Salut Johok,
La révolte, l'indignation, les scandales sans fin qui portent atteinte à la dignité de l'homme, tout cela semble chez toi on ne peut plus sincère, on le sent à ta voix. Cependant, tes mots restent très sages, pour ne pas dire policés, à mes yeux, en regard de l'incandescence que l'on devine au dedans de tes tripes.
Si tu ne le connais pas, je t'invite à lire la poésie du grand Charles Bukowski, le poète des marginaux, des égarés, des estropiés, des torturés, des damnés, des perdus, des paumés qui se débattent pour survivre au coeur de la folie de ce monde corrompu. Cet homme malheureux n'a pas eu la vie facile, mais de ce malheur a jailli son génie de dire des choses fortes de la manière la plus simple. Peut-être pourras-tu t'en inspirer pour tes futurs slams.
Je dis bien inspirer, non copier !
Je te joins ici l'un de ses poèmes qui est une belle démonstration du lâcher-prise total de ses hauts-le-coeur et de ses vertiges de transcendance.
Bien à toi !
Le Grand Feu
je suis en feu comme le cactus dans le désert
je suis en feu comme les paumes d’un acrobate
je suis en feu comme les crocs de l’araignée
je suis en feu à cause de toi et moi
je suis en feu en entrant au drugstore
je suis en feu je suis en feu
la fille me tend ma monnaie et
se moque de moi
je suis en feu seul dans mon lit
je suis en feu avec toi
je suis en feu en lisant un livre
sur Trotski, Hitler, Alexandre le Grand,
n’importe qui, tout humain mort vivant
marchant une fois sur la
terre
je suis en feu en regardant l’herbe
je suis en feu en regardant les oiseaux sur les fils télégraphiques
je suis en feu en répondant au téléphone –
je me lève d’un bond d’un seul quand il sonne
je brûle
je suis en feu en regardant du velours
je suis en feu en regardant un chat qui dort
je suis un truc impuissant qui brûle
parmi d’autres trucs impuissants qui brûlent
je suis couché sur le côté gauche et regarde les pierres tombales
alors je me couche sur le côté droit et regarde les pierres tombales –
elles sont toutes
en train de brûler
je suis en feu quand je colle un timbre sur une enveloppe
je suis en feu quand j’emballe des ordures dans un journal
je suis en feu à cause des héros, des nains, de la pauvreté et de l’espoir
je suis en feu à cause de l’amour et de la colère
je suis en feu comme une chauve-souris suspendue la tête en bas
comme un groom qui déteste les riches et sourit devant leurs pourboires
je suis en feu au supermarché
en regardant une femme plus que femme
se pencher pour choisir une salade de pommes de terre
je suis en feu comme une paire de ciseaux découpant les yeux du ciel
je suis en feu comme cent mille singes bouillis dans un seul coeur
et qui sanglotent à travers des siècles
d’impuissance
je suis en feu comme un couteau au tranchant sans tache dans un tiroir de
cuisine
je suis en feu comme un mendiant en Inde
un mendiant à New York
un mendiant à Los Angeles…
la fumée et la brûlerie s’élèvent
et la cendre est écrasée sous…
je suis en feu comme le cirque qui s’en est allé
le champion qui abandonne sur un genou
tout brûlant
tout seul
une seule
cendre
je suis en feu comme une baignoire sale dans un meublé isolé
je suis en feu comme le cafard que je tue avec ma chaussure
je suis en feu à cause des hommes, femmes et animaux
qui sont torturés et mutilés dans des lieux sombres et
solitaires
je suis en feu à cause des armées et des anti-armées
je suis en feu à cause de l’homme que je hais le plus au monde
je suis en feu sans aucune chance
la graisse est dans le feu, l’agneau est au-dessus
le sacrifice semble sans fin
l’épreuve semble sans fin
le soleil est en feu…
et l’horizon vitreux est rouge
et les pleurs
et les pleurs
et toi et moi
le soleil brûle tout :
les chiens, les nuages, la crème glacée
la fin
la fin de l’escalier
la fin de l’océan
le dernier cri
l’insecte dans le bocal
éclate en flammes
et l’intérieur du crâne
cède
enfin
la fumée se
disperse
Salut Johok,
La révolte, l'indignation, les scandales sans fin qui portent atteinte à la dignité de l'homme, tout cela semble chez toi on ne peut plus sincère, on le sent à ta voix. Cependant, tes mots restent très sages, pour ne pas dire policés, à mes yeux, en regard de l'incandescence que l'on devine au dedans de tes tripes.
Si tu ne le connais pas, je t'invite à lire la poésie du grand Charles Bukowski, le poète des marginaux, des égarés, des estropiés, des torturés, des damnés, des perdus, des paumés qui se débattent pour survivre au coeur de la folie de ce monde corrompu. Cet homme malheureux n'a pas eu la vie facile, mais de ce malheur a jailli son génie de dire des choses fortes de la manière la plus simple. Peut-être pourras-tu t'en inspirer pour tes futurs slams.
Je dis bien inspirer, non copier !
Je te joins ici l'un de ses poèmes qui est une belle démonstration du lâcher-prise total de ses hauts-le-coeur et de ses vertiges de transcendance.
Bien à toi !
Salut, sur ce texte, je voulais des mots qui ne provoque pas, car je l'ai appris au dépends de l’écoute d’autrui vis à vis des mes texte, que la provocation, même involontaire, même justifié, ne permet un éventuel débat, des fois mes mots con crus, mais ne m'écoutes dans ce cas seul ceux qui sont déjà d'accord avec moi ;)
Je vais imprimer et lire ce poème, merci :)