Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Feather le 10 Novembre 2020 à 19:51:30
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Dans l'ombre de ton âme, je me suis plongée, toute dénudée.
Mon être s'est épuisé, suant de toute son ardeur dans le creux de l'horreur.
Où sombrant dans l'écume de tes pleurs, j'ai craint toute la torpeur de la pénombre de la nuit.
Tu m'attirais contre toi et m'extirpais de mon songe quand lui, l'autre, brûlant de haine, m'a tiré une balle dans le coeur. Suffoquante, délirante, j'ai allumé la lumière et je me suis retournée en sueur. Ma peau perlait et sentait la moiteur. Le délire ne me quitta pas jusqu'au petit matin. Je frémissais, attendant le lever du soleil pour qu'advienne le sentiment sécurisant émanant de la chambre d'hôtel.
Les draps enroulés imprégnés de la violence de la scène, laissaient l'empreinte de mon corps exangue et mutilé sortant tout droit de l'orgie de mon rêve.
Tourné contre le mur, tu siègeais, indécis et muet. Ton sourire pétrifié assommait l'atmosphère d'une panique affligeante.
Je tenais dans la main un verre vidé de vodka de renom. Sur le sol, au pied du lit, mes dessous et mes escarpins gisaient négligemment. Sur l'oreiller une rose était déposée.
La lumière était tamisée par un foulard d'une grande maison de couture.
Mon regard s'attarda sur une montre dont le cadran marquait 6h00.
Je fus surprise par l'impudeur de l'espace dont l'éclairage harmonisait la scène du crime.
Mon imagination ne me quittait pas...
Et c'est à ce moment même que le téléphone a sonné.
- Bonjour Madame, c'est le room service. Café, jus d'orange, viennoiseries ?
...et j'ai souri...
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Bonjour Feather,
Alors le début est superbe. Je trouve même que c'est très poétique. seule déception: on attend plus quand on atteint la fin du texte. Cela laisse sur la faim. Tout se déroule trop vite, on aimerait des détails.
"Je fuis surprise par l'impudeur de l'espace dont l'éclairage harmonisait la scène du crime" --> J'ai du mal avec la formulation...
Sinon, un très bon moment!
C.
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Bonsoir Chjara,
Ton commentaire est encourageant, je reconnais néanmoins ma difficulté à prolonger mes histoires.
Merci pour ta lecture
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Salut,
Pour la forme :
Où sombrant dans l'écume de tes pleurs, j'ai craint toute la torpeur de la pénombre de la nuit.
"Où" indique un lieu ? A moins qu'il ne s'agisse d'un "Ou" qui ferait le lien avec la phrase précédente ?
Suis perdue ><
Je frémissais, attendant le lever du soleil pour qu'advienne le sentiment sécurisant émanant de la chambre d'hôtel.
J'ai un peu de mal à suivre cette phrase. Si c'est le soleil qu'elle attend, est-ce vraiment de la chambre qu'émane le sentiment sécurisant ? Dans ce cas, pourquoi attendre le soleil ? Même si on devine qu'elle attend que la lueur du soleil arrive pour offrir le dit sentiment, ce n'est pas clair. Du moins pour moi.
Tourné contre le mur, tu siègeais, indécis et muet.
siégeais
Pour le fond :
Je rejoins Chjara : douceur et poésie donnent un ton certain au début du texte qui, sans disparaître, se perd à un moment.
je reconnais néanmoins ma difficulté à prolonger mes histoires.
Je ne pense pas que ton texte ait vraiment besoin de prolongations.
Pour un peu plus de développement de ma pensée :
Dans l'ombre de ton âme, je me suis plongée, toute dénudée.
Ici, nous avons un lien entre un "toi" et un "moi". Le "moi" est au féminin, donc un "elle".
quand lui, l'autre, brûlant de haine, m'a tiré une balle dans le coeur.
Arrivée d'un troisième personnage. Juste "lui", "l'autre", presque un intrus dans la scène. Sauf qu'il semble avoir un rôle clef du fait d'avoir tiré.
Du coup, ils sont trois ? Deux morts, un vivant ?
Mmh... un mari bafoué, peut-être. Ou un homme en quête de mort qui profite du manque de vigilance de deux amants (je préfère cette option à titre purement personnel). Mais à chacun d'y voir ce qu'il veut.
Tourné contre le mur, tu siègeais, indécis et muet.
Pendant qu'elle attendait le soleil, "l'autre" s'est amusé ?
Et c'est à ce moment même que le téléphone a sonné.
- Bonjour Madame, c'est le room service. Café, jus d'orange, viennoiseries ?
Pour ma part, ça a été l'interrogation finale : le téléphone sonne, on suppose vu que la narratrice semble toujours pétrifiée que "l'autre" a décroché, et on entend la voix du room ? aussi simplement ?
Avant toute chose, j'aime le flou dans les textes que je lis, avoir le choix de l'interprétation. Ici, j'ai d'abord cru que la narratrice se réveillait à cause du choc de sa mort imminente, avec la Mort venue la chercher, d'où la phrase "Tu m'attirais contre toi et m'extirpais de mon songe quand lui, l'autre, brûlant de haine, m'a tiré une balle dans le coeur." et j'ai adoré l'image comme l'idée. Sauf qu'elle a ensuite été contrebalancée par "Tourné contre le mur, tu siègeais, indécis et muet.".
Et c'est là que les questions se sont enchaînées : mince, ils sont trois dans la pièce ? mais alors, il y a eu un câlin, puis la lumière allumée, puis l'attente, puis l'autre du câlin tordu sur une chaise ? Autant le dire, un peu larguée je suis :-[
Je ne sais pas si ce développement t'aidera pour mieux exprimer ce que tu souhaites, mais je l'espère.
En te souhaitant une bonne journée.
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Bonsoir Luna,
Merci pour cet éclairage sur le fond , l'histoire est finalement bien plus simple qu'elle n'y paraît apparemment puisqu'il s'agit d'un songe et d'un réveil dans une chambre d'hôtel.
Je retiens cependant tes interprétations détaillées.
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Bonsoir Feather,
J'ai lu ton texte et les commentaires puis les réponses que tu as fournies à ceux-ci et j'avoue que je n'avais pas compris que c'était un songe. Peut-être faudrait-il le signifier davantage pour que le lecteur soit moins perdu quant au sens ?
Bonne soirée/nuit
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Bonjour Acollias,
Ce texte perdrait, il me semble, tout son intérêt en voulant l'interpréter de façon linéaire.
C'est avant tout une atmosphère, une ambiance.
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Bonjour Feather,
Ton texte me fait penser à... David Lynch... C'est davantage une ambiance étrange et onirique dans laquelle tu entraines le lecteur, qu'une narration (comme tu dis, après tout, l'histoire est simple, et peut plus où moins se résumer à : "une femme se réveille dans un hôtel...").
C'est en quelques sortes le télescopage confus entre songes et réalité juste à l'instant du réveil. Où est le vrai ? Où est le rêve ?
Et tu maintiens le mystère jusqu'au point final: Pourquoi le personnage sourit-il?... Soulagement ? Perversion ?
Du coup, certains s'y perdent avec plaisir (j'en fais partie), mais ça peut sembler incompréhensible pour d'autres.
Tout ça pour dire : bravo!
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Bonjour Feather,
Je comprends tout à fait l'idée de maintenir l'ambiance. D'ailleurs, je trouve les premières phrases très bien écrites et poétiques. Elles accrochent bien le lecteur.
Merci pour le partage !
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Merci Acollias.
Très bonne journée.