Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Lali le 14 Octobre 2010 à 18:28:54
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Bonjour tout le monde,
Voilà, je me permets de vous soumettre ce premier texte.
Je n'en dis pas plus, seulement, ce serait très sympathique si vous pouviez me faire part de votre interprétation de la chose. :)
LES ROBES
« Oh ! Regarde !
– Tiens, une nouvelle décoration. »
« Dis papa, pourquoi il y a des robes accrochées aux lampadaires ?
– Je ne sais pas ma chérie, ce doit être de l'art.
– Mais l'art, c'est n'importe quoi !
– Non, j'imagine que l'artiste a voulu faire passer un message, montrer que les vêtements, la mode, tout ça peut être beau même si on ne l'utilise pas de la façon dont c'est prévu. C'est plutôt bien, tu ne crois pas ? »
« Sonia Rykiel fait vraiment des campagnes de pub de plus en plus tapageuses. Mais à quoi ont-ils pensé ? Ce n'est même pas joli.
– Ah, oui, qu'est-ce qu'ils ne feraient pas pour vendre. »
« Ma chère amie, ne trouvez-vous pas que cela soit de mauvais goût ? Elles sont arrangées de telle façon qu'on les croirait pendues.
– Vous avez raison, je n'y avais pas fait attention, mais ces cordes et ces nœuds ne sont pas anodins. Cela me fait froid dans le dos.
– À qui le dites-vous ? »
« J'aime vraiment les efforts de la mairie de Paris pour égayer un peu la ville. Il y a des expos partout, j'ai adoré les statues-grimaces des Tuileries, pas toi ? Et cette espèce de batterie géante dans la fontaine, c'était dément. Je me demande si je pourrais pas attraper une de ces robes avec un piquet ou quelque chose comme ça ? Elles sont quand même vachement belles, il doit y en avoir pour du pognon.
– Mais, réfléchis, c'est pas des vraies robes, sinon ils ne les auraient pas accrochées comme ça. C'est juste une sorte de sculpture monumentale, une ode à la mode en général et à Saint-Germain-des-Prés en particulier, tu vois. »
« Mais pourquoi est-ce qu'il y a des robes sur tout le boulevard ? C'est pas carnaval, à la fin. »
« J'aime bien ce quartier, c'est plutôt calme et puis les rues sont sympathiques, il y a pas mal de boutiques. Et les squares ont des bancs très confortables, n'est-ce pas ?
– Oh les tourtereaux, vous auriez pas deux euros pour me dépanner s'il vous plaît ? »
« Vous vous trompez ! Vous vous trompez tous ! Arrêtez de marcher et levez la tête ! Voici le spectacle de votre avenir. Vous dépensez dans le superficiel, vous jetez des milliers par les fenêtres, vous vous complaisez dans ce mode de vie, vous vivez entre vous, dans votre petit monde avec vos petits amis. Vous, la classe dominante, sans soucis ! Voici ce que le peuple va faire de vous ! Le peuple va vous pendre à vos propres tours d'ivoire ! Revolución ! À bas Ralph Lauren, à bas les Deux Magots ! Sus à Diesel ! Tremblez bourgeois, car vous avez tout à perdre ! »
« Mon dieu, regarde, là ! Ce n'est pas une robe, sur ce lampadaire, c'est...
– Marguerite, qu'est-ce qui t'arrive ? De l'aide s'il vous plaît, elle se sent mal. »
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En fait la chute c'est bien que ce sont des filles pendues ? enfin des gens morts ?
Dans l'ensemble j'ai pas trop trop aimé ce texte, disons que quand je faisais du théâtre, mon prof m'avait dit qu'un dramaturge contemporain trouvait l'inspiration pour ses pièces en écoutant les dialogues dans les musées. Du coup, l'idée de ton texte m'y faisait vachement penser et ça rendait ton idée moins originale (pour la forme). En fait c'est vrai que là on a une juxtaposition de discours mais il me manque quelque chose pour que ça en fasse un texte qui marque, je trouve. La chute venant certes justifier l'ensemble mais pas le sublimer. En fait j'ai du mal à me représenter la chose comme possible.
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Après avoir lu la première phrase d'Ernya (un jour, la curiosité me tuera !), j'ai été... captivée, si on peut dire ! Donc, j'ai lu ces quelques lignes en deux trois minutes seulement et j'ai visualisé les images que tu nous laissais voir. La fin est trouble, il faut bien le dire, on ne comprend pas tout à faire ce qui se passe avec ces robes. J'ai pensé la même chose qu'Ernya, mais je n'étais pas tout à fait certaine de ce que sous-entendaient ce dernier mini dialogue. Cependant, j'ai trouvé la lecture chouette, bien que ce ne ce soit pas un chef d'œuvre non plus.
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J'aime beaucoup ton avatar. Bienvenue sur le MdE :]
*après la lecture*
Eh bien, pas grand chose à dire ! Tu sais, je viens de lire Les fruits d'or de Nathalie Sarraute et elle aussi fait intervenir plusieurs points de vue autour d'un même objet. Bon, ce n'est pas la même écriture, mais j'aime bien ton approche, et j'aime bien la dernière phrase, parce qu'on ne sait pas bien ce qui est vrai au fond (même si je crois que les gens auraient quand même remarqué avant si c'était des mortes xD).
C'est pas mal mais disons que c'est trop "rapporté" (pas d'engagement du narrateur) qu'on a du mal à se sentir impliqué, et le tout manque donc de relief. Mais il y a du potentiel, à étoffer je pense... En tout cas, des robes fantomatiques accrochées au lampadaires, c'est une chouette idée x)
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Salut Lali :)
Moi, je ne sais pas vraiment si j'ai aimé, ou non. L'idée formelle est très intéressante et originale, même si elle est un peu déroutante au départ. Pour un texte court, je trouve ça très bien; Plus en longueur, il est évident que ce serait plus pesant. Ensuite, le sujet ... A vrai dire, au départ je ne saisissais pas tellement l'intérêt. Mais comme c'est court, on arrive rapidement à la fin, et la chute est comme la pincée de sel pour relever tout l'ensemble d'une étrange saveur, un peu macabre, ou bien comme lorsque le marionnettiste soulève brusquement les fils de son pantin pour donner au petit bonhomme de bois informe une structure humaine, et une vie.
En soi, je trouve que c'est bien traité. Mais je suis curieuse de lire tes autres textes pour me faire une meilleure idée de ton écriture :) (Cela dit, si c'est aussi inédit, ce ne peut être que bien, n'est-ce pas !).
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Salut Lali (que j'ai lu Lial et qui a fait dans ma tête ceci : Un texte de kail' sur les robes ? voyons voir ! Oui il est tard et je débloque.)
Bienvenue d'abord !
En fait, j'aime bien ton petit texte pour son originalité, pour ces dialogues qui sont un peu comme les morceaux d'un puzzle qu'on rassemble au fil de la lecture et le macabre de l'histoire m'a plutôt marqué, même s'il gagnerait à être plus étoffé, moins confus, clair mais sans trop en dire non plus pour laisser au lecteur le soin de déduire de lui-même, alors que là il n'y a pas beaucoup de données pour ça.
Bon courage !
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Oh, j'ai pas compris la fin. C'est dommager, parce que j'ai bien aimé les bribes de dialogues, ici et là, qui font comprendre la scène, un peu comme si on était fixé soi-même au lampadaire et qu'on entendait les autres en parler, sans pouvoir voir par nous-mêmes ce qu'ils regardent.
Et puis, j'aime bien l'idée des robes accrochées aux lampadaires ^^
Mais du coup, la fin m'a frustrée... J'ai lu l'interprétation d'ernya, mais j'aimerais bien une confirmation, parce que je trouve ça dommage.
Surtout qu'avec un dialogue, comme ça, tu as moyen de laisser la fin implicite mais plus facile à deviner pour le lecteur !
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La fin me laisse aussi songeuse. Incapable de me vendre à cette explication presque logique suggérée par ernya, je garde l'éventualité agaçante d'avoir manqué quelque chose.
L'idée était intéressante, mais je conserverai de ce texte une impression mitigée... ::)
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les robes m'apparaissent plus comme un prétexte que comme le sujet ici. je ne comprends pas cette tentative de contre plongée
« Vous vous trompez ! Vous vous trompez tous ! Arrêtez de marcher et levez la tête ! Voici le spectacle de votre avenir. Vous dépensez dans le superficiel, vous jetez des milliers par les fenêtres, vous vous complaisez dans ce mode de vie, vous vivez entre vous, dans votre petit monde avec vos petits amis. Vous, la classe dominante, sans soucis ! Voici ce que le peuple va faire de vous ! Le peuple va vous pendre à vos propres tours d'ivoire ! Revolución ! À bas Ralph Lauren, à bas les Deux Magots ! Sus à Diesel ! Tremblez bourgeois, car vous avez tout à perdre ! »
j'ai vu une vidéo d'une proposition artistique de ballet avec robes sur cintre mais je ne me précise plus qui était l'auteur. je suis déçue parce que j'avais projeté des plis, des drapés, des froissements, des envolés, des macchabées pendus dans les cyprès. mais suis je bête il n'y a pas de cyprès à saint germain !