Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Danaliel Lofen le 12 Novembre 2020 à 19:15:23

Titre: Il suffit.
Posté par: Danaliel Lofen le 12 Novembre 2020 à 19:15:23
(Petit texte inspiré d'une expérience que j'ai "romancé". Je suis toujours ouvert aux critiques, bien que j'emplois uniquement la première personne du singulier, je suis rôdé et entièrement ouvert à ce niveau là! Je l'ai écris en moins de deux heures, donc... soyez sans pitié  >:D)

Elle dépose ses lèvres sur ma joue, puis se retire. Caresse mon épaule, sans regard ni mots puis disparaît dans mon dos. Je reviens à moi même seulement quelques instant plus tard. La brise est légère, le ciel est claire, une belle journée ensoleillée. Mes yeux se perdent dans la foule, cette dernière n'est pourtant pas compacte, ni même étouffante, plusieurs individus dispatchés aux quatre coins de l'entrée de cette gare. Les structures varient d'une fontaine, aux œuvres d'art contemporaines, ainsi que plusieurs massifs composés de végétaux verdoyants. Je répertorie toutes les informations, les couleurs, le nombre de personne ce qu'elles font, sans m'attarder réellement je me tourne vers le ciel. Quelques nuages à peine assez gros pour interpréter quoi que ce soit.  C'est comme si je venais de m'effondrer alors que mes jambes me soutiennent. J'ai envie de vider mon estomac dans la première poubelle venue. Étrangement son parfum revient me moquer, dispersant le flux de mes pensées. Je réalise alors que je viens de perdre les plus précieuses minutes de ma vie.

Je parviens finalement à me retourner mais je ne la retrouve pas, je balaye le devant de cette gare dans un sens puis dans l'autre inlassablement. Je ressens cette violente sensation de rejet me pourfendre, brisant les sceaux entassés contre mes frustrations dans un fracas de haine. Ce n'est plus du désir, ni même de l'espoir, c'est intangible et pourtant ça me brise. J'ai envie de hurler son nom, l'implorer de revenir, exiger des comptes. Je n'en ai pas finis, je n'ai même pas pus lui dire à quel point je lui en voulais, à quel point son égocentrisme, sa discrétion et ses putains de silences me hante depuis des  années. Mes jambes parviennent finalement à bouger, je peux enchaîner les pas, que dis-je je cours. Je me précipite entre les portes coulissantes de la gare, fichues stations autours desquelles nous avions bâti une grande partie de notre relation. Je me revois défiler fièrement devant ces enseignes aux couleurs vives bardées de lumières. Je me revois lorgner sur les vitrines, songeant aux divers présents que j'aurais aimé lui offrir. Quel imbécile, quel innocence, à quel point peut on être stupidement aveuglé par le bonheur ? Doux rêveur que j'étais, j'espérais pouvoir changer à son contact. La bonne blague, toujours aussi lent, laisser la situation me tomber dessus pour réagir, au lieu de prendre les devants et simplement agir.

Encore une fois, ma patience, mon abnégation et mes désirs m'avaient plus enlisé que portés. Je m'étais encore une fois contraint, au lieu de chercher à flamboyer par pure peur de brûler ce que j'aimais. Et voilà qu'elle allait disparaître, rester au plus loin de moi sans jamais chercher à me retrouver. Bien sûr que c'était pour le mieux, mais je veux au moins savoir la vérité et me confier. Je veux qu'elle apaise une dernière fois mes peurs, mes hontes et mes chagrins. Elle me doit … qu'est-ce qu'elle me doit d'ailleurs ? Je foule à peine les quais que je sens mon portable vibrer, une fois puis deux, puis je le dégaine et réalise :

« Laredoute LR, vous offre trois mois de bons d'achats, sur des promotions exceptionnel... »

 
Je ne lis même pas le reste du message, je soupèse mon téléphone, comme si le poids de ma culpabilité venait de transiter à l'intérieur. Ma paranoïa, mes crises de colères paniques, mes nuits d'ivresses à noyer mon ennui dans les pintes et les whiskys. Faible créature, qu'est l'homme qui se laisse submerger par la jalousie. Ces heures passées à lui hurler dessus au téléphone, ou à me laisser bercer pas sa voix alors que je titube dans les rues de ma ville désenchanté. Je me revoyais, criminel du cœur, tueur de sensations, combien de fois avais-je repoussé ses intentions pourtant si prudes et bien amenées. Ces brefs instants pourtant si violents passés à la menacer de tout terminer. Tout ça pour paraître fort, toujours plus fort et complet. Je l'ai repoussée, c'est ce que je prétendais désirer. Maintenant j'ai gagné, je suis libéré de cette responsabilité. Elle peut partir, vivre heureuse avec celles et ceux qui la font rire. Moi, je n'ai plus qu'à assumer mes délires, ce n'est pas qu'une envie de me punir, c'est sa réponse face à mon emprise. Inconscient du chantage que je lui faisais subir, je n'arrivais pas à entendre autre chose que les voix de ma jalousie. Mes plaies béantes, mes impulsions fragiles, mon imagination noircie, par des expériences extrinsèques à nôtre amour .

Je range mon téléphone dans ma poche, puis soupire, ça fais déjà longtemps qu'elle s'en est allée. Ca fais longtemps que je ne la faisais plus languir, ni sourire. Je n'étais qu'un instrument, une cristallisation de l'amour idéale. Tout comme elle me semblait être trop pure et aimable, beaucoup trop aimante et capable pour que je me sente suffisamment mature et apte .  Trop jeune, certains diraient, je ne pense pas, puisque je m'étais jusque là toujours préservé, persuadé que je ne désirais que l'amour vrai. Une seconde fois je me retourne, mais cette fois sans rien chercher. Je m'en vais, résigner et persuadé qu'elle n'aurait jamais mieux fait. Qu'est-ce que j'espérais ? Me préserver pour l'amour vrai ? Quelle absurdité, je m'étais lâchement caché, aux douleurs de l'âme et aux méandres du cœur. Et me voilà maintenant bercé par les remords et le regret. Puisses-tu le trouver, cet être qui saura te compléter. Moi je m'en vais, avec pour seule certitude. Que le seul prix capable de racheter mes pêchés, sera celui de me faire oublier. Quitte à devoir continuer de te repousser, je vais définitivement me refermer. Certes j'aurais d'autres rencontres, d'autres femmes avec qui je vivrais et partagerais des moments biens secrets. Mais cela n'effacera jamais ce fragment de cristal tant aimé. Pour toi je m'évanouirais, pour moi je me restreindrais à nos souvenirs secrets . Seulement ainsi je pourrais vraiment t'aimer à jamais.
Titre: Re : Il suffit.
Posté par: JunGwen le 12 Novembre 2020 à 20:46:07
Les ex un classique ! !

Alors je ne sais toujours pas citer (sérieusement comment on fait ?) donc je vais réécrire moi-même :

- "végétaux verdoyants" : alors c'est français, ça marche, par contre ça ne serait pas un pléonasme par hasard ?

- "me hantes" : petite faute !

- "que dis-je je cours" : encore une fois ça se dit, mais ça sonne étrange à cause de la répétition en je.

- "laredoute.fr", etc. : bon j'ai souris :)

Mis à part ces bricoles, j'ai beaucoup aimé, comme j'ai dit au début les ex c'est un bon filon, peut--être un poil trop vu avec ce côté "je l'ai fait souffrir maintenant je regrette", mais ça reste efficace (on a tous connu ça après tout !).

Très bon texte, le titre en dit juste assez, hâte d'en lire d'autres.

P.S : "petit texte inspiré d'une expérience", en espérant que tout va mieux aujourd'hui, évidemment !
Titre: Re : Il suffit.
Posté par: Lilyofthewest le 13 Novembre 2020 à 06:33:01
bonjour,

sujet assez touchant, voici les petites choses que j'ai relevées:

-disparaît
-quelques instants
-dispatchés
-structures varient

-Je réalise que je viens de perdre les plus précieuses minutes de ma vie: pourquoi ces minutes sont-elles les plus précieuses? ce n'est pas très clair, je trouve.

-les sceaux entassés: pas très clair, non plus.
-mes mes frustrations: répétition de "mes"

-je n'en ai pas fini
-me hantent
-mes jambes parviennent à bouger
-fichues stations - bâti

-notre relation: sans le chapeau
-je me revois défiler
-ces enseignes

-stupidement "aveuglé" peut- être? sublimé n'est à mon sens pas le bon mot ici
-à son contact

-m'avaient plus enlisé
-contraint
-je souspèse

intentions bien "amenées': utiliser un autre adjectif peut-être? -point d'interrog à la fin de la phrase
-brefs instants -violents, passés

-repoussée

-extrinsèques: étrangères?

"mais je veux au moins savoir la vérité et me confier. Je veux qu'elle apaise une dernière fois mes peurs, mes hontes et mes chagrins.": en lisant la suite on se rend compte que c'est elle qui a beaucoup souffert de la relation- alors que cette phrase nous fait penser que c'est le narrateur, la victime. 

-amour idéal


-Puisses-tu le trouver, cet être qui saura te compléter: jolie phrase qui résume bien notre quête désespérée à tous


-Que le seul prix capable de racheter mes pêchés. Sera celui de me faire oublier, quitte à devoir continuer de te repousser, je vais définitivement me refermer: problème au niveau de la ponctuation, à mon avis


Voilà, j'espère que ces remarques t'aideront à améliorer la forme. Pour le fond, l'idée est touchante. Il y a beaucoup de sincérité qui se dégage du texte.

A plus,



Titre: Re : Il suffit.
Posté par: Danaliel Lofen le 13 Novembre 2020 à 12:17:45
Hello, merci pour vos retours, je m'en vais de ce pas vous répondre!

Jun Gwen:

Effectivement, les exs c'est une source d'inspiration inaltérable. Comme tu le dis si bien, "un classique". Pour ce qui est des végétaux verdoyants, pour moi non. Je connais des plantes qui ne sont pas vertes, j'ai quand même vérifié histoire de m'en assurer, ça peu être redondant comme utilisation je le conçois!^^'

 "que dis-je je cours"  Je note pour la bizarreté, mais sans m'en rendre vraiment compte, je crois que cette sensation est le principe même de cette formule. C'est comme s'arrêter brièvement en plein élan, pour repartir encore plus vite ^^

Pour en revenir au sujet, "je l'ai fait souffrir maintenant je regrette", c'est effectivement ça, mais j'espère aussi montrer le côté aberrant de l'homme qui s'inflige des douleurs et des leçons. Bien qu'il apprend de ses erreurs et réalise ce qu'il a fait et vécu. Il persiste dans sa volonté de porter en lui et sur lui le poids de ses erreurs au lieu de lâcher prise et de laisser la vie suivre son court, alors que l'aimé elle est définitivement partie. ^^

Merci pour ton retour! Content que la lecture t'ai plu!  Et oui merci ça va mieux, faut assumer après!

 
 Lilyofthewest:

"Je réalise que je viens de perdre les plus précieuses minutes de ma vie": Je pensais que le reste du texte répondait à cette question. Si il s'était retourné immédiatement au lieu de la laisser partir, peut être qu'il aurait put tout arrangé? Je le vois comme ça après ^^'

Pour ce qui est des sceaux entassés, je note manque de clarté,  mais je ne pense pas que je le changerais, car la signification reste pour moi importante. Je voulais montrer à quel point mon personnage est orgueilleux, à quel point il est obnubilé par son propre contrôle que ça en devient systématique. Les sceaux sont en réalité mon interprétations de sa volonté de maîtriser ses démons qu'il ne fait qu'au finale qu'encrer en lui. Si une idée me vient peut être que je reformulerais pour qu'on puisse mieux comprendre ce que je suggérais, mais pour l'instant je compte le garder ainsi.

Effectivement "sublimé" n'est pas le terme approprié, je lui prêtais une définition qui n'était pas la bonne merci!

Extrinsèques, je cherchais justement un autre mot qu'étranger, du coup j'ai tapé synonyme dans la barre de recherche de google... ET VOILA. /SBAF/

Pa rapport au terme "amenées", sans parler de la faute, j'ai effectivement hésité à employé ce terme. Mais je me suis résigné à l'écrire ainsi pour la raison suivante. Elle ne voulait pas le changer, mais l'aider, elle n'usait pas d'autorité, ni même de malice, elle était ... ho shit "spontanée" ! *-*"

-"mais je veux au moins savoir la vérité et me confier. Je veux qu'elle apaise une dernière fois mes peurs, mes hontes et mes chagrins.": en lisant la suite on se rend compte que c'est elle qui a beaucoup souffert de la relation" les bourreaux souffres peut être plus qu'on ne l'imagine non? ^^ Mon personnage, que j'ai incarné, n'avait pas conscience de ce qu'il faisait, ça n'excuse rien, mais il était inconscient de ce qu'il infligeait. Donc exposé à des souffrances qu'il s'est attiré sur lui même.

Du coup va falloir que j'édite ça. Je suis un peu déçu par mon manque de discèrnement au niveau des fautes. Je pensais m'être bien relus pourtant, surtout que j'avais pris conscience de la faiblesse de mon correcteur auto... En tous cas merci pour ta lecture, tes remarques et bien sûre tes corrections que je vais de ce pas appliquer! A plus! ^^