Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: HELLIAN le 18 Octobre 2020 à 13:16:17
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La chute
Allons, ce n'est pourtant pas difficile,
De passer en paix de l'autre côté.
Un tout petit pas, léger et gracile,
Juste un entrechat et hop, en beauté !
Voyez le grand saut de la ballerine
Tenant par la main son joli baladin.
Regardez les bien qui font bonne mine
Sur un fil tendu dessus le ravin.
En bas loin dessous gronde le torrent
Mais ils n'en ont cure dans l'air odorant
Ivres du bonheur qui clôt leurs paupières.
Le ciel s'obscurcit. Voici qu'ils chancèlent.
La grâce perdue des oiseaux sans aile
Leur donne l'aspect funeste des pierres.
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Je vois que tu as le moral au beau fixe ;)
En tout cas le poème est vachement bien tourné.
C'est d'ailleurs un des mystères de l'âme humaine qui en art préfère la mélancolie à la joie de vivre.
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Tu sais pourquoi ? Simplement, parce que c'est beaucoup plus difficile de faire un poème gai et spirituel sans être nié. Et puis, pourquoi le nier, il y a une certaine satisfaction et gothique 'saloperie de truc ! je voulais écrire "égotique" ) à parler de son spleen. Écrire des poèmes humoristiques et jubilatoires, comme tu y parviens si élégamment, c'est faire preuve de pudeur et encourir le reproche d'un déficit d'âme…
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encourir le reproche d'un déficit d'âme…
En effet ça arrive ;)
mais tu connais l'aphorisme de Courteline
Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
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Mon cher O'bofix,
Nous sommes devenus jardiniers solitaires
S'efforçant de fleurir une trop vieille terre
Que d'autres moissonneurs ont naguère épuisée.
Et notre vers n'est point cette fleur irisée
Que nous tentons d'orner d'une rime précieuse.
Nous n'avons jamais craint la syntaxe audacieuse
Bannissant l'apocope ainsi que l'aphérèse,
Afin qu'en son entier le mot demeure à l'aise.
Mais nos sonnets sont vieux et, tout perclus de crampe
sous la contrainte aigüe, ne passent plus la rampe
Quand au lecteur blasé ils quémandent l'aumône
D'un regard, d'un sourire et parfois d'une larme.
La libre poésie pour commercer son charme,
Ayant jeté sa gourme a la vertu d'un faune.
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Ben dis-donc, t'as pas le moral.
Ton sonnet est impec (perso, j'aurais fait la dièrèse à précieuse et audacieuse, mais chacun son truc)
Ce qui confirme mon sentiment qu'en art, la mélancolie est encore le meilleur plan pour réussir.
8)
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À la lecture de ton commentaire, je me posais la fameuse question du choix entre la diérèse et la synérèse. En voilà une question que seul le « rédacteur » d'une poésie de style classique est appelé à se poser. La poésie libre nous ne nous confronte pas à de tels dilemmes.
J'avais cru comprendre que le choix initial devait valoir pour l'ensemble du poème; si tu commences par une synérèse, ton poème ne doit pas faire usage par ailleurs d'une diérèse, et inversement sous peine de désorienter ton lecteur
Quel est ton opinion, quel est votre opinion ?
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Sur un autre Site, j'avais bricolé ce petit sonnaïku en guise de réponse
Comme je suis un bad boy, j'y ai fait la diérèse à diaphorèse, et bien sûr à diérèse :-¬?
« Mathémacien »
ne fait pas la diérèse
du moins si j’en crois l’ancien
amant de Thérèse.
Étant Béotien
sujet à diaphorèse
je pense comme Lucien
du quatre-vingt treize.
Ces trucs d’intellos
me prennent le ciboulot
et j’en ai ma claque.
Foin de ces leçons,
ces fichus rimailleurs sont
à côté d’la plaque.