Il y a ceux qui parlent pour ne rien dire,
Ceux qui se taisent de peur de mal dire,
Et il y a ceux qui "parlent sacré",
Même dans le silence, tu sais ?
Il y a ceux qui crient et qui arrachent
Au monde un droit d'exister,
Parce qu'ils se sentent tellement seuls.
Et, de fait, ils brûlent leur intimité.
Il y a ceux qui taisent la foule de leurs mots,
Qui aimeraient bien exister,
Parce qu'ils se sentent tellement seuls.
Et, de fait, ils renient leur intimité.
Et, tu sais, il y a ceux qui même lorsqu'ils se taisent,
Lorsqu'ils parlent, ou lorsqu'ils crient
Toujours dans un murmure,
Parce qu'il faut bien préserver son intimité,
"Disent sacré", même quand ils croisent leur boulangère.
Ils chargent un mot comme un bateau
Quittant un port qui est leur cœur
Pour aller naviguer sur la mer de leur inconscient,
De son inconscient à elle, à lui,
De tous nos inconscients,
Car toutes nos mers trempent dans le même océan.
Et partout où il passe, ce bateau,
Comme un phare,
Il éclaire dans la nuit.