Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Cath4 le 28 Novembre 2020 à 12:24:35
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« Trinquons ce soir, une dernière fois. » crie-t-il.
Les pieds dans le sable, il lève sa coupe devant la mer. Cette nuit sera la dernière.
Elle, elle l’a vu naitre. Son embrun a blanchi sa peau de sel : trace de baptême de tous les bretons. Plus tard quand les mèches de l’adolescence frôlaient ses épaules, il prenait plaisir à aspirer sa sève qui emplissait ses cheveux. Et ce soir, il est là encore une fois devant elle, saoul, puant comme elle les jours de grandes marées. Elle a été témoin de tout : des châteaux de sables aux bains de minuit, des nuits à la belle étoile aux adieux sur le port. Ses vagues ont rythmé son cœur depuis tellement d’années, qu’aujourd’hui ils battent à l’unisson. La mer est sa maison.
Comme une mère, il l’aime autant qu’il la craint. Etrange, douceur mystérieuse qu’est cet amour qui protège, nourrit, mais qui peut tout reprendre au moindre souffle contraire. Sa puissance est telle qu’elle redonne à l’homme sa vulnérabilité : amnésique, égocentrique, supérieur qu’il est. Elle, mer, simple, mortelle et bleue comme les jeans des pêcheurs, sait aussi être calme, à l’écoute de la mélancolie des soirs, comme ce soir.
« Il est temps » se dit-il. Comme toutes les soirées d’ivresse, il faut savoir partir. Partir au moment où le bonheur est encore présent, avant que l’alcool et la vieillesse salissent tout. Ce soir, avec de l’écume plein les chaussures, poussé par les rochers noirs de nuit, il sent qu’il est heureux. Il a aimé cette vie à ses côtés. Et se donnant entier à elle, il lance son champagne avant de boire l’eau à pleines bouffées.
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Merci pour ce texte
Au début j'ai pense a un couple, puis ensuite a une mère parlant de son fils. Mais j'ai compris a la fin que c'était la mer et l'homme.
Si j'ai bien compris il se suicide en se noyant. Boire de l'eau de mer c'est tellement degeu qu'on n'en boit pas des litres^^
Sinon je ne vais pas te conseiller pour l'écriture vu mon niveau médiocre. Il se lit facilement et il est plaisant.
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Franchement j'adore cette ambiance, cette communion entre un homme et la mer. Un homme bien "destroy" à l'aube de la vieillesse et cette mer toujours aussi jeune et puissante. Par contre j'ai du mal à imaginer ce quidam fâââtigué et qui sent la marée brandir une coupe de champagne. Un bon vieux jaja qui tache aurait sans doute aussi bien fait l'affaire.
... et puis: "des châteaux de sables au bain de minuit, des nuits à la belle étoile aux adieux sur le port". Il n'aurait donc fait qu'un seul bain de minuit dans toute sa vie ce brave homme? Diantre! Il faut qu'il vive encore un peu, il a manqué quelque chose! :D
(Pour le jaja, c'est un peu de la mauvaise foi: ça ne peut que me plaire,... personnellement moi-même. Peut-être un peu de jalousie d'avoir trouvé plus décalé que moi.)
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Bonsoir.
Ton texte est agréable et facile à lire,
Les mots coulent simplement et l'histoire nous absorbe.
On découvre au fur et à mesure avec qui l'homme entretient cette relation.
J'ai bien aimé :)
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Bizarre que Cendres et Elina n'aient compris qu'à la fin que l'homme parlait à la mer. Pour moi c'était évident dés le départ et ça n'a en rien gâché ma lecture.
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Salut Cath4 :)
D'abord, le détail :
Cette nuit, sera la dernière.
pourquoi cette virgule ? me semble de trop
Et ce soir, il est là encore une fois, saoul devant elle, puant comme elle les jours de grandes marées.
le placement de "devant elle " me fait tiquer (je l'aurais bien vu après "fois")
des châteaux de sables au bain de minuit,
au pluriel les bains, non ?
Comme une mère, il l’aime autant qu’il l’a craint.
il la craint (non ?)
Etrange, douceur mystérieuse qu’est cet amour qui protège, nourrit, mais qui peut tout reprendre au moindre souffle contraire. Sa puissance est telle qu’elle redonne à l’homme sa vulnérabilité : amnésique, égocentrique, supérieur qu’il est. Elle, simple, mortelle et bleue comme les jeans des pêcheurs, sait aussi être calme, à l’écoute de la mélancolie des soirs, comme ce soir.
je comprends que "elle" renvoie à la mère (ou la mer), mais grammaticalement, à la phrase d'avant, il n'y a ni mer ni mère ; du coup, j'ai cru que le "elle" renvoyait à "puissance" :/
Bizarre que Cendres et Elina n'aient compris qu'à la fin que l'homme parlait à la mer. Pour moi c'était évident dés le départ et ça n'a en rien gâché ma lecture.
pareil
J'ai pinaillé, mais l'ambiance est chouette, on sent l'ivresse de l'homme, sa résolution.
A+
Rémi
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Bonjour Cath4
J'ai bien aimé ton texte, qui est très fluide et qui sent bon l'écume. C'est assez mystérieux pour moi, cet homme qui met fin à ses jours avec le sourire, en communiant avec la mer : à quel point n'a-t-il pu aimer ses semblables, la vie ? Peut-être aurais-tu pu nous raconter ? Mais peut-être est-ce mieux ainsi, de laisser l'imagination du lecteur lui apporter ses propres réponses ?...
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Merci à tous pour vos commentaires.
Effectivement, je n'avais pas l'impression de cacher qu'il s'agissait de la mer. C'est sympa de penser que finalement ce n'est pas si évident. :)
Jimmy, bien vu pour le bain de minuit.
Rémi, merci beaucoup de ce retour; je vais de ce pas, corriger tout cela.
Fred Pollux, l'idée m'est venue dans une soirée. Je me suis faite la réflexion que la soirée était tellement géniale que je devais partir avant que quelque chose la gâche. Ainsi j'en garderai un merveilleux souvenirs....bon ok, c'est bizarre. ;D