tous meilleurs je pense. Viens allez. On prend la route. On prend le volant on va à l'hôpital. On va croiser des regards suspects, c'est sûr, mais on restera dignement nous. T'inquiète pas. On arrive. On se présente. On leur dit toute la vérité. Tentative d'autolyse par over-dose de médication. Ils comprendront. C'est nous.